Gouvernement Lomer Gouin
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Le mandat du gouvernement de Lomer Gouin, du parti libéral, devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Simon-Napoléon Parent, s'étendit du au .
Lomer Gouin n'est pas bien vu par le clergé au début de son mandat car, à l'époque de ses prédécesseurs Marchand et Parent, il n'avait pas caché qu'il désirait une réforme profonde en éducation. Il doit promettre de ne pas rétablir le ministère de l'Instruction publique pour être accepté. Sa réforme en éducation n'est donc que partielle car elle se limite à la fondation des deux écoles techniques de Montréal et Québec et à celle des Hautes Études Commerciales.
La durée de son gouvernement (15 ans) fait contraste avec les gouvernements précédents dont le plus long n'avait duré que 6 ans. Il se démarque aussi de son prédécesseur par son indépendance vis-à-vis le grand frère fédéral. Il remet d'ailleurs à la mode le principe de l'autonomie provinciale chère à Mercier et n'hésite pas à critiquer Ottawa lorsque les subsides fédéraux lui semblent trop bas.
Comme celui de Parent, le gouvernement Gouin mise sur l'industrialisation et le libéralisme mais en y plaçant cependant certaines balises. Il ne vend plus les ressources hydrauliques mais les loue par bail. En 1910, il met l'embargo sur l'exportation de bois pâte coupé sur les terres publiques : celui-ci doit désormais être transformé en pâte et papier au Québec avant d'être exporté. Cette mesure développe l'industrie de pâtes et papier dans la province.
Le gouvernement Gouin est le premier à faire de la construction de routes pour les automobiles dans les campagnes l'une de ses priorités. Cette mesure encourage la colonisation, qui prend un nouveau départ.
En 1914-1918, Gouin se prononce pour l'effort de guerre et l'enrôlement volontaire mais dénonce ouvertement la loi sur la conscription. La motion Francoeur est une menace à peine voilée concernant la séparation du Québec, mais Gouin finit par demander son retrait plutôt que de continuer dans cette voie.
Après la guerre, il commence à préparer le terrain à sa démission. ll accorde plus de responsabilités à son successeur désigné, Louis-Alexandre Taschereau, et lui trace la voie en remportant sa victoire écrasante aux élections générales de 1919.

