Gouvernement Ramanantsoa
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Richard Ratsimandrava (1975)
Gilles Andriamahazo (intérim)
Ire République
(transition)
| Chef du gouvernement |
Gabriel Ramanantsoa (1972-1975) Richard Ratsimandrava (1975) Gilles Andriamahazo (intérim) |
|---|---|
| Élection | 8 octobre 1972 |
| Nomination | |
| Formation | |
| Fin | |
| Durée | 3 ans, 7 mois et 15 jours |
| Remplacement |
| Ministres | 11 |
|---|
Le gouvernement Ramanantsoa constitue l'exécutif de la République malgache du au . Il est établi suite aux événements de la Révolution malgache et au référendum consultatif du 8 octobre.
Dirigé par le général Gabriel Ramanantsoa, il agira comme autorité de transition entre la Première et Deuxième République.
Au début des années 1970, le régime du président Philibert Tsiranana, en place depuis l'indépendance de 1960, est de plus en plus contesté. La population, et en particulier les étudiants, dénonce la persistance de l'influence française à travers les accords de coopération signés en 1960, considérés comme un frein à la souveraineté réelle du pays. On parle alors de quête d'une "deuxième indépendance" pour remédier aux déceptions laissées par la première.
Le mouvement social débute en à l'école de médecine de Befelatanana à Antananarivo. Les revendications, d'abord corporatistes (conditions de vie, bourses), se radicalisent face à la gestion gouvernementale et s'étendent rapidement aux lycéens et à la population[1]. Le point de rupture est atteint le , lorsque le pouvoir fait arrêter et déporter près de 400 étudiants sur l'île de Nosy Lava. Le lendemain, une immense manifestation dans la capitale dégénère : les Forces républicaines de sécurité (FRS) tirent sur la foule, faisant plusieurs dizaines de morts. La capitale se couvre de barricades, et le régime vacille.
Face à l'ampleur de la contestation et à l'impasse politique, le président Tsiranana n'a d'autre choix que de céder. Le , il annonce à la radio nationale qu'il confie les pleins pouvoirs au général de division Gabriel Ramanantsoa, chef d'état-major général des armées, avec pour mission de former un nouveau gouvernement et de diriger le pays[2]. Cette décision, prise avec l'assentiment tacite de la France, visait à sauvegarder l'unité nationale et à sortir de la crise[1].
Bien que nommé par Tsiranana, qui reste président en titre, Ramanantsoa cherche rapidement à légitimer son pouvoir. Il organise un référendum le 8 octobre 1972. La loi constitutionnelle soumise au vote propose d'accorder à son gouvernement d'union nationale un mandat de cinq ans pour entreprendre les « transformations indispensables au renouveau » et élaborer une nouvelle constitution. Approuvée par 96% des voix, cette consultation met fin de fait à la Première République. Philibert Tsiranana démissionne le , et Ramanantsoa devient le nouveau chef de l'État, tout en conservant la tête du gouvernement[2].
La formation de ce gouvernement, le , inaugure ainsi une période de transition militaire. Le Parlement est suspendu et remplacé par une assemblée consultative, le Conseil National Populaire du Développement (CNPD), tandis que le chef du gouvernement se voit investi des pleins pouvoirs, y compris législatifs, pour gouverner par ordonnances. L'objectif affiché est la « rénovation nationale », qui passe notamment par une politique de malgachisation de la société et la renégociation des accords de coopération avec la France[1].