Groupe de Minsk
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Le groupe de Minsk était une assemblée composée de nations européennes et des États-Unis, créée en 1992 par la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) — devenue ensuite l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) — dans le but encourager la recherche d'une résolution pacifique et négociée entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, lors du conflit les opposant dans le Haut-Karabagh, enclave ethnique arménienne du Sud-Ouest de l'Azerbaïdjan.
Le groupe de Minsk a été officiellement dissous le par décision unanime du Conseil de la CSCE, à la suite d’un appel conjoint à sa dissolution de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan[1].
Le , lors de sa réunion additionnelle à Helsinki, le Conseil de la CSCE charge le président de l'organisation d'arranger dès que possible une conférence sur le Haut-Karabagh sous les auspices de la CSCE, pouvant servir de lieu de négociation en vue de parvenir à un règlement pacifique de la crise dans la région sur la base des principes, engagements et règles de la CSCE. Cette conférence doit se tenir à Minsk, en Biélorussie. Bien que cette conférence n'ait pas encore eu lieu, le groupe de Minsk supervise les efforts de l'OSCE visant à trouver une solution politique au conflit.
En , et à la suite de la crise du Haut-Karabagh, le groupe de Minsk est médiateur pour signer un traité à Minsk (Biélorussie), qui organise un cessez-le-feu et la paix dans la guerre au Haut-Karabagh.
Le , le sommet de Budapest décide d'établir une coprésidence chargée de guider le processus. Sur cette base, le président donne un mandat aux coprésidents le . Ses principaux objectifs sont les suivants :
- fournir un cadre approprié à la résolution du conflit en assurant le processus de négociation soutenu par le groupe ;
- obtenir des parties la conclusion d'un accord de cessation des hostilités afin de permettre la convocation de la conférence ;
- promouvoir le processus de paix par le déploiement d'une force de maintien de la paix internationale sous les auspices de l'OSCE.
Le groupe de Minsk est alors co-présidé par les États-Unis, la France et la Russie. Les coprésidents sont les ambassadeurs Robert Bradtke (États-Unis), Pierre Andrieu (France), et Igor Popov (Russie). Le groupe inclut également l'Allemagne, la Biélorussie, la Finlande, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Suède, la Turquie, ainsi que l'Arménie et l'Azerbaïdjan. La conférence réunit ces mêmes États et est présidée par les coprésidents du groupe.
En 2016, les coprésidents du groupe de Minsk sont l’ambassadeur Stéphane Visconti (France), l’ambassadeur Igor Popov (fédération de Russie) et l’ambassadeur Andrew Schofer (États-Unis)[2],[3].
Le , la France nomme Brice Roquefeuil ambassadeur pour le partenariat oriental de l’Union européenne et de la mer Noire, coprésident du Groupe de Minsk[4].
Les mêmes États membres participent à la conférence de Minsk sur le Haut-Karabagh. La conférence est dirigée par les coprésidents de la conférence de Minsk.
Activités
Au début de 2001, des représentants de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, de la France, de la Russie et des États-Unis se réunissent à Paris et à Key West en Floride. Le document de Key West affirme l’autodétermination de la population du Haut-Karabagh. Les entretiens à Key West sont toutefois en grande partie tenus secrets et n'ont pas été suivis d'actes concrets[5],[6].
Le , lors du sommet de la CEI à Chișinău, les délégations arménienne et azerbaïdjanaise discutent de l’utilité du groupe de Minsk pour les négociations de paix. Selon elles, la médiation de l'OSCE, qui a duré dix ans, n'a pas un bilan d’efficacité suffisant.
En , afin de sortir de l’impasse les trois pays coprésidents du groupe de Minsk présentent à Madrid une série de six points fondamentaux sur lesquelles se baser pour les négociations de paix[7]. Ces six points sont connus sont le nom de principes de Madrid, et sont acceptés par les belligérants[8]. Ils sont mis à jour en 2009 lors du sommet du G8 à l’Aquila, en Italie.
Le , les présidents arménien Serge Sarkissian et azerbaïdjanais Ilham Aliyev participent à un sommet à Berne, en Suisse, sous les auspices des coprésidents du groupe. Les présidents soutiennent les travaux en cours visant à réduire le risque de violence et confirment leur volonté de s'engager à un règlement pacifique du conflit[9].
Le , lors d'un discours officiel, le président azerbaidjanais Ilham Aliyev dénonce l'absence d'avancée et remet en cause le format des négociations telles que menées par le groupe de Minsk[10].
Le dernier sommet entre les présidents Ilham Aliyev et Serge Sarkissian a lieu le , organisé par le groupe de Minsk à Genève, en Suisse. Les présidents ont annoncé prendre les mesures appropriées pour renforcer le processus de négociation et réduire les tensions sur la ligne de contact[11],[12].
Le , Rahman Mustafayev, ambassadeur de l'Azerbaïdjan en France, réfute la légitimité du groupe de Minsk et estime le conflit du Haut-Karabagh comme ayant été résolu par la guerre de 2020[13].
Composition simplifiée du groupe
Le groupe comprenait les pays suivants :
Coprésidents
Parties au conflit
Autres membres
Candidats possibles à la coprésidence
En 2015, Azay Kouliyev, un membre du parlement azerbaïdjanais, a proposé l'inclusion de la Turquie et de l'Allemagne à l'institut de coprésidence[14]. Cependant, selon Matthew Bryza, ancien ambassadeur des États-Unis en Azerbaïdjan, l'UE aurait plus de sens car elle représenterait davantage l'Europe et a de l'expérience dans la médiation de conflits similaires dans les Balkans[15].
L'expert azerbaïdjanais des affaires étrangères Rousif Housseïnov a proposé le Kazakhstan comme coprésident supplémentaire du Groupe de Minsk. Selon lui, le Kazakhstan, qui est devenu un grand acteur de l'espace post-soviétique, a une population titulaire qui est culturellement similaire aux Azerbaïdjanais, mais est membre de plusieurs organisations dirigées par le Kremlin avec l'Arménie. Par conséquent, le Kazakhstan pourrait être tout aussi proche ou éloigné de l'un ou l'autre des belligérants. L'expérience antérieure du Kazakhstan dans le conflit du Haut-Karabakh en fait également un bon candidat pour le processus de médiation[16].
Dissolution
Le , l'Arménie et l'Azerbaïdjan, avec la médiation du président américain Donald Trump, ont paraphé le texte convenu d'un futur accord de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, s'engageant à conclure et à ratifier un accord de paix complet. Ils ont également appelé conjointement la CSCE à dissoudre le groupe de Minsk et ses structures connexes[17],[18]. La CSCE a salué la Déclaration commune du et a déclaré qu'elle était prête à s'acquitter de sa tâche dans la mise en œuvre de l'accord[19]. La France a soutenu l'appel à la dissolution des structures du groupe de Minsk[20]. Le représentant permanent de la Russie auprès de la CSCE, Alexandre Loukachevitch, a déclaré que son pays soutenait la décision conjointe de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan de dissoudre le groupe de Minsk, qui devrait être complètement dissous d'ici [21].
Le , le Conseil ministériel de la CSCE a adopté la décision de clôturer le Processus de Minsk et ses structures connexes. Cette décision a été adoptée par consensus parmi les 57 États participants de l'OSCE. Suite à cette décision, l'OSCE a procédé à la clôture du Processus de Minsk et de ses structures connexes. Les tâches administratives, telles que le transfert des actifs et des équipements, se sont poursuivies jusqu'à leur achèvement le [22],[23].
Sources
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « OSCE Minsk Group » (voir la liste des auteurs).
- (en) OSCE: Minsk Process
- (en) U.S. Department of State — OSCE Mission Survey: Minsk Process