Guerre de Quatre Ans (Gaza)

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Date 1967-1971
Issue « pacification » du territoire
Guerre de Quatre Ans
Informations générales
Date 1967-1971
Lieu bande de Gaza
Casus belli occupation israélienne
Issue « pacification » du territoire

Conflit israélo-palestinien

La guerre de Quatre Ans est la période de résistance armée des habitants de la bande de Gaza à l’occupation israélienne qui suit la guerre des Six-Jours. De 1967 à 1971, l‘ensemble de l’enclave connaît un niveau élevé de conflit et de violences, par une combinaison de lutte armée des fedayins palestiniens et de désobéissance civile. L’armée israélienne y met fin en 1971 par une campagne de pacification menée par le général Ariel Sharon[1]. Selon Nathan Shachar, durant cette période, « la situation dans la Bande n’a jamais été proche du calme relatif de la Cisjordanie [...] Il n’y a jamais eu une semaine calme dans la Bande, et en 1969 les Israéliens ont paru perdre pied[2] ».

L’expression est de Jean-Pierre Filiu, dans son Histoire de Gaza[3]. Elle est reprise par Anne Irfan[4].

Le nouveau maire de Gaza, Rachad Shawa, prononçant un discours à la cérémonie d’inauguration du conseil municipal de Gaza, le 26 novembre 1956 (sous occupation israélienne).
Patrouille de soldats israéliens en 1956.

Entre 1948 et 1967, la Bande de Gaza est occupée par l’Égypte[5]. Début novembre 1956, l’armée israélienne prend le contrôle de la bande de Gaza lors de la guerre de Suez, et y massacre des centaines de personnes, notamment à Khan Younès (275 à 472 tués et disparus) et Rafah (de 110 morts à 220 morts et disparus), ainsi qu’ailleurs dans la bande de Gaza. La résistance à l’occupation est matée par de nombreuses arrestations[6]. L’armée israélienne se retire de Gaza, sous la pression des États-Unis, le 7 mars 1957[7]. Au total, la première occupation israélienne de Gaza se solde par une forte répression (couvre-feu, rafles, violations de domicile) et de 930 à 1200 morts, sur une population d’environ 330 000 personnes[8].

Au début des années 1960, le gouvernement égyptien commence à supprimer les restrictions sur les activités politiques palestiniennes à Gaza, permettant la création du conseil législatif palestinien (en), semi-élu, de la confédération générale des syndicats de Gaza, de la Société des femmes palestiniennes et de l’Armée de libération de la Palestine[5].

Annexion de Gaza après la guerre des Six-Jours

La bande de Gaza est envahie et occupée par Israël en 1967 lors de la guerre des Six-Jours[9], en même temps que la Cisjordanie, le plateau du Golan et la péninsule du Sinaï[5]. Les combats débutent le 5 juin, et les Palestiniens détruisent plusieurs chars M45 israéliens à Khan Younès. Le sud de la bande de Gaza est néanmoins conquis dans la journée, les Égyptiens ayant 1500 tués. Le bombardement de Gaza, le lendemain, tue 14 Casques bleus dans leur hôtel, et les troupes égyptiennes de Gaza capitulent le 7 au matin. Les combats continuent quelques jours à Khan Younès. L‘armée israélienne détruit ou pille 90 des 100 écoles de l‘UNRWAM[10]. Les brigades 107 et 108 de l‘armée de libération de la Palestine se retirent, mais des centaines de combattants restent sur place[11].

Israël crée le Gouvernement militaire israélien (en) pour administrer les territoires dont il s’est emparé, dont Gaza[12]. À Gaza, c’est Moshe Gorem qui est nommé au poste de gouverneur[13]. Des colonies israéliennes sont rapidement construites dans la bande de Gaza[14].

Selon l’UNRWA, de 40 à 45 000 civils fuient la bande de Gaza, soit plus de 10 % de la population : le souvenir de la Nakba et de l’occupation de 1956 pesant sur les mémoires[15]. Les premiers massacres israéliens y contribuent également : deux massacres ont lieu à Rafah le 11 juin, faisant 8 et 10 morts[15]. Toujours à cause de ce souvenir, les militants les plus engagés se cachent dans les vergers[15].

Forces en présence

Résistance palestinienne

Haider Abdel Shafi.

En 1956, la résistance avait été uniquement civile. Son échec amena différents groupes militants, dont le parti communiste, à envisager la lutte armée[15].

En juin 1967, l’armée de libération de la Palestine est le groupe à la fois le plus nombreux, le mieux équipé et le mieux formé. En grande partie retirée en Égypte, elle conserve cependant des centaines de combattants à Gaza, ayant abandonné leurs uniformes mais conservé leurs armes. Des caches ont aussi été aménagées par le capitaine Hussein Khatib, avec de l’armement allant jusqu‘au mortier de 55 mm[11].

Le Mouvement nationaliste arabe (MNA, nassérien) perd plus de 80 % de ses adhérents à l’été 1967 : la défaite de l’Égypte de Nasser fait chuter leur nombre de 1200 à 213 en 1967. Cependant, l’existence de son armée secrète, le sarim, est restée ignorée des moukhabarates égyptiens[16]. Fin 1967, Georges Habache transforme le MNA en Front populaire de libération de la Palestine, très inspiré par les guérillas anticoloniales victorieuses en Chine et à Cuba[17].

Le parti communiste palestinien est groupusculaire, même si l‘occupation lui permet de doubler ses adhérents (de 20 à 50 en 1967)[16].

Le Fatah est quasiment absent à Gaza. Son dirigeant à Rafah, Abdelaziz Chahine, est arrêté dès le 25 septembre et condamné à 15 ans de prison. Le Front de libération de la Palestine-Voie du Retour (en) comme le parti Baas sont très faibles. Des personnalités, Haider Abdel Shafi, Farouk Al-Husseini et Mounir Rayens (ar), qui ont défendu l‘identité palestinienne du temps de la domination égyptienne, se rangent du côté de la résistance[16].

Enfin, les Frères musulmans, dirigés à Gaza par le cheikh Ahmed Yassine, continuent de refuser de se joindre à la résistance, comme ils avaient rejeté les offres d’Abou Jihad en 1957 et du Fatah en 1959 et 1965. Il se félicite de la défaite de Nasser et l’attribue à un châtiment divin[18]. Mounir Rayens, maire de Gaza de 1957 à 1965, réunit donc fin juillet les différentes organisations à son domicile et lance une dynamique de résistance nationale. Dans l’été également, Bahjat Abou Gharbiyya (en), né à Khan Younès, soutient les soldats de l’ALP retirés en Égypte qui souhaitent passer à l‘action et qui forment au Caire les Forces populaires de libération (FPL) en novembre[19]. Misbah s’infiltre dans la bande de Gaza et y crée trois secteurs

Insurrection armée

Femmes et enfants rassemblés dans la cour intérieure d’une maison de Gaza lors d’une opération de ratissage de l’armée israélienne, qui en arrête certains sur suspicion de terrorisme.

Dans un article du The New York Times d’octobre 1970, James Feron écrit que « la bande de Gaza reste la seule zone occupée par Israël où le terrorisme ne s’avoue pas vaincu. Plusieurs fois par semaine, le gouverneur militaire rapporte des meurtres, des attaques à la grenade et des actes de sabotage. La plupart des victimes sont des Arabes, certains suspectés de collaboration avec Israël »[20],[21].

Le premier acte de résistance militaire survient le 11 juin, avec l‘explosion d‘une mine à Gaza[15].

Le plus important des groupes armés est le front populaire de libération de la Palestine[22].

Désobéissance civiles et émeutes

Selon Sara Roy, « outre les combats de guérilla qui imprègnent la vie de la Bande de Gaza, la désobéissance civile est très répandue. Les manifestations d’étudiants, le boycott des produits israéliens, et l’exigence des représentants politiques d‘une fin de l’occupation exacerbent une situation volatile »[5].

Par exemple, en mai 1968, les femmes organisent une campagne de blocage des routes et manifestent devant les bureaux du gouverneur militaire israélien[23].

Des manifestations de Gazaouis tournent à l’émeute, comme la manifestation de lycéennes de février 1969 : la répression israélienne fait plus de 90 blessées chez les adolescentes, ce qui provoque des émeutes également en Cisjordanie[24],[25],[26],[27].

Campagne de pacification

Situation après 1971

Notes

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