Guerre vandale (439–442)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Date | 439–442 apr. J.-C. |
|---|---|
| Lieu | Italie |
| Issue |
Indécis
|
| Vandales Alains |
Empire romain d’Occident Empire romain d’Orient |
| Geiseric Hunéric Gento |
Flavius Aetius Sébastien Areobindus, Ansila et Germanus |
| Inconnues | Inconnues |
Déclin de l'Empire romain d'Occident
Conquête vandale de l’Afrique romaine
La Guerre vandale (439–442) est un conflit militaire entre l’Empire romain d’Occident et les Vandales, qui se déroula dans la région de la Méditerranée occidentale. Les principaux protagonistes de ce conflit furent le roi vandale Geiseric et le commandant en chef de l’armée romaine Aetius.
On sait peu de choses sur le déroulement de cette guerre et sur les batailles qui ont eu lieu. Le cours du conflit ne peut être reconstitué que de manière générale, car il n’existe aucun compte rendu complet des combats. Les rares informations disponibles proviennent de fragments de chroniqueurs et de références occasionnelles de poètes, rhéteurs et théologiens. Les principales sources sur ces événements sont Prosper d'Aquitaine et Hydace de Chaves. Par ailleurs, Cassiodore et Jordanès fournissent également des informations utiles.
Contexte
Quelques années auparavant, les Vandales dirigés par Geiseric avaient traversé l’Espagne pour s’installer en Afrique du Nord, période connue sous le nom de « Conquête vandale de l’Afrique romaine ». Cette conquête se solda par une impasse, aucune des parties n’ayant obtenu la victoire finale. Finalement, en 435, un accord de paix fut conclu : les Vandales se tenaient à l’écart des provinces romaines Maurétanie tingitane, Maurétanie césarienne et Numidie. En contrepartie, ils se virent attribuer l’« Afrique », la partie la plus riche de la province romaine Afrique proconsulaire, tout en acceptant le statut de foederati des Romains.
Après la signature de la paix en 435, l’ambition de Genséric pour davantage de pouvoir n’avait pas disparu. En temps de paix, il se prépara à une nouvelle guerre. Lorsqu’il devint clair pour lui qu’Aetius, commandant en chef de l’armée romaine, devait concentrer toute son attention sur la préservation de la Gaule, d’abord en écrasant la révolte burgonde (en) en 436, puis en étant fortement engagé dans la guerre gothique (en), Genséric décida qu’il était temps de mettre ses plans à exécution[1].
Déroulement
Conquête de Carthage

Genséric avait déjà vaincu à deux reprises l’armée romaine en Afrique, une première fois lors de la bataille de Calama contre Boniface, puis une seconde fois lorsqu’elle fut renforcée par des troupes venues d’Orient ; la confiance qu’il avait en lui-même devait donc être grande. Il est presque certain que les troupes orientales étaient rentrées chez elles avec Aspar en 439. En outre, on ignore si les troupes que Boniface avait emmenées en Italie lors de la guerre civile pour affronter Aetius furent jamais renvoyées en Afrique. Il est donc clair que Genséric devait faire face en Afrique à une armée affaiblie, mais qui pouvait néanmoins être renforcée depuis l’Italie si la guerre contre les Goths venait à être remportée.
À la mi-, Genséric viola le traité de paix avec les Romains en envahissant la province romaine de Byzacène sans déclaration de guerre. Carthage, troisième plus grande ville de l’Empire romain, fut prise le sans rencontrer de résistance[2]. En conséquence, une partie de la flotte méditerranéenne tomba aux mains des Vandales. En Italie, cette nouvelle provoqua une vive inquiétude, car les villes de Rome et de Naples furent mises en état de défense[3], et Sigiswult (en), maître des soldats, prit des mesures pour surveiller les côtes. Aetius et son armée furent rappelés de Gaule, et l’empereur Théodose II se déclara prêt à envoyer des renforts[4].
Attaque contre la Sicile
Genséric pouvait avoir eu connaissance des préparatifs entrepris contre lui en Italie, car, après la conquête de Carthage, il concentra son attaque sur la Sicily, où il assiégea Palerme[5]. Il échoua à s’emparer de la ville, mais ravagea l’île et, peut-être, sans que cela soit certain, occupa la cité de Lilybée[6].
Dans la partie orientale de l’Empire romain, d’importants préparatifs furent entrepris en vue d’une guerre contre les Vandales. En raison de cette menace, Genséric ramena sa flotte en Afrique en 440. Prosper d'Aquitaine attribue son retour en Afrique à une attaque contre Carthage menée par Sébastien (le gendre de Boniface), qui attaqua l’Afrique depuis l’Espagne. Ce Sébastien pourrait avoir agi sur ordre de Théodose II[7].
Contre-attaque romaine
L’année suivante, Théodose II avait préparé une importante escadre navale se dirigeant vers l’ouest, dans le but de libérer Carthage des Vandales. Prosper rapporte que la flotte impériale était commandée par trois généraux, Areobindus, Ansila et Germanus[8]. Cette expédition arriva en Sicile en 441, après quoi l’île fut débarrassée des Vandales.
Dans l’attente de la flotte impériale, Genséric envoya des négociateurs afin d’ouvrir des pourparlers de paix. Cette consultation diplomatique prit beaucoup de temps et, entre-temps, une invasion des Huns contraignit Théodose à rappeler sa flotte. Les empereurs durent alors se résoudre à conclure une paix désavantageuse.
Négociations de paix
Finalement, un nouveau traité de paix fut conclu en 442. Le traité de 442 remplaça l’ancien accord de 435 et divisa à nouveau l’Afrique entre les deux puissances. Il était plus avantageux pour les Vandales : l’Empire romain d'Occident conserva les provinces de Tripolitaine, de Maurétanie sitifienne, de Maurétanie césarienne et certaines parties de la Numidie, tandis que les Vandales furent autorisés à se proclamer maîtres du reste de cette province ainsi que de toute l’Africa Proconsulaire, y compris la Byzacène[9].
Aetius avait tout intérêt à ce que l’Occident entretienne de bonnes relations avec Genséric, afin de l’empêcher de disposer d’un prétexte pour attaquer la Sicile, la Sardaigne ou l’Italie elle-même. On soupçonne qu’il parvint à convaincre Valentinien III d’accepter les fiançailles entre sa fille aînée Eudocia et le fils de Genséric, Hunéric. Il est très probable que cet arrangement ait déjà été envisagé au moment de la rédaction du traité[10].
Cependant, Hunéric était déjà marié à la fille du roi wisigoth Théodoric Ier. Néanmoins, ce mariage existant avec la princesse gothique ne constitua pas un obstacle. Un prétexte pour s’en débarrasser fut facile à trouver : la princesse fut accusée d’avoir voulu empoisonner Genséric[11]. Elle fut punie par la mutilation de son visage et, privée de ses oreilles et de son nez, elle fut renvoyée auprès de son père. Cet incident engendra une inimitié durable entre ces rois. Théodoric Ier chercha bientôt un nouvel allié en mariant une autre de ses filles à Rechiaire, roi des Suèves (449)[12].
Conséquences et suites
Pour les Romains, la cession de la riche province d’Africa Proconsulaire constitua une hémorragie majeure. L’Occident perdit non seulement ses livraisons de blé en provenance d’Afrique, mais surtout les recettes fiscales qui lui permettaient, entre autres, de financer son coûteux appareil militaire[13]. On ignore si le traité de 442 prévoyait également un dispositif destiné à approvisionner l’Italie en céréales. Néanmoins, on suppose généralement que ces livraisons se poursuivirent, car il était clairement dans l’intérêt des nouveaux maîtres d’acheminer les surplus de blé vers les marchés italiens.
Après la prise de Carthage, la plupart des grands propriétaires fonciers appartenant à l’aristocratie sénatoriale romaine furent contraints de quitter les côtes africaines : certains gagnèrent l’Italie par mer, tandis que d’autres cherchèrent refuge en Orient[14]. Dans les autres régions de son royaume, Genséric ne semble pas avoir adopté de mesures aussi radicales. Il lui parut suffisant de sécuriser la capitale royale et la province centrale.