Conquête vandale de l’Afrique romaine

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Date 429–435, 439–442
Issue

Première phase : Statu quo militaire

Seconde phase : Victoire vandale
Conquête vandale de l’Afrique romaine
Description de cette image, également commentée ci-après
Migration et conquête vandales de l’Afrique du Nord
Informations générales
Date 429–435, 439–442
Lieu Afrique proconsulaire et Royaume de Maurétanie, Empire romain d’Occident
Issue

Première phase : Statu quo militaire

Seconde phase : Victoire vandale
Belligérants
Vandales
Alains
Berbères (peuple révolté)
Empire romain d’Occident
Empire romain d’Orient
Berbères (peuple fédéré)
Commandants
Genséric
Huneric
Gento
Boniface
Aspar
Marcien (PDG)
Forces en présence
80 000 personnes au total
(estimation de Procope)
20 000 guerriers
(estimations modernes)
Inconnues
Pertes
Inconnues Inconnues, mais élevées

Chute de l'Empire romain
Guerres romano-germaniques (en)

La conquête vandale de l’Afrique romaine, également appelée conquête vandale de l’Afrique du Nord, désigne la conquête de la Maurétanie tingitane, de la Maurétanie césarienne et de l’Afrique proconsulaire par les Vandales et les Alains en migration. Le conflit dura treize ans, avec une période de paix de quatre années, et aboutit à l’établissement du Royaume vandale en 435[1].

Saint Augustin d’Hippone, l’évêque Capréole, Honoratus Antoninus (en), Prosper d'Aquitaine, Théodoret de Cyr et Possidius de Calame ont laissé des récits contemporains de l’invasion vandale. Hydace de Chaves a documenté les activités des Vandales dans la péninsule Ibérique avant leur passage en Afrique[2]. La Vie d’Augustin de Possidius fut rédigée avant la prise vandale de Carthage en 439[3]. Victor Vitensis, dans son Histoire de la persécution de la province d’Afrique au temps de Genséric et d’Hunéric, rois des Vandales, traite de la conquête vandale et des contre-offensives romaines[4].

Contexte

Félix, celui qui accusa Boniface de trahison.

L’Empire romain était en déclin depuis le début du IVe siècle et divisé en deux entités depuis 395[5],[6],[7].

L’Afrique du Nord demeura relativement stable, bien qu’à partir des IIIe et IVe siècles diverses tribus Berbères, principalement les Gétules, originaires du Sahara, exercèrent une pression croissante sur les provinces romaines du nord-ouest de l’Afrique, occupant fréquemment certaines régions. Toutefois, les zones centrales les plus fertiles restèrent sous un contrôle romain stable[8].

Parallèlement, à partir de la fin du IIIe siècle, les Romains entrèrent de plus en plus souvent en conflit avec les Vandales en migration, un peuple germanique oriental parlant la langue vandale[9]. En 406, les Vandales franchirent le Rhin avec d’autres groupes germaniques et ravagèrent la Gaule. Les Alains, les Suèves et les Vandales pénétrèrent dans la péninsule Ibérique en 409[10].

En 419, les Vandales et les Alains furent vaincus par les forces alliées de l’Empire romain d’Occident lors de la bataille des monts Nervasos (en), ce qui les contraignit à abandonner leurs territoires ; leur roi Gunderic se réfugia alors en Bétique. En 422, Gunderic infligea une défaite aux Romains en Bétique au cours de la guerre vandale (en), puis, en 425, il mit à sac une grande partie de l’Hispanie[9]. En 428, Gunderic mourut et fut remplacé par Genséric, qui, peut-être à l’invitation de Boniface, gouverneur romain de la région, traversa en Afrique avec son peuple[11].

Les provinces romaines d’Afrique du Nord figuraient parmi les plus riches de l’Empire. En 429, la Numidie fournissait des revenus de 33 600 solidi, 9 600 annones et 1 600 capitationes, tandis que la Maurétanie sitifienne rapportait 40 000 solidi et 400 capitationes[12]. La Chronica Gallica de 452 signale par ailleurs que des murailles furent érigées autour de Carthage en 425[13].

Invasion

En [14], les Vandales posèrent pour la première fois le pied sur le continent dans l’actuel Maroc, à Tangis, après avoir traversé le détroit de Gibraltar[15],[16]. De là, ils avancèrent rapidement vers l’est, battant toute résistance que l’armée romaine affaiblie pouvait opposer. Boniface commença immédiatement à rassembler une armée pour les repousser, bien que cela contredise l’écrivain tardif Jordanes, qui affirmait que Boniface avait invité les Vandales.

Les Vandales dirigés par Genséric passent le détroit de Gibraltar et débarquent sur les côtes de Maurétanie (l'actuel Maroc) en 429.

La bataille près de Calama et le siège d’Hippo

En 430, les Vandales avaient pris l’ensemble de la Royaume de Maurétanie et commençaient à pénétrer en Numidie. C’est là que Boniface affronta les Vandales lors de la bataille de Calama. Ces derniers infligèrent une sévère défaite à Boniface[17] puis poussèrent jusqu’aux limites de l’actuelle Algérie[18]. Les Vandales assiégèrent Hippo Regius en mai ou juin ; Augustin mourut au cours du siège de quatorze mois[19]. Les Vandales durent finalement lever le siège sous l’attaque de Boniface, renforcé par des contingents orientaux commandés par Aspar[18].

L’arrivée d’Aspar et le départ de Boniface

En 432, Boniface se rendit à Rome où il fut nommé Magister militum des armées occidentales, un poste qu’il entendait utiliser pour reprendre l’Afrique, sa base de pouvoir depuis près d’une décennie[20]. Après son départ, Boniface mourut peu après des mains de son rival Flavius Aetius lors de la bataille de Rimini (432) (en). La même année, Aspar fut de nouveau défait dans la région d’Hippo Regius, où selon certaines sources Marcien, futur empereur romain, aurait été capturé par les Vandales[18].

Paix et reprise de la conquête

Malgré tout, un certain statu quo se forma dans la région, et le les Vandales signèrent un traité de paix avec les Romains à Hippo Regius, acceptant de devenir des Foederati en échange de la possession de toute la Maurétanie Tingitane, de la Maurétanie césarienne et de la Numidie[21],[22].

Pendant les six années de guerre, les Vandales détruisirent Altava (reconstruite plus tard et devenue capitale du Royaume de Altava), et dévastèrent Tassacora, Portus Magnus, Thagaste, Sicca Veneria, Cartennae, Caesarea, Icosium, Auzia, Sitifis, Cirta, Calama, Thuburbo Majus[23], et Rusadir[24]. En contrepartie de la paix, Genséric dut également livrer Huneric, son fils, aux Romains comme otage pour une courte période.

En , une nouvelle guerre éclata lorsque les Vandales attaquèrent Carthage sans déclaration de guerre, prenant la ville sans résistance[25],[26],[27]. Genséric choisit de considérer la prise de Carthage, plutôt que sa première année de règne, comme le début de son année de règne (en)[28]. Les Vandales ne purent conquérir que 100 000 km2 de l’Afrique romaine, soit moins d’un tiers de son territoire. Le reste fut divisé en zones autonomes et États berbères[29].

Les Vandales poursuivirent leur attaque contre les Romains en envahissant la Sicile en 440, mais se retirèrent dans l’année suivante en raison de l’arrivée d’une flotte romaine orientale, deux fois plus importante que celle que Belisaire avait utilisée pour sa conquête des Vandales, et préparant une attaque sur Carthage en 441. Cependant, cette attaque n’eut jamais lieu, les Romains orientaux étant contraints de se retirer face aux hostilités avec les Huns et les Sassanides[30],[9],[31].

Un traité de paix fut signé en 442, par lequel les Vandales acquirent l’Afrique proconsulaire, la Byzacène, la Numidie orientale et la Tripolitaine occidentale, tandis que les Romains conservaient la Maurétanie césarienne, la Maurétanie sitifienne et la Numidie occidentale. Les Vandales reçurent les régions les plus fertiles de l’Afrique romaine. Une alliance matrimoniale fut également conclue entre Huneric et Eudocia, fille de l’empereur Valentinien III[32]. Les terres romaines restantes furent conquises par les Vandales après la mort de Valentinien en 455[33]. Huneric fut donné en otage aux Romains et les Vandales durent payer un tribut annuel[34].

Persécution des chrétiens

Les Vandales, qui se seraient convertis au christianisme entre 406 et 421 selon Peter Heather[35], suivaient la théologie d'Homoiousisme en opposition aux chrétiens de l’Afrique romaine[36]. Les Vandales s’emparèrent des églises tenues par les chrétiens nicéens, y compris la Basilique Maiorum qui abritait les restes de Perpétue et Félicité, restes qui ne furent rendus qu’après la conquête byzantine[37]. Augustin craignait que les Vandales ne conduisent les chrétiens à abandonner le Credo de Nicée. Possidius considérait l’invasion vandale comme une punition divine pour les péchés[3]. Vers 450, Quodvultdeus, évêque de Carthage, écrivit dans son Livre sur les promesses et prédictions de Dieu que les Vandales étaient les précurseurs de l’Antéchrist[38].

Capreolus écrivit aux évêques présents au Concile d’Éphèse que les évêques d’Afrique seraient dans l’impossibilité d’assister au concile en raison de l’invasion vandale[39]. Le pape Léon I rapporta que les Vandales avaient violé des religieuses. Quodvultdeus fut expulsé en Campanie par les Vandales en 439[40]. Le siège épiscopal de Carthage resta vacant pendant quinze ans, jusqu’à ce que Genséric autorise la nomination de Deogratias le , à la demande de l’empereur Valentinien III[41],[42].

Le Liber genealogus, rédigé par un partisan du Donatisme en 438, affirmait que Genséric était l’Antéchrist et que la valeur numérique de son nom était 666. Ce texte identifiait également l’empereur Anthémius comme l’antéchrist[43],[44].

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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