HMS Courageous (50)
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| HMS Courageous | ||
Le HMS Courageous en 1916. | ||
| Autres noms | Outrageous | |
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| Type | Croiseur de bataille Porte-avions |
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| Classe | Courageous (croiseur) Courageous (porte-avions) |
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| Histoire | ||
| A servi dans | ||
| Chantier naval | Armstrong Whitworth (Walker (en)) | |
| Quille posée | ||
| Lancement | ||
| Armé | ||
| Statut | reconverti en porte-avions en 1924-28 coulé en 1939 |
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| Équipage | ||
| Équipage | 842 | |
| Caractéristiques techniques | ||
| Longueur | 239,8 m | |
| Maître-bau | 24,7 m | |
| Tirant d'eau | 7,9 m | |
| Déplacement | 22 920 tonnes | |
| Propulsion | 4 turbines à vapeur Parsons 18 chaudières |
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| Puissance | 90 000 ch | |
| Vitesse | 32 nœuds | |
| Caractéristiques militaires | ||
| Blindage | ceinture = 51-76 mm pont = 19-76 mm tourelle = 178-229 mm barbette = 76-178 mm kiosque = 254 mm |
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| Armement | 4x2 canons de 381 mm 6x3 canons de 102 mm 2 canons de 76 mm mitrailleuses 2 Tubes lance-torpille de 533 mm |
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| Rayon d'action | 6 000 miles à 20 nœuds (tonnes de charbon) |
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| Indicatif | 50 | |
| Localisation | ||
| Coordonnées | 50° 10′ nord, 14° 45′ ouest | |
| Géolocalisation sur la carte : océan Atlantique
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Le HMS Courageous (pennant number 50) est le premier navire des trois croiseurs de bataille de la classe Courageous construits pour la Royal Navy pendant la Première Guerre mondiale. Conçu pour soutenir le projet Baltique, défendu par le Premier Lord de la Marine John Fisher, le navire est très légèrement blindé et armé de seulement quelques canons lourds. Achevé fin 1916, le HMS Courageous passe la guerre à patrouiller en mer du Nord. Il participe à la seconde bataille de la baie d'Heligoland en et est présent lors de la capitulation de la Hochseeflotte, flotte allemande de haute mer, un an plus tard.
Le HMS Courageous et le HMS Glorious sont désarmés après la guerre, puis convertis en porte-avions au milieu des années 1920. Ils pouvaient transporter 48 avions, contre 36 pour leur demi-frère HMS Furious, pour un déplacement à peu près identique. Après sa remise en service, le HMS Courageous passe la majeure partie de sa carrière au large de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. Il devient brièvement un navire-école, mais reprend son rôle normal quelques mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale en . Il est le premier navire de guerre britannique et le premier porte-avions d'un pays belligérant durant la Seconde Guerre mondiale à être coulé[1]. Il sombre avec plus de 500 membres d'équipage le lors d'un combat face à un U-boot au large de la côte de l'Irlande.
En 1915, l'amiral Fisher ne put commander une version améliorée de la précédente classe Renown à cause des restrictions liées à la Première Guerre mondiale empêchant la construction de navires du gabarit supérieur à des croiseurs légers. Pour obtenir la construction de nouveaux croiseurs de bataille, il est décidé de limiter le blindage à celui d'un croiseur léger et l'armement à seulement deux tourelles doubles de 381 mm d'un croiseur de bataille. Fisher justifie l'existence de cette classe par son besoin de navires rapides de faible tirant pour son Projet Baltique, un plan pour envahir l'Allemagne par la mer Baltique[2],[3].
Le HMS Courageous avait une longueur totale de 239,8 m, une largeur de 24,7 m, et un tirant d'eau de 7,9 m. Il avait un déplacement de 19 490 t et 22 922 t en charge[4]. Le HMS Courageous et ses sister-ships sont les premiers grands navires de guerre de la Royal Navy équipés de turbines à vapeur. Afin de réduire les délais de conception, la machinerie utilisée par le croiseur léger HMS Champion est tout simplement répliquée en quatre exemplaires afin constituer les quatre ensembles turbines propulsant le navire. Les turbines Parsons sont alimentées par dix-huit chaudières à petits tubes Yarrow. Elles sont conçues pour produire un total de 90 000 chevaux. Le navire atteint une vitesse estimée à 30,8 nœuds pendant les essais en mer[5].
À pleine capacité, il avait une autonomie d'environ 6 000 milles nautiques (environ 11 000 km) à une vitesse de 20 nœuds[6].
Le Courageous emporte quatre canons de 15 pouces BL Mk I (381 mm) logés dans deux tourelles jumelles à commande hydraulique, désignées "A" et "Y" de l'avant vers l'arrière. Son armement secondaire se compose de dix-huit canons de 4 pouces BL Mk IX (101 mm) montés sur six affûts à commande manuelle. Les affûts triples étant trop proches les uns des autres, les 23 canonniers se gênaient mutuellement, empêchant la haute cadence de tir prévue[7]. L'armement antiaérien est composé de deux canons de 3 pouces QF 20 cwt[Note 1] (76 mm) installés près du mât principal. Le navire est également équipé de deux tubes lance-torpilles immergés de 533 mm et transporte 10 torpilles.
Première Guerre mondiale
La pose de la quille du HMS Courageous eut lieu le ; il fut lancé le et achevé le de la même année. Au cours de ses essais en mer, au moment des tests à pleine vitesse dans une mer formée, il subit des dommages structurels dont la cause exacte reste incertaine[8]. Le pont du gaillard d'avant fut profondément abîmé à trois endroits entre le brise-lames et la tourelle avant[9], la coque étant visiblement enfoncée entre le gaillard d'avant et les ponts supérieurs. L'eau pénétra dans la partie du compartiment des torpilles situé sous la ligne de flottaison, et des rivets cédèrent au niveau de la charpente métallique soutenant le blindage du pont[10]. Les réparations commencèrent le . La rigidité du navire fut améliorée avec 130 tonnes d'acier supplémentaires pour un coût total de 2,038,225 £[11].
À sa mise en service, le HMS Courageous est affecté à la 3e escadre de croiseurs légers de la Grand Fleet. Il devient ensuite, à la fin de 1916, le navire amiral de la 1re escadre de croiseurs lors de la reformation de l'unité après la Bataille du Jutland survenue en mai[12]. Le navire est ensuite temporairement transformé en mouilleur de mines en par l'ajout sur son gaillard d'arrière de rails pouvant contenir plus de 200 mines - mais n'en posa jamais aucune. Au milieu de l'année 1917, il reçoit une demi-douzaine d'affûts de torpilles jumelés. Un affût est installé de chaque côté du mât principal sur le pont supérieur, et deux affûts de chaque côté de la tourelle Y sur le gaillard d'arrière[13],[14] Le , le contre-Amiral Trevylyan Napier prend le commandement de la 1re escadre de croiseurs et est nommé vice-amiral commandant la force de croiseurs légers, poste qu'il occupe jusqu'au [15].
Le , l’Amirauté reçoit des informations sur des mouvements de navires allemands, indiquant peut-être un raid. L'amiral Beatty, le commandant de la Grand Fleet, ordonne à la plupart de ses croiseurs légers et de ses destroyers de prendre la mer pour tenter de localiser les navires allemands. Les HMS Glorious et HMS Courageous sont envoyés plus tard dans la journée pour renforcer la 2e escadre de croiseurs légers patrouillant dans la partie centrale de la mer du Nord[16]. Deux croiseurs légers allemands de la classe Brummer parviennent à se faufiler entre les patrouilles britanniques et à détruire un convoi à destination de la Norvège dans la matinée du . La 1re escadre de croiseurs reçoit l'ordre d'intercepter les bâtiments allemands mais échoue : les croiseurs allemands sont trop rapides[17].
Deuxième bataille de la baie de Heligoland
Tout au long de l'année 1917, l’Amirauté britannique s’intéressa de plus en plus aux efforts de l’Allemagne visant à détruire les champs de mines que les Britanniques avaient aménagés dans le but de limiter les activités de la flotte de haute mer et des sous-marins allemands. Le , un raid préliminaire mené par des forces légères contre les forces allemandes de déminage détruisit dix petits navires. Sur la base de rapports de renseignements, l’Amirauté dépêcha le la 1re escadre de croiseurs pour détruire le reste des dragueurs de mines et leurs escortes de croiseurs légers. Une couverture devait lui être fournie par la 1re escadre de croiseurs de bataille et par les cuirassés de la 1re escadre[18].
Les navires allemands - quatre croiseurs légers de la IIe force de reconnaissance, huit destroyers, trois divisions de dragueurs de mines, huit chalutiers remplis de liège (Sperrbrecher) et deux autres chalutiers marquant la route déminée - furent repérés à 7h30 du matin [Note 2]. Le Courageous et le croiseur léger Cardiff ouvrirent le feu sept minutes plus tard avec leurs canons. Les Allemands réagirent en déployant un écran de fumée efficace. Les Britanniques continuèrent leur poursuite, mais perdirent la trace de la plupart des petits navires dans la fumée, et concentrèrent leur feu sur les croiseurs légers. Le Courageous tira 92 obus de 381 mm et 180 obus de 76 mm au cours de l'engagement [19]. Un obus de 381 mm heurta une barbette du croiseur léger SMS Pillau mais sans ralentir ce dernier. Les seuls dommages subis par le Courageous lors du combat furent ceux causés par le souffle de ses propres canons [20]. À 9 h 30, la 1re escadre de croiseurs interrompit sa poursuite pour ne pas pénétrer dans un champ de mines indiqué sur ses cartes. Les navires britanniques mirent le cap au sud, et quittent le champ de bataille[21].
Après la bataille, l'équipement de mouillage de mines du Courageous fut retiré. Il passa le reste de la guerre à patrouiller par intermittence dans la mer du Nord. En 1918, sur ses deux tourelles de 381mm furent installées des plates-formes courtes de décollage pour un Sopwith Camel et un Sopwith 1½ Strutter [22]. Le navire était présent lors de la reddition de la flotte allemande de haute mer, le . Le Courageous fut placé en réserve à Rosyth le . Il redevint jusqu'au le vaisseau amiral de Napier, lorsque ce dernier fut nommé vice-amiral commandant la réserve de Rosyth. Le navire fut affecté l'année suivante à l'école d'artillerie de Portsmouth, où ses tourelles servirent à l'entraînement des marins. Il devint en le navire amiral du contre-amiral commandant la réserve à Portsmouth [23]. Le capitaine Sidney Meyrick devint son flag captain en 1920 [24], suivi du capitaine John Casement en [25].
L'entre-deux-guerres
Conversion

Le Traité naval de Washington de 1922 limita sévèrement le tonnage des bâtiments majeurs, et la Royal Navy fut contrainte de mettre au rebut nombre de ses plus vieux cuirassés et croiseurs de bataille. Cependant, le traité autorisait la conversion de navires existants et déplaçant jusqu’à 66 000 tonnes en porte-avions. La classe Courageous présentait la combinaison d'une coque de grandes dimensions et d'une vitesse élevée, ce qui faisait de ces navires des candidats idéaux pour une telle conversion. La conversion du Courageous débuta le à Devonport[26]. Ses tourelles de quinze pouces furent déposées, entreposées et réutilisées pendant la Seconde Guerre mondiale pour la construction du HMS Vanguard, le dernier cuirassé de la Royal Navy[27]. La transformation en porte-avions coûta 2 025 800 £.
La conception du porte-avions ainsi obtenu était une amélioration par rapport à celle de son sister-ship HMS Furious, à qui il manquait un îlot et une cheminée conventionnelle. L'intégralité de la superstructure, des canons, des tubes lance-torpilles et de l'équipement situé au dessus du niveau du pont principal furent supprimés. Deux étages de hangars furent construits par-dessus la coque restante ; chaque étage mesurant 4,9 m de haut 167,6 m de long. Le hangar supérieur s'ouvrait sur un court pont d'envol auxiliaire, en dessous et en avant du pont d'envol principal. Le pont d'envol auxiliaire améliorait la flexibilité des opérations de lancement et de récupération des aéronefs ; cependant, dans les années 1930 il fut rendu obsolète par l'apparition de nouveaux chasseurs nécessitant une plus grande distance pour décoller [28]. Deux ascenseurs de 14 sur 14,6 mètres furent installés à l'avant et à l'arrière du pont d'envol. Un îlot regroupant la passerelle, la cheminée et la tour de contrôle aérien fut ajouté sur le côté tribord, puisqu'il avait été estimé que les îlots ne causaient pas de turbulences significatives. En 1939, le navire pouvait transporter 157 000 litres de carburant pour ses avions[29].
Le Courageous reçut un armement à usage mixte de seize canons de 120 mm Mk VIII QF sur des affûts simples HA Mark XII. Un affût était placé de chaque côté du pont d'envol inférieur, et deux autres sur la plage arrière. Les douze autres affûts étaient répartis sur le long des flancs du navire[30]. Au milieu des années 1930, le Courageous reçut trois affûts quadruples Mk VII pour des canons anti-aériens "pom-pom" de 2 livres de 40 mm, dont deux provenant du cuirassé Royal Sovereign. Chaque côté du pont d'envol inférieur reçut un affût, en avant des canons de 120 mm, et le troisième affût fut placé derrière l'ilôt sur le pont d'envol. Le Courageous reçut également quatre mitrailleuses anti-aériennes de calibre.50 Mk III, refroidies par eau, sur un affût quadruple. Il fut placé dans un sponson sur babord arrière[31].
Cette reconstruction fut achevée le et le navire passa plusieurs mois d'essais et de formation de l'équipage avant d’être affecté à la Flotte Méditerranéenne (basée à Malte), dans laquelle il servit de à [32]. En , des émeutes en Palestine éclatèrent. Le Courageous fut envoyé en réaction. Quand il arriva assez proche de la Palestine, son escadre aérienne fut transférée à terre et participa aux opérations pour aider à réprimer les troubles[33]. Le navire fut relevé en Méditerranée par le Glorious et partit subir une rénovation de juin à . Il fut affecté à l'Atlantic Fleet et à la Home Fleet du à - à l'exception d'un détachement temporaire au sein de la Mediterranean Fleet en 1936. Au début des années 1930 (avant ), des brins d'arrêt ainsi que deux catapultes hydrauliques furent installés sur le pont d'envol supérieur. Le Courageous fut réaménagé entre et , avec ses affûts pom-pom. Il était présent à la revue navale du couronnement à Spithead, le , pour le Roi George VI. Le navire devint un porte-avions d'entraînement en lorsque l'Ark Royal rejoint la Home Fleet. Il fut remplacé dans cette fonction en par son demi-frère le Furious. Le Courageous participa à la revue navale de Portland le [32].
Avions


Le HMS Courageous avait une capacité d'accueil maximale de 48 appareils. Le , à la fin de ses essais et après l'embarquement de l'équipage et du matériel, il navigue vers Spithead. Le lendemain, un Blackburn Dart réalise le premier appontage. Il est suivi par les Fairey Flycatcher des 404e et 407e escadrilles, les Fairey IIIF des 445e et 446e escadrilles et les Dart des 463e et 464e escadrilles. Le , le navire navigue en direction de Malte pour rejoindre la Méditerranean Fleet.
De 1933 à la fin de 1938, le HMS Courageous transporte l'escadron N ° 800 formé de neuf Hawker Nimrod et de trois Hawker Osprey[34]. Les escadrons N° 810, 820 et 821 sont embarqués pour l'attaque anti-navire et la reconnaissance. Ces escadrons sont formés de Blackburn Baffin, de Blackburn Shark, de Blackburn Ripon, de Fairey Swordfish bombardiers torpilleurs ainsi que de Fairey Seal pour la reconnaissance[35]. Au début 1939, en tant que porte-avions d'entrainement à l'appontage, le HMS Courageous embarque les chasseurs Blackburn Skua et Gloster Sea Gladiator du 801e Escadron et les bombardiers torpilleurs Fairey Swordfish du 811e Escadron. Ces deux escadrons sont ensuite débarqués lorsque le navire cesse d'être un navire-école en mai[36].
Seconde Guerre mondiale et naufrage

Le HMS Courageous sert dans la Home Fleet au début de la Seconde Guerre mondiale avec les escadrons 811 et 822 à bord, chacun formé d'une douzaine de Fairey Swordfish[37]. Dans les premiers jours de la guerre, des groupes hunter-killer sont formés autour de la flotte de porte-avions pour trouver et détruire les U-boot. Le , le HMS Courageous rejoint son port d'attache à Portland et embarque les deux escadrons de Swordfish. Le soir du , le HMS Courageous, escorté par quatre destroyers, se dirige dans les Atterrages occidentaux pour une patrouille de surveillance anti-sous-marine.
Dans la soirée du , il patrouille au large de la côte de l'Irlande. Deux de ses quatre destroyers d'escorte, sont envoyés assister un navire marchand et tous les avions sont à bord, rentrés de patrouille. Le navire est repéré par l'U-29, commandé par le Capitaine-Lieutenant Otto Schuhart et harcelé pendant plus de deux heures. Le HMS Courageous se tourne vers le vent pour pouvoir lancer les avions. Cette manœuvre met le navire dans la ligne de mire du sous-marin qui tire trois torpilles. Deux torpilles frappent le navire sur son côté bâbord avant le décollage des avions et coupe l'alimentation électrique. Le navire chavire et coule en 20 minutes, entrainant la perte de 519 marins et du capitaine[38]. Les survivants sont secourus par le paquebot hollandais Veendam, le cargo Dido d'Ellerman Lines et le cargo américain Collingworth. Les deux destroyers d'escorte traquent l'U-29 pendant quatre heures sans succès[39].
Le HMS Courageous est le premier navire de guerre britannique coulé par les forces allemandes lors de la Seconde Guerre mondiale (le sous-marin Oxley avait été coulé une semaine plus tôt par des tirs amis du sous-marin britannique Triton)[40]. Une attaque infructueuse contre le HMS Ark Royal par l'U-39 le , suivie trois jours plus tard par le naufrage du HMS Courageous incite la Royal Navy à retirer ses porte-avions des patrouilles anti-sous-marines.
Au sein de la Kriegsmarine, Karl Dönitz considère le naufrage du HMS Courageous comme un grand succès. Le Grand-Amiral Erich Raeder ordonne que soit décerné à Otto Schuhart la Croix de Fer de Première Classe et que tous les autres membres de l'équipage reçoivent la Croix de fer de Seconde Classe[41].
