Classe Renown

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Classe Renown
illustration de Classe Renown
Le HMS Renown, vers la fin des années 1920
Caractéristiques techniques
Type Croiseur de bataille
Longueur 242 m
Maître-bau 27,5 m
Tirant d'eau 8,2 m
Déplacement 27 600 tonnes
Port en lourd 37 400 tonnes
Propulsion 42 chaudières Babcock & Wilcox,
2 ensembles de turbines Brown-Curtis,
4 lignes d'arbres
Puissance 112 000 cv (84 000 kW)
Vitesse 31.5 nds
Caractéristiques militaires
Blindage Ceinture : 76-152 mm
Ponts : 25-64 mm
barbettes : 102-178 mm
tourelles : 178-229 mm
Château : 254 mm
Cloisons : 76-100 mm
Armement Origine : 3 tourelles doubles de 381 mm
5 tourelles triples et 2 tourelles simples de 102 mm
2 pièces simples antiaériennes de 76 mm
2 tubes lance-torpilles de 533 mm sous la flottaison.
Rayon d'action 4 000 milles marins (7 400 km) à 18 nœuds (33 km/h)
Autres caractéristiques
Équipage 953 à 1 223
Histoire
Chantier naval Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
A servi dans Royal NavyVoir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire  Royal Navy
Période de
construction
1915-1916
Période de service 1916-1945
Navires construits 2
Navires prévus 2
Navires perdus 1
Navires démolis 1

La classe Renown est une classe de deux croiseurs de bataille de la Royal Navy mise en service pendant la Première Guerre mondiale. Portant des canons du plus fort calibre existant à cette époque et capables d'une vitesse supérieure à celle de ses congénères, les navires de cette classe sont néanmoins handicapés par un blindage dont la bataille du Jutland a montré l'insuffisance. Ils connaissent plusieurs refontes pendant l'entre-deux-guerres ; le HMS Renown mène avec succès plusieurs campagnes de la Seconde Guerre mondiale, en Méditerranée, dans l'Atlantique et dans l'océan Indien ; l'autre unité, le HMS Repulse, est l'un des deux seuls cuirassés rapides alliés coulés par l'aviation ennemie en haute mer.

La perte de trois croiseurs de bataille au Jutland fut compensée, au sein de la Flotte de croiseurs de bataille britannique, par la mise en service de deux nouveaux bâtiments, en et , les HMS Renown et Repulse. Quand la guerre avait éclaté, la construction des trois unités de la classe Revenge et de la sixième unité de la classe Queen Elizabeth, qui faisaient partie du programme 1914, fut arrêtée, dans la perspective d'une guerre courte, la priorité étant donnée aux unités dont la construction était censée être achevée avant la fin de la guerre. Revenu au poste de premier lord de la mer, l'amiral Fisher proposa, après la bataille des Falklands, et obtint dans les derniers jours de 1914, de reprendre la construction de deux unités, sous forme non plus de cuirassé, mais de croiseur de bataille[1], ce qui, dans son idée, signifiait combiner un armement de cuirassé avec une vitesse et une protection de croiseur.

En , il fut finalement décidé de reprendre deux marchés qui avaient été suspendus, pour la construction des cuirassés Renown et Resistance de la classe Revenge, passés auprès des chantiers John Brown et Palmers. Cela permettait d'utiliser des matériels déjà rassemblés pour la construction d'unités qui avaient été prévues au programme de 1914, mais il apparut que les chantiers Palmers, où sera lancé en le Resolution, ne disposaient pas de cale de construction d'une taille suffisante pour un bâtiment de la taille maintenant prévue, et le second contrat fut transféré aux chantiers Fairfields. Les mises sur cale eurent lieu en , avant que les plans définitifs ne fussent achevés en . L'objectif de Lord Fisher d'un achèvement en quinze mois, avant la mise en service de la classe Revenge, conduisit à limiter le nombre des tourelles à trois par navire, en fonction du nombre des canons disponibles. Si le délai de construction ne fut pas respecté, puisque les HMS Renown et Repulse ne purent participer à la bataille du Jutland, où furent présents les HMS Revenge et Royal Oak, la construction de tels navires en vingt mois, fut déjà une prouesse.

Ce fut la classe Renown dont les deux unités avaient un déplacement « normal » de 27 600 tonnes et 37 400 tonnes à pleine charge, soit 2 000 tonnes de moins que le HMS Tiger, mais étaient dotées de canons de 381 mm au lieu de 343 mm. Leurs machines du même type que celles du HMS Tiger, mais un tiers plus puissantes, développaient 120 000 CV (84 000 kW), ce qui leur permettait de filer 3 nœuds de plus, soit 32 nœuds. La contrepartie était un blindage intermédiaire entre celui-là classe Indefatigable et celui de la classe Lion, soit 152 mm en ceinture, et 229 mm sur les tourelles. Comme ces caractéristiques étaient, en matière de blindage, celles de navires perdus au Jutland, on entreprit immédiatement d'en renforcer la protection, dès la fin 1916 et le début de 1917. Ils y gagnèrent le surnom de « HMS Refit » et « HMS Repair »[2].

Description

Caractéristiques générales

Les navires de classe Renown avaient une longueur hors tout de 242 m, une largeur au maître-bau de 27,5 m, et un tirant d'eau de 8,2 m à l'arrière. Cette longueur était due à la nécessité de loger un plus grand nombre de chaudières, ce qui aboutissait à un rapport longueur/largeur de l'ordre de 8, favorable à une très grande vitesse, et le faible tirant d'eau résultait de l'idée de Lord Fisher de pouvoir disposer de navires susceptibles d'opérer en mer Baltique[3].

Armement

Vue aérienne du HMS Repulse en 1918
1 : tourelles double de 15 pouces
2 : triples canons de 4 pouces
3 : canon tribord de 4 pouces
4 : canon AA tribord de 3 pouces

Artillerie

L'artillerie principale des navires de classe Renown consistait en six pièces de 381 mm en trois tourelles identiques, deux superposées à l'avant (« A » et « B ») et une à l'arrière (« Y »), selon la terminologie de la Royal Navy. Les canons avaient une dépression maximale à - 3° et une élévation maximale de 20°. Les canons pouvaient être chargés à l'angle maximal de 20°, bien que le chargement à des angles trop élevés eût tendance à ralentir le retour du canon en position de tir. Ils tiraient des projectiles de 866 kg à une vitesse initiale de 785 m/s, pour une portée maximale de 21 702 m avec des obus perforants[4]. La dotation était de 120 coups par pièce. Cependant ce nombre inhabituel de trois tourelles, qui résultait des contraintes imposées sur le plan des délais de construction[5], constituait pour certains officiers canonniers de la Royal Navy un handicap pour un réglage rapide du tir[6].

L'artillerie secondaire était constituée de dix-sept canons de 102 mm en cinq affûts triples et deux affûts simples, en pseudo-tourelles ouvertes. Ils étaient actionnés manuellement et assez pénibles d'utilisation, nécessitant un équipage de trente-deux hommes pour charger et former les affûts triples, ce qui entrainait une cadence de tir était de 10 à 12 coups par minute seulement. Ils avaient une dépression maximale de -10° et une élévation maximale de 30°. Ils tiraient des obus explosifs de 14 kg avec une vitesse initiale de 800 m/s[7]. La portée maximale était de 12 350 m environ. La dotation était de 200 coups par pièce.

Chaque navire était également pourvu de deux pièces anti-aériennes de 76 mm. Le canon avait une dépression maximale de -10° et une élévation maximale de 90 °. Il tirait des obus de 5,7 kg à une vitesse initiale de 760 m/s à une cadence de 12 à 14 coups par minute[8]. Ils avaient une portée maximale de 7 200 m.

Les deux navires disposaient de deux tubes lance-torpilles immergés de 21 pouces (533 mm), en avant de la tourelle « A », avec un approvisionnement de 10 torpilles.

Conduite de tir

Tir du HMS Repulse en 1929

L'artillerie principale du Renown et du Répulse était conduite à partir de deux postes de télépointage principaux qui étaient installés dans la hune du mat tripode qui surmontait la passerelle et le blockhaus. Les indications des télémètres étaient ensuite envoyées au PC artillerie où elles étaient converties en données d'élévation (pointage en site des canons) et de direction (pointage en gisement des canons). La position de la cible était également transcrite graphiquement sur une table traçante pour permettre à l'officier de tir d'anticiper les changements de route et de vitesse du but[9]. La conduite de tirs de l'artillerie secondaire était assurée par des postes de télépointage plus petits, montés sur les plates-formes de chaque mât. Chaque tourelle comprenait un télémètre de 4,6 m dans un poste blindé sur leur toit[10].

Pendant la guerre, le nombre et la taille des télémètres augmentèrent. En 1918, le Renown fut équipé de deux télémètres de 9,1 m, l'un sur la tourelle « Y » et l'autre au-dessus du château. Des télémètres de 4,6 m furent montés sur les tourelles « A » et « B ». Le mât tripode avant était équipé d'un télémètre de 3,7 m, et les canons anti-aériens étaient guidés par un simple télémètre de 1,98 m monté à l'arrière de la tourelle. Deux télémètres de 2,7 m étaient montés sur la passerelle[11].

Protection

Blindage

Le blindage des navires de la classe Renown était semblable à ceux de classe Indefatigable. Le blindage au niveau de la ceinture de la ligne de flottaison mesurait 152 mm d'épaisseur au milieu du navire. Il courait du niveau de la tourelle avant à celui de la tourelle arrière, sur une longueur de 140,8 m et une hauteur de 2,7 m. Des virures d'une épaisseur de 76 mm vers l'arrière et de 102 mm vers l'avant prolongeaient la ceinture vers les extrémités du navire, bien que n'atteignant ni la proue et la poupe. Les virures étaient enfermées par des cloisons transversales de la même épaisseur. Pour une grande partie de la longueur de la ceinture principale, il y avait une ceinture supérieure en acier à haute résistance de 38 mm d'épaisseur, conçue comme protection contre les éclats[12].

Le blindage des tourelles était de 229 mm d'épaisseur sur le devant et les côtés, 178 mm d'épaisseur sur les plaques latérales arrière et 108 mm d'épaisseur sur leurs toits. Les barbettes étaient protégées par 178 mm de blindage au-dessus du pont supérieur, et de 102 à 127 mm sous le pont. Le blindage des côtés du blockhaus était de 254 mm d'épaisseur et 76 mm pour le toit. La tour de contrôle des torpilles avait un blindage en acier moulé de 76 mm sur ses parois et 38 mm sur son toit[10]

Le blindage des ponts, conçu en acier à haute résistance, variait de 19 à 38 mm d'épaisseur. Après la bataille du Jutland en 1916, alors que les navires n'étaient pas encore terminés, 25 mm d'acier à haute résistance fut ajouté sur le pont principal au-dessus des soutes à munitions. Malgré ces ajouts, les navires furent encore jugés trop vulnérables sous le feu et chaque navire fut réaménagé à Rosyth en 1916-1917 avec un blindage horizontal supplémentaire, pesant environ 512 tonnes, ajouté aux ponts au-dessus des soutes à munitions et des mécanismes de direction[11].

Protection sous-marine

Les navires de la classe Renown étaient équipés d'un large bulge anti-torpille intégré à la coque. Il s’agissait d'un compartiment latéral situé au niveau de la ligne de flottaison et isolé du reste du navire. Il était composé d'une partie remplie d'air et d'une partie inondée. En théorie, une torpille qui explose va rompre et inonder la partie remplie d'air, tandis que la partie remplie d'eau dissipe le choc et absorbe les fragments, laissant la coque du navire structurellement intacte. Cependant, des essais démontrèrent par la suite qu'il n'était pas suffisamment profond et qu'il ne disposait pas d'assez de couches compartiments vides/compartiments pleins pour absorber la force de l'explosion[13].

La coque était dotée de doubles parois intégrales[11]

Propulsion

Les plans originaux prévoyaient d'utiliser des machines légères produisant un total de 120 000 ch, mais cela aurait eu pour effet de retarder les dates d'achèvement des navires. En conséquence, il fut décidé de copier la machinerie du HMS Tiger complétée par trois chaudières supplémentaires afin de fournir la puissance requise pour une vitesse supérieure.

Quarante-deux chaudières à tubes d'eau Babcock & Wilcox placées dans six chaufferies, pour une pression de service de 16,5 kg/cm2 (1 620 kPa) alimentaient deux turbines à vapeur Brown-Curtis à entraînement direct, logées dans des compartiments machines distincts[14], entrainant quatre hélices à trois pales et d'un diamètre de 4,11 m.

On observera cependant que le directeur de la construction Nnvale de 1912 à 1924, Sir Eustace Tennyson d'Eyncourt, qui avait été le concepteur du HMS Tiger avait déjà déploré que ce croiseur de bataille ne pût pas être doté de chaudières à petits tubes[15]. Dans ces conditions, la classe Renown avait, avec un poids de machines de 5 780 tonnes, un rapport poids/puissance de 48,16 kg/ch[16], un peu meilleur que celui du HMS Tiger, 54,8 kg/ch[17], mais nettement moins bon que celui du SMS Hindenburg, 39,6 kg/ch[18], mis en service à la même époque, avec des machines pesant 2 916 tonnes, pour une puissance de 90 000 à 95 000 ch.

Ces machines étaient conçues pour produire un total de 120 000 ch (84 000 kW), mais le HMS Renown a atteint au cours de ses essais une vitesse de 32,68 nœuds en développant plus de 126 000 ch (88 200 kW)[19]. Ils furent les bâtiments de ligne les plus rapides de leur époque jusqu'à l'arrivée du Hood en 1920.

Les navires de la classe Renown étaient prévus pour transporter normalement 1 000 tonnes de mazout, mais ils avaient une capacité maximale de 4 358 tonnes. À pleine capacité, ils possédaient un rayon d'action de 4 000 nautiques à 18 nœuds[10]

Ils possédaient de très bonnes qualités nautiques. La hauteur du métacentre de carène était de 1,9 m à pleine charge[11]. Lors de leur construction les coques et leurs superstructures durent cependant être renforcées pour améliorer leur résistance par mauvais temps.

Nom Chantier Commande Quille posée Lancement Service Sort
Renown Fairfields Shipbuilding Démolition en 1948
Repulse John Brown & Company Coulé par l'aviation japonaise au large du cap Kuantan le

Construction, refontes et reconstruction

Service

Voir aussi

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