Henri Vergé-Sarrat

From Wikipedia, the free encyclopedia

Henri Vergé-Sarrat
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Lieu de travail
Conjoint
Distinctions

Henri Vergé-Sarrat, de son vrai nom Henri Vergésarrat, est un artiste peintre et graveur autodidacte né le à Anderlecht (Belgique) et mort le à Paris.

Fils d'un représentant de commerce originaire des Hautes-Pyrénées, Henri Vergé-Sarrat naît le à Anderlecht[1].

Il est un voyageur que, par le nombre de ses villégiatures, Gérald Schurr qualifie d'« acharné »: « il sut à merveille traduire l'atmosphère fine et légère de l'Île-de-France, la sérénité de sa campagne; la profondeur des ciels de Bretagne, la puissance de sa mer. Avide de couleurs et de paysages, il alla chercher de nouvelles sensations au cours de plusieurs séjours à l'étranger: en Égypte, en Tunisie, au Maroc, en Espagne et au Portugal, se retrouvant chaque année dans son refuge de Château-Landon »[2]. De fait, ses grands voyages nous sont détaillés[3]: En 1923, il passe six mois à Gafsa, en 1924, quatre mois à Marrakech, en 1927, quatre mois à Biskra et Touggourt. En 1929, une bourse du gouvernement égyptien lui permet d'aller travailler à Assouan, Louxor et Le Caire d'où il rapporte des peintures et aquarelles auxquelles « les souvenirs du cubisme donnent de la solidité »[4] et qui sont exposées au Caire en 1930. Lors de sa visite du Salon d'automne de 1933, Michel Florisoone situe Henri Vergé-Sarrat, aux côtés de Maurice Asselin, Gaston Balande, Victor Charreton, Jean Fernand-Trochain, Tristan Klingsor, Robert Lotiron, Paul-Émile Pissarro, René Seyssaud et Jules Zingg, au sein de « l'immuable phalange des paysagistes amoureux des frondaisons et des rivières »[5].

C'est de même ainsi qu'au Salon de la Société des peintres-graveurs indépendants, s'il expose principalement des paysages français (ses thèmes de prédilection seront finalement la Seine-et-Marne où il réside, Collioure - qu'il fréquente, selon le Musée d'art moderne le la ville, à compter de 1917[6] - mais aussi des scènes plus intimistes à Tournay où il conservera des habitudes estivales), il y montre également en 1926 et 1928 des vues du Maroc. La critique là encore le remarque, à l'instar de Georges Charensol qui le cite, avec Edmond Ceria, Simon Mondzain et Henry de Waroquier, parmi les meilleurs paysagistes du Salon des Tuileries de 1926[7], ou de Claude Roger-Marx qui vante « le soin formel accordé par l'artiste à ses estampes orientales »[8]. « Sans conteste, observe ce dernier, la vision de Vergé-Sarrat a bénéficié des richesses que lui apporte ce qu'on nomme arbitrairement l'Orient. Le format de ses estampes grandit; elles s'animent d'une figure pittoresque »[9].

Céline de Potter évalue qu'« Henri Vergé-Sarrat ne vendit pas moins de 64 – dont 49 durant l'entre-deux-guerres – peintures et gravures à l'état français et 19 peintures et gravures encore – dont 5 durant l'entre-deux-guerres - à la ville de Paris, chiffres qui en font l'un des artistes les plus achetés par des fonds publics français durant la période, toutes nationalités confondues »[8].

Durant la Seconde Guerre mondiale, il travaille en service auxiliaire aux Usines Schneider de Harfleur. Sociétaire du Salon d'automne[10], membre de la Société des peintres-graveurs français, il réside alternativement au 72, Rue Damrémont (18e arrondissement de Paris) [11] et à Château-Landon avec son épouse Rolande Déchorain, elle aussi artiste peintre[12].

Henri Vergé-Sarrat est mort le en son domicile, rue Damrémont dans le 18e arrondissement de Paris[13], et , est inhumé au Cimetière parisien de Pantin (37e division)[14].

Henri Vergé-Sarrat était apprécié par ses pairs : Jules Pascin disait qu'« il était celui des peintres qui comprenait le mieux la France » tandis que Jacques Villon voyait en lui un des plus grands graveurs français[3]. Léopold Lévy le citait parmi ses grands amis[15] tandis que Michel Ciry évoque dans son Journal (Éditions Plon) ses rencontres avec « le gentil Vergé-Sarrat ». A son décès en 1966, qu'a suivi en 1967 l'hommage particulier du Salon d'automne[10], André Dunoyer de Segonzac a écrit : « J'aimais l'homme et j'admirais son œuvre. C'est un artiste de grande classe qui disparaît. Son œuvre est pure et vraie, son art est élevé. Il avait un sens profond de la vie »[3].

Contributions bibliophiliques

Expositions

Expositions personnelles

  • Vergé Sarrat, peintures, dessins et aquarelles, Galerie Berthe Weill, 46, rue Laffitte, , , avril-[17], [18], avril-[19].
  • Leicester Gallery, Londres, 1928.
  • Vergé-Sarrat - Vues d'Espagne, Galerie Marcel Bernheim, Paris, 1930[20].
  • Galerie Paquereau, Paris, [21].
  • Galerie Dalpayrat, Limoges, 1931.
  • Galerie Dhainaut, Lille, 1945.
  • Galerie Sélection, Tunis, 1945.
  • Galerie Roger, Lyon, 1946.
  • Galerie Marie L. André, Paris, 1965.
  • Henri Vergé-Sarrat, Rolande Déchorain - Collioure, 1930-1940, Musée d'art moderne de Collioure, juin-[22].
  • Vergé-Sarrat et Déchorain - Regards croisés, La Piscine, Roubaix, juin-[23].

Expositions collectives

Prix et distinctions

Réception critique

  • « Au premier coup d'œil, les toiles de Vergé-Sarrat offrent quelque chose de singulier, qui déconcerte un peu : une acidité de couleur, une saveur un peu sèche comme celle de certains fruits d'hiver. Mais, bientôt, on se fait à ses colorations, à ces rouges violacés, à ces verts tirant sur l'oseille, sur quoi s'étalent des luisants blancs qui font penser à de la neige fondante. On se rend compte des qualités profondes de cet art, de son originalité qui est spontanée et non forcée, de sa vérité. Lorsque le temps aura atténué ce que les paysages de Vergé-Sarrat ont d'aigre, on découvrira qu'ils comptent parmi les meilleurs de notre époque. » - François Fosca, 1928[18]
  • « Prodige d'un artiste comme Vergé-Sarrat, fervent de la nature qu'il voit et qu'il fixe sur la toile. Il a donné plusieurs visages des mêmes sites, sans jamais se répéter mais au contraire avec un agrément toujours nouveau... Du tableau à l'huile jusqu'au dessin à l'encre de Chine, en passant par de nombreuses aquarelles, il nous a prodigué partout l'enchantement et la surprise. » - Paul Sentenac[36]
  • « Ces vues d'Espagne montrent un Vergé-Sarrat renouvelé, et en progrès. Bien loin d'être dérouté par une lumière si différente de celle à laquelle il était habitué, il a trouvé en Afrique une sorte de rajeunissement. Aucune de ces toiles et de ces aquarelles n'est indifférente ; c'est que l'originalité de Vergé-Sarrat est une originalité naturelle, non une originalité fabriquée comme il y en a tant aujourd'hui. » - François Fosca, 1930[20]
  • « Il y a dans la vision de Vergé-Sarrat une acuité qui inévitablement fait penser à l'excellent graveur qu'il est. Déjà, dans les aquarelles et les dessins dont il avait fait en 1931 une exposition, ce rapprochement s'était imposé. Il ne s'agit pas d'un métier de graveur appliqué à la peinture, mais plutôt de la façon nette de voir et de transposer les choses… Sans doute est-ce parce que dans cette préciosité il y a une vigueur parfois brutale, parce que cette subtilité est pleine de liberté, de certitudes, et que, dans ce charme, il y a des contrastes et des audaces qu'on ne découvre que peu à peu... » - Raymond Cogniat[37]
  • « L'art aérien de Vergé-Sarrat trouve dans l'aquarelle plus que dans la peinture son épanouissement. Primesautier, nerveux, plus encore spirituel, cet art subtil perd de sa fraîcheur en s'immisçant aux pâtes qui ne sont pas faites pour lui. Pourtant, ces pâtes, Vergé-Sarrat les manie avec beaucoup d'élégance et les nantit d'une qualité qui lui est propre, et que l'on retrouve notamment dans ses architectures de villages confinés dans la verdure… L'Égypte, dont il fut boursier, et l'Algérie, où il fit plusieurs séjours, parent certaines de ses aquarelles d'une nostalgie ténue et nonchalante. » - Gaston Poulain[38]
  • « J'admire premièrement dans les tableaux de Vergé-Sarrat la force d'un dessin qui est à la fois synthétique et précis: un dessin de graveur probe et droit. C'est aussi un paysagiste qui ne craint pas d'obéir à la couleur. Il fait les arbres bleus quand il les voit bleus, sans parti-pris ni scandale, parce que c'est ainsi qu'il les voit... Vergé Sarrat sait aussi ne pas demeurer trop esclave du motif: il choisit, épure et compose. Si bien que ses vives peintures y gagnent d'être construites en profondeur comme en surface, sur des rythmes linéaires pleins d'harmonie décorative. » - Léon-Paul Fargue[39]
  • « Il était franc et direct, mais il y avait dans sa vie intérieure une part importante de rêverie, d'approfondissement constant, par élimination de tout ce qui ne comptait pas essentiellement à ses yeux: bien voir et bien rendre, dans la lumière et l'équilibre, sans exclure le frémissement de la vie. Car Vergé-Sarrat fut un vivant, au sens moral du terme. En dépit de son extrême discrétion, ses réactions étaient vives, franches, nettes comme son pinceau et son burin: franches et définitives. » - André Billy[40]
  • « Si ses aquarelles sensibles et spontanées lui ont procuré ses premiers grands succès en Angleterre et en Amérique, ses toiles, d'une construction parfaite, d'une écriture exacte et fine où la lumière frappe toujours ses paysages, lui ont permis de grands succès lors d'expositions à la Bibliothèque Nationale, au Salon d'automne et au Salon des Tuileries. » - Gérald Schurr[2]
  • « Aquarelliste racé, il peignit des scènes d'Afrique du Nord et des paysages de France, jouant de façon très personnelle des tons aigus. Observateur réaliste de la nature, il frôla cependant le cubisme. » - Dictionnaire Bénézit[34]

Musées

Collections publiques

Collections privées

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI