Musée des Beaux-Arts de Carcassonne

musée à Carcassonne, France From Wikipedia, the free encyclopedia

Le musée des Beaux-Arts de Carcassonne est un musée d'art situé dans la bastide Saint-Louis à Carcassonne (Aude), en France.

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Musée des Beaux-Arts de Carcassonne
Façade du musée des Beaux-Arts de Carcassonne.
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1, rue de Verdun
11000 Carcassonne
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La cour intérieure.

Historique

Installé dans l'ancien présidial de la ville, le musée des Beaux-Arts de Carcassonne a été créé en 1836 à l'initiative de personnes passionnées d'art, d'histoire et d'archéologie. En 1876, des travaux d'agrandissement furent entrepris sous la direction de l’architecte Charles Émile Saulnier (1828-1900). La façade actuelle achevée en 1900 a été entièrement restaurée en 2015.

La collection s'est constituée avec cent deux peintures offertes par la « Société des arts et sciences de Carcassonne » en 1845, des dépôts de l'État, de quelques donateurs généreux tels que Casimir Courtejaire (1876, 1880 et 1884) qui avait acquis une partie de la collection du cardinal Joseph Fesch, Alphonse Coste-Reboulh (1892), Chénier et Raynaud (1893), Delteil (1984), Albert Pla (1990) et Cahuzac (1995). Elle provient également de dons de « l'Association des amis de la ville et de la cité »[1] ainsi que de celle des « Amis du musée »[2] ou d'achats par la ville soutenus par le « Fonds régional d'acquisition des musées » et de la donation Faëss en 2025. Le musée possède aussi une importante collection archéologique dont certaines pièces sont en dépôt au Musée lapidaire du château comtal géré par le Centre des monuments nationaux[3],[4],[5],[6].

Le musée qui fut fermé de 1942 à 1948, a abrité de 1951 à 1961, une partie de la collection d'œuvres d'art surréalistes du poète Joë Bousquet, dans une salle dédiée à son nom.

Il accueille plusieurs expositions temporaires chaque année, souvent coproduites avec d'autres musées et participe à la Nuit des musées ainsi qu'aux Journées européennes du patrimoine. Il propose une dizaine de conférences annuellement sur l'histoire de l'art et organise des ateliers pédagogiques pour les élèves de la maternelle à l'université. Il figurait à la 77e place sur 334 dans le classement annuel de fréquentation des musées français en 2008 du Journal des Arts[7].

Depuis le , le musée de l'école de Carcassonne, situé dans la Cité médiévale est rattaché au musée des beaux-arts[8].

Les périodes de fermetures liées au confinement national de 2020 et 2021, ont permis la création d'un nouvel espace d'expositions temporaires intitulé « Le petit salon » et la rénovation des salles consacrées aux collections du XXe siècle et XXIe siècle[9],[10].

Collections de tableaux

Le musée est composé de onze salles regroupant les œuvres par période :

  • Salle 1 : XVIe au XVIIe siècle, les écoles française, italienne et espagnole ;
  • Salle 2 : XVIIIe siècle, les écoles française, italienne et autrichienne ;
  • Salle 3 : fin XVIIIe au début XIXe siècle, l'école française, avec notamment le fonds Gamelin et l'orfèvrerie ;
  • Salle 4 : André Chenier, Fabre d'Églantine, et le fonds napoléonien ;
  • Salle 5 : école française et anglaise du XIXe siècle ;
  • Salle 6 : école française du XIXe siècle et faïences françaises ;
  • Salle 7 : écoles hollandaise et flamande, faïences du XVIIIe siècle (Nevers, Marseille, Delph) ;
  • Salle 8 : néo-impressionnisme ;
  • Salle 9 : XXe siècle, l'entre-deux-guerres et l'école de Paris ;
  • Salle 10 : le XXe siècle après 1945 et le XXIe siècle;
  • Salle 11 (René Nelli) : expositions temporaires.

Les œuvres

Les collections du musée sont principalement constituées de peintures datant du XVIe au XXe siècle, notamment peintes par José de Ribera, Salvator Rosa, Mattia Preti, Jan Brueghel l'Ancien, Paulus Moreelse, Jan van Goyen, Cornelis Norbertus Gysbrechts, David Teniers le Jeune, Pierre Mignard, Sébastien Bourdon, Pierre Subleyras, Hyacinthe Rigaud, Jean Siméon Chardin, Hubert Robert, Jean-Auguste-Dominique Ingres, Jean-Baptiste Camille Corot, Gustave Courbet, Léon Germain Pelouse, Albert Marquet

L'extérieur du musée vue de l'angle du square Gambetta et de la rue de Verdun.

Le musée conserve une importante collection d'œuvres de Jacques Gamelin, natif de Carcassonne.

Peinture

École française du XVIIe siècle
École française du XVIIIe siècle
  • Anonyme premier quart du XVIIIe siècle : Portrait de Guillaume III Castanier[13].
  • Anonyme fin du XVIIIe siècle : Portrait d'André Chénier[14].
  • Henry d'Arles (1734-1784), peintre français connu pour ses marines et des scènes mythologiques, élève de Jean-Joseph Kapeller et de Claude Joseph Vernet : Magasin de blé au bord du Tibre[15] ; Intérieur d'une grande cave[16].
  • Nicolas Bertin (1667-1736), élève de Jean-Baptiste Jouvenet et de Louis Boullogne. Nicolas Bertin reçut le prix de Rome en 1685. Cycle de peintures mythologiques : Acis et Galathée ; Jupiter et Danaë ; Jupiter et Léda ; Persée délivrant Andromède ; Psyché abandonnée par l'Amour.
  • Cazes fils : Portrait de Mme Louis Chénier, née Élisabeth[17] ; Portrait de Mme Louis Chénier en costume grec[18] ; Portrait de Louis-Sauveur Chénier[19] ; La Famille Chénier[20] ; Portrait d'André Chénier[21].
  • Jean Siméon Chardin (1699-1779), considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du XVIIIe siècle, élève de Pierre-Jacques Cazes, surtout reconnu pour ses natures mortes. La Table d'office ou les apprêts d'un déjeuner (1756), célèbre tableau du musée ; son pendant, La Table de cuisine, est conservé au musée des Beaux-Arts de Boston. Il provient de la collection du financier Ange Laurent Lalive de Jully (1725-1779).
  • Pierre-Antoine Demachy (1723-1807), peintre français élève de Giovanni Niccolo Servandoni, spécialiste des peintures de ruines, des décors architecturaux en trompe-l’œil et surtout des vues de Paris : Ruines d'église. Intérieur de l'église des Saints Innocents[22].
  • Jean-Germain Drouais (1763-1788) : Un Jeune guerrier accompagné de son père demande aux dieux le succès de ses armes[23].
  • Pierre Ernou (1665-1735), peintre angevin, surtout connu pour ces portraits : Portrait d'homme[24].
École française du XIXe siècle



École française du XXe siècle
École allemande
  • Otto Brandt (de) (1828-1892), peintre allemand. De 1850 à 1852, il travailla comme illustrateur à Berlin. De 1850 à 1856, il participa aux expositions de l'Académie de Berlin. Vers 1853, il se rendit à Paris où il étudia dans l'atelier de Léon Cogniet. Basé à Rome en 1854, Brandt travailla principalement en tant que peintre de paysages et de paysages : Paysanne avec enfant.
  • Christian Seybold (1695-1768), peintre baroque allemand, célèbre pour ses portraits : Autoportrait.
École italienne
École hollandaise
  • Quirijn van Brekelenkam (1622-1669) : L'Oraison.
  • Anthonie Jansz. van der Croos (1606-1662), peintre néerlandais du siècle d'or connu pour ses paysages de rivières, de forêts, avec en arrière-plan des villages, des châteaux, des palais ou des tours. Son œuvre est influencée par Jan van Goyen : Vue de la ville de Leyde.
  • Henry Ferguson (1665 - 1730) est un peintre du Siècle d'or néerlandais ; fils et élève de William Gouw Ferguson. Il est mort à Toulouse :Paysage avec bergère et troupeau dans des ruines antiques
  • Barend Graat (en), peintre néerlandais d'histoire et de retables, de paysages et de portraits à l'âge d'or. Il est également connu comme graveur et dessinateur : Portrait de famille dans un paysage.
  • Dirck Hals (1591-1656), peintre néerlandais des Provinces-unies du siècle d’or. Frère cadet de Frans Hals, il a surtout réalisé des scènes de genre : Scène galante.
  • Joris van der Haagen (1615-1679), peintre néerlandais du siècle d'or. Il est connu pour ses peintures de paysages : Environs d'Arnhem.
  • Abraham Hondius (1631-1691) : Chasse à l'ours.
  • Jan van Huijsum (1682-1749) peintre néerlandais réputé d’histoire, de portraits, de batailles, de marines ou de fleurs : Fleurs et fruits (dépôt du Musée des beaux-arts de Pau)
  • Jan Lagoor (en) (1620-1660), né à Gorinchem mais installé à Haarlem en 1645, où il est devenu membre de la guilde de Saint Luc de Haarlem. En 1649, il était membre de la guilde et, au cours des années 1645-1651, membre du Haarlem schutterij. En 1653, il s'installe à Amsterdam. Il est déclaré en faillite en 1659 et quitte la ville : Paysage boisé.
  • Nicolas Maes (1634-1693), peintre hollandais connu pour ses scènes de genre intimes et ses portraits, élève de Rembrandt: Enfant et triton. Œuvre récupérée à la fin de la seconde guerre mondiale, déposée par l'État 1954 ; en attente de sa restitution.
  • Paulus Moreelse (1571-1638) peintre et architecte néerlandais du siècle d'or ; élève du portraitiste de Delft Michiel Jansz. van Mierevelt: Madame Van Schurman[87].
  • Aernout van der Neer (1603-1677) : Village hollandais au bord d'un canal.
  • Jan van Goyen (1596-1656) Marchand d’art, peintre et dessinateur de paysages néerlandais du siècle d’or; Élève d’Esaias Van de Velde l'Ancien : Ferme au bord de la mer.
  • Martinus Schouman (en) (1770–1848), peintre du nord des Pays-Bas, élève et petit-neveu d'Aert Schouman, il est connu pour ses marines et ses paysages et a été membre de la Société royale des beaux-arts de Bruxelles : Marine.
  • Cornelis van Spaendonck (1756-1839), peintre néerlandais originaire de Tilbourg, élève de Guillaume-Jacques Herreyns. Il a dirigé un temps la manufacture de porcelaine de Sèvres. Il est surtout connu pour ses natures mortes de fleurs.
  • David Teniers l'Ancien (1582-1649), peintre flamand et marchand de tableaux. Il est le frère de Juliaen Teniers, père de David Teniers le Jeune et le grand-père de David Teniers III. Il doit sa renommée à ses représentations du terroir et des paysages anversois : Intérieur hollandais; Le Cabinet d'un alchimiste.
  • David Teniers le Jeune (1610-1690), peintre, graveur, dessinateur, miniaturiste et copiste flamand, particulièrement connu pour avoir développé le genre paysan et pour ses scènes de genre : Les Bûcherons.
  • Willem van de Velde le Jeune (1633-1707), peintre flamand de marines, il est le fils de Willem van de Velde l'Ancien, autre peintre de marines, et l'élève de Simon de Vlieger : Marine[88].
  • Nicolaas Verkolje (1673-1746), graveur en manière noire et peintre néerlandais : L'Amour endormi auprès de Vénus.
  • Jacob de Wet (1610-1672), peintre néerlandais du siècle d'or. Il est connu pour ses portraits de personnages bibliques et ses peintures de paysages : Nativité.
  • Domenicus van Wijnen (1661-1695), peintre de l'âge d'or néerlandais, élève de Willem Doudijns (en) à La Haye. Il a vécu à Rome de 1680 à 1690. Il était spécialisé dans les allégories historiques : Le Rajeunissement des nourrices de Bacchus.
École des Flandres
  • Nicasius Bernaerts (1620-1678), peintre flamand animalier et de nature morte. Élève de Frans Snyders, il fut le maître d'Alexandre-François Desportes : Gibier de plumes sur un rebord de pierre[89] ; Bataille de chiens et de chats.
  • Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625), peintre baroque flamand. Maître de la Guilde des peintres de Saint-Luc à Anvers, il collabore à de nombreuses peintures avec Pierre-Paul Rubens : Paysage avec personnages[90].
  • Frans Francken II (1581-1642), peintre flamand des Pays-Bas. Connu essentiellement par ses tableaux de petites dimensions traitant souvent de sujets mythologiques, allégoriques et de scènes historiques et religieuses : Les 7 Œuvres de miséricorde[91].
  • Cornelis Norbertus Gysbrechts (vers 1630-après 1675), peintre flamand actif dans la deuxième moitié du XVIIe siècle et spécialisé dans les natures mortes et les trompe-l'œil : Nature morte, trompe-l'œil[92].
  • Philipp Ferdinand de Hamilton (1664-1750), peintre flamand actif à la cour de Vienne jusqu'à sa mort : Attributs de chasse[93].
  • Jacob Jordaens (1593-1678), peintre et graveur flamand : La Tentation de Madeleine[94].
  • Alexander Keirincx (1600-1652) : Le Repos des nymphes[95].
  • Jan Baptist Lambrechts (1680-1732), peintre flamand principalement connu pour ses scènes de genre de buveurs, de cuisiniers, de domestiques, de vendeurs de légumes et de paysans dansants : Scène dans un cabaret[96].
  • Michiel Jansz. van Mierevelt (1567-1641) peintre du siècle d'or hollandais, il acquit grand succès dans le genre des portraits environ 500 œuvres lui sont attribuées : Portrait d'homme ; Portrait de femme.
École espagnole
École anglaise

Sculpture

Archéologie

  • Dauphin en grès de Pezens provenant de l'ancienne fontaine monumentale construite en 1676 sur la place Carnot à Carcassonne[98].
  • Emblème de la ville basse de Carcassonne à l'effigie de l'agneau pascal en pierre calcaire du XIVe siècle[99].

Arts décoratifs

Le musée présente une collection d'objets comprenant des pendules à musique et surtout un ensemble de faïences de Moustiers, de Marseille, de Delft et de vases signés Émile Gallé.

Orfèvrerie

Deux vitrines présentent une collection de pièces d'orfèvreries civiles du XVIIIe siècle, principalement locale (Toulouse, Limoux, Carcassonne…), dont certaines sont estampillées des maîtres-orfèvres : Louis Ier Samson (1692-1752), Jean-Louis Duran (1715-1785), Etienne Siffren-Marrel (XVIIIe siècle), Philippe Aribaud (1736-1788), François Raffin (1746-1798), Claire Bertrand (seconde moitié du XVIIIe siècle)[100] ou Jean-Pierre Aribaud I (1719-1761) et II (1758-1820)[101].

Fonds du Premier Empire

Le musée possède un fonds napoléonien légué en partie par la famille du baron Guillaume Peyrusse, trésorier de l'Empereur et par son frère André, secrétaire du général Kléber. Découverte dans ses réserves en 2011, il présente la longue-vue, dont se servit Napoléon Ier sur le brick l'Inconstant pendant son retour de l'Île d'Elbe pour s'assurer de la marche d'une partie de sa flottille dans la nuit du au , avant les Cent-Jours[102],[103],[104],[105]. Il expose également le poignard de Souleyman el-Halaby avec lequel le général Kléber fut assassiné en Égypte en 1800[106],[107].

Expositions temporaires

Le Petit Salon

Espace particulier intimiste, installé au cœur du musée pour explorer les œuvres issus des collections, et d'ailleurs, autour d'un artiste, accompagné d'une publication.

Conservateurs

  • Jacques-François Gamelin (1774-1871), conservateur de 1836 à 1862 ;
  • Jean Jalabert (1815-1900), conservateur de 1862 à 1888 ;
  • Philippe-Émile Roumens (1825-1901), conservateur de 1888 à 1901 ;
  • Émile Astruc, conservateur de 1902 à 1912 ;
  • Léon Cabanier, conservateur de 1912 à 1938 ;
  • René Nelli (1906-1982), conservateur de 1947 à 1964 ;
  • René Descadeillas (1909-1986), conservateur de 1964 à 1980 ;
  • Camille Viguier, conservateur de 1980 à 1987 ;
  • Jean-François Mozziconacci, conservateur de 1987 à 1992 ;
  • Marie-Noëlle Maynard, conservateur en chef de 1992 à 2017[122] ;
  • Emilie Frafil, assistante de conservation par intérim de 2017 à 2018 ;
  • Nadége Favergeon, attachée de conservation de 2018 à 2019[123] ;
  • Émilie Frafil, attachée de conservation, depuis le .

Notes et références

Annexes

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