Hirohisa Fujii
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| Hirohisa Fujii 藤井 裕久 | |
Hirohisa Fujii en 2009. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre des Finances du Japon | |
| – (3 mois et 22 jours) |
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| Premier ministre | Yukio Hatoyama |
| Gouvernement | 93e |
| Prédécesseur | Kaoru Yosano |
| Successeur | Naoto Kan |
| Président délégué du PDJ | |
| – (11 mois et 29 jours) |
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| Président | Katsuya Okada |
| Prédécesseur | Ichirō Ozawa (indirectement) |
| Successeur | Naoto Kan (indirectement) |
| Secrétaire général du PDJ | |
| – (3 mois et 25 jours) |
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| Président | Katsuya Okada |
| Prédécesseur | Katsuya Okada |
| Successeur | Tatsuo Kawabata |
| Secrétaire général du Parti libéral | |
| – (4 ans, 8 mois et 12 jours) |
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| Président | Ichirō Ozawa |
| Prédécesseur | Takeshi Noda |
| Successeur | Aucun (Parti dissout) |
| Ministre du Trésor | |
| – (10 mois et 21 jours) |
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| Premier ministre | Morihiro Hosokawa Tsutomu Hata |
| Gouvernement | 79e, 80e |
| Prédécesseur | Yoshirō Hayashi |
| Successeur | Masayoshi Takemura |
| Représentant du Bloc proportionnel du Sud Kantō Préfectures de Chiba - Kanagawa - Yamanashi | |
| – (5 ans, 4 mois et 4 jours) |
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| Élection | [1] |
| Réélection | |
| Prédécesseur | Hiroyuki Nagahama (PDJ) |
| Représentant du 14e district de Kanagawa Ville de Sagamihara[2] (puis seulement sa partie nord et ouest à partir de 2003) | |
| – (8 ans, 9 mois et 1 jour) |
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| Élection | |
| Réélection | |
| Prédécesseur | Circonscription créée |
| Successeur | Jirō Akama (PLD) |
| Représentant de l'ancien 3e district de Kanagawa Villes de Fujisawa - Chigasaki - Sagamihara[2] - Yamato - Ebina - Zama - Ayase Districts de Kōza - Tsukui | |
| – (6 ans et 7 mois) |
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| Élection | |
| Réélection | |
| Prédécesseur | Masamichi Tozawa (PLD) |
| Successeur | Circonscription disparue |
| Conseiller du Japon | |
| – (8 ans, 10 mois et 5 jours) |
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| Élection | |
| Réélection | |
| Circonscription | Représentation proportionnelle |
| Biographie | |
| Nom de naissance | 藤井 裕久 Fujii Hirohisa |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Tōkyō (Japon) |
| Date de décès | (à 90 ans) |
| Lieu de décès | Tōkyō (Japon) |
| Nationalité | Japonaise |
| Parti politique | PLD (1977-1993) Shinseitō (1993-1994) Shinshintō (1994-1997) Parti libéral (1998-2003) PDJ (2003-2012) |
| Conjoint | Shōko Fujii |
| Diplômé de | Université de Tokyo |
| Profession | Haut fonctionnaire |
| modifier |
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Hirohisa Fujii (藤井 裕久, Fujii Hirohisa), né le à Tōkyō et mort le dans la même ville[3], est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ) depuis 2003 après avoir milité successivement au Parti libéral-démocrate (PLD) jusqu'en 1993, au Shinseitō de 1993 à 1994, au Shinshintō de 1994 à 1997 et au Parti libéral de 1997 à 2003.
Il est membre de la Diète du Japon, le parlement national, de 1977 à 1986, de 1990 à 2005 et de 2007 à 2012. Il est d'abord élu à la Chambre des conseillers, la chambre haute, de 1977 à 1983 pour la circonscription nationale. Il est ensuite député à la Chambre des représentants, la chambre basse, successivement pour l'ancien 3e district (de 1990 à 1996) puis pour la nouvelle 14e circonscription (de 1996 à 2005) de la préfecture de Kanagawa, puis à la proportionnelle pour le bloc du Sud Kantō de 2007 à 2012. Il est ministre du Trésor (ancien nom du ministre chargé des affaires financières au Japon) dans les 79e et 80e Cabinets du Japon, dirigés respectivement par Morihiro Hosokawa et Tsutomu Hata, du au , puis ministre des Finances dans le 93e Cabinet du Japon, mené par Yukio Hatoyama, du au .
Hirohisa Fujii est le troisième enfant sur quatre et deuxième fils d'un médecin originaire de Fukuyama dans la préfecture de Hiroshima, diplômé de la faculté de médecine de l'université impériale de Tokyo. D' jusqu'à , il fait l'ensemble de sa scolarité au sein des établissements (maternelle de 1936 à 1939, primaire de 1939 à 1945, collège de 1945 à 1948 et lycée de 1948 à 1951) associés à l'École normale supérieure pour femmes de Tokyo (devenue en 1949 l'Université d'éducation de Tokyo et aujourd'hui la faculté de sciences de l'éducation de l'université de Tsukuba) à Ōtsuka dans l'ancien arrondissement de Koishikawa (qui s'est fondu en 1947 dans Bunkyō). Durant la campagne de bombardements de Tokyo menée par l'US Air Force à la fin de la Seconde Guerre mondiale (surtout au début de l'année 1945), il est évacué de la capitale (comme tous les enfants de la ville) vers le village de Kumegawa (aujourd'hui partie de la ville de Higashimurayama au nord des collines de Tama). Après sa sortie du lycée en , il intègre le mois suivant la faculté de droit de l'université de Tokyo et en sort diplômé en d'un Bachelor of Laws (法学士, Hōgakushi). Jouant au baseball depuis le collège, il sert dans les équipes scolaires et universitaires (et donc dans celle de Tōdai qui fait partie du groupe des Tōkyō 6, réunissant les équipes des six plus grandes universités de Tokyo) principalement en tant que receveur.
Un mois après avoir obtenu son diplôme, en , il entame une carrière de près de vingt ans au ministère du Trésor (ou ministère des Finances), et lui et son épouse, Shōko, se marient en . Basé à Tōkyō dans un premier temps, il est directeur du bureau des impôts de la ville de Fujisawa dans la préfecture de Kanagawa de à 1965. Il intègre ensuite le bureau du Budget comme inspecteur des Finances, en étant chargé tour à tour des comptes des ministères des Affaires étrangères, du Commerce international et de l'Industrie ou encore de celui de la Santé et des Affaires sociales. Il travaille ainsi sur des sujets allant de la coopération économique (et voyage ainsi beaucoup à l'étranger) à la sécurité sociale (il est notamment l'une des chevilles ouvrières du « plan sur le long terme pour une grande sécurité sociale » en 1970) en passant par le soutien de l'État aux PME. Il travaille à cette époque sous les ordres d'Iichirō Hatoyama, fils de l'ancien Premier ministre Ichirō Hatoyama (et père du futur chef du gouvernement japonais Yukio Hatoyama), qui est le directeur général du bureau du budget de 1968 à 1971. Hirohisa Fujii va garder par la suite un fort lien avec Iichirō Hatoyama, qui sera son mentor en politique, et sa très influente famille[4].
Il quitte momentanément le ministère de à pour connaître sa première réelle expérience dans le monde politique, et sert ainsi de collaborateur aux Secrétaires généraux du Cabinet successifs durant cette période : Noboru Takeshita dans le troisième et dernier d'Eisaku Satō de à , puis Susumu Nikaidō dans le premier et le second gouvernement de Kakuei Tanaka de à . De retour ensuite au bureau du Budget au ministère du Trésor, il supervise cette fois-ci les finances publiques liées à l'aménagement du territoire, à l'environnement, à la justice, aux finances locales et aux opérations de vente, soit la responsabilité d'un budget de près de six billions de yens. Il prend sa retraite de la fonction publique en 1976 pour se lancer en politique.
Les débuts en politique
À la Chambre des Conseillers
Il est poussé à entrer dans la bataille politique par son ancien directeur au bureau du budget, Iichirō Hatoyama, devenu depuis parlementaire à la Chambre des conseillers (de 1974 à 1992) ainsi que ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Takeo Fukuda (de à )[4]. Il se présente ainsi avec l'étiquette du Parti libéral-démocrate (PLD), grand parti conservateur au pouvoir sans discontinuer depuis sa création en 1955, lors du renouvellement de la moitié de la chambre haute de la Diète du , pour l'un des 50 sièges à pourvoir au vote unique non transférable dans la circonscription nationale (correspondant à l'ensemble du Japon). Il doit donc parcourir tout le Japon pendant sa campagne pour se faire connaître, et bénéficie du soutien logistique et humain, via Hatoyama mais aussi grâce aux anciens ministres dont il fut le collaborateur Noboru Takeshita et Susumu Nikaidō, tant de la puissante faction du « Club du Jeudi » (木曜クラブ, Mokuyō kurabu) de l'ancien Premier ministre Kakuei Tanaka (dont Takeshita et Nikaidō sont membres, tandis que Hatoyama entretient de bonnes relations avec Tanaka même s'il appartient, par tradition familiale, à un groupe qui lui est opposé) que de sa principale rivale, la « Camaraderie pour un nouveau gouvernement » (新政同志会, Shinsei dōshikai) de Yasuhiro Nakasone (à laquelle Hatoyama appartient, s'agissant du groupe héritier du combat politique de son père). Le jour du scrutin, il obtient le 45e score sur 102 candidats, avec 655 496,931 voix[5] (soit 1,22 % des suffrages exprimés), et est donc élu[6].
Au PLD, il devient membre du « Club du Jeudi » de Tanaka[7], tout en restant toujours proche d'Iichirō Hatoyama. Il reste surtout à la Diète un spécialiste des questions budgétaires et financières, et obtient sa première fonction gouvernementale, sans toutefois être membre du Cabinet, en tant que vice-ministre parlementaire auprès du ministre du Trésor Michio Watanabe dans l'administration de Zenkō Suzuki du [8] au [9],[10]. Il est réélu à la Chambre des conseillers le , toujours dans la circonscription nationale mais désormais à la proportionnelle de liste (qui remplace ainsi pour la première fois le vote unique non transférable à la suite de la réforme électorale de 1980), en 19e position sur celle du PLD menée par Masatoshi Tokunaga, qui a obtenu 35,33 % des suffrages et tout juste 19 sièges sur les 50 à pourvoir[11]. Hirohisa Fujii prend ensuite la présidence de la Commission du Trésor de la chambre haute, du [12] au [13].
Premières tentatives à la Chambre des représentants : échec puis réussite
Il démissionne le de la Chambre des conseillers pour se porter candidat aux élections législatives du suivant dans l'ancien 3e district électoral de Kanagawa (correspondant au centre et au nord de la préfecture). Circonscription réputée difficile pour le PLD, le parti n'y avait jusqu'alors investi qu'un seul candidat depuis 1976 (Masamichi Tozawa) et n'y a plus de député depuis 1983. Pourtant, avec la création d'un siège supplémentaire pour ce district (quatre au lieu de trois auparavant, au vote unique non transférable), il décide cette fois d'y avancer un deuxième nom en plus de Tozawa. Hirohisa Fujii est battu, arrivant en cinquième position sur six candidats, avec 95 331 voix et 14,08 % des suffrages, avec plus de 26 000 votes de moins que Tozawa qui est élu en quatrième place[14].
Il doit attendre les élections suivantes, le , pour être finalement élu de justesse, avec le quatrième score soit 113 661 voix et 14,38 % des suffrages, et seulement 7 000 votes d'avance sur Masamichi Tozawa[15]. De retour à la Diète, il rejoint le « Groupe d'études d'Heisei » (平成研究会, Heisei Kenkyūkai) ou Heiseikai (平成会), faction fondée en 1987 par Noboru Takeshita en regroupant l'essentiel de l'ancien « Club du Jeudi », et se rapproche en son sein du secrétaire général du parti de l'époque Ichirō Ozawa qui milite pour un renouveau générationnel et idéologique de type néolibéral de la majorité. En , ce dernier est battu par Keizō Obuchi à la présidence de la faction et décide par conséquent avec Tsutomu Hata et quarante et un autres parlementaires (trente-trois députés, dont Hirohisa Fujii, et huit conseillers) de faire dissidence. Ils créent le leur propre groupe de pression à l'intérieur du PLD, le « Forum Réforme 21 » (改革 フォーラム 21, Kaikaku fōramu ni-jū-ichi)[7]. Le premier pas est fait vers un départ pur et simple du parti majoritaire. Il retrouve toutefois d'importantes responsabilités parlementaires, puisqu'il est président de la très importante Commission du Trésor de la Chambre des représentants, du [16] à la dissolution du .
La succession des partis
La dissidence du PLD
Le , Hirohisa Fujii suit, comme tous les membres du « Forum Réforme 21 » (à l'exception d'un absent, Morio Kimura, qui a soutenu toutefois l'action de ses compagnons de faction), la directive d'Ozawa et Hata de voter la motion de censure déposée par le Parti socialiste japonais (PSJ) pour protester contre le projet de réforme électorale proposée par le gouvernement PLD de Kiichi Miyazawa (comprenant notamment le passage à un scrutin uninominal majoritaire à un tour intégral, l'opposition et de nombreux membres de la majorité, dont Ozawa et ses partisans, préférant au contraire introduire une dose plus ou moins élevée de proportionnelle), contribuant ainsi à son adoption par 255 voix contre 220 à la Chambre des représentants et donc à la chute de la majorité et la convocation d'élections législatives anticipées pour le suivant. À la suite de cela, l'ensemble du « Forum Réforme 21 » quitte le PLD et forme le un parti politique néolibéral, le Parti de la Renaissance (新生党, Shinseitō), avec Hata comme président et Ozawa comme secrétaire général.
Aux législatives du , Hirohisa Fujii est réélu en obtenant cette fois la première place avec 132 236 voix, ou 16,69 % des suffrages[17]. Le Shinseitō, fort au total de 10,1 % des voix et de 55 sièges sur 511, devient la troisième force politique du Japon derrière le PLD et le PSJ, et devient l'un des piliers d'une coalition anti-conservatrice et anti-communiste formée avec six autres partis (dont les opposants de longue date comme les socialistes, le Kōmeitō, les démocrates socialistes et les sociaux-démocrates, mais aussi d'autres dissidents du PLD dont le progressiste Nouveau Parti pionnier, dit aussi Nouveau parti Sakigake ou NPS, et les conservateurs modérés du Nouveau parti du Japon), mettant fin à 38 ans de domination sans interruption des libéraux-démocrates.
Ministre du Trésor des gouvernements « anti-PLD »
Le président du NPJ Morihiro Hosokawa forme le premier gouvernement de cette nouvelle majorité le , et offre à Hirohisa Fujii sa première responsabilité au sein du Cabinet en tant que ministre du Trésor. À ce poste, il est l'un des participants aux négociations difficiles avec l'administration du président des États-Unis Bill Clinton, et plus particulièrement avec son homologue américain Lloyd Bentsen, au sujet du différend commercial opposant les deux pays (Washington jugeant les efforts réalisés par Tōkyō pour ouvrir son marché et ainsi respecter un accord conclu en insuffisants, et souhaitant que celui-ci aille plus loin avec des engagements chiffrés par secteur, afin de réduire son déficit commercial avec le Japon qui s'élevait à presque 60 milliards de dollars américains en 1993)[18],[19],[20].
Confronté ainsi aux pressions américaines en faveur d'une augmentation des importations du Japon et à une hausse du yen par rapport au dollar qui fragilise les exportations[21], il est chargé également de trouver des solutions à la crise dans laquelle le pays est plongé depuis l'éclatement de la bulle spéculative japonaise en 1990. Il s'agit pour lui de rendre l'économie moins dépendante du commerce extérieur en renforçant le marché intérieur et donc la consommation, sans réellement envisager de rupture totale avec les politiques précédemment menées par le PLD notamment en matière de contrôle budgétaire, puisqu'il s'oppose à toute réduction d'impôts qui ne serait pas suivie par la création ou l'augmentation d'autres sources de revenus (notamment de la taxe sur la consommation) et à l'émission trop importante des obligations d'État. Il envisage donc dès son entrée en fonction la mise en place d'un plan de relance comprenant des incitations fiscales en faveur du logement ou des investissements des entreprises et une augmentation modérée des moyens engagés dans les travaux publics, mais, tout en étant favorable à une réduction fiscale malgré la forte opposition sur ce point des fonctionnaires de son ministère, exclut une baisse rapide de l'impôt sur le revenu telle que défendue par plusieurs partis de la coalition durant la campagne[22],[23],[24].
Il défend ainsi le principe d'une certaine rigueur budgétaire, tandis que le caractère hétéroclite de la coalition gouvernementale retarde toute décision. Après avoir annoncé le un plan ambitieux de 135 milliards de dollars américains prévoyant surtout une baisse d'impôts permanente de cinquante-cinq milliards (quarante-neuf milliards de l'impôt annuel sur le revenu, soit en moyenne environ 1 100 $ en moins par foyer) rétroactive au 1er janvier et la transformation de la taxe de 3 % sur la consommation en une taxe sur la valeur ajoutée de 7 % d'ici [25], le Premier ministre Morihiro Hosokawa doit se rétracter dès le lendemain face à la forte opposition du PSJ quant à la hausse de la taxe sur la consommation et les fonds injectés dans les travaux publics qu'ils jugent insuffisants[26]. La majorité finit par aboutir à un compromis en faveur des socialistes le suivant, avec un montant total de 144 milliards de dollars américains (six billions de yens) avec une réduction des impôts prévus uniquement pour 1994 et l'abandon de la réforme de la taxe sur la consommation[27]. Hirohisa Fujii exprime lui-même des doutes face à ce plan de relance, qui selon lui pourrait être déstabilisé si le yen restait à un niveau élevé[28].
Ce paquet est finalement voté le en même temps qu'est introduit au Parlement un budget austère préparé par Fujii pour l'année fiscale 1994 de 731 milliards de dollars américains (soit en hausse seulement de 1 % par rapport à celui de 1993), incluant les cinquante-cinq milliards de dollars américains de baisse de l'impôt sur le revenu et des taxes résidentielles prévu dans l'accord du et 89 milliards pour les travaux publics[29]. Toujours du fait des divisions au sein de la majorité, ainsi que de la démission de Morihiro Hosokawa à la suite d'un scandale de financement politique le , le vote du budget est sans cesse retardé et n'est toujours par réalisé lorsque débute l'année fiscale, le 1er avril. Le successeur de Hosokawa, Tsutomu Hata, élu Premier ministre le , conserve Hirohisa Fujii comme ministre des Finances, mais sait déjà que son gouvernement ne s'inscrira pas dans la durée puisque le PSJ et le NPS ont annoncé qu'ils ne continueraient à le soutenir que tant que le budget n'aura pas été voté. Ceci fait le [30], le PLD dépose deux jours plus tard une motion de censure que les socialistes et les « pionniers » déclarent vouloir voter. Tsutomu Hata et son Cabinet démissionnent le jour même afin d'éviter d'être désavoués, et une « grande coalition » entre les trois partis qui soutenaient la motion porte le chef du PSJ Tomiichi Murayama au poste de Premier ministre le . Le Shinseitō et Hirohisa Fujii passent donc alors dans l'opposition[31].
Du Shinshintō au Parti libéral
Les formations de la coalition de 1993 opposées au retour au pouvoir du PLD (dont le Shinseitō et donc Hirohisa Fujii qui en est devenu l'un des dix secrétaires permanents de juillet à décembre), rejointes par de nouveaux dissidents de ce dernier emmenés par l'ancien Premier ministre Toshiki Kaifu, qui quant-à-eux sont hostiles à l'accession d'un socialiste à la tête du gouvernement, décident de fusionner pour donner naissance le au Parti de la nouvelle frontière (新進党, Shinshintō). Kaifu en est son premier président. Hirohisa Fujii soutient en son sein Ichirō Ozawa, qui est élu le président du mouvement face à Tsutomu Hata dans un vote ouvert à l'ensemble des militants, avec 1 120 012 voix contre 566 998 à son ex-compagnon politique, soit 66,4 % des suffrages exprimés[32].
Aux élections législatives du , les premières à se faire sous le nouveau système mixte introduit par la réforme électorale de 1994 et combinant le scrutin uninominal majoritaire à un tour à une dose de proportionnelle, Hirohisa Fujii est candidat sous les couleurs du Shinshintō au vote majoritaire dans le nouveau 14e district de Kanagawa, correspondant à la ville industrielle de Sagamihara[2] dans le nord de la préfecture et à l'ouest de Yokohama. Il y est élu avec 83 010 voix et 36,9 % des suffrages, contre 52 567 votes (23,37 %) au libéral-démocrate Taei Nakamoto (qui sera par la suite son principal adversaire à chaque élection jusqu'en 2003)[33].
Le , les parlementaires du Shinshintō votent la dissolution du parti en raison d'une remise en question de plus en plus forte de l'autorité de son président Ichirō Ozawa. Hirohisa Fujii reste fidèle à ce dernier et adhère quelques jours plus tard, le , à son Parti libéral. Il s'agit essentiellement d'anciens dissidents du PLD, avec d'une part une partie de ceux ayant quitté ce grand parti de droite pour protester contre son alliance avec le PSJ en 1994 (parmi eux Toshiki Kaifu), et de l'autre ceux issus du Shinseitō (dont Fujii) partisans d'Ozawa. Hirohisa Fujii en devient le président du conseil de recherche politique et donc le no 3, après Ozawa et Takeshi Noda. Avec cinquante-quatre parlementaires (quarante-deux représentants et douze conseillers), il est le plus important mouvement fondé par les anciens du Shinshintō mais n'est que le troisième de la Diète et le deuxième de l'opposition, derrière le Parti démocrate du Japon (PDJ) fondé en 1996. Toutefois, Ichirō Ozawa continue la pratique du Shinshintō de former un contre-gouvernement sous le nom de « Cabinet de demain » (明日の内閣, Asu-no-Naikaku) dans lequel Fujii obtient le poste de « ministre de demain » de la « Vie des Citoyens » et de la « Sécurité sociale ». Toutefois, après plusieurs mois d'hésitations, le Parti libéral forme le une coalition avec son ancien rival, le PLD de Keizō Obuchi[34] et obtient le un membre au sein du Cabinet en la personne de Takeshi Noda.
Celui-ci abandonne donc son poste de secrétaire général du mouvement qui revient à Hirohisa Fujii, qui le cumule avec celui de président du comité de recherche politique. Il devient ainsi le principal lieutenant d'Ozawa, et est chargé de négocier avec le PLD sur chaque point de la politique menée par le gouvernement, n'hésitant pas à démontrer la différence du Parti libéral sur certains points. Ainsi, il s'oppose en novembre 1999 à la décision du gouvernement de reporter la collecte des cotisations sociales (voire en dernier ressort de les réduire) pour le système de soins infirmiers aux personnes âgées devant entrer en vigueur en et de payer la différence par l'émission de neuf cents milliards de yens en obligations inclus dans un plan de relance, et estime que ce nouveau système devrait entièrement être financé par les revenus de la taxe sur la consommation qu'il veut augmenter[35]. Et lorsque les discussions qu'il est chargé de mener avec son homologue libéral-démocrate Yoshirō Mori sur la constitution de candidatures communes aux futures élections législatives aboutissent à une impasse, il soutient la décision d'Ichirō Ozawa de faire sortir le Parti libéral de la coalition gouvernementale malgré l'opposition de Noda, Kaifu et de dix-huit autres parlementaires (soit la moitié de la représentation du mouvement à la Diète) qui font dissidence et fondent le Parti conservateur le . Fujii confirme alors sa position de bras droit en prenant, pendant un temps, en plus de ses responsabilités précédentes qu'il va garder jusqu'en 2003, l'intérim de la présidence du Comité des affaires de la Diète[36]. Aux élections législatives qui se tiennent peu de temps après, le , il est réélu de peu dans sa circonscription par 71 365 voix et 26,82 % des suffrages, soit à peine 1 100 votes et 0,44 points de plus que son adversaire PLD Nakamoto[37]. Cette victoire à l'arraché s'explique en partie par son passage successif dans l'opposition, la majorité puis de nouveau l'opposition, ce qui a pu déconcerter certains de ses électeurs, le fait qu'en 1996 il n'avait déjà pas été élu avec une majorité absolue des voix alors qu'il avait alors le soutien de toutes les composantes du Shinshintō, mais aussi par sa position d'officiel du parti qui l'a obligé à être moins présent au niveau local et plus engagé dans la campagne nationale. Celle-ci a permis d'ailleurs au Parti libéral de gagner sa « bataille » avec le Parti conservateur qui n'obtient que sept sièges contre vingt-deux aux libéraux. De plus, ce qui relativise sa faible performance, Hirohisa Fujii est le seul candidat du parti à gagner cette élection au scrutin uninominal majoritaire à un tour, et donc sur son nom propre, en dehors de la préfecture d'Iwate, fief d'Ichirō Ozawa.
Du parti libéral au parti démocrate
Par la suite, Hirohisa Fujii est surtout chargé d'exprimer les critiques de son parti vis-à-vis de la majorité PLD-Kōmeitō-Parti conservateur, de le faire connaître auprès du grand public, devenant ainsi l'un des hommes politiques les plus médiatiques et tout particulièrement un habitué jusqu'à aujourd'hui de l'émission politique matinale (diffusée de 9 h à 10 h) et dominicale de la NHK « Débat du Dimanche » (日曜討論, Niyō Tōron). Il travaille au rapprochement du Parti libéral avec les autres forces de l'opposition non communiste, dont surtout la principale d'entre elles, le PDJ. Il participe ainsi le à un rassemblement organisé par le principal syndicat du pays, le Rengō, à la salle de concert de Hibiya à Tōkyō, et à la marche jusqu'à la Diète qui s'ensuit pour protester contre la politique sociale du gouvernement de Yoshirō Mori et un nouveau scandale politico-financier (touchant l'entreprise d'aide mutuelle KSD et le ministre d'État chargé de la politique économique et fiscale et du Commerce international Fukushirō Nukaga). À cette occasion, il s'exprime avec ses homologues démocrate, Naoto Kan, et social-démocrate, Sadao Fuchigami, en faveur d'une union de leur force pour arriver au pouvoir[38].
En 2003, il est l'artisan avec le nouveau secrétaire général du PDJ, Katsuya Okada, de l'alliance de leurs deux partis. Il se met ainsi d'accord avec lui, le , pour mettre en place une équipe bipartite placée sous leur direction et chargée de mener à bien la fusion des deux formations[39]. Il est donc l'un des principaux artisans de cette fusion qui se concrétise en plusieurs étapes au mois de septembre 2003 : le 19, elle est approuvée par les parlementaires du PDJ, le 24, l'accord de fusion est signé, le lendemain le Parti libéral se dissout et ses parlementaires rejoignent les groupes démocrates des deux chambres de la Diète (qui comprennent désormais respectivement 138 représentants, dont un indépendant non membre du parti, et soixante-sept conseillers, dont trois non militants du mouvement auxquels il faut toutefois ajouter le vice-président de la Chambre qui par tradition siège comme non-inscrit) et le congrès qui officialise cette union a lieu enfin le .