Histoire d'Anacréon
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L’Histoire d’Anacréon est une série de quatre toiles peintes par l’artiste français Jean-Léon Gérôme entre 1847 et 1848. Elle comprend L’Amour arrive, L’Amour mouillé, L’Amour s’enfuit et Le poète rêve à l’Amour près du feu. Chaque tableau s’inspire d’un passage de la troisième ode du poète grec Anacréon (VIe siècle av. J.-C.).
Chaque tableau mesure environ 60 × 81,5 cm (70,1 × 90,8 cm avec l'encadrement). Les œuvres se trouvent dans différentes collections particulières.

La scène nocturne est peinte dans une atmosphère sombre. À gauche, un homme vêtu d’une draperie rouge sombre se tient à une fenêtre de pierre. Il tient le volet ouvert et observe une petite figure ailée. Au centre, devant une double porte de bois, se trouve Cupidon, reconnaissable à ses ailes blanches, à son arc et à son carquois. La lumière filtrant sous la porte éclaire le bas de la scène et crée un contraste marqué avec l’obscurité environnante. Une végétation grimpante et un arbre au premier plan complètent la composition.
La toile est signée en bas à gauche sur le banc en pierre : J.L. GEROME.
L’Amour mouillé

La composition se déroule dans un intérieur éclairé par le feu d’une cheminée. Le même homme barbu, vêtu d’un drap rouge, est assis près de l’âtre. Il tient Cupidon dans ses bras et le réchauffe en l’approchant des flammes. L’arc et le carquois du dieu enfant reposent à ses pieds.
À l’arrière-plan, on distingue un lit recouvert de fourrures, un coussin vert, un tapis en peau de bête et un portrait de femme accroché au mur. Une statue d’Érato, muse de la poésie amoureuse, est posée sur un piédestal. L’inscription « Ἀσκληπιός » (Asclépios, dieu de la médecine) apparaît sur un autre élément décoratif.
La signature se trouve en bas à gauche, sur le côté de la contremarche de la sole foyère : J.L. GEROME.
L’Amour s’enfuit

La scène se déroule dans le même intérieur que précédemment. Au centre, l’homme en draperie rouge est assis, la main portée à sa poitrine, touché par une flèche plantée dans son torse. Son expression traduit la douleur et la surprise.
À droite, Cupidon s’échappe par une porte baignée d’une vive lumière dorée. Il tient encore son arc, accentuant l’idée de fuite après son geste. L’inscription « Ἀσκληπιός » (Asclépios) apparaît de nouveau dans la pièce, apportant une dimension ironique : le dieu de la médecine ne peut rien contre la blessure causée par l’amour.
La signature se trouve en bas à gauche, sur la face de la contremarche de la sole foyère : J.L. GEROME.
Le poète rêve à l’Amour près du feu

Cette scène montre le poète Anacréon vieilli, aux cheveux et à la barbe blancs. Toujours vêtu d’une draperie rouge, il est assis près de la cheminée, réchauffant ses pieds. Son attitude est méditative, la tête appuyée sur la main. À ses pieds, un panier contient des rouleaux de parchemin, rappel de son activité poétique.
Le décor ne diffère pas des toiles précédentes, sauf le portrait de femme remplacé par une collection de papillons encadrés. Au-dessus des flammes apparaît une vision surnaturelle : Cupidon surgissant de la fumée, tenant un buste de femme. Cette apparition contraste avec l’austérité réaliste de la pièce et suggère une inspiration onirique.
La signature se trouve en bas à gauche, sur le côté de la contremarche de la sole foyère : J.L. GEROME.