Histoire de Madère

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Drapeau de Madère.
Carte topographique de l'archipel de Madère.

Madère (Madeira en portugais) est un archipel du Portugal composé de l'île du même nom, et de plusieurs autres petites îles. Il est situé dans l'océan Atlantique, au large du Maroc.

Cet article traite de son histoire.

Comme tous les archipels de Macaronésie, l'archipel de Madère est composé d'îles d'origine volcanique situées sur la plaque africaine, la dernière éruption remonte à 6 000 ou 7 000 ans[1]. L’île principale, d'une superficie de 750 km2, a la particularité d’être très verdoyante par rapport à d'autres îles volcaniques, lui conférant des paysages remarquables qui en font une destination de renommée pour la randonnée pédestre.

Antiquité

Selon Gilbert Pillot, qui a mené une enquête sur le voyage d'Ulysse dans l'Odyssée, Madère serait l'île d'Éole où le dieu confia le Zéphir à Ulysse en prenant soin d'enfermer les vents contraires dans un sac en cuir[2].

Les Phéniciens auraient pu visiter l’archipel dès l'antiquité : le récit du Périple de Hannon, mentionne un certain nombre d'escales, au-delà de l’île de Cerné en actuelle Mauritanie, dont l'une pourrait être l'archipel.

Selon l'historien gréco-romain Plutarque (46-125), Quintus Sertorius (126-72), magistrat et militaire romain, marianiste, gouverneur romain en Hispanie, initiateur de la guerre sertorienne (80-72), après des interventions en Maurétanie et en Lusitanie, aurait pu mener des repérages maritimes, du côté des Îles des Bienheureux.

Avant 1400

Pour apprécier l'état, à cette époque, des cartes de cette zone de l'Atlantique, il convient de se reporter à :[style à revoir]

L'existence de Madère n'est attestée qu'en 1351 sur un portulan de Florence, ainsi que dans certains documents arabes.

L'hypothèse du passage d'un équipage de bateau viking, escale ou naufrage, entre le IXe et le XIe siècle, sans trace d'aucun artefact humain, s'appuie sur une présence animale collatérale. L'étude d'ossements de souris (mus musculus) atypiques sur l'île, datant du XIe siècle, indique que les rongeurs sont arrivés entre l'an 800 et 1036. Leur ADN mitochondrial les rapproche des populations de Scandinavie et d'Allemagne du Nord. Sur l'île, elles se sont diversifiées en six nouvelles espèces (leur hybridation engendre une descendance stérile) et leur nombre de chromosomes est passé de 40 (souche originelle) à 22 à 30 pour les descendants insulaires[3].

Le manuscrit Libro del Conoscimiento, manuel héraldique et géographique, écrit dans le royaume de Castille, est présenté comme le récit de voyage d'un frère franciscain en 1305 en Europe, Afrique et Asie, mais son authenticité est discutée. Sont évoquées des îles nommées « Leiname », « Diserta » et « Puerto Santo », pouvant correspondre à l'archipel de Madère.

Robert Machin (en), (supposé) aventurier anglais du XIVe siècle, est à l'origine d'un récit, tout autant romanesque, se déroulant à l'époque du roi d'Angleterre Édouard III (1312-1377) et duc d'Aquitaine. Les deux amants, Robert Machim et Anna d'Arfet, fuyant l'Angleterre en 1346, auraient été pris dans une tempête et emportés jusqu'à Madère, dans un lieu nommé après eux Machico, et où, en 1419, le Portugais João Gonçalves Zarco aurait trouvé une croix gravée de leurs deux noms (Mc Kean, Dorset), et aurait fait construire la capela dos Milagres (en français : « chapelle des Miracles »), plusieurs fois reconstruite.

L'hypothèse de la circumnavigation chinoise (thèse pseudo-historique de 2002), avec ou sans exploration/découverte d'îles atlantiques s'appuie sur la personnalité de l'amiral chinois Zheng He (1371-1433) et surtout sur la carte Kangnido (1402, Corée) d'authenticité douteuse.

L'hypothèse d'exploration et/ou de découverte arabo-musulmane d'îles atlantiques ne s'appuie encore sur aucun document authentique de navigation.

Découverte

Statue à la mémoire du découvreur João Gonçalves Zarco.

En 1418, l'île de Porto Santo est reconnue par João Gonçalves Zarco (1390-1471, chevalier de l'Ordre du Christ de la Maison de Henri le Navigateur) et Tristão Vaz Teixeira (1395c-1480).

En 1419, commence l'histoire officielle de Madère, lorsque João Gonçalves Zarco, Tristão Vaz Teixeira et Bartolomeu Perestrelo (1394c-1457c) font reconnaître Madère (île et/ou archipel) comme une terre du royaume portugais.

À partir du XIVe siècle, les Portugais et les Espagnols se disputent la côte ouest de l'Afrique, ce qui a pour conséquence l'annexion rapide de certains territoires, particulièrement insulaires. C'est le cas pour Madère, où le point d'ancrage des navigateurs est l'emplacement actuel du port de Machico[4].

L'Ordre du Christ, ordre militaire religieux fondé en 1319, en pleine reconquista, et dont le grand-maître est à cette époque le roi Henri le Navigateur, est responsable, entre autres, des découvertes armées de l'archipel des Canaries, de l'archipel de Madère, de l'archipel du Cap-Vert, et de la Sierra Leone (Serra Leoa). Il est en grande part à l'origine de la formation de l'Empire colonial portugais, et un grand bénéficiaire.

Le , l'île de Madère apparaît pour la première fois sur une carte sous le nom d'Ilha da Madeira (en français : « Île du Bois »).

Colonisation et développement

Notes et références

Voir aussi

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