Histoire de Paray-le-Monial

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L'histoire de Paray-le-Monial décrit l'histoire de la commune française de Paray-le-Monial située dans le département de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté.

C’est au lieudit Grainetières, sur le rebord de la terrasse dominant d’une trentaine de mètres la rive droite de la Bourbince que la présence de l’homme est attestée pour la première fois. L’étymologie du nom de Paray la plus généralement proposée n’est guère éclairante : la parée serait une charge grevant un bien dont le revenu était affecté à la couverture des dépenses faites par un curé pour recevoir un évêque ou un archidiacre[1]. Qu’on se représente un petit groupe d’habitations autour d’une église vouée à la Vierge Marie sur l’emplacement du cimetière actuel. Le voisinage d’une source, toujours existante, rendait possible la vie de cette communauté. Qu’elle ait été dédiée à saint Martin ne surprend pas : « lors de la christianisation de la Gaule, c’est une pratique courante que de donner un nom chrétien aux anciennes sources sacrées pour détourner les habitants des pratiques païennes ». Le fameux évangélisateur des campagnes ayant vécu à la fin du IVe siècle, peut-on trouver là le plus ancien élément de datation ?

L'existence à l'entrée du cimetière d'un édifice religieux est attestée depuis 876. En fait le bâtiment, reconstruit au XIe siècle dans le style préroman, était aux dimensions d'une grande église large de 14,5 mètres et longue de 29 mètres. La partie conservée (en orange sur le plan) n'en serait que les deux dernières travées et l'abside. Elle était le siège d'une paroisse et devait le rester jusqu'au XVIIIe siècle[2],[3].

Moyen Âge

Chaque étape de la transformation de Paray-le-Monial en un organisme urbain est à mettre en relation avec des facilités accrues de communication. Lorsqu’en 973 le comte Lambert de Chalon, en remerciement des bienfaits de Dieu, vient reconnaître les lieux d’implantation d’un monastère en compagnie de Mayeul, abbé de Cluny, il arrête son choix sur le site du Val d’Or au bord de la Bourbince à proximité d’un gué sur l’ancienne voie romaine de Mâcon à Digoin, sur un léger relief à l'abri des crues. L'abbaye apparaît dès l'origine comme devant accueillir une importante communauté monastique[4]. Les moines sauront tirer parti des eaux de la rivière et de la forêt, et les voyageurs pourront y faire étape. En trois ans sont construits les bâtiments conventuels et une première église. La consécration officielle a lieu en 977, en présence des évêques de Chalon, de Mâcon et d’Autun. Quand en 999 le comte Hugues de Chalon fait don du monastère et des biens dont il peinait à s’assurer le contrôle, à l’abbé de Cluny Odilon de Mercœur, Paray prend rang de prieuré et le restera jusqu’à la Révolution[5].

La première église rapidement détruite a fait place à Paray II dès 1004 et c’est sur les ruines de celle-ci qu’a été édifiée en plus grand la basilique dite Paray III par l’abbé saint Hugues vers 1100, dans les mêmes temps que Cluny III. On estime que leur construction a été faite par les mêmes équipes, Paray servant de laboratoire pour l’abbaye mère. Tels que nous les observons aujourd’hui, les bâtiments ont subi peu de transformations depuis plus d’un millénaire. Une contribution détaillée sur la basilique de Paray-le-Monial nous instruisant sur l’essentiel, on se contentera ici de rappeler la seule modification apportée en 1470. La grande famille de Damas-Digoine a alors obtenu moyennant des donations l’autorisation d’avoir une chapelle funéraire à l’emplacement de l’absidiole du transept sud dans le style du gothique flamboyant. Le porche a certes été fragilisé par les protestants en 1562. Ils y ont allumé un gigantesque brasier dans lequel ils ont brûlé le mobilier de l’église, les boiseries, les livres, les archives… L’entrée principale a été condamnée jusqu’en 1860. Mais l’architecte Millet en a réussi la restauration en 1860 malgré les difficultés de l’entreprise, le problème étant de soutenir le poids des tours pendant la reconstruction de leur base. Quant au clocher, il a été abattu par les Révolutionnaires en 1794. On a procédé à une première reconstruction en 1810 en forme de dôme et c’est encore l’architecte Millet qui a rétabli la flèche d’origine en 1858. Au total, la basilique de Paray offre aujourd’hui l’image la plus proche de ce que pouvait être Cluny III avant sa démolition[6].

Deux kilomètres en amont de la rivière Bourbince, la chapelle de Romay est à ses débuts en rapport avec la basilique. Construite comme elle au XIe siècle, sur son site avait été ouverte une carrière de calcaire qui alimenta les chantiers de Paray II et Paray III. Les ouvriers devaient y trouver la commodité d’un service religieux tout proche. Surtout, elle tirait sa célébrité d’une fontaine dont les eaux avaient la vertu de guérir des maladies des yeux. On amenait aussi dans ce sanctuaire de répit les enfants mort-nés : ils étaient supposés retrouver vie le temps du baptême et obtenaient ainsi une mort chrétienne. Romay devint un lieu de pèlerinage suivi par de nombreux fidèles, encore au surlendemain de la Libération en 1944[7],[8].

tour du château des abbés de Cluny
tour du château des abbés de Cluny

Pendant tout le Moyen Âge les moines du prieuré vivent en milieu fermé à proximité de l’église sur l’emplacement de l’actuel jardin Saint Hugues. Ils respectent la règle fixée par saint Benoît, dont Cluny était le symbole et le phare. Ils partagent leur temps entre la prière en commun, de l’aube (les vigiles nocturnes) à la tombée de la nuit (les complies), la lecture priante de l’écriture sainte et le travail manuel. Leur nombre oscillera entre 20 et 35 (en 1381). Ils ont creusé un canal de dérivation en rive gauche de la Bourbince ce qui a permis la construction d ’un moulin. Ce bras artificiel devait être comblé à la fin du XXe siècle : il correspond aux actuels boulevards du dauphin Louis et du Collège mais le nom de rue des Deux Ponts perpétue le souvenir de l’île ainsi créée. C’est là qu’ils exercent leur fonction hospitalière mais cet hôtel Dieu de très faible capacité recueille surtout des pauvres, des mendiants et des vagabonds. Il faut attendre le XVe siècle pour que soit construit le château où aimaient à séjourner les abbés de Cluny. Seule en subsiste la tour car il a été détruit pour faire place à la maison des Chapelains en 1889.

Temps modernes

Plan de Paray au XVIIe siècle
Plan de Paray au XVIIe siècle.

Une vie prospère

Avec une population qui a pu atteindre les 3000 habitants, pendant les trois siècles qui précèdent la Révolution et surtout à partir des années 1600-1630 Paray devient le premier pôle démographique et économique du Charolais. Elle a dû cet essor à son rôle de centre commercial et artisanal. Au terme de cette période, en 1790, il existait dans la cité « environ 55 commerçants et 230 artisans pratiquant des métiers divers dans l’alimentation, les textiles, l’habillement, le cuir, l’outillage, le bâtiment, la chaudronnerie, le chauffage, le jardinage, le voiturage et environ 50 paysans »[9]. Si la présence d’un marché est attestée dès 1228, celui-ci occupe une place de plus en plus envahissante d’est en ouest du lotissement médiéval jusqu’à la place Guignaud. Et il existe déjà un marché aux bestiaux sur le champ de foire (actuelle place de l’Europe). On construit beaucoup. Les habitants éprouvent le besoin d’une meilleure protection. Vers 1540 ils obtiennent de François Ier l’autorisation d’élever de nouveaux remparts. Par rapport aux anciens, ils sont élargis et englobent désormais le territoire du monastère jusques et y compris le château abbatial. Mais ils restent cantonnés à la rive droite de la Bourbince. On pénètre dans la cité par quatre portes encadrées de tours. Devenus inutiles, ces remparts disparurent peu à peu au XVIIIe siècle par manque d’entretien. Des riverains ne se firent pas faute d’utiliser leurs pierres pour d’autres constructions et l’on vendit celles des portes.

Premières confrontations religieuses

Pendant toute cette période les problèmes religieux vont dominer la vie de la communauté parodienne. L’affrontement, en partie légendaire, entre les frères Jayet peut servir de prologue à cette longue histoire. Pierre était un fabricant de serges, tissus de laine et de soie légers et serrés, en relation avec les banquiers et commerçants de la diaspora italienne à Lyon. Il était marié à une protestante dont il avait épousé la cause. C’est pour faire étalage de sa réussite sociale qu’il s’est fait construire entre 1525 et 1528 une maison dans le style renaissant avec ses deux étages de fenêtres à meneaux entre lesquels s’interposent des rangées de médaillons : figures de chevaliers et emblèmes féodaux, galerie des 22 rois de France sans oublier la représentation de son couple. Cet édifice, le plus remarquable de la ville, a été classé aux monuments historiques en 1865. Quant à son frère, en contribuant au financement de la construction de l’église Saint-Nicolas en vis-à-vis, il affirmait fermement sa fidélité au catholicisme. La nef unique sur laquelle s’ouvraient de petites chapelles était normalement orientée vers l’est. La tour du clocher aux formes pesantes a été construite ultérieurement hors œuvre. Devenue trop petite, elle a perdu son rang paroissial en 1792 au profit de l’église abbatiale. En 1860, on démolit les chapelles et le chevet afin d’aérer l’espace devant la maison Jayet où l’on prévoyait d’installer la mairie[10].

Évolution des rapports religieux

C’est à partir de Genève où Calvin s’était installé en 1541 que les idées protestantes, plus radicales que celles de Luther, se sont propagées jusqu’à Paray-le-Monial. On évalue entre 40 et 50 le nombre de familles converties à cette doctrine vers la fin du XVIe siècle, soit un dixième de la population. Mais leur influence ne se mesure pas seulement à leur nombre car ils exerçaient des fonctions importantes dans le commerce, l’industrie (textile et tannerie), voire comme médecins. Ils voyaient dans leur réussite même la confirmation de la justesse de leur engagement religieux. Ils surent aussi rapidement s’organiser, avoir leur lieu de culte et leur école[11].

Les relations avec la majorité catholique devaient connaître d’importantes fluctuations. Elles sont d’abord très conflictuelles car leurs méthodes étaient marquées par la violence. Il a déjà été question des graves dégradations occasionnées à l’église abbatiale en 1562 après que l’un d’entre eux eut ouvert les portes de la ville à deux chefs calvinistes à la tête d’une troupe de 400 hommes. Mais la liste est longue des attaques huguenotes entre 1569 et 1591 : leur recension occupe toute une page de l’ouvrage de Lavader ! Ces rapports se sont apaisés sous le règne de Henri IV à partir de la publication de l’édit de Nantes en 1598. Leurs institutions, temple et école, ont été reconnues officiellement et Théodore de Bèze, le grand continuateur de l’œuvre de Calvin a pu venir en visite dans la cité[12]. Ils avaient droit à un représentant dans ce qui tenait lieu de conseil municipal. Les brimades devaient se multiplier surtout à partir de 1634. Elles devaient même être orchestrées de manière systématique lorsque Gabriel de Roquette devint évêque d’Autun (1666 – 1702). Sa réputation peu flatteuse devait justifier des critiques acerbes jusqu’au niveau du royaume[13].

La lutte contre le protestantisme devait être conduite plutôt que par des méthodes coercitives, par les initiatives positives auxquelles on a donné le nom de Contre-Réforme. Les jésuites étaient passés maîtres en la matière : c’est le but que leur avait assigné leur fondateur Ignace de Loyola. Ils installèrent une mission permanente à Paray en 1618 à la demande de la marquise de Ragny, épouse du gouverneur du Charolais. Et c’est encore à la requête d’un des leurs, le père Rolin, que les Visitandines vont être introduites dans la cité. Cet ordre de la Visitation avait été fondé à Annecy en 1610 par Jeanne de Chantal avec l’appui de l’évêque François de Sales. Sept sœurs, donc, fondent alors un couvent en face de la maison Jayet. Les locaux s’avérant vite insuffisants, elles s’installent ensuite définitivement dans la rue qui devait prendre le nom de la Visitation. Elles y ouvrent un collège de jeunes filles en 1637[14]. On ne pouvait imaginer à l’époque que leur établissement acquerrait une célébrité mondiale. Car il devait accueillir en 1671 sœur Marguerite-Marie Alacoque. C’est là que cette jeune fille, née en 1647 à Vérosvres à 25 km à l’est de Paray devait avoir à trois reprises en 1673, 1675 et 1675, dans le bosquet de noisetiers du jardin, le privilège des apparitions du Christ[15]. Ainsi prenait naissance dans la discrétion le culte du Sacré Cœur au destin mondial. L’authenticité de cette expérience peu commune devait être confirmée grâce à la personnalité exceptionnelle du Jésuite Claude La Colombière qui fut son directeur spirituel le temps de son bref passage à Paray (Au terme de sa brève carrière, Il devait choisir Paray comme lieu de retraite et y décéder en 1682). D’autres initiatives sont venues renforcer l’influence du catholicisme dans la cité. En 1644, les Ursulines sont accueillies et se vouent à l’éducation des jeunes filles. Elles devaient être remplacées par les sœurs du Saint-Sacrement…en 1855 ! Et voilà que le fameux hôtel Dieu à l’abandon dans son île, bénéficie en 1676 de diverses donations dont une du roi de 800 livres. Il est remis en état et pris en mains par des jeunes filles de la ville encouragées à fonder une communauté de sœurs hospitalières obéissant à la règle de Sainte-Marthe.

Il n’appartenait pas aux bonnes volontés locales de décider de l’équilibre entre les éléments religieux d’une petite ville de province. Le sort du protestantisme a été scellé négativement par la volonté du roi Louis XIV. En 1685, l’édit de Nantes est révoqué. Une partie de la communauté calviniste choisit l’exil, majoritairement en Suisse. C’est la plus aisée : « des notables industrieux qui emmènent avec eux leur activité, leur savoir-faire et leur fortune[…]. D’autres familles abjurent, d’autres résistent et essaient de continuer à vivre avec leur foi dans des conditions difficiles ». Leur temple a été détruit, ils sont interdits d’exercer leur profession dans les domaines médical et judiciaire. Au-delà de 1730, on ne parle plus de protestants à Paray[16].

Fin du prieuré

les platanes de l'avenue de Charolles
les platanes de l'avenue de Charolles

Les moines du prieuré semblent ne pas avoir été mêlés à ce conflit entre catholiques et protestants. Leur rôle est, en effet, devenu de plus en plus effacé car c’est toute l’institution monastique qui est en crise. Les abbés commendataires sont nommés selon la fantaisie du pouvoir politique et ne sont plus astreints à résidence. Par ailleurs, les vocations se font de plus en plus rares : on ne compte plus que huit moines au début du XVIIIe siècle et ils ne seront plus que six en 1791[17]. Paradoxalement, c’est alors que sont édifiés les bâtiments les plus remarquables selon la fantaisie du prieur. À Paray-le-Monial, les travaux ont été lancés à partir de 1701 ou 1702 par Emmanuel Théodore de la Tour d’Auvergne, cardinal de Bouillon et abbé de Cluny de 1683 à 1715. Le prélat alors en disgrâce, qui disposait de grandes ressources notamment par la vente des coupes de bois, trouva dans cette entreprise matière à satisfaire son immense orgueil mais la construction ne fut terminée sans doute que sous l’abbatiat de Frédéric Guillaume de la Rochefoucault (1747-1757) qui a aussi planté les platanes de l'avenue de Charolles. La belle architecture louis quatorzième classique pouvait entrer en harmonie avec le style roman de l’église : on en sera convaincu par le choix de l’arc en plein cintre pour la galerie du cloître attenant et pour la porte de communication avec le transept sud de l’église. Les autorités municipales qui ont restauré cette porte en 2003 ont mis à l’œuvre le service des espaces verts de la ville pour l’aménagement du jardin autour de son puits. Les services de l’État n’avaient pas attendu pour reconnaître le prieuré comme monument historique (1959). Si l’ensemble a été si bien conservé c’est que toute l’abbaye, devenue bien national, avait été achetée par la commune le . Elle devait abriter les écoles municipales pendant plus d’un siècle : l’école de filles au rez-de-chaussée en façade, sauf la partie la plus proche de l’église servant de presbytère jusqu’en 1907, les garçons étant accueillis sur le côté[18].

Révolution française et Empire

Alors que Paray-le-Monial a joué les premiers rôles au XVIIe siècle dans le Charolais, dès la fin du XVIIIe siècle et pour une centaine d’années, la cité semble en quelque sorte rentrer dans le rang.

Sur le plan religieux, si le catholicisme a triomphé du protestantisme, il est confronté à de graves problèmes. Quand on sait la place tenue dans la cité par les jésuites depuis 1618, on ne peut que s’inquiéter sur la portée de l’interdiction de leur compagnie. Ils ont réuni contre eux jansénistes, gallicans et philosophes des Lumières dans l’ensemble du royaume. Ils sont expulsés en exécution de l’édit du . Tout recours devient inutile car le pape lui-même ordonne la dissolution de l’ordre en 1774. La fermeture de leur collège, un parmi les 200 du royaume, a posé problème pour le recrutement de professeurs appointés sur deniers publics, prêtres puis laïcs[19]. Par la Constitution Civile du Clergé du , c’est l’ensemble des ordres religieux qui sont «éteints et supprimés sans qu’il puisse jamais en être établi de semblables ». Si une telle mesure s’applique à l’ensemble du territoire, elle revêt une importance exceptionnelle dans une cité où les congrégations étaient si fortement implantées. Il ne s’agit pas seulement des bénédictins mais également des Visitandines et des Ursulines. Il faudra un ordre du district de Charolles le pour que celles-ci s’y résignent. Si les Visitandines reviendront individuellement dès 1801 et rouvriront un pensionnat de jeunes filles dans deux ailes de l’ancien prieuré les Ursulines ne pourront jamais rouvrir leur école[20]. Quant aux deux bâtiments religieux les plus emblématiques, Saint Nicolas perd sa qualité d’église paroissiale en 1792 et devient un lieu de réunions publiques puis un grenier. Celle des bénédictins (l’actuelle basilique), un temps menacée de destruction, transformée en cave puis en grenier à foin au plus fort de la Révolution, la remplacera dans cette fonction[21]

En 1801 Paray compte 2848 habitants contre 2676 à Charolles et 2602 à Digoin. La situation démographique est inversée en 1851 : Charolles vient en tête avec 3909 habitants suivie de Digoin qui en compte 3635 et de Paray avec 3528 habitants. Ces écarts restent faibles mais sont significatifs.

Lorsque l’Assemblée Constituante réorganise l’administration du pays sur la base des départements en 1790, c’est Charolles qui est choisi comme siège d’un des sept districts de Saône-et-Loire renommés sous-préfectures à partir de 1801. La situation est inchangée en 2022. On n’a pas égard alors au nombre d’habitants de cette commune, inférieur à celui de Paray-le-Monial mais au passé prestigieux de celle qui fut le siège du comté du Charolais avec tout ce que cela impliquait en matière d’administration, de justice et de police. La résidence des corps de fonctionnaires suffit, à faire la différence avec le voisinage, toutes activités égales par ailleurs. Pour expliquer le cas de Digoin, il faut rappeler un événement sans doute passé inaperçu car c’est dans le mois de janvier en 1793, alors que Louis XVI est guillotiné, qu’est ouvert au trafic le canal du Charolais (renommé canal du Centre par la suite) par son initiateur l’ingénieur chalonnais Emiland Gauthey. Le tracé emprunte le territoire de la commune de Paray sur environ km à proximité immédiate de la ville mais celle-ci ne l’utilise que très marginalement. La gagnante est alors Digoin. Certes, le grand essor du trafic se fera attendre jusqu’à la mise en communication du canal avec les canaux latéraux à la Loire par un pont-canal en 1835. En attendant, le raccord se fait dans cette ville par quatre écluses jusqu'au fleuve sur lequel la navigation est soumise aux aléas des crues et des basses eaux. Mais c’est suffisant pour faire de Digoin, au confluent de l’Arroux avec son arrière-pays un point névralgique du réseau de la navigation[22].

Paray en1832
Paray en 1832

Donc, cette banale petite ville de province « vit tranquillement avec des activités traditionnelles : tissage de la soie, moulins à blé, à huile, ateliers pour la construction et la réparation de bateaux, fours à chaux et à plâtre, tanneries, poteries, commerce de bestiaux, de grains, de bois, de charbon ». Les professions liées aux services sont aussi représentées : trois notaires, deux médecins, deux pharmaciens… Sa physionomie ne change guère. Seule excroissance : au-delà de la Bourbince il y a déjà un faubourg en direction de la route royale de Nevers à Genève et du canal du Centre[23],[24].

Époque contemporaine

Pour approfondir

Notes et références

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