Histoire des grandes écoles

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L'histoire des grandes écoles retrace l'évolution des grandes écoles à travers le temps. Si l'expression de « grandes écoles » désigne, à la Renaissance, les facultés des universités, l'expression prend progressivement son sens actuel à la Révolution française.

Premières institutions spécialisées (de la Renaissance au XVIIe siècle)

Le vocable de « grande école » est utilisé dès la Renaissance pour désigner les facultés universitaires. Par exemple, à l'université d'Orléans , les « grandes écoles de France »[1] sont des bâtiments de cours universitaires construits à partir de 1498[2] et détruits en 1824[3].

Le Collège de France est créé en 1530 par François Ier, mais n'a pas vocation à former des élèves. La première grande école sélective est créée en 1571, en l'École nationale de la marine marchande (alors « École d'hydrographie à Marseille »)[4].

Développement des premières écoles militaires et d'ingénieurs (1679-1783)

La première vague de création de grandes écoles par l’État a lieu au milieu du XVIIIe siècle[5]. Si certaines sont sélectives, elles conditionnent l'admission à l'apport de preuves concernant la noblesse de la famille des candidats, ou de leur fortune ; la bourgeoisie ne peut donc que difficilement y accéder[6]. Elles doivent fournir les cadres techniques et militaires spécialisés, afin de rejoindre les grands corps de l’État[5]. En 1679, Louis XIV crée la première école d'officiers d'artillerie, à Douai[7],[8]. En 1748 est créée l'École royale du génie de Mézières, qui ferme en 1794. En 1751, Louis XV crée par édit l'École militaire (École de guerre)[9],[10].

De manière croissante, les écoles créées ne sont plus exclusivement militaires, mais des écoles d'ingénieurs. Elles permettent l'entrée dans les corps techniques d'ingénierie, parfois au service de l'armée. En 1741 est fondée l'École des ingénieurs-constructeurs des vaisseaux royaux (actuellement ENSTA Paris), puis en 1747, l'École royale des ponts et chaussées[4]. En 1783 est créée l'École des mines de Paris[6].

Dans les années 1760 sont créées les premières grandes écoles vétérinaires. En 1761, d'abord, avec l'École royale vétérinaire à Lyon, suivie en 1765 de l'École royale vétérinaire d'Alfort[4].

En 1780 est créée l'École des pupilles du régiment de dragons du duc de La Rochefoucauld-Liancourt. Elle devient à la Révolution l'école des Enfants de l’armée, puis, en 1803, l'école d'arts et métiers de Compiègne (actuellement Arts et Métiers ParisTech). Elle ouvre la voie à la création d'écoles royales militaires pour les enfants de militaires se formant dans les techniques militaires ou civiles avant de devenir une école d'enseignement technique.

Les grandes écoles révolutionnaires (1789-1799)

Les grandes écoles de l'an III (1794)

Lorsque la Révolution française se déclenche, le sort des écoles d'Ancien régime est mis en question[6]. Les financements sont rapidement réduits, aussi un faible nombre de ces écoles survit-il à la Première République[6].

Les parlementaires hésitent quant à la politique qu'ils souhaitent mener en matière d'enseignement supérieur. Les jacobins sont soupçonneux d'institutions créées sous la monarchie et critiquent leur élitisme ; l'admission se fait alors sur présentation de ses quartiers de noblesse[6]. La majorité des députés de la Convention nationale admet toutefois la nécessité pour la France de disposer d'institutions de formation de très haut niveau, à condition que leur recrutement ne soit plus lié qu'au mérite de chacun, plutôt qu'à la condition nobiliaire ou à la fortune[6].

La fin de la Terreur, combinée à une prise de conscience générale de ce que la France manque de cadres scientifiques et d'élites militaires, conduit au maintien des grandes écoles d'Ancien régime, à la condition de la réforme de leur système d'admission[6]. Certains acteurs de la Révolution, comme Napoléon Bonaparte (École de Brienne et École militaire) ou Lazare Carnot (École royale du génie de Mézières), sont par ailleurs issus du système des grandes écoles.

Fronton historique de l'École polytechnique, rue Descartes à Paris.

La politique de la République vis-à-vis des grandes écoles est déterminée en 1794 par la création des écoles de l'an III[11]. Les quatre grandes écoles révolutionnaires (écoles de l'an III scientifiques) sont créées : l'École polytechnique en 1795 (sous le nom d'École centrale des travaux publics), l'École normale supérieure (à l'époque appelée École normale et renommée en 1845[12]), le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et l'École spéciale des langues orientales (Inalco)[6].

Dans la même logique, les anciennes facultés de médecine et de droit sont rétablies comme des « école de droit » et « école de médecine », indépendantes.

Les grandes écoles de l'an IV (1795)

La loi Daunou du 30 vendémiaire an IV () réorganise le système éducatif français de l'école primaire jusqu'aux grandes écoles. Elle prévoit que « [i]ndépendamment de l'organisation générale de l'instruction, la République entretient des écoles relatives aux différentes professions uniquement consacrées au service public »[13]. Son article 4 dispose que « [l]es élèves des écoles de services publics sont salariés par l’État »[13].

Dans son discours au corps législatif, Antoine-François Fourcroy, orateur du Gouvernement, présente le projet de loi en indiquant que 20 % des élèves ayant fini leurs années d'études secondaires étudieront dans ces écoles, « où ils continueront d'être instruits et entretenus aux frais du trésor public, de manière à acquérir avec gloire un état et une existence assurés dans la république », c'est-à-dire un emploi. Il reconnaît que « [j]amais avantage plus grand n'a été offert à la jeunesse studieuse ». Il reconnaît également les « écoles de services publics », afin de travailler « dans le génie, l'artillerie, la marine, les ponts et chaussées, les mines et la géographie »[14]. Il définit la doctrine des grandes écoles qui, pour Thuillier, vaudra aussi pour tous les projets d’ENA jusqu’en 1945 : « il est nécessaire que les sujets admis dans ces écoles y soient dans un nombre correspondant au besoin du service, qu’ils se consacrent dès leur entrée dans cette carrière à servir l’État »[15].

Il fixe une liste incluant l'École polytechnique, le Conservatoire national des arts et métiers, l'École d'artillerie, l'École nationale des ponts et chaussées, l'École nationale supérieure des mines de Paris, l'École du génie maritime, école de l'armement, école des poudres et munitions, l'École des géographes, l'École navale, l'École des ingénieurs de vaisseaux (qui deviendra l'École nationale supérieure du génie maritime, puis sera incorporée dans l'École nationale supérieure de techniques avancées) et l'École nationale supérieure maritime[13].

Au-delà des écoles de service public, la loi prévoit la création d'« écoles spéciales », dans les domaines de l'astronomie, de la géométrie et la mécanique, de l'histoire naturelle, de la médecine, des sciences vétérinaires, de l'économie rurale, des antiquités, des sciences politiques, de la peinture et de la sculpture, et de la musique, ainsi que des écoles pour les sourds-muets et pour les aveugles-nés. Toutefois, seules les écoles de santé et les écoles d'économie rurale vétérinaire seront créées.

L'École polytechnique organise le recrutement par concours et la formation préalable des ingénieurs de l'État, en amont des écoles d'applications (École des ponts et chaussées, École des mines, École du génie et de l'artillerie de Metz, École de la marine, École du génie maritime, École spéciale de géographie et de topographie).

Les grandes écoles et le projet napoléonien (1799-1814)

Insertion précoce des grandes écoles dans les réformes de l’État (1799-1802)

Le Consulat et l'Empire permettent une continuation de l'action étatique en faveur des grandes écoles. Napoléon Ier souhaite disposer d'élites nouvelles et bien formées, qui s'intègrent dans le nouveau régime qu'il construit. Le projet universitaire napoléonien est donc de restructurer le système de l'enseignement supérieur afin de l'harmoniser et de s'assurer du soutien de leurs élèves à l’État[16]. Il écrit : « Je veux former une corporation non de jésuites qui aient leur souverain à Rome, mais de jésuites qui n'aient d'autre ambition que celle d'être utiles, et d'autre intérêt que l'intérêt public[16]. » Les grandes écoles s'inscrivent dans ce projet : l'ENS produit les enseignants pour les lycées qu'il crée, tandis que Polytechnique et ses écoles d'application fournissent les cadres supérieurs des armées[6]. C'est à cette époque que la sélection sur la base de concours académiques et très sélectifs se confirme[6].

Devenu empereur, Napoléon a toutefois une méfiance contre ces écoles en ce qu'elles forment des esprits libres parfois opposés à son régime ; il envisage à un moment de fermer l’École polytechnique. Afin d'en contrôler l'accès, il décide à certains moments de rendre payante leur scolarité ou modifie le contenu des concours comme de l'enseignement[6].

La loi sur l'instruction publique du 11 floréal an X et création de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1802)

La loi du 11 floréal de l'an X (1802) réforme à nouveau le système scolaire et universitaire français[17]. Elle crée les lycées impériaux, qui peuvent préparer aux grandes écoles[17]. Celles qui existent déjà sont maintenues. La loi institue toutefois également des « écoles de droit », qui sont en réalité rattachées à l'Université et ne sont ainsi pas des grandes écoles ; il en va de même pour les trois nouvelles écoles de médecine, les quatre écoles d'histoire naturelle, de physique et de chimie, etc. Si une « école spéciale de géographie, d'histoire et d'économie publique » est prévue, elle n'est jamais créée. Le principal apport de cette loi est la création de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, qui est originellement implantée dans le château de Fontainebleau, sous la protection directe de l'Empereur, qui tenait à garder un œil particulier sur les futurs officiers de l'Empire[18]. Les grandes écoles sont alors appelées des « écoles spéciales ».

Réformes ultérieures et scission entre grandes écoles et universités (1803-1808)

L'arrêté des consuls de la République du 12 vendémiaire de l'an XI réunit les écoles d'artillerie et du génie pour former une école commune aux deux armes, nommée École d'artillerie et du génie et établie à Metz. L'admission se fait sur examen parmi les élèves de l'École polytechnique et elle en devient une école d'application. La loi du 21 germinal de l'an XI établit six écoles de pharmacie.

La loi du , relative à la formation d'une Université impériale, et le décret du , fixant son organisation, remettent en cause le développement des écoles spéciales au profit de la mise en place d'un système universitaire centralisé organisé selon les trois grades des anciennes universités (baccalauréat, licence, doctorat), déjà rétabli dans les écoles de droit. Les écoles de droit et de médecine sont transformées en facultés alors que les écoles de services publics restent en dehors de l'Université.

Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet (1815-1848)

Rééquilibrage géographique

L'École supérieure de commerce de Paris, fondée en 1819, historiquement la première grande école de commerce française, ici au début du XXe siècle.

Les grandes écoles continuent de se développer sous la Restauration. Alors que les grandes écoles révolutionnaires et napoléoniennes étaient basées à Paris ou en région parisienne, la période voit un rééquilibrage en faveur de la province[6]. Ainsi, en 1816 est créée l'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne, analogue de celle de Paris et qui succède à l'École des mines de Geislautern créée en 1807 par Napoléon, après la perte de la Sarre en 1815[19]. En 1819 est créée l'École nationale supérieure de techniques avancées Bretagne (ENSTA Bretagne). En 1843, c'est au tour de l'École nationale supérieure des mines d'Alès (ENSMA) pour former des ingénieurs civils

Renforcement d'écoles existantes

Par ailleurs, certaines grandes écoles se renforcent. En 1818, un concours d'entrée est créé pour l'accès à l'École normale supérieure, différencié pour la section des lettres et pour celle des science, technologie, ingénierie et mathématiques. L'ordonnance du ajoute au Conservatoire national des arts et métiers des attributions d'école de formation aux sciences appliquées et définit trois cours publics et gratuits associés à une chaire de mécanique attribuée à Charles Dupin, une chaire de chimie dans leurs applications aux arts industriels attribuée à Louis Jacques Thénard, une chaire d'économie industrielle attribuée à Jean-Baptiste Say.

Première grande école de commerce

L'époque voit aussi la création de la première école de commerce, en 1819, avec la création de l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP).

Les grandes écoles nationales de la Restauration (1821-1829)

En 1821 est créée l'École nationale des chartes, puis en 1824 l'École royale des eaux et forêts (dite École forestière), qui deviendra par la suite l'École nationale des eaux et forêts, école d'application ouverte aux agronomes et polytechniciens notamment, de cadre militaire formant les officiers des Eaux et Forêts. En 1826 est créée l'Institution royale agronomique de Grignon (aujourd'hui partie d'AgroParisTech). En 1827, l'École navale est créée. Deux ans plus tard, c'est au tour de l'École centrale des arts et manufactures pour former des ingénieurs civils.

Sous la Deuxième République (1848-1852)

L’École d'administration, grande école du nouveau régime (1848-1849)

La Deuxième République voit aussi la création de l'École d'administration, précurseure de l'École nationale d'administration (ENA)[20]. Elle a vocation à fournir à la République ses hauts fonctionnaires, grâce à une sélection impartiale fondée sur la maîtrise de connaissances objectives[20].

L'Institut national agronomique (1848-1852)

En 1848 est créé de l'Institut national agronomique (INA, aujourd'hui AgroParisTech), qui est installé à Versailles. Il est supprimé en 1852 puis reconstitué en 1876 à Paris.

Sous le Second Empire (1852-1870)

Création des écoles d'industrie et de commerce

École polytechnique : petite et grande tenue, sous la monarchie de Juillet et le Second Empire.

Dès le tournant libéral du Second Empire (Empire libéral), au début des années 1860, le patronat français demande et obtient que des écoles privées puissent être créées, en dehors de toute tutelle publique. Ces écoles doivent répondre aux besoins d'une bourgeoisie industrielle ascendante. Des écoles de commerce sont alors créées[6].

En 1854 est fondée l'École des arts industriels et des mines (aujourd'hui École centrale de Lille). En 1857 s'y ajoute l'École centrale lyonnaise pour l'Industrie et le Commerce (École centrale de Lyon).

Réformes

Sous le Second Empire a lieu l'ouverture des écoles de formation des ingénieurs de l'État (Mines, Ponts) aux élèves externes (diplômes d'ingénieur civil en 1816[21] pour l'École des mines, en 1851 pour l'École des Ponts), avec la création de nouveaux concours d'entrée. Par ailleurs, le baccalauréat est rendu obligatoire pour l'inscription au concours d'entrée à l’École polytechnique.

En 1866, le lycée Saint-Louis crée différentes divisions, premières classes préparatoires aux grandes écoles, pour préparer aux concours de l'École polytechnique, l'ENS (sciences), l'École centrale de Paris, l'École forestière et l'ESM Saint-Cyr. S'y adjoint en 1885 une division préparant au concours d'entrée de l'École navale.

Grandes écoles du Second Empire

En 1865 est créée l'École centrale d'architecture, devenue École spéciale d'architecture. En 1868, c'est au tour de l'École pratique des hautes études (EPHE).

En 1888, il y avait à cette époque neuf grandes écoles : l'École navale, l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, l'École polytechnique, l'École centrale des arts et manufactures, l'École des Beaux-Arts, l'École de médecine, l'École de droit, l'École normale supérieure et l'École forestière[22].

En 1894, selon Georges Paulet, les nombres d'élèves dans les six écoles françaises décernant des diplômes d'ingénieurs sont les suivants : École supérieure des mines, 187 ; École des mines de Saint-Étienne, 75 ; École des ponts et chaussées, moins de 100 ; École centrale des arts et manufactures, 692 ; Institut industriel du Nord, 235 ; École centrale Lyonnaise, 60[23].

Sous la Troisième République (1870-1940)

Développement des grandes écoles

Les tentatives de supprimer les grandes écoles en les intégrant à l'université rencontrent la résistance de leurs anciens élèves[6]. Au seuil de la Première Guerre mondiale, la France dispose de 90 grandes écoles, dont 20 % sont des écoles de commerce[6]. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, elles sont 103, quoique leur niveau de sélectivité diffère[6]. Le système des grandes écoles est stimulé par la loi sur l'enseignement supérieur libre de 1875. Par ailleurs, les classes préparatoires littéraires (classes de rhétorique supérieure) sont créées à cette même époque.

Création de Sciences Po (1871-1872)

Émile Boutmy fonde en 1871 l'École libre des sciences politiques, qui devient l'Institut d'études politiques de Paris en 1945. Cette école libre, indépendante de l'université parisienne, réussit rapidement à préparer efficacement ses élèves aux grands concours administratifs[24].

Éclosion des écoles de commerce

Un grand nombre d'écoles de commerce sont créées sous la Troisième République, dont la qualité et le niveau de prestige diffère grandement. Sont créées la Rouen Business School, devenue NEOMA Business School, et l'école de commerce du Havre en 1871. Une école est créée aussi à Lille, Lyon et Marseille en 1872, puis à Bordeaux en 1874. Ces dernières fusionnent pour former Kedge Business School au XXIe siècle. En 1881 est créée l'École des Hautes études commerciales de Paris (HEC Paris).

Une des premières promotions de l'Essec, en 1909.

Sous le régime de Vichy (1940-1944)

Création de nouvelles grandes écoles

Le régime de Vichy crée une école d'administration, l'école des cadres d'Uriage, qui a vocation à former la nouvelle élite administrative dans la doctrine de la révolution nationale[25]. L'école est fermée administrativement en 1943, du fait des contestations croissantes de ses élèves[26].

Est aussi créée l'École nationale supérieure de la Police (ENSP) afin de former la police nationale en 1941. La même année, l’École nationale des sciences géographiques (ENSG-Géomatique) est également créée.

Projets issus de la Résistance

Dans L'Étrange Défaite (1940), rédigée durant la bataille de France, Marc Bloch critique certaines grandes écoles, dont notamment Sciences Po, pour leur caractère socialement fermé ; il soutient que ses élèves, appelés aux plus hautes fonctions, n'y ont pas développé un amour de la République. Sur la base de cet ouvrage, la Résistance produit en 1944 un plan appelé « plan d'Alger », rédigé par une commission créée par René Capitant. Ce plan propose la suppression des classes préparatoires aux grandes écoles ; il est plus hésitant sur le sort des grandes écoles elles-mêmes, en ce qu'il « hésit[e] entre une abolition générale et un report de leur accès après la licence » ; c'est finalement cette dernière possibilité qui est choisie[27]. Le plan soutient par ailleurs la nécessité de créer une « École Supérieure d’administration », « qui, recrutant ses élèves parmi les meilleurs licenciés de tous ordres, préparera des fonctionnaires des grands corps de l’État dévoués au Gouvernement républicain et démocratique »[27].

Sous la Quatrième République (1946-1958)

Création de l'ENA et des Instituts d'études politiques

En 1945 est créée l'École nationale d'administration (ENA) afin de former les hauts fonctionnaires français. La même ordonnance renomme l'École libre des sciences politiques en Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po Paris), dont la gouvernance renouvelée est fondée sur la Fondation nationale des sciences politiques[28]. L'École des hautes études en santé publique (EHESP) est créée la même année.

Des Instituts d'études politiques sont créés en province, à commencer par l'Institut d'études politiques de Strasbourg en 1945, puis l'Institut d'études politiques de Bordeaux en 1948, par Maurice Duverger, avec[C'est-à-dire ?] l'Institut d'études politiques de Toulouse, de Grenoble et de Lyon la même année. En 1956 est créé le dernier IEP de la Quatrième République, l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.

Nouvelles écoles

Les nouvelles écoles créées sont :

Sous la Cinquième République (depuis 1958)

Voir aussi

Notes et références

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