Houle trochoïdale
From Wikipedia, the free encyclopedia

En dynamique des fluides, la houle trochoïdale est une solution exacte des équations d'Euler. Découverte en 1802 par le baron von Gerstner, elle décrit les ondes de gravité de forme périodique qui se propagent à la surface d'un fluide incompressible de profondeur infinie, en régime permanent. La surface libre de l'écoulement est une trochoïde (pour reprendre le terme de Gerstner), plus précisément une trochoïde raccourcie à l'envers.
C’est un exemple classique d'écoulement tourbillonnaire, et d'utilisation des coordonnées lagrangiennes. Le tourbillon est l’enveloppe des trajectoires des particules de fluide, qui ici sont des cercles dont le rayon varie avec la profondeur. Cette hypothèse n’est pas conforme aux observations expérimentales qui se manifestent par la dérive de Stokes. D’autre part, la vitesse de phase est, dans ce modèle, indépendante de l’amplitude de la houle, anomalie qui a motivé l'étude théorique d'ondes non-linéaires ensuite (telles l’onde de Stokes et l’onde cnoïdale). Pour ces raisons (et nonobstant le fait que ce modèle simple ne peut être adapté à un écoulement en profondeur finie), la houle trochoïdale ne présente plus aujourd’hui qu'un intérêt théorique et didactique[a].
Elle est cependant encore utilisée en infographie pour le rendu réaliste de vagues. Le champ est étendu à deux dimensions, en utilisant fréquemment un algorithme de transformée de Fourier rapide pour l’animation (temps réel)[1].
Description mathématique
On recherche un écoulement permanent et périodique dans l’espace, et l’on utilise une description lagrangienne. On suppose[2],[3] :
- l'écoulement se fait selon des rouleaux cylindriques d'axe horizontal, ce qui élimine une dimension d'espace (déformations planes) ;
- au repos, les éléments homologues du liquide occupent des droites horizontales à la profondeur ;
- toutes les particules du liquide orbitent autour de cercles de centre fixe et de rayon avec une pulsation uniforme ;
- Le rayon est une fonction décroissante ;
- Le déphasage entre deux particules dont les centres de rotation sont alignés horizontalement, est proportionnel à la distance horizontale entre ces centres.
Le mouvement des particules fluides de la surface est alors[4],[5],[6]
où et sont les positions des particules fluides dans le plan à l’instant , où est la coordonnée horizontale et la coordonnée verticale (comptée positivement vers le haut, dans la direction opposée à la gravité). Les coordonnées lagrangiennes repèrent les particules de fluide, désignent les centres des orbites circulaires décrites par les particules de fluide avec une célérité constante En outre est le nombre d'onde (et la longueur d'onde), tandis que est la vitesse de phase de l’onde dans la direction . La vitesse de phase satisfait une relation de dispersion :
qui ne dépend pas du creux , et cette vitesse de phase est la même que celle de l'onde d'Airy en eau profonde.
Creux et crête
La surface libre étant naturellement une isobare, il suffit pour la déterminer de poser , où est une constante (non-positive). Les vagues les plus hautes correspondent à : leur crête est une ligne de rebroussement. Tandis que l’onde de Stokes (irrotationnelle) d'ordre le plus élevé présente un angle de crête de 120°, celui de la houle trochoïdale est nul[7].
Le creux de la houle trochoïdale est . C'est une onde spatialement périodique selon , de longueur d'onde et aussi périodique dans le temps, de période
Le tourbillon de la houle trochoïdale est[6] :
Il dépend de la profondeur (lagrangienne) et l'on voit qu’il diminue rapidement.