Impact du conflit de 2026 sur l'Iran
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La guerre d’Iran de 2026 a eu des répercussions majeures sur l’Iran lui-même, affectant la direction politique du pays, la vie civile, la structure militaire ainsi que le patrimoine culturel national. Le conflit, marqué par d’importantes frappes aériennes américano-israéliennes et par l’assassinat du guide suprême Ali Khamenei, a provoqué une transition rapide du pouvoir et contribué à une période d’instabilité intérieure ainsi qu’à des perturbations du fonctionnement des institutions iraniennes.
La population civile subit d’importantes difficultés durant le conflit, notamment des déplacements massifs de population, des destructions d’infrastructures, des coupures d’Internet ainsi que de fortes restrictions de la vie quotidienne. Plusieurs rapports signalèrent également une dégradation des conditions humanitaires, un renforcement de la répression intérieure et un accès limité aux services essentiels. La guerre accentua en outre les tensions régionales, provoqua des mouvements de réfugiés et suscita des inquiétudes concernant des violations des droits humains, notamment l’utilisation de mineurs dans des activités liées à l’effort militaire.
En plus de ses conséquences sociales et politiques, le conflit a également provoqué des dommages à de nombreux sites historiques et culturels à travers l’Iran. Plusieurs monuments et lieux classés au patrimoine mondial de l’UNESCO auraient été touchés ou endommagés lors des frappes aériennes menées durant la guerre.
Gouvernement
La mort d’Ali Khamenei déclenche l’organisation d’une élection destinée à désigner un nouveau guide suprême. Conformément aux dispositions de la Constitution iranienne, un Conseil de direction intérimaire est mis en place le 1er mars 2026 afin d’exercer provisoirement les fonctions de chef de l'État jusqu’à l’élection d’un nouveau guide suprême[1].
Mojtaba Khamenei est élu le 8 mars 2026 pour succéder à son père au poste de guide suprême de l’Iran[2]. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), ainsi que plusieurs importantes personnalités politiques iraniennes, parmi lesquelles Mohammad Bagher Ghalibaf, Ali Larijani et Masoud Pezeshkian[3], lui prêtent alors allégeance[4].
À la fin du mois de mars 2026, le New York Times décrit la direction iranienne comme paralysée, avec un processus décisionnel fortement perturbé. Le journal rapporte également que les dégâts infligés aux infrastructures de communication alimentent un climat de paranoïa ainsi que des luttes de pouvoir internes au sein du régime iranien[5].
Güney Yıldız, dans un article publié par Forbes, estime que la nomination de Mojtaba Khamenei — malgré les blessures qu’il aurait subies lors des frappes ayant coûté la vie à son père — constitue un signe de la « consolidation du pouvoir du Corps des gardiens de la révolution islamique autour d’une figure de façade docile »[6]. Un responsable iranien déclare par ailleurs au Telegraph : « Personne ne sait réellement quoi que ce soit sur Mojtaba, s’il est vivant ou mort, ni même à quel point il est blessé. On nous dit simplement qu’il est blessé. Il n’a aucun contrôle sur la guerre parce qu’il n’est pas ici. La majorité des commandants — ou plutôt tous les commandants — n’ont aucune nouvelle de lui »[7].
Selon l’écrivain et universitaire Navid Kermani (en), la guerre n’a pas affaibli le gouvernement iranien mais l’a au contraire rendu plus brutal. Il estime également qu’une grande partie de la population iranienne a perdu espoir face à l’aggravation de la répression et à la détérioration de la situation intérieure[8].
Vie civile
Selon le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, cette guerre « irresponsable » affecte de manière disproportionnée les populations civiles au Moyen-Orient ainsi qu’au-delà de la région[9].
Alors que les États-Unis et Israël mènent des frappes conjointes visant des objectifs militaires et institutionnels iraniens, la capitale iranienne serait progressivement devenue une « ville fantôme », de nombreux habitants craignant de sortir de chez eux ou de se rendre à leur travail quotidien[10]. Des informations font également état de conditions de détention dégradées à la prison d'Evin, où les détenus ne recevraient qu’un accès limité au pain et à l’eau depuis le début du conflit[11]. À la suite des frappes, les autorités ordonnent la fermeture des écoles, tandis que les banques et les administrations publiques continuent de fonctionner à capacité réduite. Les médias locaux indiquent néanmoins que les réseaux de métro et d’autobus restent en service[12].
Les frappes aériennes menées contre des complexes industriels et des dépôts de carburant libèrent d’importantes quantités de substances toxiques, notamment des PFAS. Selon plusieurs rapports, cette pollution provoque des épisodes de « pluie noire » dans certaines grandes villes iraniennes et entraîne une dégradation des conditions sanitaires pour les populations civiles exposées[13].
Dans le contexte d’un nouveau blackout Internet « presque total » en Iran, l’organisation NetBlocks indique que la connectivité du pays est tombé à environ 4 % de son niveau habituel[14],[15],[16]. Alors que cette coupure a dépassé les 240 heures — devenant la deuxième plus longue interruption d’Internet jamais enregistrée en Iran — les autorités commencent à distribuer des « cartes SIM blanches » à des partisans du gouvernement afin de contourner les filtres et de diffuser les messages officiels du régime[17],[18]. Après l’annonce de la mort d’Ali Khamenei, les forces de sécurité sont déployées pour prévenir tout soulèvement populaire. Des vidéos montrent notamment des tirs contre des personnes célébrant l’événement dans les rues[19],[20],[21], ainsi que contre des habitants scandant des slogans depuis les fenêtres de leurs habitations[22].
Au cours des deux premières semaines de mars 2026, plus de 70 000 réfugiés afghans retournent en Afghanistan, souvent dans des conditions forcées, aggravant davantage la grave crise humanitaire déjà présente dans le pays[23]. Arafat Jamal, représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Afghanistan, déclare que ces personnes « fuient une guerre pour en affronter une autre », soulignant qu’elles disposent de très peu d’options face aux tensions frontalières croissantes et aux affrontements militaires opposant l’Afghanistan au Pakistan[24].
Selon The Guardian, la guerre éclipse largement la persécution et les exécutions de prisonniers politiques en Iran, notamment celles visant des personnes impliquées dans les manifestations de masse de janvier 2026. Cette situation permettrait au régime iranien de poursuivre les condamnations à mort et d’autres formes de répression sévère avec une attention internationale limitée et peu de surveillance concernant ces violations des droits humains[25].
Depuis le déclenchement de la guerre, les réactions de la population iranienne apparaissent très partagées. Certains Iraniens soutiennent le conflit, les partisans du gouvernement le qualifiant de « guerre sainte », tandis que certains opposants estiment qu’il pourrait contribuer à affaiblir davantage la République islamique. À l’inverse, d’autres rejettent la guerre en raison des destructions matérielles et du traumatisme humain qu’elle entraîne, appelant plutôt à un cessez-le-feu[26]. Les réactions au cessez-le-feu de la guerre d’Iran (en) se révèlent également contrastées. Certains expriment leur déception face à l’absence de changement concernant la crise intérieure du pays, tandis que d’autres se disent soulagés par l’arrêt temporaire des combats. La majorité des personnes interrogées déclarent néanmoins rester incertaines quant aux conséquences internes du cessez-le-feu, notamment sur la coupure nationale d'Internet, les exécutions menées par l’État iranien ainsi que les perspectives d’un changement de régime porté par l’opposition iranienne[27],[28].
Militaire
Le 26 mars 2026, des informations indiquent que des enfants âgés d’à peine 12 ans peuvent rejoindre les structures de soutien à l’effort de guerre iranien, suscitant des inquiétudes concernant un possible recours à des enfants soldats[29],[30],[31]. Quelques jours plus tard, des organisations de défense des droits humains affirment qu’un garçon de 11 ans aurait été tué alors qu’il assurait un service à un poste de contrôle à Téhéran[32].
Le 29 mars 2026, des images diffusées sur les réseaux sociaux semblent montrer le déploiement en Iran des Forces de mobilisation populaire irakiennes, une coalition de milices chiites soutenues par Téhéran[33],[34],[35].
Crise kurdo-iranienne
Selon le Wall Street Journal, Donald Trump s’était montré favorable à un soutien aux milices armées opposées au régime iranien, en particulier aux groupes kurdes d’Iran engagés depuis plusieurs décennies dans un conflit armé avec Téhéran[36] et historiquement considérés comme des alliés régionaux des États-Unis[37]. Quelques jours plus tard, Trump déclare toutefois avoir renoncé à l’idée d’envoyer les forces kurdes combattre en Iran, estimant que le conflit était déjà « suffisamment compliqué »[38].
Sites du patrimoine culturel
Plusieurs sites historiques et culturels iraniens, dont certains classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, subissent des dommages au cours de la guerre. Le 2 mars 2026, une frappe menée sur la place Arg endommage les abords du palais du Golestan, poussant l’UNESCO à publier un communiqué de préoccupation[39],[40]. Le 5 mars, le complexe sportif Azadi est bombardé[41]. Le 8 mars, une frappe touche la forteresse de Falak-ol-Aflak, pourtant signalée par l’emblème du Bouclier bleu destiné à protéger les biens culturels en période de conflit, causant des dégâts à plusieurs sections du site[42]. Le lendemain, des frappes sur Ispahan endommagent plusieurs monuments majeurs de la ville, notamment la place Naghch-e Djahan, Chehel Sotoun, Ali Qapu, la mosquée du Shah, la mosquée Jameh ainsi que le hall Teymouri (en)[43],[42]. Le 11 mars, l’UNESCO appelle à la protection des sites historiques et des biens inscrits au patrimoine mondial en Iran, mais également en Israël, au Liban et dans d’autres régions du Moyen-Orient affectées par le conflit[44].