Inscription édilitaire de Carthage

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Dimensions25 × 11 cm
MatériauMarbre noir ou calcaire
Méthode de fabricationGravure
Inscription édilitaire de Carthage
Image illustrative de l’article Inscription édilitaire de Carthage
Vue générale de l'inscription.
Type Inscription lapidaire
Dimensions 25 × 11 cm
Matériau Marbre noir ou calcaire
Méthode de fabrication Gravure
Période Entre le IVe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C.
Culture Civilisation carthaginoise
Date de découverte 1964
Lieu de découverte Carthage
Coordonnées 36° 51′ 29″ nord, 10° 19′ 51″ est
Conservation Musée national de Carthage
Géolocalisation sur la carte : Tunisie

L'inscription édilitaire de Carthage est une inscription lapidaire en langue punique, utilisant l'alphabet phénicien, découverte sur le site archéologique de Carthage dans les années 1960 et conservée au musée national de Carthage.

Retrouvée parmi des éléments d'époque romaine, cette inscription est fondamentale pour la connaissance des institutions et de l'urbanisme de Carthage à l'époque punique ; elle évoque des magistrats et toute une frange de la population, corporations et artisans.

Sa datation varie en fonction des spécialistes, allant du IVe au IIe siècle av. J.-C. Le texte évoque des travaux réalisés dans la ville mais leur nature exacte n'est pas établie de manière certaine du fait de la difficulté de lecture de la langue phénicienne et des lacunes du document.

L'inscription est découverte en 1964[1], lors de fouilles menées par Ammar Mahjoubi[2], à environ 100 mètres à l'ouest de la gare TGM de Carthage[3] et à 300 mètres du quartier des potiers situé dans l'actuel parc archéologique des thermes d'Antonin[4]. Elle est alors mêlée aux déblais d'une construction romaine tardive[5], « parmi une couche de remblais recouvrant un pavement de mosaïque du IVe siècle apr. J.-C. »[6], et n'a donc pas été retrouvée in situ[7].

Une avenue de la Carthage contemporaine bordée de palmiers.
Une avenue de la Carthage contemporaine.

Ce lieu ne saurait en aucune façon aider[5] et limite même l'interprétation sur son environnement[8]. En effet, la topographie de Carthage à l'époque phénico-punique est très mal connue[6], en particulier du fait de la destruction de la ville lors de la troisième guerre punique et de la renaissance de la cité à l'époque romaine[9], même si des progrès notables ont été réalisés dans ce domaine depuis les fouilles menées dans le cadre de la campagne de l'Unesco dans les années 1970, avec le dégagement du quartier Magon et la mise en valeur du quartier Hannibal de la colline de Byrsa.

Inscription

Détails de l'inscription.
Vue détaillée de l'inscription.

L'inscription est gravée sur du marbre noir (?)[10] ou plus probablement du calcaire noir[5] ; elle mesure, lors de sa découverte, vingt-cinq centimètres sur onze avec une épaisseur de cinquante centimètres[2],[11] et comporte sept lignes de texte[3]. Toutefois, une lacune sur la partie gauche, estimée à un tiers de la largeur de l'inscription originale[2], entraîne une difficulté dans la compréhension du texte[1] car il manque la fin des phrases, l'alphabet phénicien s'écrivant de droite à gauche. Les linguistes ne sont pas d'accord sur la restitution du texte ; André Dupont-Sommer a placé de nombreux points d'interrogation[12], évoquant même des « conjectures »[13].

L'inscription évoque les deux magistrats principaux de la cité, les suffètes[8].

Punique[14]
  1. ptḥ wpʿl ʾyt hḥṣ z lmqm šʿr hḥdš ʾš kn bḥ[mt drm ʿm qrtḥdšt bšt]
  2. špṭm špṭ wʾdnbʿl ʿtr ʾdnbʿl bn ʾšmnḥlṣ bn b[…… w…… bn bdml]
  3. qrt bn ḥnʾ wḥbrnm ṭnʾm ʿl mmlkt z ʿbdmlqrt [bn …… bn … bʿl ḥrš]
  4. bdmlqrt bn bʿlḥnʾ bn bdmlqrt pls yhwʾln ʾḥ̊ [bdmlqrt ḥṣb wʿml by kl]
  5. sḥrt nst hmksʾm ʾš bʿmq qrt šql mḥtt wʾš ʾẙ[ ksp wʾy ḥrṣ lm wʾp]
  6. ʾš lm nsk ḥrṣ wmʾnnm wbt tnrm wpʿl sdlm ʾhdy ẘ[ʾm ymḥ ʾš ʾyt hspr z]
  7. wʿnš hmḥšbm ʾš ln ʾyt hʾdm hʾ ksp ʾlp|lp ʿl mnm̊ [ X bmḥr hspr][13].
Français
  1. A ouvert et fait cette rue-ci, en direction de la place de la Porte Neuve qui se trouve dans le m[ur méridional (?), le peuple de Carthage, en l'année]
  2. des suffètes Šafat et Adonibaʻal, au temps de la magistrature (?) de Adonibaʻal fils de Ešmounḥillèṣ fils de B[…… et de …… fils de Bodmel]
  3. qart fils de Ḥanno et de leurs collègues. (Furent) préposés à ce travail-ci : ʻAbdmelqart [fils de …… fils de …, (en tant que) maître d'œuvre (?)] ;
  4. Bodmelqart fils de Baʻalḥanno fils de Bodmelqart, (en tant qu') ingénieur des routes ; Yeḥawwiʼélôn frère [de Bodmelqart, (en tant que) carrier (?)]. [Et travaillèrent à cela tous]
  5. les marchands, les porteurs, les emballeurs (?) qui sont dans la plaine de la ville, les peseurs de petite monnaie (?), et [ceux] qui n'ont point [d'argent (?) ni d'or (?) et aussi]
  6. ceux qui (en) ont, les fondeurs d'or, et les artisans du vase (?) et (le personnel) des ateliers à fours, et les fabricants de sandales (?), (tous) ensemble. Et [si quelqu'un efface cette inscription-ci],
  7. nos comptables puniront cet homme-là d'une amende de mille (sicles d')argent — 1 millier —, en sus de [X] mines (?) [pour le prix de l'inscription (?)][13].

Dupont-Sommer distingue quatre parties dans l'inscription : la première concerne l'évocation des travaux qui ont eu lieu dans la cité punique. La deuxième est l'énumération des conducteurs de ces travaux édilitaires. Dans la troisième phrase sont cités divers corps de métier, impliqués dans les travaux entrepris. Enfin, l'inscription se termine par une menace contre quiconque porterait atteinte à l'inscription[6].

Datation et interprétations

Notes et références

Voir aussi

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