Islam en Éthiopie

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Une mosquée éthiopienne

L’islam en Éthiopie est la seconde religion du pays selon le recensement de 2007. Il regroupe 33,9 % des habitants. La religion la plus pratiquée reste le christianisme monophysite , avec 43,5 % de membres de l'Église éthiopienne nationale et 19,3 % d'autres chrétiens, principalement protestants[1],[2].

En Éthiopie, l'islam est présent depuis ses débuts, avant même l'Hégire, du fait de la présence de disciples de Mahomet. Des habitants s'y convertissent au moins dès le VIIIe siècle.

Les premiers temps de l'islam

Au début du VIIe siècle, alors que Mahomet était en conflit à La Mecque avec la tribu des quraïchites, certains de ses disciples cherchèrent refuge dans le royaume d'Aksum, dans le Nord de l'Éthiopie[3]. L'exil de ces disciples, comme Djafar ibn Abi Talib, est devenu le premier « hégire » (de l'arabe : hidjra, migration) de l'islam. La tradition islamique appelle le souverain aksumite « Ashama ibn Abjar » et le situe à Negash. Mahomet demanda à ces musulmans exilés de respecter et de protéger Aksoum[3]. Un cimetière musulman du VIIe siècle a été retrouvé à Negash[4].

En 628, alors que l'islam était bien établi à Médine, Mahomet envoya une lettre au souverain d'Éthiopie pour lui enjoindre d'embrasser l'islam. Les sources musulmanes affirment que le souverain, le najashi, répondit positivement. À sa mort, deux ans plus tard, Mahomet aurait prié pour lui comme pour n'importe quel autre musulman. Mais le pays resta chrétien par la suite[3].

La tradition éthiopienne affirme que cette hospitalité protégea Aksum des invasions musulmanes aux VIIe et VIIIe siècles. Cependant, l'avènement d'un pouvoir politique fort en Arabie est sans doute une des causes de la disparition d'Aksum, qui entra rapidement en conflit avec des entités musulmanes, en particulier vers la côte où elles contrôlaient l'accès au commerce maritime[5].

Au moins à partir du IXe siècle, des groupes islamisés vivent dans l'est et le sud de la Corne, surtout dans les montagnes du Čärčär mais sans doute jusque dans le Shewa méridional, attestés par des sépultures[6].

Les confrontations entre royaumes chrétiens et musulmans

Minaret de mosquée à Jimma, préfecture de la région Oromia

Au XIIIe siècle, un nouveau pouvoir émerge en Éthiopie, appelé salomonide, fondé par le negus Yekuno Amlak (1270 - 1283). Les conflits devinrent plus importants entre États chrétiens et musulmans[5] (en particulier l'Adal), entraînant de nombreuses destructions. La conquête musulmane des royaumes chrétiens de Nubie (Makurie, Nobatie et Alodie) à partir du XIVe siècle, puis les avancées depuis Harar sous la direction d'Ahmed Ibn Ibrahim Al-Ghazi au début du XVIe siècle, faillirent faire disparaître le royaume chrétien. Ce n'est que grâce à l'aide de Portugais en 1541, que le royaume évita l'anéantissement. Sous Sarsa Dengel (1563 - 1597), le royaume chrétien parvient à se consolider et à affaiblir les puissances musulmanes voisines[5]. Au même moment, les Oromos profitent du vide relatif créé par ces conflits pour s'étendre dans les provinces méridionales[7]. Au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, le pouvoir chrétien était affaibli, en partie sous la domination de chefs musulmans, en particulier du Wollo. Téwodros II (1855 - 1868) entreprit de favoriser le christianisme, suivi par Yohannès IV (1872 - 1889) qui entre en conflit avec l'Égypte qui avait pris le contrôle de Harar.

L'extension de l'empire sous Ménélik II (1889 - 1913) entraîna l'intégration de nombreux territoires peuplés de musulmans. Son petit-fils, Iyasu, est déposé en 1916, accusé de s'être converti à l'Islam. Son successeur, Hailé Sélassié Ier, apaisa le royaume, mais l'islam avait un statut inférieur dans cet État chrétien. C'est lors l'avènement de la République que le pays devint laïc et que les musulmans obtinrent des droits identiques aux chrétiens.

L'islam actuel

Harar

Notes et références

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