Jacques Antoine Bidermann

From Wikipedia, the free encyclopedia

Naissance
Autres noms
James Antoine Bidermann
Nationalité
Jacques Antoine Bidermann
Photographie de Jacques Antoine Bidermann, vers 1850.
Biographie
Naissance
Décès
Autres noms
James Antoine Bidermann
Nationalité
Activité
Famille
Bidermann et du Pont de Nemours
Père
Jacques André Bidermann
Mère
Gabrielle Aimée Odier
Conjoint
Evelina Gabrielle du Pont
Enfant
1 (James Irénée Bidermann)

Jacques Antoine Bidermann ( - ), aussi connu sous le nom de James Antoine Bidermann, est un homme d'affaires américain d’origine française et suisse du XIXe siècle. En plus d'être son partenaire commercial, J.A. Bidermann est aussi le gendre de Éleuthère Irénée du Pont de Nemours, après le mariage avec l’une des filles de ce dernier, Evelina Gabrielle du Pont de Nemours (-), le , ce qui lui permet d’entrer dans la famille du Pont de Nemours. Il est aussi connu pour être le fondateur du domaine de Winterthur (près de Wilmington, Delaware, États-Unis), qui devient plus tard le musée, jardin et bibliothèque Winterthur.

Débuts et famille (1790-1814)

Jacques Antoine Bidermann est né à Paris le . Ses parents, Jacques André Bidermann et Gabrielle Aimée Odier, sont suisses. Son père est un financier millionnaire dont les ancêtres s'étaient établis à Winterthur, canton de Zurich, Suisse, au XVIe siècle. Jacques André Bidermann de culture française et protestante, est naturalisé français en . Ses affaires deviennent rapidement florissantes puisque bénéficiant des bonnes grâces des régimes se succédant en France entre la monarchie constitutionnelle et le Premier Empire. En , il prête ainsi près de six millions de francs à la monarchie constitutionnelle française et en prête quatre millions supplémentaires à Napoléon Ier en [1].

Néanmoins, pour protéger son jeune fils, Jacques Antoine, des tumultes de la Révolution, il l’envoie dans son domaine familial de Winterthur, où il passe la majeure partie de son enfance. Ce dernier finit par retourner à Paris, en , durant le Premier Empire, afin de travailler pour son père. Il part ensuite, sur les instructions de ce dernier, aux États-Unis, en , afin de venir en aide à la famille du Pont de Nemours[2].

Partenariat puis intégration dans la famille du Pont de Nemours (1814-1837)

Un lien familial déjà ancien entre les familles Bidermann et du Pont de Nemours (1798-1814)

Portrait non daté d’Éleuthère Irénée du Pont de Nemours.

En , déjà, Jacques André Bidermann, le père de Jacques Antoine se porte acquéreur de nombreuses actions dans la société du Pont de Nemours, Père, Fils et Cie, fondée par l’économiste Pierre Samuel du Pont de Nemours afin d’aménager des terres aux États-Unis[2]. En , quand le fils de Pierre Samuel, Éleuthère Irénée du Pont de Nemours, fait une levée de fonds pour se porter acquéreur des Eleutherian Mills (en), à Brandywine Creek (en), près de Wilmington dans le Delaware, afin d’installer sa première poudrerie, Jacques André fait partie des investisseurs. Ce dernier est ainsi l’un des quatre principaux fondateurs et des six principaux actionnaires de cette société (aujourd’hui connue sous le nom de DuPont). Toutefois, celle-ci se trouve en défaut de paiement en et Éleuthère Irénée ne peut donc verser les dividendes aux actionnaires. Il est alors accusé de tromper ces derniers. Ainsi, en , les investisseurs français envoient le jeune Jacques Antoine Bidermann aux États-Unis pour enquêter sur cette affaire, avec de nombreuses lettres d’introduction dont deux ont été écrites par le Marquis de Lafayette à l’attention de Thomas Jefferson et du juge Bushrod Washington[2].

Arrivée à Wilmington et intégration dans la famille du Pont de Nemours (8 août 1814-14 septembre 1816)

Jacques Antoine Bidermann arrive à Wilmington le et se met au travail en épluchant tous les comptes de la société. Il bénéficie en cela de l'entière coopération de Éleuthère Irénée du Pont de Nemours qui lui met tous ses documents à sa disposition[2]. Jacques Antoine parvient alors en seulement une semaine à réunir toutes les preuves qui lui fallait afin de laver Éleuthère de tout soupçon de malversation, ce qu’il met noir sur blanc dans un compte-rendu qu’il envoie ensuite à son père[3]. Il gagne ainsi toute la confiance de Éleuthère dont il épouse la fille, Evelina Gabrielle du Pont de Nemours, le [4].

Responsabilités de plus en plus importantes dans l’entreprise de la famille Du Pont de Nemours (vers 1816-1er avril 1837)

Photographie de la façade de Hagley House de nos jours, actuel Hagley Museum and Library (en).

Le jeune Jacques Antoine Bidermann et son épouse Evelina Gabrielle du Pont de Nemours s’installent alors à Hagley House (actuel Hagley Museum and Library (en)), une maison de la famille de cette dernière, située juste à côté de la poudrerie des Eleutherian Mills (en) et construite par Éleuthère Irénée du Pont de Nemours en . En , Jacques Antoine apprend la mort de son père, alors qu’il tentait de le faire venir auprès de lui, et hérite de ses parts. (Le père d’Éleuthère, Pierre Samuel du Pont de Nemours, décède d’ailleurs la même année)[5].

Durant cette période, entre et , Jacques Antoine a des responsabilités de plus en plus importantes dans la société familiale, qu’il parvient d’ailleurs à redresser, ayant non seulement gagné la confiance d’Éleuthère mais étant aussi son unique partenaire. Il fait pour lui de nombreux voyages d’affaires aussi bien en Europe qu’aux États-Unis (New York, Boston, Nashville, et Louisville notamment). Homme d’affaires d'envergure, il fait aussi preuve d’humanité envers les familles d’ouvriers blessés ou décédés lors des nombreuses explosions que connaît la poudrerie à cette époque, par la mise en place de versements d’indemnités[6].

En , Éleuthère, à la mort de son épouse, remet à Jacques Antoine le soin de gérer son entreprise, preuve de sa confiance en lui. Puis le , à la mort d’Éleuthère, Jacques Antoine est ainsi logiquement choisi par la famille du Pont de Nemours pour lui succéder en tant que directeur de l’entreprise familiale - à partir du de la même année - en attendant la fin de la formation du jeune Alfred Victor du Pont[7]. Il a alors deux objectifs en tête, afin de réaliser les deux plus grands rêves d’Éleuthère : que les enfants de ce dernier lui succèdent à la tête de l'entreprise et payer toutes les dettes de celle-ci aux créanciers français. (Le premier est réalisé trois ans plus tard, et le dernier sera réalisé en )[7].

Le printemps marque un véritable tournant pour le couple Bidermann : Jacques Antoine et Evelina sont désormais indépendants financièrement du fait de leurs héritages respectifs paternels - en pour Jacques Antoine et en pour Evelina. De plus, le , Jacques Antoine Bidermann démissionne de son poste de directeur de l’entreprise, comme prévu, et Alfred Victor du Pont, qui a achevé entre-temps sa formation, lui succède. Jacques Antoine prend alors sa retraite et quitte Hagley House, avec Evelina et leur jeune fils, James Irénée Bidermann (né en ), pour un voyage en France qui dure deux mois[7],[8]. Jacques Antoine achète d’ailleurs entre-temps des terres près de Brandywine Village (en) (Delaware) à la famille du Pont de Nemours afin de s’y installer avec sa famille à leur retour[9].

Retraite au domaine de Winterthur (vers juin 1837-vers 1863)

Jacques Antoine achète un immense domaine terrien de 450 acres[7],[8] - environ 180 ha -, le , aux héritiers d’Éleuthère Irénée du Pont de Nemours. Ce dernier avait d’ailleurs acquis celui-ci entre et pour y faire de l’agriculture et de l’horticulture[10].

Le domaine comprend de larges terres agricoles, une forêt, et est arrosé par un petit ruisseau connu sous le nom de Clenny Run. Il est situé au nord de Christiana, Delaware (en), à environ 7 km de Wilmington, 3 km de Centerville, Delaware (en), et de 2 km de Brandywine Village (en)[11]. C’est alors le terrain parfait pour Jacques Antoine afin d’y construire sa demeure et sa ferme, dont l’ensemble domanial prend le nom de Winterthur, faisant référence à la ville de Winterthur (canton de Zürich, Suisse), où se trouvait la demeure de sa famille dans laquelle il a passé un certain temps durant son enfance et son adolescence[2],[8]. Il dédie ensuite plus d’une vingtaine d’années de sa vie à son aménagement et à son fonctionnement[8].

Après le décès de son épouse, Evelina, le , Jacques Antoine songe à rentrer en France, afin de terminer ses jours auprès de son fils James Irénée. Avant de partir de sa demeure, il nomme naturellement comme administrateurs de son domaine deux membres de la famille du Pont de Nemours - Charles I. du Pont (en) et Henry Algernon du Pont -, en leur laissant le soin de louer ou de vendre le domaine dans son intégralité ou séparément[12].

Retour en France, décès et héritage

Jacques Antoine Bidermann meurt le dans le 12e arrondissement de Paris[13].

Sa notice nécrologique dans le Delaware State Journal and Statesman le décrit comme étant doté « d’un jugement sûr, d’un intellect fort et cultivé, d’une énergie infatigable, et d’une intégrité sans faille »[14].

Le domaine de Winterthur est récupéré à sa mort par son fils, James Irénée Bidermann, qui finit par le vendre à Henry Algernon du Pont en [15]. C'est le fils de ce dernier, Henry Francis du Pont, qui y fonde, le , le musée, jardin et bibliothèque Winterthur[16].

Vie privée

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI