Henry Francis du Pont
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Winterthur, Delaware, Etats-Unis
Winterthur, Delaware, Etats-Unis
| Naissance | Winterthur, Delaware, Etats-Unis |
|---|---|
| Décès |
(à 88 ans) Winterthur, Delaware, Etats-Unis |
| Sépulture |
Cimetière Du Pont de Nemours (d) |
| Nationalité |
Américaine |
| Formation | |
| Activité |
Horticulteur, collectionneur d'arts décoratifs américains, éleveur de troupeaux Holstein, membre de la famille du Pont de Nemours |
| Famille |
Du Pont de Nemours |
| Père |
Henry Algernon du Pont (1838-1926) |
| Mère |
Mary Pauline Foster |
| Fratrie |
Louise Evelina du Pont Crowninshield (soeur) |
| Conjoint |
Ruth Wales (ép 1916) |
| Enfant | Pauline Louise (1918–2007) Ruth Ellen (1922–2014) |
| Propriétaire de | |
|---|---|
| Membre de |
Henry Francis du Pont né le et mort le, est un horticulteur américain, collectionneur de mobilier et d’arts décoratifs américains anciens, éleveur de bovins de race Holstein et membre de la grande famille du Pont de Nemours[1]. Transformé en musée en 1951, son domaine de Winterthur, dans le Delaware, est le plus important musée au niveau mondial en ce qui concerne le mobilier et les arts décoratifs américains[2],[3].
Henry Francis naît le à Winterthur (Delaware). Il est le seul fils d’Henry Algernon du Pont et de Mary Pauline Foster à atteindre l’âge adulte; à sa naissance, ses parents ont déjà perdu cinq enfants[4]. Leur autre enfant survivante, Louise E. du Pont Crowninshield, est célèbre pour son rôle en tant que spécialiste de la préservation du patrimoine et membre fondatrice du conseil d'administration du National Trust for Historic Preservation[5].
Garçon timide et solitaire, à l’opposé de son père autoritaire, le jeune Henry du Pont fait ses études à la Groton School, un pensionnat du Massachusetts. Après avoir terminé dernier de sa promotion de seize élèves, puis il poursuit ses études à la Bussey Institution (en) de l’Université Harvard, où il obtient sa licence en . Sa meilleure note à Harvard fut un B-, pour un cours d'étude des jardins. Sa mère, à laquelle il est très attaché, meurt peu avant l’obtention de son diplôme; cette disparition qui le bouleverse profondément et accentue sa réserve habituelle. Son père le rappelle par la suite à Winterthur pour gérer le domaine familial, une tâche pour laquelle il se révèle excellent[4],[6],[7].
Quinze ans après la fin de ses études, Henry Francis du Pont est élu comme directeur de l’entreprise de produits chimiques DuPont, fondée par son ancêtre Éleuthère Irénée du Pont de Nemours en . Suite à l’achat de parts du groupe General Motors alors en difficulté, du Pont est également élu directeur de cette entreprise en . Bien qu’il quitte ce poste en , Henry Francis du Pont reste membre du conseil d’administration de DuPont jusqu’à sa mort en [8].

Du Pont commence l’élevage de bovins lorsqu’il achète un troupeau de vaches Holstein-Friesian[9] à E.C. Schroeder en , une race originaire du nord des Pays-Bas et d’Allemagne. Son père approuve ce projet, et lui déclare: «C’est une excellente idée. Cela coûtera moins cher que l’entretien d’un yacht, et cela pourrait être bénéfique à l’humanité». Sur ses déclarations de revenus, il se déclare généralement «agriculteur»[4]. Du Pont devient l’un des plus grands éleveurs de vaches laitières des États-Unis, et le troupeau de Winterthur domine largement le classement des prix nationaux décernés par l’Association Holstein-Friesian des années aux années [9]. En , les quatre meilleures vaches Holstein des États-Unis proviennent des fermes de Winterthur, qui s’étendent sur plus de mille hectares[1]. Après la mort de Henry Francis du Pont en , ses héritiers vendent le troupeau[10].
En , Henry s’intéresse aux meubles anciens après avoir visité la ferme d’Electra Havemeyer Webb à Shelburne, dans le Vermont, et Beauport, la demeure d’Henry Davis Sleeper (en) à Gloucester, dans le Massachusetts[3],[9]. Il se souvient: «J’avais toujours considéré les meubles américains comme de simples meubles de cuisine. Je n’imaginais pas qu’ils puissent être aussi riches et variés». Son premier achat est un coffre de Pennsylvanie datant de , qui figure parmi les plus de 90 000 objets aujourd'hui conservés à Winterthur[4].
Au fil des décennies, Henry Francis du Pont agrandit le domaine familial, qui passe d'une maison de trente pièces à un vaste manoir de cent-soixante-quinze pièces, comprenant de nombreuses restitutions d’intérieurs historiques, ou period room, dont certaines sont sauvées lors de la démolition d’anciennes demeures. Il supervise également l’aménagement des jardins entourant le domaine, ainsi que la plantation d'arbres et l’aménagement paysager de l’ensemble du domaine. Il constitue de plus une importante collection de livres rares, de manuscrits et de publications scientifiques, qui forme le noyau de la bibliothèque Winterthur, laquelle abrite aujourd'hui plus de 87 000 livres et 800 000 manuscrits et images[11],[12]. En , il fonde le musée sur les terres composant le domaine de Winterthur (Musée, jardin et bibliothèque de Winterthur) et s’installe dans un manoir plus petit sur la propriété, appelé Golf Cottage, où sa fille, Ruth, continue de vivre après le décès de son père. Le musée, jardin et bibliothèque de Winterthur,dont les achats de son fondateur forment le noyau central des collections, est considéré aujourd'hui comme le musée avec la collection d'arts décoratifs américains la plus importante au monde [2],[3].
Vie personnelle
Le , après sept ans de fréquentations, il épouse la mondaine Ruth Wales (-), voisine à Hyde Park de Franklin Roosevelt, camarade de classe de Henry Francis du Pont à la Groton School. Celui-ci assiste à leur mariage[6].
Ruth s'intéresse peu à l’agriculture et n’appréciait guère son autoritaire beau-père, Henry A. du Pont, ni le domaine de Winterthur, qu’elle surnommait «Frog Hollow», ou le "Creux aux grenouilles". Elle préfère donc passer la majeure partie de l'année dans leur appartement de Park Avenue à New York ou dans leur résidence d’été de Southampton, sur Long Island[7],[13]. Le Sanctuaire Ruth Wales du Pont de Southampton porte ainsi son nom.
Au cours de leurs cinquante-et-une années de mariage, Henry et Ruth ont deux enfants, Pauline Louise du Pont (-) et Ruth Ellen du Pont Lord (-). Leur fille cadette, Ruth, publie un ouvrage sur son père et son domaine, Henry F. du Pont and Winterthur: A Daughter's Portrait (Yale University Press, 1999), qui dépeint son père comme un parent aimable mais distant[7].
Les du Pont sont des républicains de longue date et expriment ouvertement leur aversion pour les programmes du New Deal de leur ami Roosevelt[13].
Henry Francis du Pont décède le des suites d'une maladie. Il est enterré au cimetière Du Pont de Nemours, à Wilmington dans le Delaware[8].
Héritage
Fondé par du Pont en , le musée, jardin et bibliothèque Winterthur est la première collection d’arts décoratifs américains au monde[2]. Cette collection au rayonnement mondial justifie la demande de la Première dame, Jacqueline Kennedy, auprès d'Henry Francis du Pont afin que celui-ci préside le Comité des Beaux-Arts, chargé d'authentifier et d’acheter des objets datant de la fin du XVIIIe siècle, soit la période de construction de la Maison-Blanche. Ce comité agit dans le contexte de la rénovation de la demeure présidentielle entre et . Du Pont mit à profit ses relations et son expertise pour obtenir des dons d'œuvres d’art et de mobilier, afin que la rénovation reflète le meilleur du design américain. Son souci d'exactitude historique et d'authenticité se heurte parfois à l’esthétique d'inspiration française du décorateur d’intérieur de Kennedy, Stéphane Boudin. Un jour, face à l'objection de du Pont concernant un projet, Kennedy écrivit au chef des hôtesses, J. B. West (en): «Veuillez joindre cette humble lettre sollicitant son approbation. Si nous ne l’obtenons pas, il sera surpris de me voir le faire malgré tout!»[14]. Sur la recommandation de du Pont, Kennedy engagee Lorraine Waxman Pearce (en), diplômée du programme Winterthur sur la culture américaine ancienne, en tant que première conservatrice de la Maison-Blanche[15].
En , le président Lyndon B. Johnson intègre Henry Francis du Pont au Comité pour la préservation de la Maison-Blanche, au titre de son expérience et de son intérêt dans les domaines des arts décoratifs et de leur préservation. Ce comité vise à remplacer le Comité des Beaux-Arts créé lors de la rénovation du bâtiment sous le couple Kennedy. Cette organisation a pour but d'émettre des recommandations sur les acquisitions pour la collection permanente de la Maison-Blanche, ainsi que ses politiques d'aménagement.
Du Pont fonde et préside également un comité pour sauver le Cooper Union Museum, ayant fermé ses portes en . En réponse au tollé public et à la campagne de lobbying menée par du Pont, la Smithsonian Institution acquiert le musée en , transfère ses collections au manoir Andrew Carnegie, et rouvre le musée au public en [16].
À la demande de son neveu John du Pont, il fait don d'un terrain pour le site du Delaware Museum of Nature & Science (en), situé en face du musée, jardin et bibliothèque de Winterthur. L'institution ouvre ses portes en [17].
Prix et distinctions
Henry Francis du Pont est élu membre de l’American Philosophical Society en dans la catégorie des sciences sociales[18]. En , il devient le premier lauréat du prix Thomas Jefferson décerné par l’American Society of Interior Designers (en) (alors appelée National Society of Interior Designers). En , il reçoit également des doctorats à titre honorifique de l’Université Yale, du Williams College et de l’Université du Delaware, ainsi qu’une médaille d’honneur du Garden Club of America (en). Il est de plus membre de nombreuses autres organisations, telles que l’American Antiquarian Society, la Colonial Society of Massachusetts (en), l’American Philosophical Society et également la Walpole Society (en). En plus de ses activités au sein de ces sociétés, Henry Francis du Pont a joue également un rôle important en tant qu’administrateur d’importantes institutions culturelles, parmi lesquelles on trouve le Whitney Museum, le Philadelphia Museum of Art et le New York Botanical Garden[3].