Jacques Barbeu du Bourg
médecin, historien, et scientifique français
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Jacques Barbeu du Bourg, né le [1] à Mayenne et mort le à Paris, est un médecin, polygraphe, historien et scientifique français, connu surtout pour ses travaux de botanique. Il a aussi écrit en latin. Il utilise souvent pour ses publications des pseudonymes : Zoïlomastix, Boniface Diastillet, Alexis Diastille, Abraham Mansword, Samuel Jones, etc. Il a collaboré à l'Encyclopédie. Ami de Benjamin Franklin, il a l'idée de dresser, pour l'étude de l'histoire, des tableaux synoptiques.
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Origine
Il est le fils de Claude Barbeu[2], sieur du Bourg, marchand toilier à Mayenne, sieur des Cheminées, et de Françoise Jeanne Gournay[3].
Deux des frères de Jacques Barbeu du Bourg, indique Vicq d'Azyr s'étaient voués à l'état ecclésiastique. D'autres parents de Barbeu étaient d'église : son cousin François-René Barbeu, qui fut plus tard curé de Saint-Martin de Mayenne, et Claude du Bourg, de la branche mancelle des Barbeu, qui est à Paris procureur du collège du Mans.
La sœur de Jacques Barbeu du Bourg, a pour fils Jean Lair de la Motte, secrétaire de Benjamin Franklin, et René-Augustin Lair-Lamotte, homme politique. Jacques Barbeu du Bourg épouse Françoise Blanche Béranger, qui meurt en 1777 ; sans avoir de postérité.
Éducation

Jacques Barbeu du Bourg termine son cours de philosophie à l'âge de 15 ans. Il commence des études théologiques[4].
Il apprend les langues anciennes, notamment l’hébreu afin d’entrer dans les ordres. Mais il renonce à son projet afin de se consacrer aux sciences. Esprit encyclopédique, il est attiré par la littérature, il reprend l'étude du grec[5], du latin. Un de ses contemporains affirme qu'il savait aussi bien le grec et l'hébreu qu'il est possible pour des modernes.
Il apprend plus tard l'anglais, l'italien, et peut lire les poètes classiques dans le texte ; il se livre ensuite aux études historiques ; la physique, les mathématiques[6]. Petit-fils et neveu d'avocats, il effectue son droit, et est reçu bachelier en 1735.
Il est un temps précepteur dans la maison de Matignon, où il fait la connaissance de Henri Saint Jean de Bolingbroke. Il étudie ensuite la médecine à Paris où il obtient un titre de docteur en 1748.
Médecine
Formation
Une fois admis à la Faculté de médecine de Paris, Barbeu du Bourg se donna tout entier à sa nouvelle carrière. De cette école, il reçoit formation, mais encore l'esprit de corps et il en partagea les rancunes contre les chirurgiens.
Deux malades de la Mayenne transportés à Paris pour y être soignés et que les chirurgiens tuèrent, inspirèrent à Jacques Barbeu du Bourg deux Mémoires virulents[note 1]. Il ne manque pas l'occasion d'aiguiser quelques épigrammes à l'adresse des chirurgiens, particulièrement pour la défense de ses compatriotes[note 2].
Barbeu du Bourg est l'auteur de la Lettre d'un garçon barbier à M. l'abbé Desfontaines, auteur des Observations sur les écrits modernes au sujet de la maîtrise es arts[7]. Il y soutient l'opinion de la Faculté qui conseille aux barbiers de demander eux aussi le diplôme de maîtres es arts comme demandé aux chirurgiens par la même faculté en 1743.
Barbeu est reçu bachelier. Il s'attaque aux thèses de médecine :
- le , sous la présidence de P. Borie, il soutient sa première thèse quodlibétaire : Daturne etiam vitalium organorum somnus[8] :
- le , il soutient la thèse cardinale par devant le doyen J.-B.-Th. Martinenq comme président ; cette épreuve est, selon l'usage, sur un sujet d'hygiène : Utrum anni climacterici cœteris periculosiores ?[9]
- en , il se présenta à sa deuxième thèse quodlibétaire[10]. La question était : An variolarum morbus absque eruptione ?[11] ;
- le , il passa sa dernière thèse quodlibétaire qui traitait ce point : An tracheotomiœ nunc scalpellum, nunc trigonus mucro?, auquel il répond affirmatif.
Médecin
Il devient docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1748. Il s'installe comme médecin à Paris[12]. À la fin de sa vie, il ne soigne plus que les pauvres et ses amis, parmi lesquels Denis Diderot et Thérèse Levasseur.
Les médecins faisaient tous partie du corps enseignant de l'école, Barbeu prendra la parole à plusieurs thèses[13]. En , il préside la thèse en médecine de Joseph-Ignace Guillotin, puis en 1772, la thèse en médecine de G.-L. Varnier.
Professeur
Professeur, il est chargé d'enseigner la pharmacie aux Écoles de la rue de la Bucherie vers 1752-1753[14]. En 1758, il devient professeur de chirurgie en langue latine, puis en 1768 en langue française. Il devient membre associé de la Société royale des sciences de Montpellier et de l'Académie royale des sciences de Stockholm, et membre de la Société royale des médecins de Londres.
En 1760, il est nommé, avec Vieillard, Bellot et Hérissant, commissaire à l'examen des bains de Seine du sieur Poitevin. Le jour du vendredi saint de l'année 1760, Barbeu, accompagné de Mlle Biberon, assiste à une séance de crucifiement chez les convulsionnaires[15].
En 1761, on le charge de l'expertise des eaux minérales de Bricquebec[16]. En 1762, on recourt à ses lumières dans une affaire d'empoisonnement[17].
En 1761, un auteur utilise le nom et la renommée de Barbeu pour faire vendre ses ouvrages[18] dont l'ouvrage Anecdotes de médecine, MDCCLXII[19] qui est un faux. Du Bourg[20] écrivit immédiatement[21] un démenti formel[22]. Alors le coupable Pierre-Antoine-Joseph du Monchaux se dénonça[23]. L'affaire en resta là.
Pamphlétaire, il se mêle à la querelle médicale de 1756 en France sur la saignée ; en 1765, après la mort de son journal, il se lança dans une autre querelle médicale de 1765 en France sur la grossesse, et les deux furent pour Paul Delaunay épiques.
Barbeu a émis la théorie qui fait de la congestion produite par la dixième époque cataméniale la cause provocatrice du travail d'accouchement. Barbeu a émis cette théorie avant Tyler Smith[24].
D'abord adversaire[25], Barbeu devient un de plus fervent partisan de la Variolisation : il la défendit dans son journal ; en 1769, il écrivit en sa faveur son Opinion d'un médecin de la Faculté de Paris sur l'inoculation de la petite vérole. Le sujet est vivement discuté par la Faculté de Médecine.
Il est élu associé ordinaire de la Société royale de médecine le .
Journaliste
Le , Barbeu du Bourg lance un journal de médecine : la Gazette d'Épidaure ou Recueil de nouvelles de médecine avec des réflexions pour simplifier la théorie et éclairer la pratique[26]. Il collabore aux Ephémérides du Citoyen[27]. Sous le pseudonyme de Samuel Jones, il collabora au Journal anglais[28]. En 1774, il tente de créer le premier journal franco-américain, Le Correspondant de Philadelphie, mais n'obtient pas l'approbation.
Encyclopédiste

Il s’intéresse à des sujets très variés : la linguistique, l’histoire, l’archéologie, la littérature, la physique, etc.
Il a l'idée de dresser, pour l'étude de l'histoire, des tableaux synoptiques[29].
Il collabora à l'Encyclopédie à partir du 3e tome en 1753[30]. Il y a donné l'article Chronologique (machine).
Il est l’auteur de nombreux livres et mémoires dont la Chronographie, ou Description des tems, contenant toute la suite des souverains de l’univers et des principaux événements de chaque siècle… (Paris, 1753), Gazette d’Épidaure, ou Recueil de nouvelles de médecine avec des réflexions pour simplifier la théorie et éclairer la pratique (Paris, 1762), Le Botaniste françois, comprenant toutes les plantes communes et usuelles… (deux volumes, Paris, 1767).
À l'instar de Franklin, Jacques Barbeu du Bourg est inventeur. Il imagine un paratonnerre portatif[31] destiné à protéger le piéton en marche pendant l'orage[32]. L'invention ne rencontre pas de succès. Barbeu du Bourg entame de nouvelles expériences, sur les fours à poulets[33] et l'influence de la composition du sol sur les grains.
- Le corps du parasol, dit Barbeu Dubourg, se compose : 1° d’une surface de soie bombée, mais ayant une de ses couturcs recouverte en dehors d’une petite tresse d’argent; 2° d’un manche de bois léger et long d’environ deux pieds; 3° d’une tringle de fer d’un demi-pouce de diamètre, et de huit à dix pouces de long, placée en dessus vis-à—vis du manche, et ter— minée supérieurement par un écrou; 4° d’un anneau, de baguettes et d'un ressort particulièrement situés en dessous: cet anneau, glissant sur la tringle, sert à plier et à déplier les baleines; 5° de neuf ou dix baleines, chacune de deux pièces, arc-boutées à l’ordinaire, mais placées au—dessus du taffetas; l’une de ces baleines attenante à la tresse d’argent, est armée d'un bout de cuivre terminé par un écrou. Les accessoires sont: 1° une verge de cuivre mince, longue d’un pied, terminée supérieurement par une pointe fine, et intérieurement par une vis qui s‘adapte aisément, quand on veut, à l’écrou de tringle; 2° un gros fil de laiton, d’un pied et demi de largeur, finissant par une petite vis qui au besoin se met dans l’écrou du bout de cuivre dont nous avons parlé ; 3° un rordonnet d’argent pendant au bout inférieur de ce fil de laiton, et terminé par une petite houppe de frange qui traîne à terre..
Amis
Bolingbroke
Il se lie avec des savants italiens, avec des anglais comme Henri Saint Jean de Bolingbroke. Ce dernier charge Barbeu, dès 1741, de traduire ses Lettres sur l'Histoire sur l'édition de Pope, publiée après la mort de leur auteur en 1752. Il y joint la traduction des " Reflexions sur l'Exil " et d'une " Lettre à Mylord Bathurst sur le véritable usage de la retraite & de l'Étude." Dans cet ouvrage l'authenticité de la Bible est attaquée. J. Leland, P. Walley écrivent contre l'ouvrage. Voltaire prendra la défense de Bolingbroke dans sa "Défense de Mylord Bollingbrocke par le Docteur Good Natur'd Wellwisher ".
Barbeu est aussi le traducteur de Le Siècle politique de Louis XIV, ou Lettres du Vte Bolingbroke sur ce sujet, avec les pièces qui forment l'Histoire du siècle de M. F. de Voltaire et de ses querelles avec Mrs de Maupertuis et La Beaumelle, suivies de la disgrâce de ce fameux poète[35]. en 1753 et réédité en 1755.
Benjamin Franklin
Benjamin Franklin (1706-1790) entretient avec lui une correspondance suivie et amicale dès 1767[36].
Benjamin Franklin effectue une deuxième visite en France en . La correspondance devient de plus en plus intense[37]. Les deux correspondants y abordent une prodigieuse variété de sujets[38].
- Les principaux objets que l'on rencontre dans ses Lettres sont des réflexions:
- 1° sur l'électricité positive ou négative substituée au corps humain pour le traitement des maladies;
- 2° la distinction de deux espèces de paralysies, l'une accompagnée de contraction, et l'autre de relâche ment, celte dernière étant plus curable par l'électricité;
- 3° des réflexions sur la diversité que la différente nature des verres apporte dans les expériences électriques, un grain de sable ou tout autre corps étranger recevant dans la décharge une certaine quantité de fluide qui peut se dégager subitement et briser le verre dans les parois duquel il était renfermé;
- 4° la description d'un paratonnerre construit d'après les principes de Franklin;
- 5° des recherches sur les moyens de rappeler à la vie les personnes suffoquées par la foudre, ou les animaux tués par étincelle électrique;
- 6° des remarques sur la population et sur les manufactures des États-Unis d'Amérique, comparées avec celles de l'Europe;
- 7° des considérations sur l'inoculation en, général, et les détails de cette méthode pratiquée à Boston, la proportion des guéris et des morts fut de 8oo à 600
- 8°. des expériences sur l'art de nager;
- 9° des réflexions sur la construction de l'harmonica, et sur la manière d'en tirer des sons.
- Monsieur, je vois avec plaisir que nous pensons à peu près l'un comme l'autre au sujet de l'Amérique anglaise. Nous n'avons jamais prétendu que les colonies dussent s'exempter de contribuer aux dépenses communes et nécessaires au maintien de la prospérité du royaume. Nous soutenons seulement que, puisque nous possédons des Parlemens chez nous, que nous n'avons pas de représentation dans le Parlement de la Grande-Bretagne, c'est à nos propres Parlemens de décider ce que nous pouvons et ce que nous devons dans tous les cas donner à l'Angleterre, sans qu'elle ait aucun droit de nous arracher notre argent Les différends qui se sont élevés entre les deux pays coûtent déjà au commerce de l'Angleterre plusieurs millions sterling, et l'Amérique n'a fait que gagner dans la proportion même de cette perte. Le commerce de l'Angleterre consistoit principalement en superfluités, en objets de luxe et de mode, dont nous pouvons très bien nous passer. La résolution que nous avons prise de n'en plus importer jusqu'à ce que nous ayons obtenu une juste réparation des torts que nous avons soufferts n'a fait qu'encourager un grand nombre de manufactures. Quoique naissantes, elles vont s'étendre, s'accroître, se consolider, et bientôt il ne sera pas facile de nous les faire abandonner ; elles jouiront toujours de notre protection quand bien même nous viendrions, par une circonstance inattendue, à nous réconcilier plus cordialement que jamais avec l'Angleterre.
En 1773, Barbeu du Bourg traduit après Jean-Baptiste L'Écuy les œuvres de Franklin . Pour la 4e édition, Franklin ajoute quelques lettres inédites[40].
Barbeu est l'auteur du Calendrier de Philadelphie[41] qui est une imitation du Poor Richard's Almanac, de Benjamin Franklin qui se présente comme une traduction de l'anglais, est destinée à soutenir la propagande de Franklin en France. Jean Lair de la Motte, neveu de Jacques Barbeu du Bourg est secrétaire de Benjamin Franklin.
Barbeu rédige en 1774 le Petit Code de la raison humaine, ou Exposition succincte de ce que la raison dicte à tous les hommes pour éclairer leur conduite et assurer leur bonheur In-8° Londres : Becket : et de Hondt, 1774 qui sera réédité en 1782 et 1789. Il s'agit d'un ouvrage personnel dédié et inspiré des théories de Benjamin Franklin[42], est d'ailleurs imprimé pour la première fois en 1774 sur les presses de Benjamin Franklin à Passy. L'édition de 1782 passa toute en Angleterre. L'édition de 1789 donnée à Paris est « la plus complète »[43], du Petit Code de la raison humaine dans lequel son auteur fait l'éloge de la famille et du mariage, du travail, de la tolérance ; il défend en outre le droit de propriété et l'impôt foncier, et développe des idées agrariennes sur la population et l'agriculture.
Les États-Unis
Ami et allié de Benjamin Franklin, Jacques Barbeu du Bourg s'enthousiasme pour la nation qui réalise ses idées : La Pensylvanie est le premier pays policé de l'univers où la tolérance réciproque de tous les cultes religieux ait été garantie par une loi authentique[44]. Admirateur de la constitution américaine, Barbeu suit attentivement toutes les phases de la rivalité entre le Nouveau-Monde et l'Angleterre.
Il correspond aussi avec Silas Deane et Arthur Lee.
En 1769, Jacques Barbeu du Bourg est aussi le traducteur de Lettres d'un fermier de Pensylvanie aux habitans de l'Amérique septentrionale de John Dickinson. Il leur adjoint une préface de 24 pages[45]. Il anticipe à la fin de son préambule, la brouille définitive qui va éclater, l'accroissement de population et de puissance qu'en recueillera l'Amérique, et la prospérité future de l'Union.
Barbeu est élu, en , membre de la Société américaine de philosophie de Philadelphie dont il est un membre actif via sa propagande et son activité[46]. Il compose des brochures de circonstance, comme sa Lettre d'un Philadelphie à un ami de Paris et vulgarise en France les protestations anglophobes des Américains.
La guerre d’indépendance des États-Unis
Il s’enthousiasme pour les idées politiques de la jeune Amérique et voue une admiration pour Benjamin Franklin. En 1774, il envoya du matériel de guerre[47] et décida de jeunes nobles à aider les insurgés.
À partir du mois de , il défend la cause des Insurgents. Il crée une société avec différents commerçants pour le commerce avec les Insurgents. Dès cette époque, il joue un rôle politique en tant qu’intermédiaire entre les Insurgents et la France. Barbeu du Bourg s'était abouché avec Silas Deane, qui lui a été adressé par Franklin. Il espérait sans doute se faire donner une subvention pour la fourniture secrète des armes et des munitions aux Américains ; peut-être même reçut-il cette subvention, puisqu'il expédia en Amérique quelques chargements et qu'il envoya quelques négociateurs au Congrès. Dans un premier temps, pour faire une offre à Benjamin Franklin, il se rapproche de J. J. Carrier de Montieu, ancien propriétaires de la Manufacture d'armes de Saint-Étienne, mais celui-ci s'alliera avec Beamarchais.
Il se trouve en rivalité avec Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Le gouvernement français donne à Beaumarchais la préférence des fournitures secrètes aux colons insurgés. Il en écrivit à M. de Vergennes en blâmant le ministre de son choix[48].
En 1777, il fonde une autre société[49]. Il est en rapport d'affaires avec le banquier Grand pour équiper 1 300 soldats. Il a des correspondants à Rouen et à Bordeaux. Il fait affréter un navire[50] qui part de La Rochelle le , et est capturé par les Anglais en .
Agent zélé du parti américain[51], il persuade ainsi pendant cette période :
- Philippe Charles Jean Baptiste Tronson du Coudray[52] ;
- Gilles Jean Marie Barazer de Kermorvan[53] ;
- René Etienne Henry Gayault de Boisbertrand (Avec Pierre Penet)[54] de rejoindre l'armée américaine et de transporter des cargaisons d'armes pour le Congrès américain.
Les milices américaines manquaient d'ingénieurs. C'est encore Barbeu du Bourg qui se chargea d'en procurer[55].
En , il fonde une nouvelle société dont le capital sera employé en une pacotille de drogues de médecine pour les États-Unis d'Amérique à frais et bénéfices communs.
Botaniste
En 1769, sa compétence comme botaniste lui vaut d'être commis, avec Le Camus et Gervais, au visa d'un ouvrage de Pierre-Joseph Buc'hoz, médecin de Nancy, De herbis et arboribus Galliœ, visa nécessaire à l'Imprimatur.
C’est surtout son Botaniste françois qui retient l’attention. Il y suit la méthode naturelle et décrit les plantes des environs de Paris. Destiné aux étudiants et surtout aux herboristes, Barbeu du Bourg y décrit l’usage médicinal des différentes espèces. Il est le premier à abandonner le latin pour nommer et à décrire les plantes en français, innovation qui sera bientôt reprise par de nombreux auteurs.
Botaniste[56], il possède son propre jardin[57] dans les environs de Paris qu'il offre à la Faculté pour l'instruction des chirurgiens. La liste des espèces qu'il y faisait pousser fut publiée par lui sous le titre de Catalogue d'un jardin déplantes usuelles par classes et familles.
Il étudie aussi les champignons. Avec Marie Catherine Biheron[58], Barbeu avait formé le projet de faire une collection de champignons.
Louis Marie Aubert Du Petit-Thouars a donné le nom de Barbeuia à une plante trouvée à Madagascar et qu'il regardait comme seule de son espèce.
Mort
Jacques Barbeu du Bourg meurt de fièvre maligne le 12 ou [59]. Son neveu, Jean Lair de Lamotte, signale, le , que son oncle vient de mourir à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés[60].
Ses cendres sont déposées à la chapelle[61] de Saint-Symphorien de l’église Saint-Germain-des-Prés.
Paul Delaunay nous dit qu'il fut profondément croyant et que Dom Piolin le juge mal en le disant voltairien.
Bibliographie
- Lettre d'un garçon barbier à M. l'abbé Des Fontaines, auteur des Observations sur les écrits modernes, au sujet de la maîtrise ès-arts, 1743, in-12, Anonyme, attribué à Barbeu par Vicq d'Azyr.
- Daturne etiam vitalium organorum somnus ? (Praes. Pascasio Berie. Cand. Jacobo Barbeu-Du Bourg.), In-4 °. Parisiis , 1746
- Utrum anni climacterici, caeteris, periculosiores ? (Joanne-Baptista Thoma Martinenq. Cand. Jacobo Barbeu Du Bourg.) In-4 °. Parisiis , Thèse cardinale de Paris, , in-4
- An variolarum morbus, absque eruptione ? (Praes Dionysio Pautier de Labreuille. Cand. Jacobo Barbeu du Bourg.), In-4 °. Parisiis , Thèse quodlibétaire de Paris, , in-4
- An trachaeotomiae nunc scalpellum, nunc trigonus mucro ? (Praes. Antonio Bergier. Cand. Jacobo Barbeu Dubourg), In-4 °. Parisiis , Thèse quodlibétaire de Paris, , in-4
- An motus musculorum ad sanilatem? Acte de vespérie du . Acte doctoral du .
- An hœmatosis, a fermentatiofie ? Acte pastillaire du .
- Chronographie ou description des temps, contenant toute la suite des souverains de l'univers, et des principaux événements de chaque siècle, depuis la création du monde jusqu'à présent. Paris, 1753. En 35 planches in-folio, gravées en taille douce avec un volume in-8 d'explications. [62],[63]
- Sommaire de chronologie en vers techniques, in-8 de 3 p. (Attribué à Barbeu par Narcisse Henri François Desportes dans sa Bibliographie du Maine),
- Lettre d'un médecin a une dame, au sujet d'une expérience de chirurgie, faite à l'hôpital de la Charité, le . Attribué à Barbeu Du Bourg, d'après Barbier, et Vicq d'Azyr. Probablement imprimé à Paris selon les usages et les caractères typographiques, daté d'après la date du titre, 1754
- Seconde lettre d'un médecin a une dame, au sujet d'une expérience de chirurgie, faite à l'hôpital de la Charité, le . 7 p., 1754. Anonyme, attribuée à Barbeu par Vicq d'Azyr.
- Lettre à M. Ch., doyen de la Faculté de médecine de Paris, au sujet d'un décret du sur la nécessité des saignées réitérées, par M***, docteur régent de la même faculté. 1756, 2 éditions. Anonyme, attribuée à Barbeu par Pauly dans sa Bibliographie des Sciences médicales, Paris, 1872.
- Lettre d'un garçon chirurgien, à un de ses camarades actuellement en boutique, à Avignon, Alexandre Diastillet, [1757]
- Examen des eaux de Briquebec, dans le Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, de , t. XIV, p. 46–51.
- Lettre de faire-part de la mort de Boniface Diastillet, 1 placard (16 × 11,5 cm). Attribué à Jacques Barbeu du Bourg, 1757
- Mr. Barbeu Dubourg, docteur en medecine de la Faculté de Paris, cydevant precepteur de Messieurs de Matignon, & auteur de deux livres d'histoire nouvellement donnés au public, avertit qu'il continue de traiter les fluxions de poitrine, & autres maladies inflammatoires, sans saignée, 1 placard (16,5 × 22,5 cm). Suite de la polémique avec Antoine Louis, 1757
- Première leçon de Boniface Diastillet, chirurgien juré de la communauté de *** a Alexis Diastillet, son neveu, garçon chirurgien chez le chirurgien-barbier d'une compagnie du régiment des gardes françoises, 8 p. Barbier attribue ce texte à M. Michel, mais il est pratiquement certain que l'auteur en est Jacques Barbeu Du Bourg qui a écrit d'autres textes polémiques sur Antoine Louis, 1757
- Lettre d'un médecin de la Faculté de Paris (Barbeu Du Bourg) à un de ses confrères au sujet de la Société royale de médecine In-8° , 8 p. sans date[64].
- Recherche sur la durée de la grossesse et le terme de l'accouchement. Amsterdam, 1765, in-8, Anonyme, attribué à Barbeu par Vicq d'Azyr. ;
- Le Botaniste françois, comprenant toutes les plantes communes et usuelles..., 2 vol. in-12, Paris : Lacombe , 1767
- Code de l'humanité, ou Loix immuables qui servent de base aux devoirs, aux droits et au bonheur de l'homme dans le Mercure de France de . Signé : J. Barbeu-Dubourg.
- Manuel de botanique Paris, (1767-1768). Il avait dédié son Traité de botanique à sa femme, s'abstenant de la louer parce que dit-il, le public n'est pas plus de croyance dans le bonheur des époux, qu'il n'a de pitié pour ceux qui sont malheureux
- Les âges des plantes ou Usages des plantes, 1767, 2 vol. in-12
- Mémoire à consulter pour, Jacques Barbeu du Bourg et consorts, tous docteurs-régents de la Faculté de médecine de Paris, Daté du . Attribué à Barbeu.
- Mémoire à consulter, etc. Daté du . Attribué à Barbeu.
- Opinion d'un médecin de la Faculté de Paris (Barbeu-Dubourg) sur l'inoculation de la petite vérole, In-12. 24 p. Paris : Quillaud l'aîné , (1768), in-12. Ouvrage où il revient sur ses premières préventions. Anonyme, attribué à Barbeu.
- Second mémoire à consulter pour lui et les docteurs régens de la faculté de Paris. Paris, 1768, in-4[65] ;
- Petit Code de la raison humaine, ou Exposition succincte de ce que la raison dicte à tous les hommes pour éclairer leur conduite et assurer leur bonheur In-8° Londres : Becket : et de Hondt, 1774, 1782, 1789.
- Calendrier de Philadelphie XXX-8 p., p. 5-118. Il y a un faux titre : Calendrier de Philadelphie ou Sancho-Panc̜a, législateur en Amérique. - Par Jacques Barbeu Du Bourg. Il s'agit d'une nouvelle émission de l'édition de 1777, avec recomposition du faux titre et du titre, augmentée de : Introduction. Sancho-Panc̜a, législateur en Pennsylvanie et Conversation après souper, entre Mistriss Rachel, Sir Thomas, le Bon-homme Richard et Sancho-Panc̜a qui ne sont peut-être pas de Barbeu Du Bourg, d'après A.O. Alridge[66]. Imprimé en France, d'après le matériel typographique. . Cette imitation du Poor Richard's Almanac, de Benjamin Franklin qui se présente comme une traduction de l'anglais, est destinée à soutenir la propagande de Franklin en France.
- Précis sur l'histoire, les effets et l'usage de la saignée, ou article Saignée (Médecine thérapeutique), extrait du Dictionnaire encyclopédique, Amsterdam et Paris, 1778, in-12. (Attribué à Barbeu par Pauly, dans Bibliographie des Sciences médicales, Paris, 1874.)
- Lettre d'un médecin de la Faculté de Paris à un de ses confrères au sujet de la Société royale de médecine (Anonyme. Doit être classée au mois de . Attribuée à Barbeu par les Mémoires secrètes de la République des Lettres, ).
- Éléments de médecine en forme d'aphorismes, par M. Barbeu-Dubourg, docteur et ancien professeur de la Faculté de médecine de Paris, de la Société royale de Montpellier, de la Société médicale de Londres, de l'Académie des sciences de Stockholm, de la Société philosophique de Philadelphie, etc, A Paris, chez P.-Fr. Didot, in-12, 1780[67], in-12. Ils étaient écrits dit-on pour l'instruction de son neveu Lair de la Motte.
Il laisse en manuscrit :
- Lettre à Mademoiselle *** sur les vents ;
- Projet d'un corps complet de médecine. 16 p. in-12, s. 1. n. d, — Conservé à la Bibliothèque nationale de France dans le tome XVI du Recueil de pièces [68].
- Objections à M. Basselin sur la quadrature du cercle.
Sources
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article..
- Ansart, Bibliothèque littéraire du Maine, ou traité historique et critique des auteurs de cette province, Le Mans et Paris, 1784
- Garrère, Bibliothèque littéraire, historique et critique de la médecine ancienne et moderne. Paris, 1776, 1. 1, p. 313.
- Nicolas-François-Joseph Eloy, Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, vol. I-IV, Mons,
- [Barbeu du Bourg (Jacques) (page consultée le 29 mars 2026)]
- Notice sur la vie des grands hommes de la province du Maine. Manuscrit G 182 de la Bibliothèque municipale du Mans, f. 219.
- J.-C. Lebrun, Essai de Topographie médicale de la ville du Mans et de ses environs. Le Mans, 1812.
- Histoire de la Société royale de médecine. Paris, 1780.
- Vicq d'Azyr, Éloge de M. Barbeu-Dubourg, p. 63–74.
- Louis-Mayeul Chaudon, Antoine-François Delandine, Nouveau dictionnaire historique, Volume 2
- Mémorial de la Mayenne, 1845, t. IV, p. 315
- Jacques Barbeu-Dubourg, par J. R. Pesche
- Dictionnaire des sciences médicales, Biographie médicale. Paris, Panckoucke, 1820, t. I.
- Biographie universelle ancienne et moderne. Michaud, Paris et Leipsig
- Amédée Dechambre, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales (huitième tome), Paris, G. Masson, 1876, article Barbeu-Dubourg, t. VIII.
- Renouard, Essais historiques et littéraires sur la ci-devant province du Maine. Le Mans, 1811.
- N. Desportes, Bibliographie du Maine. Le Mans, 1844.
- Hauréau, Histoire littéraire du Maine, 1870, t. l.
- La Grande Encyclopédie, art. Barbeu-Dubourg.
- H.-G. Lelièvre de Lucé, Notes généalogiques inédites. — Le Bibliophile du Maine no 11, p. 7. 1896.
- « Jacques Barbeu du Bourg », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
- Thomas Balch, Les Français en Amérique pendant la guerre de l’Indépendance des États-Unis 1777-1783, [détail des éditions]
- Paul Delaunay, Vieux médecins mayennais
- Aldridge A.O., Barbeu du Bourg dans The American Philosophical Society proceedings, Philadelphie, 1951, p. 331-392.
- Adrien Davy de Virville (dir.), Histoire de la botanique en France, Paris, SEDES, 1955, 394 p.
- Astrit Schmidt-Burkhardt, Die Chronologiemaschine Barbeu-Dubourgs Aufbruch in die historiografische Moderne, Berlin: Lukas Verlag, 2022 (ISBN 978-3-86732-388-8).

