Jacques Schnerb
peintre, graveur et écrivain français (1879-1915)
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Jacques Schnerb, né le à Avignon dans le Vaucluse et mort pour la France à Ablain-Saint-Nazaire le , est un peintre, graveur et écrivain français du début du XXe siècle.
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Jacques Simon Félix Schnerb |
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Louis Feine (d) (beau-frère) Jérôme-Martin Langlois (arrière-grand-père) |
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Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Biographie
Jeunesse et formation
Jacques Simon Félix Schnerb, né le à l'hôtel de la préfecture de Vaucluse à Avignon[1], est le fils d'Eugène Schnerb (1839-1897), préfet de Vaucluse et d'Emma Nathalie Langlois (1853-1942)[2], petite-fille du peintre Jérôme-Martin Langlois[3]. Le couple a également une fille, Jenny Emma Nathalie Schnerb (1877-1953) qui épouse l'architecte Louis Feine.
Attiré par le dessin, il collectionne dès 15 ans les estampes anciennes[3]. En 1895, les journaux parlent de lui lorsque, en désaccord avec son père sur la poursuite de sa scolarité, il fugue avec son ami R. P. Rivière. On lit ainsi dans le numéro du du journal Le Rappel : « Jacques Schnerb, fils de l'ancien directeur de la sûreté générale, qui fut également préfet à Nancy, a disparu depuis le jeudi de la mi-carême [] […] M. Schnerb sait pourquoi son fils a quitté la maison paternelle. Le jeune Jacques est doué d'une très grande intelligence : quoique âgé seulement de seize ans, il a le raisonnement d'un homme de trente ans. Il était en désaccord avec son père sur le sujet des études qu'il doit accomplir. On voulut lui faire poursuivre jusqu'au bout ses classes de lettres. Le jeune Jacques, lui, qui a des dispositions remarquables pour le dessin, voudrait, au contraire, abandonner dès à présent ses études et suivre son penchant pour les arts ; de là une divergence de vues qui a eu pour résultat la fuite du jeune garçon. La famille […] souhaite le retour de cet enfant, le recevra à bras ouverts et lui promet bien qu'on le laissera se livrer pleinement à son goût pour les arts. Le fugitif est en compagnie du jeune Rivière […] Ces deux jeunes gens font leurs études au lycée Condorcet »[4]. Les journaux révèlent quelques jours plus tard que les deux garçons se sont rendus à Florence et demandent à leurs parents de les rapatrier[5].
Graveur, critique d'art et peintre
Il obtient ainsi satisfaction sur son orientation et réalise à 17 ans avec son ami R. P. Rivière un ensemble de gravures à l'eau-forte pour illustrer des poèmes de Stéphane Mallarmé. Afin de se perfectionner, il suit les cours d'Eugène Grasset, à l'école des arts décoratifs, des cours dans les écoles de dessin de la ville de Paris, au sein des ateliers d'Eugène Carrière, d'Alfred Roll et de Ferdinand Humbert[3].

De santé fragile, il est ajourné par le conseil de révision à plusieurs reprises et ne fait pas de service militaire[6],[7]. En 1900, Roger Marx, alors inspecteur général des beaux-arts le prend comme secrétaire pour l'aider à la préparation de l'exposition centennale de l'art français au Grand-Palais dans le cadre de l'exposition universelle de 1900 à Paris[1],[3]. Après l'exposition, Roger Marx le garde à ses côtés comme administrateur[8] à la Gazette des beaux-arts pendant six ans. Pendant cette période, il commence à exposer ses toiles aux Salons des indépendants et abandonne son poste de secrétaire à la Gazette des beaux-arts en 1906 pour se consacrer entièrement à la peinture[1].
Il voyage alors à la découverte de paysages, attiré par les sites de Bretagne, de Provence, de Corse et d'Italie. Les paysages de Vence et de Cagnes retiennent son attention. Il y reçoit les conseils de Renoir dans la réalisation de gravures. Il expose en 1908 au Salon des indépendants puis au Salon d'automne des toiles (Allée d'oliviers à Vence) et des eaux-fortes[9],[10].
C'est en 1912, lors d'un séjour dans le Valais, près des gorges du Trient, que lui vient l'idée de la composition des Baigneuses[1]. Dans un article consacré aux salons de 1919, Charles Saunier évoque la toile sur laquelle Jacques Schnerb travaillait quand la guerre a éclaté : « Or, elle est là, cette toile des Baigneuses, affirmant la science de composition et les qualités de dessin et de couleur de son auteur. Près d'elle, des vues de Corse, d'une admirable délicatesse »[11]. Cette toile, acquise par l'État, est conservée au musée des beaux-arts d'Arras depuis 1922[12].
On lui doit aussi des textes dans les revues des beaux-arts où il met en relief des artistes comme Cézanne ou Bracquemond[13], à qui il demande des conseils personnels, au premier pour la peinture et au second la gravure[14]. Il écrit notamment la première étude biographique sur le peintre lithographe François Bonhommé. En janvier et février 1913, il publie deux articles dans la Gazette des beaux-arts qui retracent la vie et l'œuvre de l'artiste[15] et organise au Salon d'automne de 1913 une exposition rétrospective des œuvres de Bonhommé. En 1914, il est chargé d'écrire le compte-rendu des Salons de 1914 pour la Gazette des beaux-arts[16]. Louis Feine, son beau-frère, écrit dans sa nécrologie que son éclectisme lui permet de montrer son admiration pour Claude Lorrain, Nicolas Poussin, Ingres et Cézanne[1].
Simple soldat, engagé et tué pendant la Première Guerre mondiale

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, n'ayant pas fait de service militaire, il n'est pas appelé, mais décide de s'engager. Le 5 septembre 1914, il arrive au 246e régiment d'infanterie[7]. Après une brève formation dans un camp de Lozère[17], il part pour le front à Crouy en Picardie[6] où son régiment occupe des tranchées d'octobre 1914 à janvier 1915[18].
Le , à Ablain-Saint-Nazaire, Jacques Schnerb est tué avec son escouade par les mitrailleuses ennemies dès sa sortie des tranchées[19],[20],[21],[18]. La citation au Journal officiel qui accompagne son décoration dans l'ordre de la médaille militaire précise ceci : « soldat courageux. Tombé glorieusement pour la France, le 20 juin 1915, en se portant à l'attaque des positions ennemies, devant Ablain-Saint-Nazaire. Croix de guerre avec étoile d'argent ».
D'abord inhumé à Villers-au-bois[17], son corps est transféré au cimetière de Montmartre à Paris où il est inhumé le [22].
Œuvres principales
Ouvrages
- R.P. Rivière et J.F. Schnerb, L'atelier de Cézanne, Paris, L'Echoppe, (ISBN 978-2905657831)
Publications dans des revues et journaux
- « Henry Monnier et Joseph Prudhomme », Gazette des beaux-arts, no 540, , p. 489-499 (lire en ligne)
- « Artistes contemporain : Paul Flandrin », Gazette des beaux-arts, no 542, , p. 114-122 (lire en ligne)
- « Paul Cézanne », Les Maîtres contemporain, Paris, H. Laurens,
- « Chez MM. Bernheim jeune : fleurs et natures mortes », La Grande revue, , p. 581-584 (lire en ligne)
- « L'atelier de Cézanne » (avec R.P. Rivière), La Grande revue, , p. 811-817 (lire en ligne)
- « Georges Seurat », Les Maîtres contemporain, Paris, H. Laurens,
- « François Bonhommé », Gazette des beaux-arts, no 667, , p. 11-25 (lire en ligne)
- « François Bonhommé : deuxième et dernier article », Gazette des beaux-arts, no 668, , p. 132-142 (lire en ligne)
Distinctions
Hommages
- Le nom de Jacques Schnerb est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[24].
- Son nom figure sur le Monument aux Parisiens morts pendant la Première Guerre, sur l'Anneau de la Mémoire - Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette et sur le monument aux morts de Fontaine-le-Port[25].