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Né en 1911 et fils d’un commerçant d’origine corse, Jacques Torracinta travaille dans le domaine maritime au Havre et milite en parallèle Parti communiste français (PCF) et au syndicat unitaire (CGTU) des marins du Havre comme secrétaire[1].
Également journaliste, il est gérant du journal fédéral L’Inscrit maritime et collabore à La Vie Ouvrière. À l'occasion de la grève des marins du , il se constitue prisonnier[2] et est condamné pour violence à huit jours de prison le [1]. Il est également condamné à trois jours de prison sans sursis pour avoir refuser d'obtempérer le [3]. Par la suite, il quitte le PCF et la CGT pour fonder un syndicat autonome des marins du Havre (3 000 adhérents en 1943) dont il est élu secrétaire et qui se donnait pour but de «démasquer l'activité communiste nuisible au syndicalisme».
Militant collaborationniste
Arrêté par la Allemands au début de l’Occupation, il prouve sa non-appartenance au Parti communiste puis va travailler pour une durée de sept mois comme électricien sur un chantier de construction navale en Allemagne[4]. À son retour, il rejoint le Rassemblement national populaire (RNP) et entame une série de conférences[5],[6] dans lesquelles il explique sa «conversion» et «les motifs de son adhésion à la cause franco-allemande»[4]. Dans un article paru dans un journal local intitulé «Pourquoi j’ai quitté le Parti communiste et pourquoi je suis devenu collaborationniste», il écrivait: «Je reviens d’Allemagne, j’ai vu ce que l’Allemagne national-socialiste a fait pour la classe ouvrière»[1]. Aussi, il écrivait qu'il voyait l'armée d'occupation comme «l'ambassadeur d'un pays bien organisé» et qu'il était devenu un «ennemi du bolchevisme, ami de l'Allemagne, un admirateur passionné du Maréchal, promoteur et artisan de la Collaboration»[4].
En , il prend la présidence du RNP du Havre puis passe au Parti franciste[4] avec lequel il tente, grâce à son passé communiste, de rallier d'ancien militants et des ouvriers à la Collaboration[7]. D’après l'historien Roger Le Marec, il aurait rejoint par la suite la Milice française de Joseph Darnand[1].
↑«Torracinta qui favorisa la fuite de Chédeville le 3 décembre est condamné à trois jours de prison», Journal de Rouen, , p.4 col.4 (lire en ligne)
1234Claude Malon, Occupation, épuration, reconstruction: le monde de l'entreprise au Havre, 1940-1950, Presses universitaires de Rouen et du Havre, (lire en ligne), p.238
↑Marie-Paule et Dhaille-Hervieu, Communistes au Havre: Histoire sociale, culturelle et politique, 1922-1983, Presses universitaires de Rouen et du Havre, (lire en ligne), p.140
↑«À la Cour de Justice», Normandie, , p.2 col.2 (lire en ligne)
Claude Malon, Occupation, épuration, reconstruction: le monde de l'entreprise au Havre, 1940-1950, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2012, pp.237-38-39