James MacLaine

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James MacLaine
The Ladies Hero or the Unfortunate James Mclaine, Esqr., gravure d'époque, impr. F. Harrison, National Portrait Gallery.
Biographie
Naissance
Décès
Activité

James MacLaine (1724-1750) est un bandit de grand chemin d'origine irlandaise, célèbre dans le Londres du XVIIIe siècle entre autres pour l'élégance avec laquelle il opérait. Parmi ses victimes, on compte Horace Walpole. Il finit pendu.

Les exploits de MacLaine associé à son complice William Plunkett, ont nourri de nombreuses représentations.

Né dans le comté de Monaghan, James MacLaine est le fils cadet d'un pasteur d'origine écossaise, une personnalité respectable de l'église presbytérianisme de Monaghan. De fait, les ancêtres et les oncles de James possèdent tous des liens avec l'Église d'Écosse de par leurs différentes fonctions ministérielles, qui en Irlande, à Glasgow et aux Pays-Bas. Destiné à devenir un marchand, James dilapide une partie de son héritage à Dublin au cours de sa jeunesse entre autres dans les jeux d'argent : à l'âge de 20 ans, sa mère lui refuse une aide financière, puis c'est au tour de son frère ainé. Acculé pour cause de dettes, il cherche à s'enrôler dans la Brigade irlandaise au service du royaume de France, mais il refuse de se convertir au catholicisme et doit renoncer à une carrière militaire. Il croise la route d'un colonel — demeuré à ce jour non identifié, et seulement connu sous l'initialisme « T...n » — qui le prend sous sa protection et l'emmène en Angleterre où il tente de lui arranger un mariage avantageux, mais c'est peine perdue. Au moment de la guerre de Succession d'Autriche, James emprunte de l'argent au colonel pour acquérir une charge et cherche à s'enrôler dans les troupes montées du comte d'Albemarle, mais il en est exclue pour avoir entretenue une relation avec l'épouse d'un de ses officiers supérieurs. Ses amis londoniens parviennent à lui trouver de l'argent pour qu'il embarque en Jamaïque mais au lieu de ça, il dépense l'argent dans le jeu. Il finit par épouser vers 1746 la fille d'un tavernier installé sur Oxford Road. Grâce à la dot de son épouse, il ouvre une épicerie sur Welbeck Street, près de Cavendish Square. Son épouse décède au bout de trois ans, lui laissant deux filles qu'élève sa belle-mère qui semble apprécier James. Au cours de ces années de boutiquier, il croise la route de William Plunkett, un apothicaire qui avait tenté de soigner son épouse. Peu après, Plunkett, sans doute un charlatan, fait faillite et cherche à persuader James de quitter la vie civile pour embrasser une carrière militaire, mais la paix, signée en 1748, met sur la route de nombreux soldats désœuvrés — ceci explique en grande partie le contexte politique et social dans lequel prennent place les faits qui suivent[1]. En attendant, James et William cherchent à fréquenter le beau monde, notamment de riches héritières, se faisant passer pour des gentlemen, mais, au cours d'une soirée mondaine, ils sont démasqués et expulsés du lieu.

D'après son propre témoignage, James MacLaine aurait entamé une carrière de bandit avec Plunkett six mois après la mort de son épouse. Le duo, affublés de masques vénitiens, détroussaient des diligences sur les routes de campagne, toujours avec élégance. Leur premier forfait a lieu à Hounslow Heath et leur permet de délester un éleveur, qui revenait d'une foire, de la somme de 60 livres sterling. Armés de pistolets, ils continuèrent les semaines suivantes à détrousser des passagers de diligences. Puis ils se concentrèrent sur Hyde Park et rançonnaient les passants et les véhicules, le parc étant ouvert et fréquenté de nuit. Le baron Granthan en fut victime. De temps en temps, James partait se mettre au frais en Hollande chez son frère aîné, de façon à se faire oublier. En , le duo parvient à détrousser Horace Walpole qui passait vers dix heures du soir en calèche par Hyde Park : selon le témoignage de ce dernier, un coup de feu partit accidentellement et faillit l'atteindre. Par la suite, James MacLaine écrivit à Walpole une lettre anonyme pour lui signifier que s'il voulait récupérer ses biens (un sac et son épée), il devait envoyer un domestique à un point de rendez-vous avec de l'argent, le menaçant s'il portait plainte[2].

D'une manière générale, les deux voleurs restaient discrets et courtois, ce qui valut à James le surnom de The Gentleman Highwayman le gentleman brigand »). Logé à St James's Street, James se fait passer pour un gentilhomme irlandais possédant 700 livres sterling de rente annuelle. Plunkett loue un logis sur Jermyn Street. Tous deux sont réputés dans le quartier de St James's. MacLaine y fréquente des dames de la haute société et des femmes de bonne réputation, assez naïves pour l'admettre dans leur cercle. Il tente de gagner le cœur d'une dame fortunée, qui est sauvée de la ruine lorsqu'un gentleman lui révéla la véritable nature de MacLaine. Ce dernier avait une si piètre opinion de la respectabilité de MacLaine qu'il refusa le duel que Maclaine lui proposa par la suite. MacLaine lança un autre défi à un officier britannique du côté de Putney Bowling Green au printemps 1750. L'officier, qui l'avait dénigré, refusa de le combattre jusqu'à ce qu'il prouve ses origines respectables. MacLaine avait récemment obtenu un certificat attestant de son appartenance à la noblesse.

James MacLaine durant son procès plaidant sa cause. Gravure anonyme, 24 septembre 1750[3].

Dans la soirée du , MacLaine et Plunkett s'en prennent à la calèche du comte d'Eglinton, qu'ils parviennent à désarmer de son tromblon et à délester de 50 guinées et de son bagage. Puis, entre une et deux heures du matin, le même jour, le duo s'en prend à la diligence de Chiswick, transportant six passagers en direction de Salisbury. Ils exigèrent de l'argent des passagers, et plus particulièrement de Josiah Higden, un apothicaire, qu'ils menacèrent avec une arme, et à qui ils volèrent de l'argent et deux malles, puis s'enfuirent. L'une des malles fut retrouvée vide dans les gravières de Kensington. Après ce double vol retentissant, une enquête fut menée : elle conduisit sur la piste des objets dérobés à Higden, qui circulaient dans Londres et menèrent à l'arrestation de MacLaine. Lors de la perquisition de son logis, furent également retrouver le tromblon et le manteau de lord Eglington. On découvrit également dans une redingote deux pistolets chargés.

Newgate's Lamentation or the ladys last farewell of Maclean, gravure anonyme, 1750.

Dans un premier temps, MacLaine plaide non coupable lors des premiers interrogatoires, mais bien vite, les preuves s'accumulant, il reconnait les faits. La presse s'empare de l'affaire. Un mois avant son procès, le , une gravure est imprimée montrant MacLaine et « son complice » braquant la calèche d'Eglinton. Le procès à l'Old Bailey s'ouvre le et porte spécifiquement sur le vol des objets appartenant à Josiah Higden. L'acte d'accusation stipule que Maclean a agressé et menacé de mort Higden sur la King's Highway. Il énumère les biens dérobés, un très grand nombre de vêtements, une demi-livre de thé et d'autres articles de première nécessité, et... deux guinées. Mais, coup de théâtre, au début du procès, MacLaine plaide de nouveau non coupable, déclarant n'avoir jamais menacé de mort Higden. Le jury n'étant pas convaincu, MacLaine est condamné à mort.

MacLaine et Plunkett représenté par H. J. Ford, dans The Strange Story Book, 1913.

Ni Eglinton, ni Walpole, pas plus que de nombreuses personnalités de la haute société ne voulurent témoigner contre MacLaine. En revanche, un parti contre MacLaine s'exprima sous la forme de pamphlets, visant à démontrer que la posture de celui-ci, celle d'un homme éduqué, respectable et respectueux, était une feinte. Même Walpole finit par admettre que ses actes, le vol à main armé, n'était pas une blague que l'on doit prendre à la légère[1]. Cependant que ce procès devient le dernier rendez-vous à la mode, le jeune homme recueille en définitive auprès de l'opinion une forme de sympathie. Son élégance, ses manières et aussi son parcours, émeuvent[1]. Son séjour à la prison de Newgate prend des contours romantiques, à travers différents libelles, des chansons, des poèmes — dont un composé par Thomas Gray — et des gravures publiés au même moment. MacLaine reçoit plus de 3 000 visiteurs, dont de nombreuses personnalités de la haute société. Parmi elles, le docteur Allen qui prit soin d'observer MacLaine durant son incarcération et d'en produire un témoignage écrit.

Âgé de 26 ans, il est pendu le au gibet de Tyburn, en compagnie de onze autres condamnés[4].

De son côté, Plunkett est parvenu à fuir et personne ne connaît son destin avec précision.

Dans les représentations

Notes et références

Annexes

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