Jean-Baptiste Harmand
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| Jean-Baptiste Harmand | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député de la Meuse | |
| – (3 ans, 1 mois et 19 jours) |
|
| Gouvernement | Convention nationale |
| Député au Conseil des anciens | |
| – (2 ans, 6 mois et 2 jours) |
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| Député au Conseil des Cinq-Cents | |
| – (8 mois et 12 jours) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Pouilly-sur-Meuse (Meuse) |
| Date de décès | (à 64 ans) |
| Lieu de décès | Ancien 9e arrondissement de Paris |
| Nationalité | |
| Parti politique | Plaine Clichyens |
| Profession | Avocat |
| députés de la Meuse | |
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Jean-Baptiste Harmand dit de la Meuse, né le à Pouilly-sur-Meuse, mort le à Paris, est un homme politique français. Il est député de la Meuse pendant la Convention et le Directoire.
Cousin de Nicolas François Harmand, il fit ses études au collège de Verdun, d’où il passa au séminaire de la même ville, qu’il quitta pour aller étudier le droit à l’université de Reims. Il était dans cette ville lors du sacre de Louis XVI, le et eut l’occasion de lire sur les murs de l’Hôtel-Dieu, près du palais de l’archevêché que ce prince occupait, ces mots écrits en rouge : « sacré le 11, massacré le 12 ». Il attribuait cette inscription à l’agitation qui existait encore dans les esprits par suite des dissensions qu’avaient occasionnées les querelles des parlements.
Peu de temps après, il s’enrôla dans le régiment de Vivarais infanterie, où il parvint au grade de porte-drapeau. Il passa plus tard dans un autre corps. Il avait participé avec ce régiment de Vivarais à une expédition des grandes Indes. Revenu vers 1787 à Bar-le-Duc, il y exerçait la profession d’avocat lorsque la Révolution éclata.
La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries.
En , Jean-Baptiste Harmand, alors juge de paix à Bar-le-Duc, est élu député du département de la Meuse, le huitième et dernier, à la Convention nationale[1].
Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote le bannissement mais rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[2],[3] :
On a invoqué contre Louis XVI les dispositions du Code pénal ; mais si le Code pénal existe, l'Acte constitutionnel existe aussi ; si le premier prononce la peine de mort contre les conspirateurs, le second ne prononce que la déchéance contre Louis conspirant et se mettant à la tête d'une armée ennemie. [...] Ainsi, je vote pour le bannissement immédiat de Louis, et, par mesure de sûreté générale, je demande celui de sa femme, de ses enfants et de sa sœur, enfermés avec lui à la tour du Temple.
Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[4]. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[5].
Le 15 brumaire an III (le ), il est élu membre du Comité de sûreté générale aux côtés de Paul Barras (député du Var), d'Antoine Garnier (député de l'Aube) et de Joseph Laignelot (député de la Seine)[6].
C’est alors qu’il fut nommé membre du comité de sûreté générale, et qu’en cette qualité on le chargea pendant quelque temps de la police de Paris. Étant monté souvent à la tribune à cette époque pour y combattre et dénoncer les terroristes ou partisans de Robespierre, il signala entre autres les hommes Trouville et Tissot, qui avaient excité une émeute au faubourg Saint-Antoine, et il annonça leur arrestation. Il s’éleva aussi contre les terroristes du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, et accusa notamment Monnot et Schneider d’avoir exercé dans ces contrées une horrible tyrannie ; enfin il parla contre la réunion de la Belgique à la France, et sur ce point, il fut presque seul de son avis.
Il avait été nommé commissaire de la convention aux grandes Indes, et il se trouvait ainsi destiné à administrer avec une haute autorité cette contrée qu’il avait visitée quinze ans plus tôt à un titre bien différent. Mais ce projet ayant été abandonné, il fut envoyé en Alsace. Là, comme à la police de Paris, il s’efforça d’adoucir la rigueur des lois de la révolution, et il s’attacha à en consoler les victimes. D’honorables souvenirs témoignent de sa modération qui dans beaucoup de circonstances de sa carrière politique ne fut pas sans courage.
Après la session conventionnelle, Harmand de la Meuse passa au conseil des anciens par la réélection des deux tiers, et il y resta jusqu’en 1798. Son département le réélut l’année suivante pour le conseil des cinq-cents, où il se montra favorable à la révolution du 18 brumaire. Le gouvernement consulaire l’en récompensa en le nommant préfet du Haut-Rhin. Mais quelques difficultés qu’il éprouva avec son secrétaire général lui firent bientôt perdre cet emploi. Du reste, le secrétaire fut aussi révoqué dans cette circonstance.
Peu après Harmand fut nommé consul à Saint-Ander, puis consul général à Dantzig, mais il ne voulut se rendre ni à l’une ni à l’autre destination, persistant, malgré les ordres qu’il recevait, à rester à Paris, il finit par perdre irrévocablement sa place et sa carrière. Après avoir épuisé toutes les ressources qu’il avait pu tirer de son petit patrimoine, ainsi que des secours de sa famille, il mourut dans une profonde misère.
Il avait publié en 1811 un opuscule sous le titre d’Anecdotes relatives à quelques personnes et à plusieurs événements remarquables de la révolution, Paris, in-8°. Cet ouvrage a été réimprimé après sa mort en 1820, avec l’addition de douze anecdotes qu’on dit dans un avertissement avoir été supprimées par la censure, lors de la première édition. Ce recueil fait connaitre des circonstances et des détails sur les prisonniers du Temple, sur Charlotte Corday, sur Vergniaud, sur quelques autres personnages de la Révolution, et principalement sur les enfants de Louis XVI que Harmand avait visités dans la prison du Temple après le 9 thermidor, en qualité de commissaire de la convention, et enfin sur le tribunal révolutionnaire, à l’occasion de la condamnation de son compatriote, son ami et allié de sa famille, Pierre-François Gossin.
Notes et références
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Baron, Marie-Claude (1945-2002) et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 100, séance du soir du 15 brumaire an III (mercredi 5 novembre 1794) »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- « Jean-Baptiste Harmand », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Joseph Fr Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne: ou, Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, Paris, A. T. Desplaces, 1857, v. 18, p. 479-480.
Liens externes
- Archives conservées par
: archives départementales de la Meuse (87 J, FRAD05500AP_000000083) - Ressources relatives à la vie publique
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