Jean-Baptiste Le Carpentier
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| Jean-Baptiste Le Carpentier | |
Épisode du siège de Granville - La mort du maire Clément Desmaison, peinture de Maurice Orange, 1909. Le député en mission Le Carpentier est représenté à cheval. | |
| Fonctions | |
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| Député de la Manche | |
| – () (3 ans, 1 mois et 19 jours) |
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| Gouvernement | Convention nationale |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Helleville (Manche) |
| Date de décès | (à 69 ans) |
| Lieu de décès | Mont-Saint-Michel (Manche) |
| Nationalité | |
| Parti politique | Montagne |
| Profession | Huissier Agent d'affaires |
| députés de la Manche | |
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Jean-Baptiste Le Carpentier, né le à Helleville (Manche) et mort au Mont-Saint-Michel le , est une personnalité politique normande.
Avant la Révolution
Jean-Baptiste Lecarpentier est le fils de Marin Lecarpentier (1723-1796), cultivateur aisé du Cotentin et officier public de la mairie d'Helleville, et a pour frère Augustin-René Lecarpentier (1762-1846), curé de Flamanville[1].
Ses parents l'envoient au petit séminaire à Valognes. Il entre à 17 ans comme clerc chez un notaire valognais.
Sous la Révolution
En 1789, ayant acheté un cabinet d'affaires, Jean-Baptiste Le Carpentier est huissier à Valognes. Enthousiaste pour les idées révolutionnaires, il crée une société populaire, Les Amis de la Constitution. En 1790, il entre au conseil municipal et est désigné comme chef de la garde nationale locale.
La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries.
En 1792, Jean-Baptiste Le Carpentier, alors chef de légion du district de Valognes, est élu député du département de la Manche, le septième sur treize, à la Convention nationale[2].
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[3],[4] :
Comme je n'écoute que la voix de l'impérissable justice, que le cri de ma conscience, je vote pour la mort de Louis Capet.
Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[5]. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[6].
Le , Jean-Baptiste Le Carpentier est envoyé, aux côtés de Maximilien de Robespierre (député de la Seine), auprès de la section de Popincourt[7]. Le , il est envoyé en mission, aux côtés de François-Louis Bourdon (député de l'Oise), dans les départements de la Manche et l'Orne afin d'y accélérer la levée en masse[8].
Le , il est renvoyé en mission, seul, dans les départements de la Manche et l'Orne[9]. Initialement rappelé à la Convention le 13 brumaire an II (), il passe à l'armée de l'Ouest[10].
Chargé de la défense de Granville contre l'armée vendéenne, il exhorte la population à la résistance lors du siège de la ville en . Il organise également la défense de Cherbourg et de Saint-Lô.
La réaction thermidorienne
Envoyé en mission à Port-Malo, il apprend la chute de Robespierre le 13 thermidor an II () envoie une proclamation le 17 à la Convention Nationale de réjouissance partielle[11]. Il est rappelé sur ordonnance du Comité de salut public le 19. La montagne attaquée, il invoque pour sa défense la résistance et l'organisation mises en place lors du siège de Granville. Il est arrêté après l'insurrection du 1er prairial an III et est emprisonné au château du Taureau avec Bourbotte, Duroy, Duquesnoy, Goujon, Romme, Soubrany. Le Carpentier évite le sort de ces derniers qui sont exécutés et connus comme les « derniers montagnards » ou « les martyrs de Prairial ». Il est alors transféré dans une prison de Brest. Lors de la séparation de la Convention le , il bénéficie d'une amnistie votée par l'Assemblée. Le montagnard est de retour à Valognes où il ouvre un cabinet de consultations juridiques.
Sous la Restauration
Au retour des Bourbons, il est exilé comme régicide, en 1816 ; il trouve refuge sur l'île de Guernesey, mais en est refoulé par les autorités britanniques. Le Carpentier revient de façon clandestine dans la Manche, se cachant dans le canton des Pieux. Le préfet de la Manche, Charles-Achille de Vanssay, et le ministre de la police, Élie Decazes, mettent sa tête à prix. Ils tentent de soudoyer d'hypothétiques complices de l'ancien conventionnel. Un paysan est condamné à dix-huit ans de prison ferme pour l'avoir hébergé. Après trois années de recherches, il est arrêté, avec son fils, chez un paysan de la région de Cherbourg, le . Selon les informations de la préfecture, Le Carpentier donnait des cours aux jeunes gens des campagnes environnantes et était devenu l'homme de confiance de nombreux paysans. Elle mentionne également un comportement séditieux : « Le Carpentier cherchait à propager dans les cantons où il s'était réfugié de coupables principes et s'efforçait d'inspirer aux crédules habitants qui lui donnaient asile, des alarmes et des inquiétudes sur les intentions du gouvernement du Roi à l'égard des ventes des domaines nationaux, du rétablissement de la dîme, des droits féodaux, […]. » Le préfet de Vanssay, scandalisé ajoute qu'il paraît constant qu'il était l'instigateur des divisions qui ont éclaté dans quelques communes[12],[13]. Condamné à la prison à perpétuité, il meurt dans la prison du Mont-Saint-Michel. Le registre de catholicité de l'ancien député décrit qu'il a été inhumé civilement en présence de plusieurs personnes ; un nota bene écrit : « Cet immondice hideux est mort comme il a vécu »[14].
« Comme il n’a pu donner avant de mourir aucun signe de repentir, il est mort sans sacrements ; il a été enterré civilement. On a cru devoir, avant de livrer aux vers l’hideuse dépouille de ce monstre, lui couper la tête pour l’étudier d’après le système de Gall[15]. » Son corps est enterré dans le cimetière d'Ardevon et son crâne conservé dans un lieu inconnu du Mont-Saint-Michel.
Notes et références
- ↑ René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 247.
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≈1734-1794) et Levigneur, Thomas (≈1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49580t/f523, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 6 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 11 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ « Lettre et proclamation du représentant du peuple Le Carpentier, envoyé en mission à Port-Malo (Ille-et-Vilaine), sur la conspiration de Robespierre, lors de la séance du 28 thermidor an II (15 août 1794) | ARCPA », sur archives-parlementaires.persee.fr (consulté le )
- ↑ AN, F7 6713, dossier Le Carpentier.
- ↑ « Le Constitutionnel : journal du commerce, politique et littéraire », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Archives de la Manche, « Archives 6 Mi 128, Registres de catholicité>Le Mont Saint-Michel, maison centrale, 1820, 1831 » (consulté le ).
- ↑ « Visionneuse - Archives départementales de la Manche », sur www.archives-manche.fr (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799 de Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro.
- La Terreur à Port-Malo d'Étienne Maignen, Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, t.CVIII, 2004.
- La poignée de main du bourreau, de G. Lenotre, chapitre XIV ("Un paria").
- Mémoires de la Terreur, de Sergio Luzzatto, Lyon, Presses Universitaires, 1991.
- Jean Baptiste Lecarpentier, représentant du peuple : délégué par la Convention Nationale dans le Département de la Manche et autres environnants, de Jean-Louis Ménard, Editions des Champs, 2001.