Flamanville (Manche)
commune française du département de la Manche
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Flamanville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 1 639 habitants. Elle est principalement connue pour la centrale nucléaire du même nom.
| Flamanville | |
Le sémaphore. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Intercommunalité | CA du Cotentin |
| Maire Mandat |
Franck Brisset 2023-2026 |
| Code postal | 50340 |
| Code commune | 50184 |
| Démographie | |
| Population municipale |
1 639 hab. (2023 |
| Densité | 227 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 31′ 53″ nord, 1° 51′ 55″ ouest |
| Altitude | Min. 0 m Max. 90 m |
| Superficie | 7,22 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Flamanville (commune-centre) |
| Élections | |
| Départementales | Canton des Pieux |
| Législatives | 3e circonscription de la Manche |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | https://www.flamanville.fr/ |
| modifier |
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Géographie
Localisation
Flamanville est située au sud de la Hague, sur la côte ouest du Cotentin.
Les communes limitrophes sont Les Pieux et Tréauville.
Géologie et relief
Flamanville est bâtie sur un pluton granitique d'âge hercynien[1], qui forme une avancée sur la mer. Il est à l'origine d'une auréole de métamorphisme caractéristique, ce qui en fait un cas d'école du métamorphisme de contact[2],[3]. Le potentiel radon y est important[4].
Dans le Cotentin, on rencontre également le granite hercynien à la pointe de Barfleur.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le cours d'eau 01 de la Cad'Huse, le cours d'eau 01 de la commune des Pieux[5], le fossé 01 de la commune de Flamanville[6], le fossé 01 du Hameau Mocquet[7] et le fossé 02 de la Vieille Forge[8],[9],[Carte 1].
- Réseau hydrographique de Flamanville.
Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le plan d'eau 2 de la Centrale électrique (1,2 ha) et le plan d'eau 3 de la Centrale électrique (1,1 ha)[Carte 1],[10].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[11]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[12]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[13] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[14]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[15],[16].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 955 mm, avec 14,1 jours de précipitations en janvier et 7,2 jours en juillet[11]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gonneville-Le Theil à 31 km à vol d'oiseau[17], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 940,4 mm[18],[19]. La température maximale relevée sur cette station est de 33,7 °C, atteinte le ; la température minimale est de −12,3 °C, atteinte le [Note 1].
Urbanisme
Flamanville s'étale sur une route de plus de trois kilomètres.

Typologie
Au , Flamanville est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[20].
Elle est située hors unité urbaine[I 1].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Flamanville, dont elle est la commune-centre[Note 2],[I 1]. Cette aire, qui regroupe 1 commune, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[21],[22].
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[23]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit[24].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (56,1 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (30 %), terres arables (17,1 %), zones urbanisées (16,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (14,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,2 %), forêts (5,8 %), prairies (4,7 %), zones humides côtières (1,5 %), eaux maritimes (0,3 %)[25].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Lieux-dits, hameaux et écarts
On distingue trois grandes parties : l'ancien village, appelé Caubus, situé au sud du château, la cité de la mine (cité Sainte-Barbe) et le hameau Artu, et le centre bourg, où se trouvent la mairie et l'église, devenu aujourd'hui le cœur de la commune. Le hameau de Diélette, en bord de mer, comprend un port.
Habitat et logement
En 2019, le nombre total de logements dans la commune était de 1 147, alors qu'il était de 1 126 en 2014 et de 994 en 2009[I 2].
Parmi ces logements, 70,8 % étaient des résidences principales, 18,7 % des résidences secondaires et 10,6 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 87,3 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 4,4 % des appartements[I 3].
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Flamanville en 2019 en comparaison avec celle de la Manche et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (18,7 %) supérieure à celle du département (15 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 43,8 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (44,4 % en 2014), contre 63,4 % pour la Manche et 57,5 pour la France entière[I 4].
Énergie
La centrale nucléaire de Flamanville mise en service en 1985 par EDF dispose de deux réacteurs à eau ordinaire sous pression (REP), et d'un troisième prévu pour être le premier réacteur pressurisé européen (EPR) français en 2012. Ce dernier est couplé au réseau électrique national le [26], marquant la fin d'un chantier ayant duré plus de 17 ans[27].
- Le chantier de l'EPR en 2010.
- Un pylône électrique.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Flamenovilla (lire Flamenc-) vers l'an 1000, Flamencvilla entre 1022 et 1026, Flamanvilla en 1192[28].
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -vile (la graphie moderne ville « latinise », alors que normalement -ille se prononce -iye [ij] comme dans fille) dans son sens ancien de « domaine rural ».
L'interprétation exacte du premier élément Flamenc- > Flaman- divise les auteurs :
- soit le nom de personne Flamenc « le Flamand », surnom d'origine ethnique qui s'est perpétué dans le patronyme Flamand / Flamant, commun en Normandie[29] ;
- soit l'ethnique Flamingen (moyen néerlandais Vlamingen) « les Flamands », au sens d'une famille de Flamands[30].
Flamanville (Seine-Maritime) est un homonyme étymologique.
Marie-Thérèse Morlet n'inclut pas Flamanville dans son ouvrage consacré aux noms de personnes dans les noms de lieux[31]. Ernest Nègre a choisi de voir dans le premier élément de Flamanville non pas un anthroponyme, mais simplement un appellatif ethnique évoquant la présence d'une colonie de Flamands, d'où le sens proposé de « domaine rural des Flamands », « ferme des Flamands »[30]. Il existe un nom de personne vieux norrois Flæmingr signifiant également « Flamand »[32], mais qui n'est documenté au Danemark que depuis le XIIIe siècle, les deux communes de Normandie nommées Flamanville se situent dans la zone de diffusion de la toponymie anglo-scandinave.
Histoire
Préhistoire
Des fouilles ont révélé une occupation humaine datée du Mésolithique, environ 7 000 ans[33], sur le site de « l'Onglais ».
Antiquité
Comme dans les communes de Maupertus ou de Réthoville, on a trouvé à Flamanville, en 1833, entre les hameaux de Cabres et de Siautot, quelques coins en bronze, attestant d'une occupation ancienne[34],[35].
Moyen Âge
Au XIIe siècle, la paroisse relève de l'honneur de Néhou, et, elle est tenue par Sarra de Baubigny[36].
En 1201, un accord est passé entre Lehoud de Flamanville et Raoul des Monts, qui réclamait la moitié du moulin de Cantereyne à Flamanville[37].
En 1406, l'abbé de Blanchelande, vend le fief de Flamanville, avec tous les droits et honneurs attachés à cette terre, à Colin Bazan, écuyer de Flamanville, pour le prix de 1 200 écus d'or et un écu pour le vin. Les religieux tenaient ce fief de Robin de Benois, écuyer[38],[Note 3].
Temps modernes
Vers 1483, Jean Bazan est seigneur de Flamanville, et son fief relève de la baronnie d'Orglandes. En 1503, après de longues procédures, il transige avec l'abbaye de Saint-Sauveur et renonce à ses prétentions sur la cure. Il prétendait que son père avait été patron de Flamanville avant 1417, mais que ses titres avaient été détruits pendant les guerres[38].
En 1533 [sic], ses trois fils achetèrent de Jacques de Pouilly, seigneur de Tréauville, une partie du patronage, et l'un d'eux, Jacques Basan, profitant de ce droit, nomma son frère Jean, curé. En réponse, l'abbé de Saint-Sauveur, Guillaume Troussey, nomma aux mêmes fonctions, son frère, Jean Troussey, auparavant curé de Brix. En 1524, Jacques transigea avec Jean Troussey et se désista[38].
En 1567, Jehan Basan, écuyer, sieur d'Amont et d'Aval, est taxé pour ces deux fiefs de 14 livres dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Les fiefs d'Amont et d'Aval à Flamanville valaient chacun un quart de fief de haubert. Le premier relevait de la châtellenie de Saint-Sauveur-le-Vicomte, le second était tenu du roi sous sa châtellenie et vicomté de Valognes[39].
Dans le rôle de la noblesse du grand bailliage du Costentin dressé en 1640 il est noté que Guillaume Basan (1560-1646), seigneur de Flamanville, perçoit 20 000 livres tournois de rente[40]. Son fils, Hervieu Basan (1598-1666), baron de Flamanville, grand bailli de Cotentin, avait épousé Agnès Molé. En 1652, il acquiert le fief de Diélette avec son port[41]. Il fut créé marquis[Note 4], et fit construire l'actuel château inauguré en 1658. Il léguera également une très grosse somme afin d'aider à la construction de la nouvelle église. L'abbé de Saint-Sauveur donna son consentement à cette translation, à condition que l'abbaye ne serait plus tenue à aucune dépense pour l'entretien du chœur de l'ancienne église, qui fut convertie en simple chapelle[38].
Le château passe aux Le Conte de Nonant, aux Bruc, puis en 1820 à la famille de Sesmaisons, qui y implante une exploitation agricole expérimentale. En 1888, il est vendu à Charles Milcent, frère de Louis Milcent, qui le transmet ensuite à son gendre André Rostand (1878-1965).
En 1986, le château, après avoir été la possession d'EDF, qui a construit une centrale nucléaire sur une partie du domaine, est acquis par la commune qui le restaure, et y a fondé depuis 2006 un conservatoire de dahlias (plus de 800 variétés).
Époque contemporaine
Flamanville était, du fait de l'implantation d'une mine de fer sous-marine, un bastion ouvrier dans un bocage conservateur. Au sortir de la guerre, la population porte même un communiste à la mairie.
- Les anciennes mines de fer de Diélette au tout début du XXe siècle
- Les mines : vue générale de la Cabotière.
- La Cabotière.
- Les mines : le puits de la Cabotière.
- Établissement de Cuerfa, à l'horizon le Nez de Jobourg.
- À la mine de la Cabotière, chargement d'un vapeur de minerai (29/7/1914).
- La station électrique de Cuerfa.
Politique et administration
Rattachements administratifs et électoraux
Rattachements administratifs
La commune se trouve depuis 1811 dans l'arrondissement de Cherbourg-Octeville du département de la Manche.
Elle faisait partie depuis 1793 du canton des Pieux[44]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
Rattachements électoraux
Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 d'un nouveau canton des Pieux
Pour l'élection des députés, elle fait partie de la troisième circonscription de la Manche.
Intercommunalité
Flamanville était membre de la communauté de communes des Pieux, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 2002 (et qui succédait au district des Pieux créé en 1978) et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.
Dans le cadre des dispositions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du , qui prévoit que les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre doivent avoir un minimum de 15 000 habitants, cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté d'agglomération du Cotentin dont est désormais membre la commune.
Liste des maires
Équipements et services publics
Enseignement
Le collège de Flamanville, qui porte le nom de Lucien Goubert (Flamanville, 1887 - Rauville-la-Bigot, 1964), artiste peintre[51], né au chemin de la Cad'huse, dans le hameau de Caubus. Il a peint de nombreux paysages mais reste essentiellement connu dans le département.
Population et société
Les habitants de la commune sont appelés les Flamanvillais.
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[52]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[53].
En 2023, la commune comptait 1 639 habitants[Note 11], en évolution de −6,82 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Cultes
L'église est aujourd'hui rattachée à la nouvelle paroisse Saint-Germain (en hommage à Germain à la rouelle qui y aurait débarqué) du doyenné de Cherbourg-Hague[55].
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Camp protohistorique du Castel (900 et )[56], au sommet des falaises.
- Le camp protohistorique du Castel.
- La Pierre au Rey est signalée en 1833 par Le Fillastre et par Ragonde dans leur ouvrage Description des monuments druidiques du département de la Manche. Ce chaos naturel considéré, à tort, comme un dolmen[57] fait l'objet à ce titre d’un classement au titre des monuments historiques par liste de 1862[58].
- Il se remarquait également sur Flamanville d'autres monuments mégalithiques, que les exploitations de granit ont fait disparaître : au lieu nommé le Cotil, aux Castias, au Gros-Nez, près de l'ancienne vigie, et à la Grizelée[35].

Inscrit MH (1930).- Le château construit entre 1654 et 1658[59],[60] est bâti sur les vestiges d'un ancien manoir seigneurial du XIe siècle. Le parc du château de Flamanville contient le jardin des dahlias, constitué de :
- la collection de la commune, qui regroupe 100 variétés de dahlias, dont certains proviennent du parc de la Tête-d'Or de Lyon ;
- la collection du Jardin conservatoire, qui regroupe des dahlias issus des jardins de différents membres de la Société française du dahlia. Ce jardin compte, en 2006, 438 variétés différentes de dahlias, d'origine française, belge, allemande, néerlandaise, américaine… qu'il a pour objectif de sauver de la disparition et de conserver en bon état.

- Centrale nucléaire de Flamanville mise en service en 1985 par EDF (deux réacteurs de 1 300 mégawatts. Un 3e réacteur de 1 650 mégawatts est en construction.
- Mines de fer
- La roche de Flamanville étant riche en fer, une mine sous-marine a fourni du minerai jusqu'en 1962. Elle a fermé en [61].
- Musée de la mine qui retrace l'extraction de minerai de fer à Diélette.
- Ancienne carrière de granite gris[62].

- Le trou Baligan est une faille située au pied du cap de Flamanville, à l'emplacement actuel de la centrale nucléaire. La faille s'enfonçait sur près de deux cents mètres au cœur de la falaise. La mer, en s'y engouffrant, émettait des bruits terrifiants, nourrissant la légende d'un dragon qui terrorisait la population, il y a plus de 1 500 ans. Un jour de l'année 448, saint Germain à la rouelle débarqua d'Irlande et vainquit la bête, symbole du paganisme, convertissant ainsi la population au christianisme. Le monstre resta pétrifié en un bloc de granit, veiné par la rouille du minerai de fer dont la couleur rappelait le sang des innocents sacrifiés.
- Église Saint-Germain à la Rouelle construite de 1669 à 1671 à un kilomètre environ de l'ancien sanctuaire. Jean-René Basan (1654-1715), marquis de Flamanville et lieutenant général des armées du roi est enterré dans le chœur de l'église[63]. À l'intérieur, une belle châsse contient les reliques de sainte Réparate, qui furent découvertes dans les catacombes de Rome, en 1838, et données par le pape Grégoire XVI à la marquise de Sesmaisons qui les a ramenées d'Italie[64]. Dans le mur sud de la nef, pierre tombale d'Agnès Bonnemain, décédée un , avec l'épitaphe gravée, femme de « Jacques de la Chapelle, sieur du dit lieu, bourgeois de Cherbourg, secrétaire de Monseigneur le Marquis de Flamanville », qui portait pour armes, d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux molettes d'éperon de même et d'un croissant d'argent en pointe. La famille de La Chapelle fut reconnue noble en 1523, 1576 [sic], 1566[65]. L'église abrite également des fonts baptismaux du XIIIe et une verrière des XIXe-XXe.
- Ancien sémaphore de la Marine nationale, construit en 1867, a été transformé en restaurant en 1988.
- Port de Diélette. Il porte le nom de l'ancien village de pêcheurs situé au nord du territoire communal. Le port est également en partie sur la commune voisine de Tréauville. Du XVIIe au XXe siècle, le port était spécialisé dans le fret du granit. Devenu port de plaisance, il est ouvert sur les îles Anglo-Normandes[41].
Monuments disparus
- Fort de Diélette. Le 14 prairial an III (), l'aviso le Clairvoyant qui avait appareillé de Carteret afin de chasser un lougre anglais stationné aux Écréhou fut obligé, ainsi que le lougre le républicain, de se réfugier sous le fort de Diélette ; trois autres navires anglais avaient fait route à toutes voiles afin de lui porter assistance[66].
- Ancienne église de Diélette, voisine de la mer, dédiée à Saint-Germain-de-la-Mer[67],[68].
- Elle était primitivement sous le patronage des abbés de Saint-Sauveur. Nous connaissons, par un dossier des archives de Saint-Sauveur, le nom de certains curés de Flamanville : Hugues Lemoine, au temps de la fondation de l'abbaye vers 1080, et son successeur immédiat, Pierre de Grosville. Après lui, l'église fut desservie par des moines jusqu'au concile de Latran. On y retrouve ensuite comme curés, Guillaume de La Hougue vers 1280 ; Raoul du Gal ou Dugail vers 1417 ; Simon Boisard qui résigna au survivant Jean Leproux ; Jean Lemoine, qui obtint ce bénéfice du pape Clément XI, alors qu'il était à Rome à la mort de Jean Leproux en 1444 ; Guillaume Desmoitiers, chapelain de Saint-Pierre et de Saint-Paul, qui permuta avec le précédent ; Jean Delabarre, nommé par le roi en 1490 ; Jean Troussey, en 1522 ; Nicolas Troussey, par résignation de son frère Jean ; Thomas Lebarbanchon, mort peu de temps après sa nomination ; Eustache Lebouet, religieux de Saint-Sauveur, qui obtint du pape le bénéfice per obitum (par mort) et qui fut conservé par son frère, Pierre Lebouet, qui, dans le même temps, se fit nommer par l'abbé de Saint-Sauveur[69]. En 1532, la possession du bénéfice, après un long procès, reste pendante avec Nicolas Passart, nommé par Jean de Bazan, et Pierre Bouet, nommé par l'abbé de Saint-Sauveur[38].
Patrimoine culturel
- Paul Vialar, La Maison sous la mer, roman, éd. Denoël, 1941 La maison sous la mer, c'est le Trou Baligan, grotte naturelle sous la falaise de Flamanville-Dielette. Le site du roman est Flamanville, sa falaise et la mine sous la mer avant que le tout soit détruit pour faire place à la centrale nucléaire.
- Le film La Maison sous la mer, d'Henri Calef a été tourné dans la commune en 1946.
- Alphonse Osbert à Flamanville.
- Diélette, la côte de Jobourg (1890),
collections du Musée d'Orsay. - Falaises à Diélette (1889),
collections du Musée d'Orsay.
Personnalités liées à la commune
- Saint Germain à la rouelle (Ve siècle), saint sauroctone qui a vaincu la Bête du Trou Baligan.
- Jean-Hervé Bazan de Flamanville (château de Flamanville, - Perpignan, ), fils du marquis Hervé de Flamanville. Il entra dans les ordres à Cherbourg, devint vicaire général à Chartres et fut nommé évêque de Perpignan par Louis XIV en 1695, où il mourut en odeur de sainteté[70].
- Henry Moret (1856-1913), Cherbourgeois, peintre français, on lui doit des paysages de Diélette.
- Alphonse Osbert (1857-1939), peintre symboliste français, on lui doit aussi des paysages de Diélette.
Héraldique
Voir aussi
Bibliographie
- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 83.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 202.
- Hugues Plaideux, « Une amitié méconnue : Jean-Jacques Rousseau et le marquis de Flamanville », dans Revue de la Manche, t. 39, fasc. 155, .
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.

