Cherbourg-en-Cotentin

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Cherbourg-en-Cotentin
Cherbourg-en-Cotentin
Vue aérienne de Cherbourg (2006).
Blason de
Blason
Image illustrative de l’article Cherbourg-en-Cotentin
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
(sous-préfecture)
Arrondissement Cherbourg
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Cotentin
(siège)
Maire
Mandat
Camille Margueritte
2026-2032
Code postal 50100, 50110, 50120, 50130, 50460 et 50470
Code commune 50129[1]
Démographie
Gentilé Cherbourgeois
Population
municipale
78 258 hab. (2023)
Densité 1 142 hab./km2
Population
unité urbaine
81 260 hab. (2023)
Géographie
Coordonnées 49° 38′ 20″ nord, 1° 37′ 30″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 178 m
Superficie 68,54 km2
Type Grand centre urbain
Unité urbaine Cherbourg-en-Cotentin
(ville-centre)
Aire d'attraction Cherbourg-en-Cotentin
(commune-centre)
Élections
Départementales Cantons de Cherbourg-en-Cotentin-1, Cherbourg-en-Cotentin-2, Cherbourg-en-Cotentin-3, Cherbourg-en-Cotentin-4 et Cherbourg-en-Cotentin-5
(bureau centralisateur)
Canton de la Hague
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Cherbourg-en-Cotentin
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Cherbourg-en-Cotentin
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Cherbourg-en-Cotentin
Liens
Site web cherbourg.fr

Cherbourg-en-Cotentin est une commune française située dans le département de la Manche en région Normandie, au nord de la péninsule du Cotentin. Peuplée de 78 258 habitants[Note 1], elle est une ville portuaire, possédant la plus grande rade artificielle d'Europe et la deuxième au monde[2]. Elle est aussi, avec les villes d'Avranches et de Coutances, l'une des trois sous-préfectures du département de la Manche et également la préfecture maritime de la Manche et la mer du Nord. La commune est généralement appelée Cherbourg, du nom de son principal et plus ancien pôle urbain.

Elle est constituée en tant que commune le [3], par la réunion des cinq communes membres de la communauté urbaine de Cherbourg, sous le statut de commune nouvelle : Cherbourg-Octeville (elle-même issue de la fusion des communes de Cherbourg et Octeville le ), Équeurdreville-Hainneville (issue de la fusion des communes d'Équeurdreville et Hainneville en 1965), La Glacerie, Querqueville et Tourlaville.

Situation

Représentations cartographiques de la commune
Mairie
Carte OpenStreetMap
Carte OpenStreetMap
Carte topographique
Carte topographique
Avec les communes environnantes
Avec les communes environnantes
1 : carte dynamique ; 2 : carte OpenStreetMap ; 3 : carte topographique ; 4 : avec les communes environnantes.

Cherbourg-en-Cotentin fait partie des 303 communes françaises identifiées comme gravement menacées par la montée des eaux[4], en raison du réchauffement climatique[5],[6].

La ville est située au nord de la presqu'île du Cotentin, en bordure de la Manche.

À peu près au milieu des côtes septentrionales de la presqu'île du Cotentin, à l'embouchure de la Divette et au fond de la baie comprise entre le cap Lévi à l'est et le cap de la Hague à l’ouest, Cherbourg-en-Cotentin est distante de 120 kilomètres des côtes anglaises. Elle est la plus grande ville du département de la Manche avec près de 80 000 habitants.

À quelques kilomètres à l'ouest, Flottemanville-Hague constitue l'un des vingt-trois points du Réseau de référence français[7].

Les grandes villes françaises les plus proches sont (Distance à vol d'oiseau) :

Rose des vents Manche Manche Manche Rose des vents
Manche N Le Havre (126 km[8])
Rouen (198 km[9])
O    Cherbourg-en-Cotentin    E
S
Brest (251 km[10]) Rennes (170 km[11])
Angers (253 km[12])
Nantes (270 km[13])
Caen (104 km[14])
Le Mans (225 km[15])
Paris (302 km[16])
Tours (302 km[17])
Orléans (323 km[18])

Cherbourg se trouve également à 68 km de Saint-Lô, la préfecture du département de la Manche[19], et à 113 km de Saint-Malo[20].

Cherbourg et Octeville-sur-Cherbourg appartenaient autrefois au doyenné de la Hague, délimité par la Divette. En 1786, une partie d’Équeurdreville est jointe à Cherbourg, lors de la construction du port, puis en 1802, une portion d'Octeville. Depuis 1811, les « mielles » de Tourlaville, commune du doyenné de Saire, sont intégrées au territoire cherbourgeois sous le nom du quartier du Val-de-Saire où ont été construits l’hôpital Pasteur et l'église Saint-Clément[21]. Ainsi, Cherbourg-en-Cotentin se trouve à la fois dans la Hague et dans le Val de Saire[22].

Comme l'ensemble Chantereyne et le terre-plein des Mielles, le territoire cherbourgeois a été gagné sur la mer. Construite au niveau de la mer, la ville s'est développée au pied de la montagne du Roule (point culminant de la commune déléguée de Cherbourg-Octeville) et de la Fauconnière. Octeville est une ancienne commune rurale, composée de hameaux, dont le bourg s'est étendu à partir du XIXe siècle et dont le territoire s'est fortement urbanisé depuis 1950, en particulier autour de la ZUP des Provinces et du site universitaire.

Concernant les autres communes déléguées :

  • Équeurdreville-Hainneville : la ville est située à l'ouest de Cherbourg-Octeville et de son arsenal. Elle est traversée en son centre par le ruisseau de la Bonde qui forme une petite vallée. Elle est bordée au nord par la mer avec la baie de Sainte-Anne. À l'ouest, la commune est limitrophe de l'autre commune déléguée de Querqueville, dont la limite est matérialisée par le ruisseau du Lucas, et de Tonneville, dont la limite se trouve le long du Rouland, affluent du Lucas. Au sud, la ville est mitoyenne de Flottemanville-Hague et de Nouainville. D'autres ruisseaux (ruisseau du Fay, le Vaublat…) creusent également des sillons, créant des vaux et des encaissements. Équeurdreville-Hainneville est donc assez escarpée par endroits et l'altitude monte rapidement. Au nord, le rivage est tantôt de roche escarpée, tantôt de plage comme la Saline ;
  • La Glacerie : la commune est située au sud-est de Cherbourg-Octeville. Traversée par les vallées du Trottebec et de la Divette, la commune est fortement urbanisée aux abords de l'ancien tracé de la route nationale 13, mais encore rurale autour du village de la Verrerie, anciennement village de l'Église ;
  • Querqueville : située à l'ouest de Cherbourg et d'Équeurdreville-Hainneville, le point culminant de cette commune déléguée (115 m) se situe en limite sud, près du lieu-dit la Grisetterie. La commune est littorale sur km ;
  • Tourlaville : située aux portes du Val de Saire, Tourlaville fait partie de la communauté urbaine de Cherbourg (CUC), banlieue est du chef-lieu d'arrondissement. La ville est située en bordure de mer, en majeure partie au sein de la grande rade de Cherbourg, à 2,5 km à l'est du centre-ville de Cherbourg et à 15 km à l'ouest de Saint-Pierre-Église.
Cherbourg-en-Cotentin et ses communes déléguées.

Communes limitrophes

Géologie

Le Roule vu du bassin de commerce.

Situé à l'extrémité du Massif armoricain, Cherbourg-en Cotentin conserve les traces de la formation, sur les granites déformés et schistes métamorphiques du Précambrien, de la chaîne hercynienne par le plissement des arkoses du Cambrien et des schistes et grès armoricains de l'Ordovicien. Ces plis se traduisent par des couches de grès inclinées de 45° vers le nord-est, sur la roche Fauconnière (dont « la Roche qui pend ») et la montagne du Roule[23]. Ces deux falaises mortes sont dues à l'érosion maritime au Quaternaire. Le retrait de la mer a ensuite laissé la place à des cordons dunaires et des marais arrière-littoraux, détruits par l’urbanisation des XVIIe et XIXe siècles, identiques à ceux de Collignon à Tourlaville[24].

Ces roches présentes dans les sols ont été exploitées au cours des siècles dans plusieurs carrières : le granite écrasé extrait à Querqueville et les arkoses du Becquet ont été utilisés pour la confection de moellons et de blocs équarris pour linteau. Les schistes verts, dont la couleur provient de la chlorite et la séricite, sont essentiellement exploités en couvertures dans le Nord-Cotentin, mais aussi en maçonnerie à Cherbourg. Le grès armoricain de la montagne du Roule sert aux moellons et à l'enrochement. La plupart des nombreuses carrières ouvertes dans l’agglomération pour les travaux de la digue sont aujourd'hui fermées[24].

Le fond de la rade de Cherbourg se compose de schistes du Néoprotérozoïque[25].

Dans la région de Cherbourg, on rencontre Ctenodonta bussacensis, de la classe des mollusques, rapporté à l'Ordovicien[26].

Hydrographie

Bordée par la mer, Cherbourg est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Divette, le Trottebec, le ruisseau Lucas[27], le Vaublet[28], un bras de Trottebec[29], le cours d'eau 01 de la Fontaine Orange[30], le cours d'eau 01 des Traines[31], le cours d'eau 01 du Bas des Traines[32], le cours d'eau 01 du Hameau Potier[33], le cours d'eau 01 du Pain Sucré[34], le cours d'eau 01 du Piton[35], le cours d'eau 01 du Vieux Moulin[36], le cours d'eau 02 de la commune d'Equeurdreville-Hainneville[37], la Divette[38], le fossé 01 de la Source des Roches[39], le fossé 01 du Bas des Cables[40], le fossé 02 de la Moulinerie[41], le fossé 03 de la commune de Querqueville[42], le fossé 04 des Costils[43], le Merderet[44], le Nardouet[45], le ruisseau du Fay[46] et divers autres petits cours d'eau[47],[Carte 1].

La construction du port du commerce, à partir de 1769, s'est accompagnée du détournement de la Divette (dont l'embouchure se situait au niveau de l’actuelle sortie du port Chantereyne) et du Trottebec (depuis le territoire de Tourlaville) réunis dans le canal de retenue, le long de l’avenue de Paris et de la rue du Val-de-Saire. Ce cours d'eau, d'une longueur de 28 km, prend sa source dans la commune de Bricquebosq et se jette dans la Manche dans la commune, après avoir traversé huit communes[48]. Les caractéristiques hydrologiques de la Divette sont données par la station hydrologique située dans la commune. Le débit moyen mensuel est de 1,67 m3/s[Note 2]. Le débit moyen journalier maximum est de 34,9 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 47,5 m3/s, atteint le même jour[49].

Le Trottebec, d'une longueur de 14 km, prend sa source dans la commune de Brix et se jette dans la Divette dans la commune, après avoir traversé quatre communes[50]. Les caractéristiques hydrologiques du Trottebec sont données par la station hydrologique située dans la commune. Le débit moyen mensuel est de 0,299 m3/s[Note 3]. Le débit moyen journalier maximum est de 5,43 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 9,32 m3/s, atteint le [51].

Le ruisseau de la Bucaille et celui du Fay qui arrosait la Croûte du Homet au XVIIIe siècle[52] ont disparu lors de la construction du port militaire.

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Cherbourg-en-Cotentin[Note 4].

Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le bassin Portuaire de la commune de Cherbourg, d'une superficie totale de 278,1 ha (24,2 ha dans la commune), le plan d'eau de la commune de Tourlaville (1 ha) et l'étang du Bu (0,1 ha)[Carte 1],[53].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[54]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[55]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[56] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[57]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[58],[59].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 10,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 925 mm, avec 14,2 jours de précipitations en janvier et 6,7 jours en juillet[54]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gonneville-Le Theil à 11 km à vol d'oiseau[60], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 940,4 mm[61],[62]. La température maximale relevée sur cette station est de 33,7 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −12,3 °C, atteinte le [Note 5].

Statistiques 1991-2020 et records station CHERBOURG-HOMET (50) - alt : 19 m, Situation : 49° 39′ 35″ N, 1° 37′ 59″ O
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Record de chaleur (°C)
date du record
16,5
09.1998
19,8
23.1990
22,6
17.1990
25,2
21.1984
29,5
27.2005
32,2
20.1998
31
22.1996
34,2
01.2013
31,4
02.1984
30
01.2011
19,4
06.1992
16
16.1989
34,2
2013
Température maximale moyenne (°C) 9,4 9,4 11,1 12,9 15,4 18,4 20,2 20,7 19 16,2 12,6 10 14,6
Température moyenne (°C) 7,4 7,3 8,7 10,2 12,7 15,4 17,3 17,9 16,4 13,8 10,5 8 12,1
Température minimale moyenne (°C) 5,4 5,1 6,3 7,5 9,9 12,4 14,5 15,1 13,8 11,5 8,5 6 9,7
Record de froid (°C)
date du record
−8,6
12.1987
−8
08.1991
−1
20.1985
0,6
01.1970
0,6
03.1979
5,8
09.1989
9
04.1984
9,2
23.1979
6,4
12.1975
1,5
28.2003
−3,5
22.1998
−4,8
01.1978
−8,6
1987
Précipitations (mm) 105,4 80,5 65,8 63,2 54,8 51,8 48,4 51,7 66,6 115,1 121,6 139 963,9
≥ 1 mm (jours) 14,5 11,6 9,7 10,1 8,3 8,2 8,3 8,3 9,4 14,5 15,9 16,2 134,8
≥ 5 mm (jours) 7,3 5,7 4,5 4,9 4 3,1 3,4 3,1 4,3 7,6 9,2 9,5 66,6
≥ 10 mm (jours) 3,4 2,3 2,1 2,1 1,6 1,4 1,2 1,5 1,8 4 4,5 4,7 30,6
Source : « Fiche 50129001 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, edité le : 06/04/2026 dans l'état de la base (consulté le )
9,4
5,4
105,4
J
9,4
5,1
80,5
F
11,1
6,3
65,8
M
12,9
7,5
63,2
A
15,4
9,9
54,8
M
18,4
12,4
51,8
J
20,2
14,5
48,4
J
20,7
15,1
51,7
A
19
13,8
66,6
S
16,2
11,5
115,1
O
12,6
8,5
121,6
N
10
6
139
D
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Urbanisme

Typologie

Cherbourg-en-Cotentin est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 6],[63],[64],[65].

Elle appartient à l'unité urbaine de Cherbourg-en-Cotentin, une agglomération intra-départementale regroupant trois communes[66] et 81 989 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[67],[68].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cherbourg-en-Cotentin, dont elle est la commune-centre[Note 7]. Cette aire, qui regroupe 77 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[69],[70].

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[71]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit[72],[73].

Voies de communication et transports

Voies routières

Historiquement, Cherbourg-en-Cotentin est le terminal ouest de la route nationale 13 qui traversait la ville par les « Rouges Terres » et l’avenue de Paris, depuis La Glacerie. Dans les années 1990, une déviation de la nationale, désormais route européenne 3 et 46, a renvoyé le trafic par La Glacerie et Tourlaville sur un axe à trois voies de La Glacerie au rond-point de Penesme à Tourlaville puis à 2 × 2 voies jusqu'au rond-point dit de la Pyrotechnie. Cet ensemble routier constitue la rocade Est de Cherbourg, évoquée plus en détail au paragraphe suivant. Le tracé historique entrant dans Cherbourg, déclassé depuis 2006, a depuis été renommé route nationale 2013. Il s'agit désormais de la pénétrante principale de Cherbourg-en-Cotentin.

L’ancienne route nationale 801 (reclassée en D 901), qui relie le cap de la Hague à Barfleur, traverse la ville d'est en ouest sous forme d'un boulevard urbain à 2 × 2 voies.

Après l’achèvement du contournement est de l’agglomération, le projet de contournement ouest est à l'étude, et un « fuseau » correspondant au futur tracé définitif a été retenu. De même, la mise à 2 × 2 voies de l’accès à l’aéroport de Cherbourg - Manche est envisagée.

La D 650 permet de relier Cherbourg à la côte ouest du Cotentin. Au départ de Cherbourg, la D 650 prend la direction sud-ouest pour rejoindre Les Pieux puis longe pour rejoindre la Côte des Isles jusqu'à Barneville-Carteret. À l’approche de Cherbourg, cette départementale a fait l'objet, ces dernières années, de nombreux aménagements (ronds-points, feux tricolores, aménagement urbain) du fait de la rurbanisation des communes traversées.

Avec l’attribution du statut d’autoroute à la RN 13 en 2006, les travaux de mise aux normes autoroutières entre Cherbourg et Caen sont engagés pour dix ans[74]. Les travaux d’aménagement de la RN 13 à l'entrée de l’agglomération cherbourgeoise (lieu-dit Virage des Chèvres) ont été achevés au début 2009.

Rocade de Cherbourg

La partie terminale de la nationale 13 reliant la commune déléguée de La Glacerie au port de Cherbourg en contournant Cherbourg par l'est constitue une rocade, autrement appelée contournement Est de Cherbourg.
Il est constitué de 3 tronçons principaux : l'Axe Nord-Sud, constitué d'alternances à 2 et 1 voies, puis la déviation Est de Tourlaville et le Barreau des Flamands à 2 × 2 voies, pour une longueur totale de 11,2 kilomètres.

Après l’achèvement du contournement Est de l’agglomération, le projet de contournement ouest est à l'étude depuis 1992, et un « fuseau » correspondant au futur tracé définitif a été retenu. De même, la mise à 2 × 2 voies de l’accès à l’aéroport de Maupertus a été évoquée.

Transports maritimes

Le ferry Normandie Express à Cherbourg.

Le port de Cherbourg est approprié pour les liaisons maritimes, particulièrement depuis la construction de la grande rade qui a permis un accès plus large et sûr. Essentiellement port militaire, Cherbourg a développé, au cours des derniers siècles, un commerce de marchandises et de passagers avec l’Angleterre et les Antilles, puis vers l’Amérique.

Aujourd'hui, le Royaume-Uni et l’Irlande sont régulièrement desservis :

Le port accueille une trentaine de paquebots par an dont les plus gros, grâce à un terminal croisière aménagé en 2006 dans la gare maritime transatlantique inaugurée en 1933. Régulièrement, certains paquebots initialement prévus pour une autre destination se réfugient dans le port pour se protéger des fréquentes tempêtes.

Lors de la construction des prototypes de Concorde dans les années 1960, certains tronçons construits au Royaume-Uni ont transité en ferry par Cherbourg pour rallier Toulouse.

Transport ferroviaire

La ligne Paris-Cherbourg de SNCF Réseau se termine à la gare de Cherbourg, inaugurée en 1858, qui accueille chaque année un million de voyageurs[75]. Cette ligne allait, au début du XXe siècle, jusqu'à la station balnéaire d’Urville-Hague et était complétée par le « tue-vaques » qui desservait depuis Cherbourg le Val de Saire entre 1911 et 1950. Aujourd'hui, la ligne Intercités Paris-Caen-Cherbourg est la plus rentable de sa catégorie avec un bénéfice de plus de 10 millions d'euros annuels malgré de nombreux incidents et retards[76]. Chaque jour, plusieurs dizaines de TER et Intercités assurent des liaisons directes avec Lisieux, Caen, et Paris-Saint-Lazare en trois heures en moyenne[77].

De à , une liaison TGV Cherbourg-Dijon, via Mantes-la-Jolie et Roissy TGV, à raison d'un aller-retour quotidien, créée à titre expérimental pour trois ans, a permis aux Cherbourgeois d'accéder directement par voie ferrée au premier aéroport français. L'expérimentation a cessé prématurément, le seuil minimum de fréquentation n'ayant pas été atteint[78].

Pour renforcer la part du fret ferroviaire dans le transport de marchandises, la France développe deux nouvelles autoroutes ferroviaires, à savoir Cherbourg-en-Cotentin Bayonne (ainsi que Calais Sète)[79].

Transports urbains

Un bus du réseau Zéphir Bus de Cherbourg.

La Compagnie des transports de Cherbourg (CTC) a été créée en 1896, reliant par un tramway la place de Tourlaville et la place du Château à Cherbourg, puis jusqu'à Urville. Après l’occupation allemande et le bombardement du dépôt de tramways, les bus prennent la succession, et il faut attendre 1962 pour que le réseau dispose de plusieurs lignes. À partir de 1976, la communauté urbaine de Cherbourg prend en charge la compétence des transports en commun. Gérée en délégation de service public par Keolis, la CTC prend le nom de Zéphir Bus en 1991[80].

Le maillage couvre l'ensemble de l’agglomération. Depuis quelques années, un service de bus de nuit a également été créé.

Cherbourg-en-Cotentin est également desservie par les cars départementaux du réseau Manéo jusqu'en 2021.

En , Zéphir Bus et Manéo deviennent Cap Cotentin , un nouveau réseau de bus reprenant les lignes de Cherbourg-en-Cotentin, et desservant toute la communauté d'agglomération du Cotentin.

À la création de Cap Cotentin est lancé le projet de Bus nouvelle génération, visant à créer des voies de bus ainsi que de nouvelles pistes cyclables et des parvis piétons sur de nombreuses rues de la commune de Cherbourg-en-Cotentin. Des travaux sont réalisés pour créer des voies réservées aux bus ainsi que des pistes cyclables, et un parvis piéton est installé à la gare SNCF. Des stations multimodales sont également installées en entrées de ville[81].

Le projet de Bus nouvelle génération fait beaucoup réagir. En effet, les travaux nuisent énormément à la circulation, provocant des embouteillages aux heures de pointe. Aussi, des associations se sont opposées au retrait des arbres de la rue de l'Abbaye, même si les élus ont assuré qu'ils seront replantés ailleurs et qu'il y aura plus d'arbres qu'auparavant dans la commune[réf. nécessaire][pertinence contestée].

Aéroport

L'aéroport de Cherbourg - Manche dessert la ville. Sa piste de 2 440 mètres accueille des vols charters. Après l'arrêt, au printemps 2008, de la liaison quotidienne vers Paris assurée par la compagnie Twin Jet, une nouvelle liaison vers Caen et Paris a démarré le avec Chalair Aviation[82].

Avec 40 500 passagers en 2007, l'aéroport a perdu 30 % de ses passagers commerciaux et 10 % de son trafic total sur une année[83].

Toponymie

Cherbourg

Le nom de la localité est mentionné sur la table de Peutinger vers 365, dans l’Itinéraire d'Antonin et la Gesta de Fontenelle en 747-753 sous la forme latinisée [In pago] Coriovall[inse] 747-753, Coriallo, latinisée ensuite en Coriallum. Ensuite, cette forme disparaît pour Carusburg [Castellum] en 1026-1027 (Fauroux 58), puis Carisburg en 1056-1066 (Fauroux 214), Cesaris burgus en 1042, Chiersburg vers 1070 (Guillaume de Jumièges), Kiares buhr en 1091, Carusburc au XIe siècle, Chiesrecborc, Chierbourg au XIIe siècle, Chieresburg vers 1175 (Wace, Roman de Rou)[84].

Une onomastique médiévale fantaisiste s'est efforcée de rapprocher le nom réel de la ville du latin Caesaris burgus (Cœsariburgum) « bourg de César » afin d'en attribuer la fondation à Jules César[85].

En réalité la forme antique est Coriallo et -burg n'apparaît qu'au XIe siècle. Coriallo est la forme contractée de Coriovallu(m), hybride gallo-latin composés des éléments celtique corio « armée » et latin vallum désignant à l'origine un type de palissade romain, puis ayant pris le sens de « fortification, bourg fortifié » (emprunté par le germanique sous la forme wall-). Il a été remplacé par le germanique burg de sens analogue.

Ce second élément -bourg (anciennement -burc, -burg) est un appellatif d'origine pangermanique bien connu qui a servi à former plusieurs toponymes en Normandie, tout comme au nord et à l'est de la France. Ailleurs, il est inexistant en composition.

Dans le cas normand, il peut avoir une origine saxonne (ex: les différents Cabourg) ou anglo-saxonne (ex : Wambourg, nom ancien de Saint-Aubin-sur-Quillebeuf), cette hypothèse a aussi été formulée pour Cherbourg[86],[84]. En revanche, quelques auteurs considèrent que -bourg représente dans ce cas l'ancien scandinave -borg, alors que seule une forme de 1062 dans une copie du XVIIIe siècle Ceresbroch (lire Ceresborch) pourrait le laisser penser.

Dans la perspective d'un -bourg saxon ou anglo-saxon, le premier élément Chier(s)- peut représenter le vieil anglais chiriche (graphie ċiriċe) « église » où l'élément final -iċe [tʃ] s'est réduit à [s], comme pour le nom de la commune de Chirbury, dans le comté de Shropshire (Angleterre), attesté sous la forme Chirichburig en 915, puis Chiresbir en 1226[84]. Le sens global serait donc celui de « village de l'église ».

En revanche, si -bourg est issu de l'ancien scandinave -borg, le premier élément s'interprète différemment par l'ancien scandinave, c'est-à-dire kjarr « marais », d'où le sens global de « forteresse du marais »[87]. L'élément kjarr se retrouve par ailleurs en Normandie dans Villequier et Orcher. La principale faiblesse de cette thèse est d'ordre phonétique, en effet le [s] avant le [b] de -burg dans les formes anciennes est récurrent. En outre, une lecture rapide pourrait laisser penser que Carus-, Caris- des formes les plus anciennes représente kjarr, alors qu'il s'agit vraisemblablement de latinisations à partir de l'ancien français chiers cas sujet masculin et cas régime pluriel de chier « cher », terme issu du latin carus « cher », caris (datif et ablatif pluriel).

Cotentin

Le Cotentin est une région naturelle correspondant globalement aux limites de l'ancien pays normand du même nom autrefois appelé Pagus Constantiensis (pays de Coutances), ce qui explique l'ancienne graphie Costentin telle que put l'employer Wace dans son roman de Rou[88].

Histoire de Cherbourg

Antiquité

Le Cotentin, conquis par Quintus Titurius Sabinus en [89], est divisé entre le pagus constantiensis comté de Coutances ») et le pagus coriovallensis comté de Coriallo »), au sein de la Deuxième Lyonnaise.

Coriallo abrite une petite garnison et un castrum édifié sur la rive gauche de la Divette comme élément du Litus Saxonicum, après les premiers raids saxons de la fin du IIIe siècle. La forteresse romaine se trouvait sous l'actuel parking Notre-Dame et les immeubles qui le bordent, contrôlant ainsi l'ancienne embouchure de la Divette. Lors de fouilles fut mis au jour le tracé des remparts aux murs d'environ 1,50 m d'épaisseur, délimitant une surface trapézoïdale d'environ 1 ha. C'est ainsi qu'en 1977, au bord de la rue Notre-Dame, ont été vues, avant leur destruction pour la construction d'un immeuble, des portions de murs et d'une tour, construites en petit appareil calcaire et joint de mortier au tuileau. En 2019, lors du diagnostic archéologique sur le parking, on observa les puissantes fondations d'un bâtiment de type grenier à blé ou logement de l'armée[90].

Moyen Âge : une place forte

Vue de Cherbourg au XVIIe siècle.
Plan de Cherbourg et du château démoli en 1689.

Le haut Moyen Âge (496-911)

En 497, le bourg est cédé avec l'ensemble de l'Armorique à Clovis. Elle est évangélisée par saint Éreptiole en 432, puis par saint Exuperat, saint Léonicien, et enfin saint Scubilion, en 555[91]. En 870, saint Clair, débarquant du Kent, est ordonné prêtre à Cherbourg et établit un ermitage dans la forêt environnante[92].

Après plusieurs pillages par les Vikings au IXe siècle, Cherbourg est rattachée au duché de Normandie avec le Cotentin, en 933, par Guillaume Longue-Épée. Le roi danois Harald s'y installe en 946.

La Normandie ducale (911-1204)

Face aux menaces anglaises[Quoi ?], Richard III de Normandie renforce les fortifications du château en même temps que celles des autres grandes places fortes du Cotentin. En 1053, la cité est l'une des quatre principales cités du duché à recevoir de Guillaume le Conquérant une rente à perpétuité pour l'entretien de cent démunis[93].

Dans la lutte de succession de la couronne anglo-normande, Cherbourg assiégée se rend en 1139 après deux mois de siège aux troupes Étienne de Blois avant d'être reprise en 1142 par Geoffroy d'Anjou, dont l'épouse, Mathilde l'Emperesse, fonde trois ans plus tard l’abbaye du Vœu[92]. Les abbés du Vœu seront baron de Cherbourg, Sainte-Geneviève et de Neuville[94].

Lors de la conquête du duché de Normandie par Philippe Auguste, Cherbourg tombe sans combattre en 1204. La ville est saccagée en 1284 et 1293, l’abbaye et l'Hôtel-Dieu pillés et incendiés, mais le château, où la population est retranchée, résiste. À la suite de ces ravages, Philippe le Bel fait fortifier la cité en 1300[92].

De la Normandie capétienne à celle des Valois (1204-1515)

Par sa position stratégique, à la fois clé du royaume avec Calais pour les Français et tête de pont de l’invasion pour les Anglais, la ville est très disputée durant la guerre de Cent Ans. Disposant de l’un des plus forts châteaux du monde selon Froissart, elle change six fois de mains à la suite de transactions ou de sièges, jamais par les armes. La forteresse résiste en 1346 aux soldats d’Édouard III.

En , par le traité de Mantes, Cherbourg est cédée par Jean le Bon à Charles II de Navarre, dit le Mauvais, avec l'essentiel du Cotentin[95]. La ville sera navarraise de 1354 à 1378, et Charles II séjournera à Cherbourg à plusieurs reprises. La place a pour capitaine, un Navarrais, Ferrando d'Ayenz[96]. En 1378, la ville sera assiégée par Charles V comme le reste des possessions normandes du roi de Navarre, mais en vain. Les troupes navarraises qui avaient reflué du comté d'Évreux et du clos du Cotentin s'étaient retranchées dans Cherbourg, déjà difficilement prenable, et la défendirent contre les attaques françaises[97]. En , ayant perdu pied en Normandie, Charles II de Navarre loua Cherbourg en 1378 à Richard II d'Angleterre pour une durée de trois ans. Bertrand du Guesclin l'assiégea pendant six mois à l'aide de nombreuses machines de guerre, mais abandonna le siège en [98]. Le roi d'Angleterre refusa ensuite de restituer la ville aux Navarrais, malgré les efforts de Charles II. Ce n'est que son fils Charles le Noble qui la récupéra en 1393. Celui-ci la restitua en 1404 à Charles VI de France, en échange du duché de Nemours[99].

Tombée en 1418 aux mains des Anglais, Cherbourg, dernière possession anglaise du duché de Normandie après la bataille de Formigny, est libérée le [92].

La Renaissance (1515-1610)

Le , Cherbourg reçoit en grande pompe la visite de François Ier et du dauphin[92]. À cette époque, Cherbourg nous est décrite par Gilles de Gouberville comme une ville fortifiée de 4 000 habitants, protégée par des ponts-levis aux trois portes principales, gardées en permanence et fermées du coucher du soleil jusqu’à l’aube. À l’intérieur des remparts, le château, lui-même protégé par de larges fossés et muni d’un donjon et de douze tours, occupait le sud-est de la ville. À l'extérieur et au sud des remparts, le faubourg, le long de la Divette, était fréquenté par les matelots[100].

Cherbourg n'est pas touchée par le vent de la Réforme qui divise la Normandie, consolidé et fortement gardé par Matignon, qu'Henri III remercie de sa défense contre les troupes de Montgomery, en le nommant lieutenant-général de Normandie et gouverneur de Cherbourg en 1578, puis maréchal l’année suivante. Les bourgeois demeurent également fidèles à Henri III puis Henri IV, quand la Normandie est majoritairement tenue par la Ligue catholique[92].

XVIIe – XIXe siècle : naissance d’un port militaire

Plan de la ville et du château de Cherbourg.
Jacques Gomboust (1657).
Transbordement des cendres de Napoléon Ier, Léon Morel-Fatio, 1841.
Digue de l’Ouest, dite « de Querqueville ».
Cherbourg vue du Roule vers 1895.

Le temps de l'absolutisme (1610-1789)

Pour compléter les deux ports d’envergure que sont Brest sur l’Atlantique et Toulon sur la Méditerranée, Louis XIV désire édifier un nouveau port sur les côtes de la Manche, face à l’Angleterre, afin d’héberger les navires de passage. Vauban propose en 1686 de renforcer la fortification de Cherbourg et fermer la rade de Cherbourg par deux digues, mais privilégie la Hougue pour l'établissement d'un port militaire d'envergure[101]. Les travaux de fortifications et d’aménagement du château débutent l’année suivante mais sont arrêtés par le Roi en , influencé par Louvois et par crainte des attaques anglaises[102]. En l'absence de ces fortifications, la population cherbourgeoise assiste impuissante à la destruction des trois navires commandés par l’amiral de Tourville au terme de la bataille de la Hougue[102].

Le port de commerce creusé au niveau actuel de la place Divette entre 1739 et 1742, est dévasté en par une attaque anglaise sous les ordres du général Bligh et l’amiral Howe[92]. Avec l'aménagement d'un nouveau bassin du commerce en 1769, Cherbourg – depuis longtemps port commercial de faible importance, ville sans université ni activité culturelle, régulièrement pillée, aux faibles relations avec Paris – acquiert un poids essentiel dans le Cotentin qui se traduit, à la veille de la Révolution française, par la création de réseaux de sociabilités par les bourgeois réunis en associations – comme la Société royale académique de Cherbourg en 1755 et la loge « la Fidèle maçonne ». La population passe de 800 feux (4 000 habitants) à Cherbourg et 95 à Octeville, vers 1715, à 7 300 Cherbourgeois en 1778[103].

Louis XVI décide de relancer le projet d'un port sur la Manche. Après plusieurs hésitations, il est décidé en 1779 de construire une digue de 4 kilomètres de long entre l’île Pelée et la pointe de Querqueville, selon une méthode mise au point par Louis-Alexandre de Cessart, d'un môle de 90 cônes de bois de 20 m sur 20, remplis de pierres liées au mortier, reliés par des chaînes de fer. Le premier cône est immergé le , et le Roi assiste le à la mise à l'eau du neuvième cône. Mais la technique ne résiste pas aux tempêtes, et elle est abandonnée en 1788 au profit du sabordage de vieux navires de guerre et un enrochement à pierres perdues qu'avait vanté La Bretonnière. Mais la réduction des subsides et les événements révolutionnaires ralentissent les travaux, jusqu'à leur suspension en 1792.

Le XIXe siècle

Le premier Consul Bonaparte veut faire de Cherbourg un des ports militaires principaux, visant l’invasion du Royaume-Uni. Il charge l'ingénieur Joseph Cachin de la reprise des travaux de la digue, du creusement de l’avant-port militaire, et de la construction du nouvel arsenal. Après une visite en 1811, Napoléon fait de Cherbourg une préfecture maritime, un chef-lieu d’arrondissement de la Manche et le siège d’un tribunal de première instance.

Les travaux de la digue centrale, interrompus à nouveau entre 1813 et 1832, s'achèvent en 1853, sous la direction de l'ingénieur Anatole Richard, ceux des digues de l’Ouest et de l’Est en 1895. Les bassins Charles X (commencé en 1814 — 290 × 220 × 18 mètres) et Napoléon III (commencé en 1836 — 420 × 200 × 18 mètres) du port militaire sont respectivement inaugurés le en présence du Dauphin, et le par le couple impérial. Les travaux de la digue sont conclus par la construction de la petite rade (digue du Homet, 1899-1914, et digue des Flamands, 1921-1922).

Jules Noël : Napoléon III reçoit la reine Victoria à Cherbourg, 5 août 1858 (1859, National Maritime Museum, Londres).

Les travaux du port entraînent une densification et un étalement de Cherbourg qui se modernise et s'équipe, tandis que les entrepreneurs, armateurs et commerçants locaux s’enrichissent. Village rural à l’habitat dispersé en hameaux constitués autour de grosses fermes (La Crespinière, La Prévallerie, Grimesnil, La Gamacherie…), reliés entre eux et à l’église Saint-Martin par un réseau de chemins, Octeville devient chef-lieu de canton en 1801 (décret du 23 vendémiaire an X) et voit également sa population s'accroître par l’afflux des ouvriers venus pour construire le port de Cherbourg et travailler à l’Arsenal. Après la création de la route des Pieux (actuelles rues Salengro et Carnot), le bourg se constitue autour d’un village-rue homogénéisé puis s’urbanise au début du XXe siècle[104].

Portrait de Javain, maire de Cherbourg de 1830 à 1833
Jean-François Millet, 1841
Cherbourg-en-Cotentin, musée Thomas-Henry.

Le peintre réaliste Jean-François Millet d'une famille nombreuse paysanne est envoyé à Cherbourg par son père en 1833, grâce à des relations dans la bourgeoisie locale, pour apprendre le métier de peintre auprès de Paul Dumouchel, portraitiste de l'école David. Deux ans plus tard, il étudie avec Langlois, un autre peintre de Cherbourg et également élève de Gros[105]. À cette époque, s'ouvre le musée Thomas-Henry, et Millet s'y exerce en copiant les toiles de maîtres et s'initie aux maîtres hollandais et espagnols. Son portrait de l'ancien maire de Cherbourg, le colonel Javain, est refusé par le conseil municipal.

Le , le roi Charles X, détrôné, embarque pour l’exil au port militaire de Cherbourg sur le Great Britain, laissant la place à la monarchie de Juillet[92]. Après avoir vu mouiller dans sa rade le Louxor transportant l’obélisque de Louxor en , Cherbourg accueille le retour des cendres de Napoléon en France à bord de la Belle Poule. Le , une statue équestre de Napoléon, due au sculpteur Armand Le Véel, est érigée à l’occasion de la visite de Napoléon III pour l'inauguration de la ligne ferroviaire reliant Cherbourg à Paris.

Le a eu lieu, au large de Cherbourg, un épisode célèbre de la guerre de Sécession : le navire de guerre des Confédérés, le CSS Alabama, est coulé par le navire de l’Union USS Kearsarge après deux heures de combat (voir le combat naval à Cherbourg), sous l’œil de milliers de spectateurs, venus en train pour l’inauguration du casino. Assistant au combat depuis un voilier, Manet l’a immortalisé dans une de ses œuvres.

Début XXe siècle : port d’émigration

La gare maritime en 1933.

Les propriétés géographiques et techniques du port de Cherbourg attirent à partir de 1847 les compagnies maritimes reliant les ports européens à la côte est des États-Unis. Dès la fin des années 1860, les paquebots de la Royal Mail Steam Packet & Co et de la Hamburg Amerika Linie mouillent dans la rade avant de traverser l’Atlantique[106]. Le Titanic y fait escale en 1912 pour son voyage inaugural où il embarqua 274 passagers. En 1913, Cherbourg reçoit 500 paquebots et 70 000 passagers[107].

Durant la Première Guerre mondiale, le trafic est entièrement suspendu. Cherbourg devient le lieu d’arrivée du matériel et des troupes britanniques puis américaines, et de départ des permissionnaires et des blessés. Le port militaire connaît un accroissement d’activité, la garnison en poste à Cherbourg est renforcée. Les infrastructures du port sont développées pour recevoir le charbon et le pétrole nécessaire au conflit. Le trafic double, atteignant 600 000 tonnes en 1918[107].

Le transit transatlantique reprend au lendemain de la guerre avec les compagnies transatlantiques britanniques, américaines et hollandaises. Pour accueillir au mieux les escales, la Chambre de commerce fait construire un port en eau profonde, une nouvelle gare maritime, et une zone destinée au chargement, déchargement et stockage des marchandises sur le terrain des Mielles. Cherbourg devient le premier port de migration en Europe, et les compagnies Cunard Line, White Star Line et Red Star Line s'unissent pour bâtir l’hôtel Atlantique destiné à recevoir les émigrants avant la traversée. Dans le même temps, le centre-ville se rénove, notamment sous les projets architecturaux de René Levesque, Drancey et René Levavasseur. Mais la crise économique de 1929 met fin à l'apogée transatlantique.

Seconde Guerre mondiale

Soldats américains se livrant à des combats de rue, dans l’avenue de Paris.

Les Allemands arrivent le dans les faubourgs de Cherbourg. Le 19, le conseil municipal déclare la ville ouverte, et Erwin Rommel reçoit la reddition de la place des mains du préfet maritime, le vice-amiral Jules Le Bigot, qui a fait détruire auparavant les sous-marins en construction à l'arsenal et le fort de l'Est.

Quatre années plus tard, Cherbourg, seul port en eau profonde de la région, est l’objectif premier des troupes américaines débarquées à Utah Beach. La bataille de Cherbourg doit donner aux Alliés un soutien logistique pour le ravitaillement humain et matériel des troupes. Les troupes américaines encerclent la ville le . Au terme de furieux combats de rue et d’une âpre résistance du fort du Roule, le général Karl-Wilhelm von Schlieben, l’amiral Walter Hennecke et 37 000 soldats se rendent le au général Joseph Lawton Collins. Après un mois de déminage et de réparations par le génie américain et français, le port, complètement rasé par les Allemands et les bombardements, accueille les premiers liberty ships et devient jusqu’à la victoire de 1945, le plus grand port du monde, avec un trafic double de celui de New York[108]. C'était aussi le point d'arrivée de l’essence qui traverse la Manche via l'oléoduc sous-marin PLUTO (Pipe Line Under The Ocean), et le point de départ du Red Ball Express, circuit de transport par camions vers Chartres.

Cherbourg est rendue à la France par les Américains le . Elle est citée à l’ordre de l’armée le et reçoit la Croix de guerre avec palme.

1945-1990 : reconstruction et essor

Le Redoutable, symbole de l’économie locale florissante de l’après-guerre, devenu attraction touristique en 2002.

Les destructions se concentrent essentiellement autour du port militaire à Cherbourg, mais ont touché à 60 % Octeville. Grâce à la reconstruction en urgence du port, l'activité économique reprend rapidement. Cherbourg, dirigée par l'ancien ministre SFIO René Schmitt, édifie de nombreux logements sociaux. L'essor des Trente glorieuses entraîne la modernisation de l'économie et la féminisation de l'emploi. Sous l'impulsion du général de Gaulle, Cherbourg devient à partir de 1964 le pôle de construction des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, dont le premier, Le Redoutable, est lancé en 1967[109]. Les CMN de Félix Amiot, spécialisées dans l'armement militaire, deviennent célèbres à Noël 1969 grâce à l’épisode des vedettes de Cherbourg.

Cherbourg et cinq communes de sa proche banlieue (Octeville, Tourlaville, Équeurdreville-Hainneville, Querqueville et La Glacerie) fondent la communauté urbaine de Cherbourg (CUC), créée par un décret du .

À partir de la fin des années 1960, l'industrie nucléaire émerge à travers les chantiers de l’usine de retraitement de la Hague et de la centrale nucléaire de Flamanville qui s'ajoutent aux sous-marins de la DCN. L'union des syndicats, militants de gauche et écologistes autour de la crainte de la « nucléarisation » du Nord-Cotentin, se cristallise en lors du débarquement par le Pacific Fisher des premiers déchets nucléaires irradiés japonais. En cette veille de la décennie 1980, l'agglomération cherbourgeoise est frappée par plusieurs conflits sociaux violents, en particulier à la fermeture des usines Babcock[110].

Fusion et création de Cherbourg-en-Cotentin

Cette dépendance de plusieurs siècles aux grandes décisions des pouvoirs publics et à l’industrie nucléaire provoque une profonde crise économique dans les années 1990. L’Arsenal réduit drastiquement ses effectifs, la Flottille du Nord (FLONOR) déménage à Brest en 1992, l’hôpital maritime ferme. UIE, Burty, CMN, Socoval et Alcatel accumulent les plans sociaux ou les fermetures. Sous l'égide de la Communauté urbaine, l'agglomération développe son offre universitaire avec l’IUT de Cherbourg-Manche, l'École d'ingénieurs de Cherbourg et une antenne de l’université de Caen qui complète l'INTECHMER et l’école des Beaux-arts.

Le , la volonté politique de fusion des six communes dans un « Grand Cherbourg » entraîne la tenue d'un référendum d'initiative locale. Mais à la question « Êtes-vous favorable à la fusion de votre commune avec d'autres pour réaliser le Grand Cherbourg ? », seules les majorités des électeurs de Cherbourg (83,72 % de oui) et d'Octeville (55,88 %) répondent positivement, entraînant le maintien de la communauté urbaine, et la fusion de Cherbourg-Octeville le . Du fait de cette fusion, la CUC ne compte plus que cinq communes à compter du .

Les années 2000 signèrent alors le début d'une nouvelle ère pour Cherbourg. Cherbourg-Octeville, créée le , renoue avec son identité touristique et maritime, à travers La Cité de la Mer et l’ouverture au public du Redoutable, l’accueil d'escales de croisières et d’événements nautiques[110], l’opération de rénovation urbaine « Entre terre et mer » mettant l’accent sur l'attractivité commerciale et touristique de la ville et sur le quartier des bassins, ainsi que l’émergence d’une spécialisation économique dans la plaisance, alors que les activités traditionnelles du port (trafic passagers, fret, pêche) sont en crise[111].

Le , les conseils municipaux des cinq communes concernées (soit Cherbourg-Octeville, Équeurdreville-Hainneville, La Glacerie, Querqueville et Tourlaville) se réunissent et approuvent le regroupement de leurs communes respectives en une seule commune, appelée Cherbourg-en-Cotentin, ayant le statut de commune nouvelle, en application de l'article 21 de la loi no 2010-1563 du de réforme des collectivités territoriales[112],[113],[114].

Le , Cherbourg-Octeville intègre de façon effective avec les quatre autres communes concernées la commune de Cherbourg-en-Cotentin[115]. Les communes de Cherbourg-Octeville, Équeurdreville-Hainneville, La Glacerie, Querqueville et Tourlaville deviennent des communes déléguées et Cherbourg-Octeville est le chef-lieu de la commune nouvelle.

Population et société

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis sa création.

En 2023, la commune comptait 78 258 habitants[Note 8], en évolution de −1,19 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population[Note 9]  [modifier]
1968 1975 1982 1990 1999 2016 2021 2023
79 12182 53985 48592 04588 58880 07677 80878 258
(Sources : Insee à partir de 1968[116].)
Histogramme de l'évolution démographique

Aujourd'hui, les communes limitrophes de l’agglomération (Martinvast, Nouainville, Tonneville, Bretteville…) connaissent une poussée démographique : le cadre de vie, rural et paisible, n'empêche nullement les habitants de profiter des infrastructures de la communauté urbaine. Cette problématique, qui se retrouve dans de nombreuses agglomérations françaises de cette taille, a entraîné la constitution d’un pays du Cotentin, la communauté urbaine, puis Cherbourg-en-Cotentin à partir de 2016 et la communauté d'agglomération du Cotentin en janvier 2017, souhaitant ainsi mieux répartir les retombées économiques des sites nucléaires de la région (usine de retraitement de la Hague et centrale nucléaire de Flamanville).

Pyramide des âges

La population de la commune est relativement jeune. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 34,8 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (31,2 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 26,8 % la même année, alors qu'il est de 31,6 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 38 304 hommes pour 40 840 femmes, soit un taux de 51,6 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,21 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[117]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,9 
6,4 
75-89 ans
10,6 
16,2 
60-74 ans
17,8 
21,1 
45-59 ans
20,5 
18,3 
30-44 ans
16,9 
20,3 
15-29 ans
16,8 
17,1 
0-14 ans
15,6 
Pyramide des âges du département de la Manche en 2022 en pourcentage[118]
HommesClasse d’âgeFemmes
1 
90 ou +
2,7 
9 
75-89 ans
12,2 
20,6 
60-74 ans
21,1 
20,4 
45-59 ans
19,6 
16,9 
30-44 ans
16 
15,5 
15-29 ans
13,3 
16,5 
0-14 ans
15,1 

Logements

Cherbourg et les différentes communes déléguées comme Octeville ont deux profils différents. La première est la ville-centre, à l’habitat varié, Octeville une commune de banlieue, rapidement bâtie à partir des années 1960. Ainsi, en 1999, Cherbourg comptait 13 747 logements dont 86,2 % de résidences principales et 28,4 % de maisons individuelles[119], tandis qu’à Octeville, 94,6 % des 7 221 logements sont des résidences principales, 39,7 % sont individuels. Les résidences principales cherbourgeoises construites après 1949 représentait 59 % (55 % entre 1949 et 1989), alors que celles d’Octeville sont à 89 % postérieur à 1949 (84,9 % entre 1949-1989)[120]. La proportion de constructions neuves de la décennie 1990 est largement plus faible que la moyenne régionale, avec respectivement 3,6 % et 4,9 % des parcs communaux contre 9,5 % dans l'ancienne région Basse-Normandie.

La commune partage la compétence logement avec la communauté d'agglomération du Cotentin[121]. Plusieurs organismes HLM sont chargés du logement social sur l’agglomération : Presqu’île Habitat (OPHLM, 39,1 % du parc avec 5 801 logements), Les Cités cherbourgeoises (SA HLM, 23,1 % avec 3 424 logements), la SA HLM du Cotentin (16 %, 2 371 logements), la SEMIAC (10,1 %, 1 495 logements) et la SA HLM Coutances Granville (4,7 %, 206 logements)[122].

Économie

Historique

Ancienne criée de Cherbourg, quai de Caligny.
Hangars de l’arsenal, vus depuis Chantereyne.

Sous l’impulsion de Colbert, la corporation des drapiers fonde, le , la manufacture de draps qui produit deux milliers de pièces par an[123]. Deux ans plus tôt, Colbert avait favorisé également l’implantation de la manufacture de verre dans la forêt de Tourlaville[124].

Au XVIIIe siècle, les ressources économiques proviennent principalement du commerce maritime, de la préparation des salaisons et des travaux du port et de la digue, auxquels s’ajoute une industrie textile moribonde. À la veille de la Révolution française, on importe du sel depuis Le Croisic, du grain britannique, du charbon de terre de Littry. Les exportations se font essentiellement vers la Grande-Bretagne (draps et toiles) et les Antilles (bétail et mulets, graisse et beurre salée, salaisons, morue, draps et toile), mais aussi vers Le Havre et La Rochelle pour le bois et le charbon. Des échanges licites ou non se font également avec les îles anglo-normandes (tan, grains, laine). Les armateurs cherbourgeois sont absents de la grande pêche, notamment de celle à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, spécialité de Granville. Les 361 ouvriers (1764) et 69 métiers (1778) de la manufacture produisent annuellement (1760) 2 000 draps fins à lisière verte et blanche. Cherbourg compte aussi sept producteurs d’amidon[103]. Ouvert en 1793 à l’emplacement de l’actuel quai Lawton-Collins, l’arsenal déménage en 1803 sur décision de Bonaparte, au sein du projet du port militaire. Construisant des navires à voile, dont le premier, le brick la Colombe, est lancé le , puis à hélices jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’Arsenal se spécialise à partir de 1898, dans la construction de sous-marins. Les premiers sont le Morse et le Narval. Depuis, plus de 91 bâtiments y ont été construits.

L’Annuaire de la Manche en 1829 mentionne dans l’agglomération plusieurs ardoisières dont le produit est parfois exporté jusqu’au Havre, deux imprimeries, deux raffineries de soude (propriétés de M. Le Couturier et de MM. Crenier et Cie produisant environ 600 tonnes pour Ostende, Dunkerque, Rouen, Paris, l’Allemagne et la Russie), une raffinerie de sucre (M. Despréaux) dont les 50 tonnes sont vendues dans la Manche, une fabrique de dentelles dirigée par quatre religieuses pour le compte de MM. Le Blod et Lange, et plusieurs tanneurs. Il indique que le commerce du port repose sur l’exportation de mulets à La Réunion et aux Antilles, de salaisons de porcs, d’œufs en Grande-Bretagne, de vins et eaux de vie, et de l’importation de bois scandinave, polonais et russe, de graine de lin, de chanvre[125]. Mais son emploi comme place de guerre handicape l’essor de Cherbourg comme port commercial d’envergure, comparé au Havre. Pour ces échanges, Jean Fleury dénombre dix ans plus tard 225 à 230 navires tant français qu’étrangers, de 30 à 800 tonneaux, montés chacun de 6 à 18 hommes d’équipage. Il ajoute les constructions et armements maritimes ainsi que l’exportation de beurre de la Hague, et il évalue le total des échanges annuels entre quatre ou cinq millions de francs, dont un million pour l’exportation d’œufs vers le Royaume-Uni, et 850 tonnes de salaisons[126].

Au début du XXe siècle, Cherbourg est avant tout un port militaire. Le port de commerce est modeste, exportant toujours des mulets pour les Antilles et la Réunion et des produits alimentaires locaux vers la Grande-Bretagne (beurre, salaisons, œufs, bestiaux…), mais aussi des produits chimiques à base de soude extraite du varech, du granit des carrières avoisinantes, et important bois et fers du Nord, goudrons, chanvre, et denrées provenant des colonies. À cette époque le port embrasse l’épopée transatlantique. L'industrie cherbourgeoise est alors spécialisée dans la construction navale, ainsi que dans la confection de dentelles et la fabrication de cordage. La fin du XIXe siècle a également vu Cherbourg développer une industrie aéronautique, à travers la société de Félix du Temple, reprise en 1938 par Félix Amiot, autre pionnier de l’aviation pour fonder la Société aéronautique de Normandie. Peu à peu, les ouvriers développent une compétence particulière dans le travail du métal, tant pour les sous-marins de l'arsenal, que pour les avions et navires des chantiers Amiot ou les chaudières Babcock-Wilcox[127].

En 1916, Nestlé a implanté à Cherbourg sa première usine française.

Les années 1960 voient un renouveau de l’économie locale par la féminisation du travail et la chute de l’emploi agricole au profit d’une diversification des emplois et d’une industrie de pointe. En 1960, sous l’impulsion du maire Jacques Hébert, Hortson s’implante dans le quartier du Maupas. Une centaine de salariés fabriquent des projecteurs et de caméras pour le cinéma, notamment pour l’ORTF et la télévision russe. Rachetée, l’usine se spécialise sous le nom de Thomson-CSF Audiovisuel dans les caméras de surveillance et médicales, puis dans la production de circuits électroniques de terminaux d’ordinateurs pour le compte des CMN et de l’Arsenal. À partir de 1976, elle se consacre à la production de dispositifs électroniques pour faisceaux hertziens, employant 260 ouvriers en 1979 avec pour contrat les radars des Mirage F1de l'Armée de l'Air et des Super-Étendard de la Marine, culminant à 400 employés à la fin des années 1980, après son emménagement en 1987 dans une nouvelle usine modernisée à Tourlaville. Pendant une décennie, l’atelier électronique s'étoffe, se complète d’une chaîne de fabrication de relais mobiles pour la télévision, et d’un atelier de traitement de surface en mécanique[128]. Dans le cadre de la restructuration interne d’Alcatel, le site, qui compte 300 salariés, est vendu en 2002 à Sanmina-SCI qui cesse son activité en [129]. La Compagnie industrielle des télécommunications (CIT), fusionnée la décennie suivante à Alcatel, ouvre elle aussi dans les années 1960 une usine d’assemblage de centraux téléphoniques électroniques, à Querqueville. L’unité, visitée en tant que fleuron de l’industrie française par le nouveau président de la République en 1981, est jugée superflue après l’intégration de la branche téléphonie de Thomson à Alcatel en 1984 et subit de lourds licenciements à partir de la fin des années 1980, avant de fermer en 1997 au terme d’un dur conflit social[130].

Entre les années 1970 et 1990, les deux grands chantiers du Nord-Cotentin, l’usine de retraitement de la Hague et la centrale nucléaire de Flamanville, accentuent le développement industriel d’une cité qui vit alors son âge d’or[110] à travers ce que le journaliste François Simon nomme les « industries de mort », puisqu’environ deux tiers du tissu industriel local sont liés à la défense et au nucléaire[109].

Cherbourg est aussi le berceau de la famille et de la société Halley, devenue dans les années 1960 Promodès (hypermarchés Continent, supermarchés Champion). En 1999, Promodès fusionne avec Carrefour. Les anciens bâtiments de la maison Halley sont devenus le pôle technique du lycée professionnel Cachin, avenue Aristide-Briand.

Plus récemment, General Electric (GE) Power construit à Cherbourg-en-Cotentin une nouvelle usine pour la construction des pales d'éoliennes de 88,4 mètres destinées aux machines de MW. Initialement prévu en [131], le démarrage de cette usine a été annoncé le par Jeff Immelt (PDG de GE) devoir se faire dans le deuxième semestre 2017[132]. Les nouveaux développements conduisent à des pales de 107 m, toujours construites à Cherbourg-en-Cotentin par LM Wind Power[133].

Données économiques

En 2016, la population active de Cherbourg-en-Cotentin était de 36 467 habitants sur une population totale de 80 076 habitants[134],[135].

Cherbourg-en-Cotentin supporte un taux de chômage relativement élevé (16 % en 2016), supérieur à la moyenne française (11 % en 2016). Au , on comptait 5 860 demandeurs d'emploi[134]. Dès lors, le revenu moyen mensuel par ménage est inférieur à la moyenne nationale (1 828  pour la ville, contre 2 159  en France)[135].

Qualification des emplois à Cherbourg-en-Cotentin[136]
Catégorie socioprofessionnelle (CSP)Pourcentage
Agriculteurs exploitants3
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise5
Cadres et prof. intell. sup.11
Professions intermédiaires26
Employés29
Ouvriers25

Activités principales

Cherbourg-en-Cotentin est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin qui gère notamment l’aéroport, les ports de pêche et de commerce de Cherbourg, et, conjointement avec la Chambre de commerce et d'industrie de Centre et Sud-Manche, l'organisme de formation groupe FIM.

  • Principaux employeurs du bassin d'emploi de Cherbourg au [137]
NomActivité
OranoRecyclage des combustibles nucléaires
EDF, Centrale nucléaire de FlamanvilleProduction d'électricité
EDFProduction d’électricité
Naval Group et Constructions mécaniques de Normandie (CMN)Construction navale
Les Maîtres Laitiers du CotentinCoopérative laitière
Centre hospitalier Louis-PasteurSanté/social
Ville de Cherbourg-en-Cotentin (commune déléguée depuis 2016)Administration publique
ACAIS (Association Cherbourg action sanitaire/sociale)Santé / social
Centre communal d'action sociale (CCAS)Social
AuchanGrande distribution

Filière maritime

L'économie cherbourgeoise tire de sa position maritime une grande partie de ses activités[138]. Cherbourg dispose en effet de quatre ports : port militaire, port de pêche, port de commerce (trafic passager et marchandise transmanche) et port de plaisance.

Affaibli depuis les années 1990, le port de commerce voit transiter 110 000 camions en provenance ou en direction de l’Irlande et de Grande-Bretagne. Espéré pendant quinze ans, le projet Fastship de transport de conteneurs depuis Philadelphie (États-Unis) par navires ultrarapides est oublié au profit des autoroutes de la mer dans le cadre de l’Ena (Eurocoast Network Association), avec Cuxhaven (Allemagne), Ostende (Belgique), Rosslare (Irlande) et Ferrol (Espagne), sans plus d'effet pour le moment[129].

Ces dernières années, le trafic transmanche passagers a décliné, concurrencé par le port de Caen-Ouistreham et le Pas-de-Calais. Le retrait de la compagnie P&O, qui desservait Poole et Southampton, a laissé à deux compagnies les liaisons transmanche : Brittany Ferries vers Portsmouth et Poole et Irish Ferries vers Rosslare (Irlande). Sur les onze premiers mois de 2007, par rapport à la même période de 2006, le trafic passagers a baissé de 3,84 % à 750 000 unités, tandis que le fret a perdu 4,43 % points avec 87 000 camions débarqués, alors qu'en 1995, le port comptait 1,7 million de passagers et 138 000 camions[139].

Propriété, comme le port de Caen-Ouistreham, du syndicat mixte Ports normands Associés, associant le conseil régional de Basse-Normandie et les conseils généraux de la Manche et du Calvados, le port commerce est géré par une société commune à la chambre de commerce et Louis Dreyfus Armateurs. L'implantation d'un terminal destiné au trafic de charbon en provenance d'Amérique du Sud et à destination du Royaume-Uni doit mettre fin à l'hémorragie de l'activité du port[140].

La filière pêche est touchée par la crise qui affecte l’ensemble du secteur, et le port voit sa flottille diminuer[129].

Cherbourg est le premier port de plaisance français en nombre de visiteurs, soit en 2007, 10 117 bateaux pour 28 713 nuitées en 2007, et des retombées totales évaluées à 4 millions d'euros sur l'agglomération cherbourgeoise[141].

Tradition de l’industrie locale, la construction navale repose sur les deux piliers que sont la Naval Group Cherbourg pour les sous-marins et les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), célèbres pour leurs vedettes rapides. Ce secteur s'est largement restructuré au cours des vingt dernières années. L’arsenal militaire a vu le terme de la construction des sous-marins de type Redoutable et a élargi sa clientèle, jusqu’alors exclusivement la Marine nationale, avant d’être privatisé en 2007. Avec les sous-marins diesel Agosta, élaborés depuis 1994 pour le Pakistan, et le Scorpène, en collaboration avec les chantiers de Carthagène, vendus à la Malaisie, le Chili et l’Inde, 25 % du chiffre d’affaires de l’établissement est d’origine étrangère. Des partenariats avec le Pakistan et l’Inde sont conclus pour que la construction se fasse à terme chez eux. Les CMN, qui employaient 1 200 personnes au début des années 1980, se sont modernisées et automatisées, et comptent désormais 500 salariés. L’entreprise s'est diversifiée dans les grands yachts de luxe, sans abandonner pour autant le marché militaire, et a signé notamment des contrats avec les Émirats arabes unis et le Qatar grâce à l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa, propriétaire depuis 1992[138].

Maxi-trimaran Banque populaire V, construit par les chantiers JMV Industries.

Alors que ces deux entreprises à vocation militaire ont connu des baisses de charges importantes (le nombre d’emplois à l’arsenal est passé de 6 000, dont 1 000 en sous-traitance en 1988, à 2 600, dont 500 sous-traitants), des sociétés se sont positionnées sur la filière du nautisme. Ainsi, JMV Industries, filiale de CMN de 100 salariés, construit des voiliers de course. Initialement hébergé chez CMN pour construire des coques en aluminium aménagées par James Ébénistes (Saint-Laurent-de-Cuves), Allures Yachting s'est spécialisé dans les voiliers de croisière. Les chantiers Allais, de Dieppe, ont implanté une filiale, ICAN, consacrée aux bateaux civils et de plaisance[138].

Un maillage de sous-traitants et spécialistes s'est constitué autour de ce pôle, à travers Ameris France (créé en 1994 sous le nom de Cap 50 export, spécialisé dans la recherche et l’approvisionnement de pièces de rechange pour navires et avions militaires), le groupe Efinor (fondé en 1988, spécialisé dans la métallurgie, le démantèlement nucléaire et l’ingénierie), MPH (aide à la maîtrise de projet, 140 employés)… À Saint-Vaast-la-Hougue, Facnor est devenu le spécialiste mondial des enrouleurs de voile[142].

La Marine nationale emploie près de 3 000 fonctionnaires dans l’agglomération, en particulier dans le cadre de l’administration (préfecture maritime), de la sécurité maritime (douanes, CROSS, Abeille…), du soutien logistique des forces navales françaises et étrangères de passage, et de la formation[143].

Métallurgie

La métallurgie a longtemps représenté une grande source d'emploi dans l'agglomération. Autour de l'arsenal et de ses chaudronniers, se sont constituées à partir des années 1900 plusieurs industries de travail du métal et de mécanique. C'est le cas de l'entreprise doyenne de la ville, Simon frères, fondée en 1856, passée d'atelier de mécanique à fabricant de machines agricoles à vapeur puis agroalimentaires en un demi-siècle. Fabriquant des canons en 1870 et 1939, l'entreprise devient leader mondial pour les barattes et malaxeurs pour beurre industriel. De même, le fabricant de chaudières Babcock s'implante à Cherbourg dans l'entre-deux-guerres et ne ferme ses portes qu'après un long conflit social, en 1979. Plus tard, dans les années 1973, l'UIE débauche à prix d'or les ouvriers de l'arsenal pour la construction des plates-formes pétrolières, mais ferme en 1985[109].

Agro-alimentaire

L'industrie agro-alimentaire, essentielle en Basse-Normandie, n'est pas absente du bassin d’emploi. Une ferme aquacole élève des saumons dans la rade, les abattoirs traitent le bétail d’élevage du Nord-Cotentin, et plusieurs entreprises de transformation existent. Les établissements Simon Frères (50 salariés) proposent depuis plus d’un siècle des équipements pour l’industrie cidricole et laitière.

Électronique

Alcatel disposait de deux unités dans les années 1980, l’une à Cherbourg, puis Tourlavilleen (anciennement Thomson CSF), l’autre à Querqueville (Alcatel CIT). Toutes deux considérées comme fleurons du groupe, spécialisées respectivement dans les faisceaux hertziens et les centraux téléphoniques électroniques. Mais Alcatel décide de fermer, en 1997, l’usine de Querqueville dont Cofidur reprend une partie des activités avec une centaine de salariés. En 2002, elle se déleste également de l’unité de Tourlaville au profit de Sanmina-SCI, qui délocalise sa production six années plus tard. Cofidur reprend l’activité service après-vente d’Alcatel, soit 5 % de l’activité initiale, et quelques dizaines de salariés[144].

Autres industries

Socoval, fabricant de vêtements masculins du groupe italien Cantoni, dernière usine textile du Cotentin, emploie une centaine de salariés, depuis le plan social de 2001, qui s'est traduit par la perte d'une quarantaine de postes.

Les partenaires économiques misent désormais sur la « maîtrise d’ambiance », c'est-à-dire la maîtrise des contaminations des procédés industriels, à travers la technopole Cherbourg Normandie créé en 2001. Fort de l’expérience de travail en milieu à risque nucléaire, il veut transférer ces compétences aux industries agroalimentaires, électroniques et pharmaceutiques. Deux formations ont été conçues à cet effet : un BTS en maintenance nucléaire au lycée Tocqueville et un DESS de maîtrise d’ambiance à l’école d'ingénieurs de Cherbourg[145].

Commerces

La communauté urbaine, principal pôle commercial du Cotentin, dispose de quatre hypermarchés (26 780 m2)[83]  dont un, de l’enseigne Carrefour (260 employés), implanté sur le territoire cherbourgeois, représente le troisième employeur privé de la commune  et de plusieurs grandes surfaces spécialisées. Le commerce emploie près de 1 400 personnes dans le centre-ville[145], mais la baisse du trafic transmanche a provoqué un gros manque à gagner, accentué par la fragilité économique locale[129].

Si le centre-ville cherbourgeois est bien le pôle commercial principal de l’agglomération, avec 340 établissements, on constate néanmoins que sa domination est moindre dans la communauté urbaine, que Caen vis-à-vis de son agglomération. En effet, Cherbourg concentre 35 % des activités commerciales et 45 % du commerce de détail de l’agglomération, contre 40 % et 55 % pour le centre caennais, et particulièrement deux tiers des magasins d’équipements de la personne contre 90 % dans la capitale bas-normande. Enseignes d’alimentation, d’équipement de la maison et d’électroménager quittent le centre pour les pôles commerciaux périphériques. Le nombre d’établissements de restauration rapide a doublé entre 1995 et 2005, tandis que les effectifs de la restauration traditionnelle a stagné[146].

Services

Cherbourg-en-Cotentin, plus grosse ville du département, est le principal pôle administratif et de services pour le Cotentin. La santé est un important pourvoyeur d’emplois avec le centre hospitalier Pasteur (470 lits, deuxième établissement bas-normand, fusionné depuis 2006 avec le centre hospitalier de Valognes) et la Polyclinique du Cotentin. Il en va de même pour le secteur éducatif avec quatre lycées publics et quatre privés, un lycée maritime et aquacole, un pôle universitaire et plusieurs écoles d’études supérieures. Les antennes des entreprises publiques y sont également implantées (EDF, 120 agents et la SNCF, 50 agents). L’emploi public représente une part importante avec, en plus de l’hôpital et des établissements scolaires, les effectifs communaux et communautaires[145].

Des entreprises de services aux entreprises sont également présentes dans l’informatique (Euriware, 85 salariés), la propreté (Onet, 240 salariés, et Sin&Stes, 100 salariés) et la publicité (Adrexo, 50 employés).

Cherbourg accueille le siège de la radio publique France Bleu Cotentin, et du quotidien départemental La Presse de la Manche (120 salariés avec son imprimerie SCE), successeur à la Libération de Cherbourg-Éclair, et filiale du Groupe Sipa - Ouest-France) depuis 1990. France 3 Normandie dispose d’une rédaction locale dans la ville ; l’édition cherbourgeoise de l’hebdomadaire La Manche libre couvre l’agglomération, la Hague et le Val de Saire ; la télévision locale 5050 TV y a installé son siège et son principal studio.

Les emplois du secteur de la construction se répartissent entre Faucillion (80 salariés), Eiffage (75) et Colas (60).

Depuis son ouverture, La Cité de la Mer est la locomotive touristique du Nord-Cotentin. Le terminal croisières attire également chaque année des paquebots. Le port de plaisance de 1 500 places est le premier port d’escale français (11 000 par an). La capacité d’accueil de la ville était au de 15 hôtels et 429 chambres. Le casino, propriété du groupe Cogit est le 109e en France, avec un chiffre d’affaires de 6,7 M€[145].

Politique et administration

Divisions administratives

La ville est le bureau centralisateur de 6 cantons : les cantons de Cherbourg-en-Cotentin-1 (à l'ouest), Cherbourg-en-Cotentin-2 (à l'est), Cherbourg-en-Cotentin-3 (au sud-ouest, partagé avec neuf autres communes), Cherbourg-en-Cotentin-4 (à l'Ouest), La Hague (à l'Ouest, partagé avec la commune de La Hague) et Cherbourg-en-Cotentin-5 (à l'Est, partagé avec trois autres communes). Les conseillers départementaux sont, respectivement, les socialistes et divers gauche Frédéric Bastian, Anna Pic, Karine Duval, Sébastien Fagnen, Marie-Odile Feret, Franck Tison, Dominique Hébert, Odile Lefaix-Véron, Yveline Druez, Jean-Paul Fortin, Madeleine Dubost et Gilles Lelong.

L'arrondissement de Cherbourg compte 189 communes et 190 363 habitants. Le sous-préfet est Élisabeth Castellotti, nommée le [147].

Depuis 1986, la cinquième circonscription électorale de la Manche, dite de Cherbourg, couvrait les trois cantons de Cherbourg-Octeville, et ceux d'Équeurdreville-Hainneville, de Saint-Pierre-Église et de Tourlaville. Dans le cadre du redécoupage des circonscriptions législatives de 2010, les deux cantons de Beaumont-Hague et Quettehou ont intégré la circonscription de Cherbourg-Octeville, devenue la 4e.

Cherbourg-en-Cotentin est également le siège de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, dont l’autorité s'étend de la baie du Mont-Saint-Michel à la frontière belge. Voir l'article liste des préfets maritimes de Cherbourg. Le quartier maritime de Cherbourg est circonscrit aux limites du département (initiales : CH).

Cherbourg-en-Cotentin appartient depuis 2017 à la communauté d'agglomération du Cotentin, créée à la suite de la fusion de nombreuses communes et communautés de communes dans la Manche, ainsi qu'à la suite de la création de Cherbourg-en-Cotentin en reprenant les limites de la communauté urbaine de Cherbourg ayant existé de 1970 à 2016. Elle est présidée depuis sa création par Jean-Louis Valentin appartenant au parti politique Les Républicains. La commune délègue à cette structure les transports urbains, l’aménagement de l’espace et du cadre de vie, l’environnement et les stratégies de développement (enseignement supérieur, recherche, grands projets structurants, Cité de la Mer).

Les codes postaux antérieurs aux fusions de 2000 (cas de Cherbourg-Octeville) ont été conservés :

Liste des codes postaux
à Cherbourg-en-Cotentin
Code postalTerritoire concerné
Cherbourg50100
Tourlaville50110
Équeurdreville-Hainneville50120
Octeville50130
Querqueville50460
La Glacerie50470

Tendances politiques et résultats

Administration municipale

Cherbourg-en-Cotentin est une commune nouvelle en 2016, administrée selon 5 communes déléguées qui étaient indépendantes avant sa formation.

Liste des communes déléguées de Cherbourg-en-Cotentin
Liste des communes déléguées
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. de réf.)
Densité
(hab./km2)
Cherbourg-Octeville
(siège)
5012914,2635 854 (2023)2 514


Équeurdreville-Hainneville5017312,8315 756 (2023)1 228
La Glacerie5020318,705 804 (2023)310
Querqueville504165,564 989 (2023)897
Tourlaville5060217,1915 855 (2023)922

De 2016 à 2020

À la suite de la fusion des cinq communes la composant le , le conseil municipal de la nouvelle commune est composé, jusqu'aux élections municipales de 2020 de 163 conseillers municipaux :

  • les 39 conseillers municipaux issus de l'ancienne commune de Cherbourg-Octeville ;
  • les 33 conseillers municipaux issus de l'ancienne commune d'Équeurdreville-Hainneville ;
  • les 29 conseillers municipaux issus de l'ancienne commune de La Glacerie ;
  • les 29 conseillers municipaux issus de l'ancienne commune de Querqueville ;
  • les 33 conseillers municipaux issus de l'ancienne commune de Tourlaville.

Lors de la première séance, le conseil municipal a retenu le nombre de dix-huit adjoints au maire, auxquels s'ajoutent les cinq maires délégués, adjoints de droit[157].

Depuis 2020

Liste des maires

C'est l'ancien président de la communauté urbaine de Cherbourg, Benoît Arrivé qui est élu par les conseillers municipaux de Cherbourg-en-Cotentin comme premier maire de la commune nouvelle[158]. Il a été reconduit dans ses fonctions par les électeurs lors du second tour des élections municipales le [159].

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
29 mars 2026 Benoît Arrivé PS Conseiller régional
ancien président de la CUC
en cours Camille Margueritte[160] LC Cheffe d'entreprise
Vice-présidente de la Communauté d'agglomération du Cotentin

Budget

Jumelages

Cherbourg-en-Cotentin est jumelée avec :

Cherbourg-en-Cotentin entretient des coopérations décentralisées avec :

Justice

La maison d'arrêt de Cherbourg.

Héritant de la longue histoire de l'administration judiciaire à Cherbourg, Cherbourg-en-Cotentin est aujourd'hui l’un des trois pôles judiciaires principaux de la Manche, avec Coutances et Avranches. Elle accueille un tribunal de grande instance (compétent sur l'arrondissement de Cherbourg), un tribunal d'instance (cantons de Cherbourg-Octeville-1, Cherbourg-Octeville-2, Cherbourg-Octeville-3, Équeurdreville-Hainneville, La Hague, Tourlaville, Les Pieux, Val de Saire, Bricquebec et une partie du canton de Carentan)[161] un Conseil de prud'hommes et un tribunal de commerce. Une maison d'arrêt est située en centre-ville, derrière les bâtiments du tribunal. À la suite de la réforme de la Justice présentée en 2007, les compétences du tribunal de Valognes ont été intégrées à celles de Cherbourg.

Une ville portuaire

Le navire école Stavros S Niarchos de nationalité anglaise mouillant dans le port de Cherbourg.
Plan de la rade de Cherbourg.

Le port de Cherbourg-en-Cotentin se situe au cœur de la plus grande rade artificielle d'Europe[2], réalisation architecturale de 1 500 hectares des XVIIe et XVIIIe siècles. Avec ses trois digues, elle abrite quatre types de ports : plaisance, commerce, pêche et militaire.

Port Chantereyne, le principal port de plaisance de la Manche

Port Chantereyne.

Construit en 1975, puis agrandi en 1992, labellisé « Pavillon Bleu » depuis 2002, Port Chantereyne est le principal port du littoral de la Manche. Il compte aujourd’hui 1 560 places à flot réparties sur plus de 25 pontons : 1 300 anneaux sont loués à l’année ; les 250 places restantes sont réservées aux bateaux de passage. Une vingtaine de places est, par ailleurs, dévolue à l'accueil des bateaux traditionnels au sein du port de l'Épi.

En 2011, le port a enregistré environ 8 000 passages et 18 000 nuitées.

Un important projet d’extension du port en grande rade est lancé à mi-[162], destiné aux énergies marines renouvelables. Les travaux de dragage sont achevés en [163].

Vie locale

Enseignement

Année 2010-2011Étudiants inscrits[164]
École des fourriers768
IUT Cherbourg-Manche573
BTS et prépa. diverses349
École d’ingénieurs (Esix)270
Institut de soins infirmiers215
Licences et diplômes universitaires191
Intechmer153
École des Beaux-Arts de Cherbourg46
EAMEA39
ECD – École du commerce et de la distribution22
Institut national des sciences et techniques atomiques8
Total2634
L'École d’ingénieurs de Cherbourg, sur le Pôle universitaire.

Deux ZEP ont été définies, l’une sur le territoire historique cherbourgeois, le quartier de Maupas, l’autre à cheval sur Cherbourg et Octeville, le quartier des Provinces.

Enseignement secondaire

Cherbourg-en-Cotentin dispose de huit lycées :

  • l’ancien collège, devenu lycée en 1886, est connu depuis sous le nom de lycée Victor-Grignard (830 élèves : filière générale et STG, ainsi que des classes préparatoires scientifiques) ;
  • le lycée Jean-François Millet (1 210 élèves : filière générale, prépa santé, classes préparatoires littéraires) ;
  • le lycée Alexis-de-Tocqueville (1 480 élèves : filière générale, technique, professionnelle et enseignement supérieur -BTS-) ;
  • le lycée professionnel privé Ingénieur-Cachin (320 élèves) ;
  • le lycée privé Thomas-Hélye, regroupant le lycée privé Sainte-Chantal et le lycée technologique La Bucaille (1 005 élèves, filières générale et technique) ;
  • le lycée maritime et aquacole (capacité 168 lycéens depuis la création des baccalauréats professionnels maritimes en 3 ans / centre de formation professionnel ;maritime continue). Devenu le , lycée professionnel maritime et aquacole (LPMA) Daniel Rigolet ;
  • le lycée Edmond-Doucet, situé à Équeurdreville-Hainneville ;
  • le lycée professionnel du Sauxmarais, à Tourlaville.

La commune dispose également de 11 collèges :

  • le collège Bucaille, à Cherbourg-Octeville ;
  • le collège Charcot, à Cherbourg-Octeville ;
  • le collège Cachin, à Cherbourg-Octeville ;
  • le collège Le Ferronnay, à Cherbourg-Octeville ;
  • le collège des Provinces, à Cherbourg-Octeville ;
  • le collège privé Saint Joseph, à Cherbourg-Octeville ;
  • le collège Saint-Paul, à Cherbourg-Octeville ;
  • le collège Raymond-Le Corre, à Équeurdreville-Hainneville ;
  • le collège Diderot, à Tourlaville ;
  • le collège Émile-Zola, à La Glacerie ;
  • le collège Jules-Ferry, à Querqueville.

Le pôle universitaire, installé sur les hauteurs d’Octeville, concentre l’école d'ingénieurs de Cherbourg, l’IUT Cherbourg-Manche (qui accueille environ 1 000 étudiants en formation continue ou initiale à travers quatre départements DUT, quatre licences pro, un DU, un DECF et un DAEU), ainsi que deux antennes de l’université de Caen-Normandie (UFR de sciences et UFR des langues vivantes étrangères). L’hôpital Pasteur abrite l’institut de formation en soins infirmiers de Cherbourg-Octeville. Un des 4 Campus FIM CCI Formation Normandie, service de formation de CCI Ouest Normandie gère l’école du commerce et de la distribution(formations Bac+2 et Bachelor Bac+3 spécialisé dans la distribution et l'entrepreneuriat) des formations du Bac au Master en Gestion Finance et Organisation, mais aussi des formations en industrie et Tourisme Hôtellerie Restauration du CAP au Bac+2.FIM Campus Cherbourg est aussi un CFA-Centre de formation d'apprentis.

L'Institut des métiers du cinéma de Normandie s'est installé, à la suite de l’École internationale de création audiovisuelle et de réalisation (EICAR) sur le site de l’ancien hôpital maritime ; il est complété par le centre de formation d’apprentis du Spectacle vivant et de l’audiovisuel, tandis que l’École supérieure des Beaux-Arts (Esbaco), fondée en 1912 par le professeur de dessin Henri Buffet et le professeur de modelage Félix Delteil, se situe dans l’ancien couvent des Petites Sœurs des pauvres (zone des bassins) depuis 1976[165].

Cherbourg-en Cotentin accueille l’École des applications militaires de l'énergie atomique (EAMEA, 351 élèves) et l’Institut national des sciences et techniques nucléaires  vestiges de l’importance de l’armée dans la ville  tandis que l’École des spécialités du Commissariat des armées (jusqu'à 5 000 élèves) est implantée à Querqueville.

L'agglomération accueille également l’Institut national des sciences et techniques de la mer (Intechmer), à Tourlaville.

Sports

Sport hippique

La première course de trot organisée en Normandie s'est déroulée à Cherbourg en sur la plage (disparue) le long du boulevard maritime, à l’initiative de l’officier de haras Éphrem Houël. Les courses s'installent en 1931 sur l’hippodrome de la Lande Saint-Gabriel, œuvre de René Levavasseur, à Tourlaville et à l’hippodrome de La Glacerie à partir de 1990[166].

Football

L'Association sportive de Cherbourg football, après plusieurs décennies au niveau national, évolue, à la suite de mauvais résultats sportifs et de problèmes financiers, depuis 2018 en National 3, équivalent à la 5e division, et reçoit au stade Maurice-Postaire. Le club présente également une deuxième équipe senior masculine et une féminine en ligue de Basse-Normandie et une troisième masculine et une féminine à huit en divisions de district[167].

Deux autres clubs présentent des équipes en divisions de district[168] :

  • le Patronage laïque d'Octeville (trois équipes) ;
  • le Gazélec Football Club (deux équipes).

L'Association sportive Amont-Quentin, qui présentait jusqu'en [169] deux équipes en district, a dû cesser ses activités.

L'Octeville Hague Sport, qui faisait évoluer deux équipes en 2013-2014, n'a pu présenter aucune équipe pour la saison 2014-2015[170].

L'Association sportive de l'Arsenal maritime de Cherbourg, qui présentait deux équipes en district en 2015-2016[171], n'est plus actif en 2016-2017.

Football américain

La ville compte le club des Terribles.

Cyclisme

Cherbourg a été seize fois ville-étape comme arrivée du Tour de France : 1911 à 1914 (quatre années consécutives), de 1919 à 1929 (onze années consécutives), et enfin en 1986. Cherbourg a été ville départ en 1994. La deuxième étape du Tour de France 2016 s'est terminée à Cherbourg[172]. Le , Cherbourg-en-Cotentin est le point d'arrivée de la deuxième étape du Tour de France cycliste, à La Glacerie.

Tennis

Le Challenger La Manche est un tournoi professionnel (50 000 dollars + hébergement) depuis 1994.

Hockey sur glace

NC'HOP (Nord Cotentin HOckey Plus). L’équipe a succédé au CHOC, qui évoluait en division 1 jusqu’à son dépôt de bilan en 1996. Le NC'HOP a quitté lui aussi la compétition en 2010 à la suite de la fermeture de la patinoire. Une équipe de roller-hockey lui a succédé, évoluant en Nationale 1.

Basket-ball

L'équipe masculine de l'AS Cherbourg évolue en nationale 2 et l'équipe féminine en prénational.

Handball

La Jeunesse sportive de Cherbourg fait évoluer une équipe masculine en Pro D2 et une équipe féminine en Nationale 3 (entente avec Tourlaville). Le club a aussi mis en place une formation structurée pour les jeunes autour d'un partenariat avec les collèges de la ville à partir de la saison 2009-2010.

Sports nautiques

Cherbourg accueille régulièrement les étapes de compétitions de voile comme la Solitaire du Figaro, la Course de l'Europe, le Challenge Mondial Assistance, le Tour de France à la voile, la Tall Ships' Race.

Port Chantereyne mise sur la promotion de la voile sportive et se positionne comme base d’entraînements et d’événements. Il a accueilli à 9 reprises La Solitaire du Figaro et reçoit chaque année le Trophée de l’île Pelée et le Tour des ports de la Manche. Cherbourg-en-Cotentin est aussi une destination prisée des rallyes britanniques et en accueille chaque année plus d'une trentaine. La grande rade de Cherbourg-en-Cotentin est également un plan d’eau idéal pour les amateurs de régates… Le Yacht-club de Cherbourg organise de nombreuses régates tout au long de l'année.

Santé

Cherbourg-en-Cotentin dispose de deux établissements hospitaliers :

Façade principale du centre hospitalier Pasteur.

Sur le territoire historique d’Octeville sont implantés la résidence médicalisée pour personnes âgées du Gros Hêtre (antenne du centre hospitalier public du Cotentin), et, depuis 1999, le centre de santé communautaire Jean-Brüder.

En 1859, à la suite de la visite impériale, l’État avait décidé la construction d’un hôpital maritime d’un millier de lits pour accueillir les troupes en garnison. Inauguré le , il fut rebaptisé René-Le-Bas, du nom du premier médecin rallié aux Forces navales libres et mort en 1942 à bord du sous-marin Surcouf. Il a été fermé en 2002 et réhabilité en campus universitaire.

Médias

Presse locale

Radios locales

Télévision

France 3 Normandie émet sur la ville. Un bureau décentralisé prend place à Cherbourg[181].

Deux sites de diffusion TNT sont recevables sur l'agglomération[182] : le site le hameau Giot à Digosville, qui couvre aussi une bonne partie du département de la Manche en plus de Cherbourg-en-Cotentin, et le site Cherbourg - Agglomération qui dispose de deux émetteurs : l'un sur le château d'eau de la ZUP d'Octeville (il émet le mutliplex R1 et appartient à l'opérateur TDF), l'autre sur l'Immeuble Bélier au 12 rue de Brie (il émet les 5 autres multiplexes et appartient à l'opérateur TowerCast).

Cultes

Rattaché au diocèse de Coutances et Avranches, le doyenné de Cherbourg couvrait jusqu'au , le territoire de la communauté urbaine ainsi que les communes limitrophes Tonneville, Urville-Nacqueville, et celles des communautés de communes de la Saire et de Douve et Divette. À cette date, il est fusionné au doyenné de la Hague, pour devenir le doyenné de Cherbourg-Hague, ajoutant dès lors les paroisses couvrant la commune nouvelle de la Hague et la communauté de communes des Pieux. La paroisse Jean-XXIII unit Cherbourg et La Glacerie, avec les églises cherbourgeoises de la Trinité (longtemps seule église paroissiale), de Notre-Dame-du-Roule, de Notre-Dame-du-Vœu, Saint-Jean-des-Carrières et Saint-Clément. La paroisse Saint-Sauveur d’Octeville, qui couvre également Nouainville dispose de trois lieux dans la commune : Saint-Martin, l’historique, Saint-Pierre-Saint-Paul, aux Provinces, et la chapelle Saint-Barthélémy[183].

Les protestants disposent d’un temple protestant de l’Église réformée, avenue Delaville (depuis 1835, rebâti à la suite de la guerre en 1964), et d’une Église évangélique pentecôtiste , rue de Sennecey, affiliée aux Assemblées de Dieu. L’Église évangélique baptiste, rue des Métiers, est également présente depuis 1985 dans l’agglomération et est actuellement située à Tourlaville.

Cherbourg a connu deux principales vagues d’immigration de population musulmane, à la fin des années 1950 et au cours des années 1960, après l’érection des quartiers de l’Amont-Quentin, des Provinces et du Maupas, puis dans les années 1980, lors des grands chantiers de construction de l’usine de retraitement de la Hague et de la centrale nucléaire de Flamanville. La communauté musulmane a alors ouvert trois mosquées (la mosquée Omar à Octeville, la mosquée de la Gare, avenue de Normandie, puis la mosquée turque, boulevard de l’Atlantique).

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, paroisse de Cherbourg, a sa chapelle rue du Commerce et rue Dom-Pedro.

La salle du royaume des témoins de Jehovah, rue Malakoff.

Un temple du culte antoiniste se trouve au 79 rue Saint-Sauveur[184] ; de style néo-roman, le bâtiment a été dédicacé en 1952.

Événements et manifestations

La biennale du 9e art

La Biennale du 9e art, créée en 2002, met en avant le travail des artistes de la bande dessinée par le biais d'une exposition au musée Thomas-Henry.

La Biennale a déjà accueilli quelques-uns des plus grands maîtres de la bande dessinée : Bilal (2002), Schuiten (2004), Juillard (2006), Loustal (2008), Pratt (2009), Jean Giraud, alias Moebius (2011) et Tardi (2013). La Biennale 2017 était dédiée au dessinateur américain Winsor McCay.

Presqu'île en fleurs

Ce rendez-vous botanique attire tous les deux ans près de 25 000 personnes dans le parc du château des Ravalet : des amateurs de plantes rares, de jardinage et de nature.

Une quarantaine de pépiniéristes présentent des roses anciennes, hydrangéas, orchidées ou herbes aromatiques en tout genre…

Les rendez-vous estivaux

  • Fanfar'août
  • Cherbourg à la plage

Culture locale et patrimoine

Pour approfondir

Notes et références

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