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Jean-Marie Collot d'Herbois

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Jean-Marie Collot, dit Collot d'Herbois ou d'Herbois, né le à Paris et mort, le en Guyane à Cayenne, comédien, auteur dramatique et directeur de théâtre, est surtout connu comme un homme politique de la Révolution française, député à la Convention nationale et membre du Comité de salut public à l'époque de la Terreur.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 46 ans)
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Nom de naissance
Jean-Marie CollotVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
d'Herbois
Faits en bref Président de la Convention nationale, 19 juillet - 3 août 1794 ...
Jean-Marie Collot d'Herbois
Jean-Marie Collot d'Herbois,
musée Carnavalet.
Fonctions
Président de la Convention nationale
-
Président de la Convention nationale
13 -
Biographie
Naissance
Décès
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Nom de naissance
Jean-Marie CollotVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
d'Herbois
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Issu d'une famille de la bourgeoisie parisienne, il mène une carrière au théâtre de 1767 à 1789, puis s'investit dans la Révolution française en tant que membre du Club des jacobins, où il apparait parmi les plus radicaux.

Élu député de Paris en septembre 1792, après la chute de Louis XVI, il siège sur les bancs des montagnards. Il effectue plusieurs missions en province, dont la principale a lieu lors de la répression du soulèvement de Lyon (juin-novembre 1793). Membre du Comité de salut public à partir de septembre 1793, il se retourne contre Robespierre durant l'été 1794 et est un des protagonistes de sa chute le 27 juillet (9 thermidor an II).

Bien que thermidorien, il est très vite attaqué à son tour, décrété d'arrestation et condamné en avril 1795 à la déportation en Guyane, où il meurt l'année suivante de la fièvre jaune.

Biographie

Origines familiales et formation

Jean-Marie Collot est fils de Gabriel-Jacques Collot, marchand-orfèvre à Paris.

Carrière théâtrale sous l'Ancien Régime (1767-1789)

Collot d'Herbois, directeur du Théâtre de Genève. Gravure de Hillemacher, 1880.

À l'âge de 18 ans, il commence une carrière d'acteur, adoptant comme nom de scène le nom « d'Herbois ».

Tournée en France et aux Pays-Bas (1767-1782)

De 1767 à 1782, il se produit notamment à Avignon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Caen, Angers, Nancy, Marseille, Montpellier[1], Anvers (Pays-Bas autrichiens), La Haye (Provinces-Unies) et enfin Lyon.

Lyon (1782-1784) et l'affaire des sifflets

Collot arrive à Lyon en 1782 et va y demeurer deux ans.

C'est à cette époque qu'aurait eu lieu l'épisode controversé des sifflets dont témoignent le général Pierre Riel de Beurnonville et Jenny Chevalier, née Poirot, ancienne artiste du théâtre de Lyon. Précédé dans cette ville d'une détestable réputation, Collot y aurait été victime de déboires et d'échecs qui auraient suscité chez lui une rancune tenace[2].

Plusieurs auteurs contemporains, parmi lesquels Louis Marie Prudhomme[3] et Antoine François Bertrand de Molleville[4], affirment également que Collot d'Herbois a été régulièrement sifflé par le public lyonnais, ce qui, selon eux, aurait causé sa rancœur envers la population de la ville et inspiré la violence de ses actions à Lyon durant la Révolution.

En revanche, selon le témoignage de l'abbé Guillon de Montléon, écrivain pourtant royaliste par ailleurs très critique à l'égard de Collot, qui se trouvait à Lyon à l'époque, il n'aurait jamais « une pareille mortification », il se comportait avec dignité, était reçu dans le monde et notamment dans les fêtes organisées par l'intendant Flesselles[5],[6],[7].

Invalidant également cette « légende noire précoce », l'historien Michel Biard souligne que « les archives et autres sources disponibles sur ses cinq années lyonnaises attestent qu'il fut un acteur estimé, un auteur qui put y représenter quelques-unes de ses pièces, enfin un directeur consciencieux »[8].

De Genève à Paris (1784-1789)

Il est engagé comme auteur dramatique et directeur du Théâtre de Genève, où, acteur le mieux payé, il touche 6 000 livres[9].

De retour à Lyon en 1787, il y dirige le théâtre avant d'obtenir une place à Genève le [10].

Avant d'avoir dirigé le théâtre de Genève, il rentre à Paris en 1789, s'installant à Chaillot.

Œuvres écrites de 1772 à 1789

En 1772, il publie plusieurs pièces, qu'il signe « Collot d'Herbois ». Certaines de ses pièces, comme Lucie ou les parents imprudents, drame en 5 actes et en prose créé le et imprimé par Chappuis, un libraire bordelais[11], ou le Paysan magistrat, comédie en 5 actes et en prose imitée de Calderón, jouée à Bordeaux en 1781 et à Paris, au Théâtre Français, à partir du [12],[13], connurent un certain succès.

Il cesse toutefois d'écrire lorsqu'il prend un emploi de direction, vraisemblablement assez lourd.

Débuts de la Révolution française (1789-1792)

Jean Marie Collot d'Herbois,
gravure de François Bonneville, fin du XVIIIe siècle.

La Révolution française commence durant la période où les états généraux, réunis le 5 mai au château de Versailles, deviennent l'Assemblée nationales constituante le 9 juillet. Commence alors la période de la monarchie constitutionnelle, qui dure jusqu'au 10 août 1792, jour de la déchéance de Louis XVI.

Printemps 1791 : la défense des soldats suisses de Châteauvieux

La carrière politique de Collot d'Herbois commence par sa participation au Club des jacobins. Il s'illustre au printemps 1791 en participant à la défense des Suisses de Châteauvieux, accusés de mutinerie. Son renom s'accroît après son intervention en leur faveur et leur libération. Son déplacement jusqu'à Brest pour les y chercher et le banquet citoyen qui célèbre l'événement sont à l'origine de l'un des rares poèmes publiés de son vivant par André Chénier.

Automne 1791 : l'Almanach du père Gérard

À l'automne 1791, il remporte un concours organisé par les jacobins pour un almanach devant expliquer, en des termes aisément compréhensibles, les avantages de la monarchie constitutionnelle. C'est L'Almanach du père Gérard, qui remporte un succès de diffusion certain et lui confère une grande popularité au sein du peuple parisien.

Dans cet ouvrage, il défend le suffrage universel et condamne l'esclavage des Noirs dans les colonies aux profit de gens qui « se sont furieusement noircis dans l'opinion publique en défendant leur supériorité sur « les bons nègres » »[14]. Cet almanach est sélectionné par un jury composé de Clavière, Grégoire, Condorcet, Lanthenas, Polverel et Dussault dont les quatre premiers sont membres de la Société des amis des Noirs. Le succès de l'opuscule est tel que les contre-révolutionnaires écrivent en réaction un ouvrage qu'ils intitulent l'Almanach du Père Maury.

Sous l'Assemblée législative (octobre 1791-10 août 1792)

Le 1er octobre 1791, la constitution du royaume de France entre en vigueur et l'Assemblée nationale législative succède à l'Assemblée nationales constituante. Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche, rapidement rejointe par la Prusse. Cette guerre a été voulue par les girondins, une des tendances du Club des jacobins, à l'encontre de Robespierre.

Ses opinions deviennent alors de plus en plus radicales, le portant à l'extrême gauche de l'opinion publique parisienne.

Le , il est dénoncé par le journal girondin, La Chronique de Paris, comme un des opposants à la guerre d'attaque[pas clair], aux côtés de Robespierre, Marat, Camille Desmoulins, Fréron, Robert[15].

La journée du 10 août 1792 et ses suites

Le 10 août 1792, le palais des Tuileries (résidence du roi depuis le 6 octobre 1789) est pris d'assaut par les sans-culottes parisiens et les volontaires de Marseille et de Brest. Louis XVI, réfugié à l'Assemblée, est suspendu comme roi des Français, puis emprisonné.

Très populaire chez les Jacobins et chez les Cordeliers, Collot d'Herbois occupe peut-être un poste dans la Commune insurrectionnelle qui s'installe à l'hôtel de ville.

L'Assemblée législative convoque alors une nouvelle constituante, dont les membres sont élus pendant l'été 1792. Président de l'assemblée électorale de Paris (département de la Seine), Collot est élu député de Paris à la Convention nationale (troisième sur quatorze avec 553 voix sur 573 votants).

La Convention se réunit le 21 septembre. Collot siège sur les bancs de la Montagne, avec Robespierre, Marat et Danton. Le 22 septembre, la république est proclamée. Collot a été l'un des tout premiers à exiger l'abolition de la monarchie[réf. nécessaire].

Débuts de la Première République (1792-1793)

Représentant en mission à Nice (novembre 1792-janvier 1793)

Le , Collot est envoyé avec Marc David Lasource et Goupilleau de Fontenay en tant que représentant du peuple en mission dans le pays de Nice, tout juste rattaché à la France, pour y enquêter sur les troubles qui ont suivi l'arrivée des troupes françaises[16].

Procès de Louis XVI (novembre 1792-janvier 1793)

Absent durant le procès de Louis XVI, il rentre en urgence à Paris pour participer au vote sur le verdict (19 et 20 janvier).

Comme les montagnards, il vote pour : la mort, sans appel au peuple et sans sursis. Cette option, récusée par les girondins (partisans du sursis), l'emporte. Louis XVI est guillotiné le 21 janvier.

Nouvelles missions en province (1793)

Il est ensuite envoyé dans les départements de la Nièvre et du Loiret avec Jacques Léonard Laplanche, afin de contrôler la levée des 300 000 hommes (mars à ).

En effet, la guerre a pris une tournure difficile après les victoires de Valmy et de Jemappes en 1792 : l'Autriche et la Prusse sont rejointes par une vaste coalition de pays d'Europe, incluant notamment les royaumes de Grande-Bretagne, de Sardaigne (avec la Savoie, le Pièmont et Nice) et d'Espagne.

La Convention est aussi menacée à l'intérieur par ceux qui refusent la conscription : notamment les paysans de la Vendée militaire. Puis, après la défaite des girondins (2 juin 1793), plusieurs villes se soulèvent à leur tour en province, notamment celle de Lyon.

En août et , il est en mission dans l'Oise avec Jacques Isoré pour s'occuper du ravitaillement de Paris[17]).

Membre du Comité de salut public (à partir du 6 septembre 1793)

Partisan de la Terreur, il entre au Comité de salut public le en même temps que Billaud-Varenne.

Un partisan des hébertistes ?

Selon l'historien Albert Mathiez (1874-1932), Collot d'Herbois et Billaud-Varenne représentent alors « l'hébertisme (…) au gouvernement »[18].

En revanche, Michel Biard (né en 1957) pense[pourquoi ?] que Collot d'Herbois peut difficilement être classé parmi le groupe des révolutionnaires associés au journal de Jacques-René Hébert, Le Père Duchesne[19].

Représentant en mission à Lyon (1793) : la Terreur en actes

Fusillades de Lyon, le 24 frimaire an II ()
(Paris, BnF, département des estampes, 1802).

Envoyé en mission à l'automne 1793, il dirige avec Fouché, Albitte et Laporte les représailles contre le soulèvement de Lyon. Après la défaite des insurgés, ils créent un comité de démolition, une commission révolutionnaire et un comité de séquestre.

Les remparts et plus de deux cents maisons de Lyon sont démolis[réf. nécessaire]. La Terreur règne dans la ville, où la commission de justice[pas clair] multiplie les condamnations à mort. Le canon et la fusillade sont temporairement préférés à la guillotine, jugée trop lente. De récents travaux de Michel Biard ont montré qu'à cette époque au moins la répression de Lyon a l'aval de Robespierre et de ses collègues du Comité de salut public.

L'affaire des chemises rouges (mai 1794)

Tentative d'assassinat de Collot d'Herbois par Henri Admirat, 1794 (Paris, BnF, département des estampes).

Collot d’Herbois est au centre de l'affaire dite des « chemises rouges », à la suite d'un attentat perpétré contre lui par son voisin de palier, Henri Admirat.

Dans la nuit du 22 au , Admirat tire à bout portant un ou deux coups de pistolet sur Collot, sans d'ailleurs l’atteindre.

Arrêté, Admirat déclare que son but initial était d’assassiner Robespierre et que n’ayant pas pu trouver ce dernier, il a porté son choix sur Collot.

L’affaire est présentée comme un complot de l'étranger contre la représentation nationale et Admirat est exécuté, vêtu de la chemise rouge des assassins et empoisonneurs[20], avec Cécile Renault et cinquante trois prétendus complices, le .

Période de la Convention thermidorienne

Ralliement de Collot d'Herbois à l'opposition à Robespierre

Cependant, dans les comités, la tension est de plus en plus vive : d'après Barras, Collot d'Herbois s'en serait pris violemment à Robespierre au cours d'une discussion très vive, conduisant ce dernier à s'éloigner du Comité de salut public où il était en minorité depuis des mois : « Si la tyrannie méthodique, si la terreur organisée avaient un siège quelque part, écrivit Charles Nodier, c'était dans les comités de gouvernement depuis longtemps déjà désertés par Robespierre »[21],[22],[23].

Collot d'Herbois, comme Fouché, sait que Robespierre a été informé par Couthon, à qui ils avaient succédé à Lyon, des pillages et détournements dont la rumeur les accuse. Dubois-Crancé avait lui aussi témoigné en leur défaveur ; à Collot et Fouché, inquiets, s'agrègent peu à peu un certain nombre de représentants ayant mauvaise conscience. Des listes de noms circulent, et on dit que prochainement des accusations très graves vont être lancées par Robespierre et Saint-Just contre certains membres de la Convention.

Déportation de Collot, Billaud-Varenne et Barère au lendemain de la journée insurrectionnelle du 12 germinal an III ().
Gravure de Pierre-Gabriel Berthault d'après un dessin d'Abraham Girardet, Tableaux historiques de la Révolution française, Paris, BnF, département des estampes, 1802.

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et la chute de Robespierre

Le 27 juillet 1794, 9 thermidor an II selon le calendrier républicain, Collot d'Herbois préside la Convention nationale.

Avec Billaud-Varenne, Tallien et Fréron, il est un des artisans du décret d'arrestation lancé contre Maximilien de Robespierre, son frère Augustin, Saint-Just, Le Bas et Couthon.

Attaqué à la tribune, Robespierre ne parvient pas à rétablir son ascendant habituel, se voit couper la parole. C'est sans doute à Collot d'Herbois que Robespierre lance cette célèbre apostrophe : « Me donneras-tu la parole, président d'assassins ? ».[réf. nécessaire]

Finalement, les adversaires de Robespierre rallient à eux la majorité de l'assemblée, qui vote le décret d'arrestation.

Les intéressés refusent de se soumettre et se réfugient à l'hôtel de ville pour essayer de lancer une contre-offensive armée avec l'appui des sans-culottes (très peu nombreux, en fait). Ils sont mis hors-la-loi, battus militairement, faits prisonniers et exécutés sans jugement le lendemain, le Tribunal révolutionnaire se bornant à la vérification de leur identité.

Suites du 9 thermidor : condamnation à la déportation (avril 1795)

Après Thermidor, malgré son rôle d'opposant à Robespierre, Jean-Marie Collot d'Herbois est à son tour mis en accusation avec d'autres membres du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale, sur dénonciation, notamment, de Lecointre.

Il est décrété d'arrestation, puis condamné à la déportation au bagne de la Guyane française en vertu du décret du (12 germinal an III).

Il est embarqué en même temps que Billaud-Varenne le . Barère et Vadier, également condamnés, ne sont pas déportés, Barère ayant réussi à s'évader avant l'embarquement et Vadier ayant pu éviter l'arrestation.

Mort et funérailles

Il meurt de la fièvre jaune à l'hôpital de Cayenne le .

Quelques œuvres de Collot d'Herbois

Collot d'Herbois, illustration d'Auguste Raffet publiée dans l’Histoire des Girondins de Lamartine, 1847.
  • Le Bénéfice
  • Le Bon Angevin ou l'Hommage du cœur
  • La Famille patriote
  • Lucie ou les Parents imprudents
  • Le Paysan magistrat
  • Le procès de Socrate, ou Le régime des anciens temps
  • Le Vrai généreux ou les Bons mariages
  • L'almanach du Père Gérard (Paris, 1791). Nouvelle édition sous le titre Étrennes aux amis de la Constitution française, ou entretiens du Père Gérard avec ses concitoyens (Paris, 1792). Réédition bilingue (français et breton) sous la direction et avec des annotations de Gwennolé Le Menn (accompagnée d'une préface et de commentaires de Michel Biard), Éditions Skol, coll. « La Bibliothèque bretonne » no 14, Saint-Brieuc, 2003, 517 p., (ISBN 2-911647-24-6).
  • Les français à la Grenade ou L'impromptu de la guerre et de l'amour
  • Le nouveau Nostradamus, ou Les fêtes provençales

Notes et références

Voir aussi

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