Henri Admirat
personnage de la Révolution française
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Henri Admirat ou Admiral ou L’Admiral, né le à Auzolette[Où ?] ou à Courgoul en Auvergne et mort guillotiné le à Paris, est surtout connu pour avoir, au cours de la Révolution française (1789-1799) et au début de la Première République (1792-1799), été condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire sous l'accusation d'avoir, le 22 mai 1794, tenté d'assassiner le conventionnel Collot d'Herbois, à la suite d'un rapport présenté par Bertrand Barère, membre du Comité de salut public, à la Convention le 23 mai.
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Henri Admirat et sa supposée complice Marie-Suzanne de Lamartinière sont associés à plusieurs dizaines de personnes dans un grand procès appelé « affaire des chemises rouges ».
Biographie d'Henri Admirat
Origines familiales et formation
Il est issue d'une famille d'Auvergne (généralité de Riom). L'actuelle commune de Courgoul se trouve sur les hauteurs de la rive gauche de l'Allier, non loin du Mont-Dore, au sud-est de Clermont-Ferrand et au nord-ouest d'Issoire. Il existe dans cette commune un lieudit Auzolette[1].
Sous l'Ancien Régime (avant 1789)
Henri Admirat sert comme domestique à Paris chez Henri Bertin (1720-1792), contrôleur général des finances de Louis XV de 1759 à 1763, et ministre d'État à partir de 1762, et chez d'autres membres de sa famille, notamment sa sœur, Mme de Belle-Isle.
Ses qualités (souplesse et intelligence[réf. nécessaire]), amènent Bertin à l'envoyer[Quand ?] à Vienne où il sert comme domestique chez le comte de Manzy[Qui ?], chambellan de l'Empereur et directeur de la loterie de Bruxelles[réf. nécessaire] (alors capitale des Pays-Bas autrichiens), mais il a peut-être un rôle d'« honorable correspondant ». De retour à Paris, il bénéficie grâce au comte de Manzy de recommandations importantes pour entrer dans les services de la Loterie royale, situés dans le quartier du Palais-Royal.
Durant la Révolution française
Ayant perdu son épouse, qu'il traitait mal, dit-on[réf. nécessaire], il prend en 1791 un logement en location dans un bel immeuble neuf situé rue Favart (actuel 2e arrondissement, où loge Jean-Marie Collot d'Herbois, membre du Club des cordeliers, qui va être élu député de Paris à la Convention nationale après la chute de Louis XVI (10 août 1792).
Les opinions d'Henri Admirat à cette époque sont difficiles à connaître, mais il n'a pas la réputation d'un « mauvais patriote »[réf. nécessaire] au sein de sa section.
En mai 1794, il serait amoureux d'une dame Marie-Suzanne de Lamartinière qui se vante auprès de lui de connaître certains membres des comités de gouvernement, assurément[réf. nécessaire] Bertrand Barère, membre du Comité de salut public.
La tentative d'assassinat de Collot d'Herbois (mai 1794)
Contexte
En mai 1794, la France est une république depuis septembre 1792 et est gouvernée par le gouvernement révolutionnaire des montagnards qui contrôlent la Convention nationale, sous la direction du Comité de salut public, dominé par Robespierre et Saint-Just, et la surveillance du Comité de sûreté générale, présidé par Vadier.
C'est aussi la période de la Terreur, avec la loi des suspects et le Tribunal révolutionnaire, dominé par Fouquier-Tinville. L'année 1794 est marquée par la chute de deux groupes révolutionnaires, avec le procès de Hébert et des hébertistes en mars et le procès de Danton et des dantonistes en avril.
En ce qui concerne les assassinats politiques visant des conventionnels durant cette période, on peut citer les deux qui ont réussi : celui de Marat (1743-1793) par Charlotte Corday le 13 juillet 1793 et celui de Lepeletier de Saint-Fargeau (1760-1793) par Philipe de Pâris (20 janvier 1793).
La tentative d'assassinat (22 mai 1794)
Le ), Henri Admirat serait sorti de chez lui avec des pistolets et de la poudre de mauvaise qualité[réf. nécessaire] qui lui ont été vendus une semaine plus tôt par le commissaire de sa section, le citoyen Thomé, ami et obligé de Collot d'Herbois[réf. nécessaire] (sans doute comme équipement de garde national)[réf. nécessaire].
Selon ses déclarations ultérieures lors de l'enquête, il serait sorti à la recherche de Robespierre pour l'assassiner.
Selon des témoins[réf. nécessaire] qui l'auraient rencontré ce soir-là dans les cafés du quartier, il n'est pas dans son état normal.
Pris de boisson en fin de soirée et n'ayant pas réussi à trouver Robespierre, il attend dans la cage d'escalier de son immeuble le retour de Collot d'Herbois, sur lequel il tire, mais sans le blesser, les pistolets faisant long feu.
Arrestation, procès et exécution d'Admirat
Il est arrêté peu après et placé au secret, puis déféré au Tribunal révolutionnaire, ainsi queMme de Lamartinière, devenue un témoin encombrant[réf. nécessaire].
L'affaire est rendue publique le 23 mai par un rapport de Barère à la Convention. Il la présente comme un « horrible attentat » au cours duquel un policier nommé Julien-Louis Geoffroy (1743-1814) aurait été blessé.
Au tribunal, beaucoup d'autres personnes vont être associées à cette affaire, dont Cécile Renault (1774-1794), jeune royaliste accusée d'avoir voulu assassiner Robespierre. Le procès inclura plus de 50 personnes.
La procédure de jugement est assez expéditive : le prévenu ne peut répondre que par oui ou par non aux questions posées.
Le , Henri Admirat est guillotiné place de la Nation revêtu de la chemise rouge des assassins et empoisonneurs[2].
Cette tenue, dont sont revêtus d'autres condamnés de cette journée, est à l'origine du nom d'affaire des chemises rouges.
Son corps est jeté, avec ceux de 53 autres suppliciés, dans la fosse commune, aujourd'hui dans le cimetière de Picpus.
Controverses et historiographie
Éléments d'information sur l'affaire
Outre le rapport de Barère, les déclarations d'Henri Admirat ont été consignées dans le secret du Comité de sûreté générale. Ces sources sont donc à utiliser avec prudence.
Interprétations
L'académicien et auteur dramatique Antoine-Vincent Arnault (1766-1834), chargé plus tard de rédiger les mémoires de l'empereur Napoléon 1er, prétendra que le « brave Geoffroy » était en un affidé[pas clair] qui, en fait, n'avait pas été blessé[3], à l'encontre de ce qu'a déclaré Barère à la Convention.
La théorie d'un « faux attentat » organisé par le Comité de sûreté générale a été avancée par l'écrivain Arnaud de Lestapis[4],[5] (1893-1987), et reprise par l'historien Olivier Blanc[6] (né en 1951).
En revanche, l'historien Michel Biard (né en 1957) écrit que cette théorie, « séduisante pour mieux comprendre les événements de Thermidor » (c'est-à-dire la chute de Robespierre le 9 thermidor an II/27 juillet 1794), souffre « du peu de fiabilité des sources sur lesquelles elle repose[7]. »
Suites et conséquences
Peu après est votée la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794), qui renforce la Terreur.
Le gouvernement de Robespierre est renversé le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II), ce qui amène la fin de la Terreur sous la Convention thermidorienne.
