Jean-Marie Derscheid
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Jean-Marie Derscheid (en) (grand-père) |
Jean-Marie Derscheid, né le et mort le , est un éditeur, galeriste et scénographe belge. Connu pour être l'un des animateurs de la bande dessinée les plus remarquables.
Jeunesse et formation
Jean-Marie Derscheid naît le [1]. Il est le fils de Jean-Pierre Derscheid, historien spécialisé dans l’histoire de la Russie et Denise Sanders[2],[3]. Il est le petit-fils de l'ornithologue Jean-Marie Derscheid[3]. Il est l'arrière-petit-fils du docteur Gustave Max Charles Émile Derscheid (1871-1952), le fondateur de la ligue contre la tuberculose[Note 1],[2],[4]. Il fait des études en micro-biologie à l'Université de Neuchâtel[3].
Galeriste (1981-2001)
Espace 2016
Il a été un des premiers galeristes de bande dessinée, accrochant, dans sa première galerie 2016 située 5 avenue Macau[5],[6], près des étangs d’Ixelles, aussi bien son ami Hugo Pratt, dès 1981, que Paul Gillon, Moebius, Loisel pour le premier tome de La Quête de l'Oiseau du temps[5] et Tardi[3].
En 1982, il monte la première expo-vente d'originaux d'Hugo Pratt[5]. Dans une interview accordée au journaliste du journal Le Soir Daniel Couvreur, Derscheid raconte : « C'était en 1982, et je vernissais la première expo d'Hugo Pratt en Belgique. Je n'ai rien vendu, mais je me suis découvert une passion pour la bande dessinée[5]. ». Il se contredira plus tard où il déclarera qu'un chapitre entier d'Un ange à la fenêtre d'Orient fut vendu à l'occasion[5]. En avance sur son temps, les ventes ne suivent pas[5].
Galerie Ziggourat

Au début des années 1990, il ouvre la Galerie Ziggourat, près de l'avenue Louise au 34 rue Dejoncker[7]. Il consacre sa première exposition à Winsor McCay et présente une quinzaine de planches de la série Little Nemo in Slumberland[5]. Puis viennent les expositions d'autres maîtres américains tels Alex Raymond, Burne Hogarth, et Milton Caniff[5]. Il propose aussi à la vente des planches originales de François Schuiten[8]. Il monte une exposition par mois[8]. Il se spécialisera par la suite dans la bande dessinée alternative avec des auteurs d'avant-garde des maisons d'édition parmi lesquelles figurent Fremok, La Cinquième Couche, L'Employé du Moi[5]. Il est aux côtés de Thierry Van Hasselt et Dominique Goblet dans les premières expérimentations des éditions Fréon. Jean-Christophe Menu témoigne : « Il nous avait invités au début de l'Asso dans sa maison de Knokke[3]. ». Selon le dessinateur et scénariste David Vandermeulen, il est le premier libraire qui fait construire des meubles propres à la présentation des premières publications des graphzines et de la micro-édition européenne[3]. Il propose également une exposition sur les femmes d'Hugo Pratt réalisées à l'aquarelle en 1995[9]. Dans la librairie-galerie Ziggourat[3], il publie nombre de portfolios, Carnets de croquis, cartes, sérigraphies et ex-libris[10],[8]. En 2001, il dépose le bilan[5].
Éditions Pyramides
Parallèlement, comme éditeur, il lance les éditions Pyramides. Mingus[11] de Louis Joos, qu’il a par ailleurs beaucoup mis en avant dans sa carrière, sort en 1999. Il publie le livre essentiel de Claude Renard sur un scénario d'Yves Vasseur, Galilée[12],[13],[14] (2001). Et puis, il y a La Source[15] (2002), de Frank Pé, qui est un Broussaille hors-série.
Commissaire d'exposition et scénographe
Peu après, il se convertit en commissaire d'exposition et scénographe[5]. Il montera des expositions consacrées à la bande dessinée belge en Australie (Sydney, 2002[16]), en Amérique du Sud comme à Santiago ou à Hong Kong et en Corée (2004)[3]. On lui doit quelques expositions majeures comme Regards croisés de la bande dessinée belge aux Musées royaux des Beaux-Arts en 2009 avec Didier Pasamonik à Bruxelles[17],[3]. Il est chef de projet de l’exposition en hommage à Art Spiegelman à Angoulême puis au Centre Pompidou (2012), Alan Moore à BDAix, de l’exposition Génération Spontanée, présentant la nouvelle scène indépendante belge à Angoulême (2011), Aix, Paris, Bruxelles et Meyrin sous le commissariat de Thierry Bellefroid, de l’exposition Fritz Haber de David Vandermeulen à Mons (2014) et remontée par la suite à l’Institut Max Planck à Berlin[3]. On lui doit également une exposition sur la ligne claire ou sur le western, avec Philippe Duvanel, au château de Saint-Maurice, dans le Valais[3].
Il cofonde Istanbulles, le festival de bande dessinée d’Istanbul avec Didier Pasamonik où ils montent une douzaine d’expositions[3].
Il est commissaire-scénographe résident, présent à toutes les éditions, au Festival international de bande dessinée de Lausanne (BDFIL) sous la direction de Dominique Radrizzani, où on lui doit notamment Cosey en 2007[18], André Juillard[19] en 2008, Derib en 2016, Herr Seele en 2017[3].
Il en est de même aux Rencontres du neuvième art d'Aix-en-Provence pendant 17 ans aux côtés de Serge Darpeix, le directeur artistique et aux Rencontres suisses et internationales de bande dessinée de Delémont Delémont'BD. Il était aussi régulièrement invité à Fumetto et il apporte son concours à la galerie bruxelloise Champaka[3].
L’exposition Warhol by Typex, créée aux Rencontres d’Aix sera sa dernière[3].
Autres activités
Il a été l’un des fondateurs de la Commission d’aide à la bande dessinée de la région bruxelloise[3], où il siégeait comme expert en bande dessinée[20]. Il est encore le conseiller de grands collectionneurs[3].
Dans Spirou
André Geerts conte dans le court récit La Bédé belge en Corée, publié dans Spirou no 3476 du , une conversation téléphonique tenue avec Jean-Marie Derscheid, commissaire de l'exposition Comic Strip Passion - Contempory Artists of Belgian Comics le persuadant de réaliser l'affiche de ladite exposition[21].
Mort
Comme le dit son ami David Vandermeulen : « il a eu la très mauvaise idée de mourir », le [3], à l'âge de 65 ans.
Vie privée
Il a été l'époux de Martine von Allmen[2]. Il avait une fille Nathalie[22],[23]. Il demeurait à Sterrebeek[24].