Jean Florence
essayiste et philosophe
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Jean Florence, pseudonyme de Jean Blum, né le dans le 10e arrondissement de Paris et mort pour la France à Neuville-Saint-Vaast dans le département du Pas-de-Calais le , est un essayiste et traducteur français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Jean Bernard Blum |
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Lycée Fabert de Metz (jusqu'en ) Lycée Henri-Poincaré de Nancy (- Université de Paris (en) (jusqu'en ) |
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Sergent-chef (en) |
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Biographie
Jean Bernard Blum, né le [1] au No 104 de la rue du Faubourg-Poissonnière, est le fils de Michel Blum (1843-1909), pharmacien à Hayange et de Berthe Judith Schnerb (1855-)[2].
Il commence sa scolarité à Hayange, en Lorraine occupée depuis 1870, la poursuit au lycée de Metz jusqu'à quatorze ans, puis au lycée de Nancy où il obtient son baccalauréat et le premier prix de langue allemande au concours général en 1900[1]. Il prépare ensuite à la faculté de Nancy une licence d'allemand et réussit le concours de l'agrégation d'allemand en 1905[3].
Il commence alors une carrière d'enseignant, d'abord professeur au lycée de Tourcoing, il est nommé à Oran puis à Évreux. Louis Mandin rapporte qu'il prend de nombreux congés pour voyager à l'étranger (Italie, Angleterre, Espagne, Allemagne, Danemark) et qu'il est quelque temps professeur à l'université d'Upsal en Suède[1].
C'est lors d'un voyage à Florence en 1906 qu'il écrit, sur la recommandation de Louis de Gonzague-Frick, son premier article pour la revue La Phalange que vient de créer Jean Royère[4]. L'article publié le numéro du de la revue sera suivi d'une cinquantaine d'études signées par le pseudonyme qu'il s'est choisi, Jean Florence[1]. Il collabore à diverses revues, comme Le Feu[5], Le Mercure de France, Le Divan, Le Parthénon où il écrit la rubrique intitulée « Chronique des idées » ou Le Spectateur[4].
Grâce à sa maitrise des langues et à ses voyages, il fait découvrir aux lecteurs des écrivains européens. Jean Valmy-Baysse écrit qu'il est « le premier en France à parler de Samuel Butler, nous avait déjà fait mieux connaître Synge, un Irlandais, Selma Lagerlöf, une Suédoise, Miguel de Unamuno, un Espagnol, tous littérateurs étrangers assez peu connus des Français de ce moment »[6].
En 1911, La Nouvelle Revue Française publie sa traduction depuis l'anglais du roman de G. K. Chesterton, Le Nommé Jeudi : Le Cauchemar[7]. L'année suivante, l'éditeur publie en français sa traduction du Napoléon de Notting Hill de Chesterton[4].
En parallèle, il termine en 1912 ses deux thèses pour le doctorat ès lettres à l'université de Paris, sur deux auteurs allemands : le philosophe Johann Georg Hamann et le théologien Johann August von Starck[8].
Jean Royère écrit que « Telle quelle, l'œuvre de Jean Florence est, au grand sens du mot, une Histoire pathétique de la Pensée et de l'Art contemporains. Florence fut, sans doute, le plus éminent de la Jeune Université que passionne la noble étude du temps présent. Placé au cœur de l'Europe intellectuelle, au carrefour de toutes ses avenues royales, à Paris, lui qui lisait dans le texte, il nous a révélé les écrivains européens qui sont le plus près de nous. C'est un critique, mais c'est surtout un philosophe, un esthéticien dont la pensée, engageante et hardie, est des plus propres à susciter des œuvres »[9].
Il est rappelé lors de la mobilisation au 228e régiment d'infanterie où il passe caporal, puis sergent à la 19e compagnie. Son régiment monte au front à partir de septembre 1914 et participe à la bataille de la Marne[10].
Après des combats dans la Somme, son régiment participe au printemps 1915 à l'offensive d'Artois. C'est au cours des combats à Neuville-Saint-Vaast que Jean Florence est tué le [10],[11]. Il est d'abord inhumé à Roclincourt sous un monument commandé par sa mère[12]. Depuis ses restes ont rejoint la nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette (tombe 19634)[13].
Le philosophe Henri Bergson écrit dans le Bulletin des écrivains : « mon chagrin est profond. Nous perdons en lui un esprit de premier ordre, pénétrant, vigoureux, original […] C'était un écrivain, un artiste, en même temps qu'un philosophe. Je ne l'ai pas connu personnellement, autant que je l'aurais voulu ; mais les deux ou trois conversations que nous avons eues ensemble ont fait sur moi une impression profonde. J'ai senti que j'avais affaire à une âme noble et généreuse, et non pas seulement à une très haute intelligence »[14].
Œuvres principales
Ouvrages
- La vie et l'œuvre de J.-G. Hamann, le "mage du Nord" (1730-1788), Paris, Félix Alcan, , 704 p. (lire en ligne)
- J.-A. Starck et la querelle du crypto-catholicisme en Allemagne (1785-1789), Paris, Félix Alcan, , 198 p.
- Le Litre et l'Amphore, Paris, La Phalange,
Traductions
- G. K. Chesterton, Le Nommé Jeudi, Paris, Nouvelle Revue Française, (lire en ligne)
- G. K. Chesterton, Le Napoléon de Notting Hill, Paris, Nouvelle Revue Française, (ISBN 2-07-076168-1)
Publications
- « Considérations sur le Romantisme et la première génération post-romantique », La Phalange, no 21, , p. 829-833 (lire en ligne)
- « Le double mysticisme et son contraire », La Phalange, no 24, , p. 1136-1148 (lire en ligne)
- « De la méthode de M. Bernard Shaw », Le Divan, , p. 69-76 (lire en ligne)
- « Critique sociale - A propos du syndicalisme », La Phalange, no 37, , p. 251-260 (lire en ligne)
- « Francis Jammes », Le Divan, , p. 41-50 (lire en ligne)
- « Apologie pour la comédie et le grotesque », Pan, , p. 32-42 (lire en ligne)
- « L'Ecole de l'orgueil », La Phalange, no 50, , p. 97-110 (lire en ligne)
- « La Philosophie de M. Bergson jugée par M. Lasserre », La Phalange, no 51, , p. 248-259 (lire en ligne)
- « Quelques mots sur la déraison indispensable », Pan, , p. 766-774 (lire en ligne)
- « Guillaume Apollinaire », Le Feu, no 69, , p. 3-9 (lire en ligne)
- « Le Culte de la compétence », Le Mercure de France, , p. 327-341 (lire en ligne)
- « Jules Lemaître ou le Causeur », Le Parthénon, no 1, , p. 62-67 (lire en ligne)
- « Aux grands maux les grands remèdes », Pan, no 2, , p. 118-126 (lire en ligne)
- « Au delà de la R. P. », Le Parthénon, no 6, , p. 122-129 (lire en ligne)
- « De la nécessité d'une attitude polémique », Le Parthénon, no 17, , p. 919-926 (lire en ligne)
- « L'impôt unique et le libéralisme intégral », Le Parthénon, no 22, , p. 1260-1267 (lire en ligne)
- « L'Enquête d'Agathon sur la jeunesse », Le Parthénon, , p. 203-214 (lire en ligne)
- « La petite histoire », Le Parthénon, , p. 127-133 (lire en ligne)
- « Une esthétique de la discipline », Le Parthénon, , p. 454-469 (lire en ligne)
Hommages
- Le nom de Jean Florence est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[15].
- Son nom figure sur les plaques commémoratives du lycée Aristide Briand et de l'hôtel de ville à Évreux.
Bibliographie
- Jean Royère, « Jean Florence », Le Divan, , p. 508-512 (lire en ligne)
- Louis Mandin, Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 2, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », , « Jean Florence (Jean Blum) 1883-1915 », p. 276-284