Jean II de Bretagne

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PrédécesseurJean Ier le Roux
SuccesseurArthur II
PrédécesseurJean Ier le Roux
SuccesseurJean de Bretagne
Jean II
Illustration.
Sceau de Jean II de Bretagne.
Titre
Duc de Bretagne

(19 ans, 1 mois et 10 jours)
Prédécesseur Jean Ier le Roux
Successeur Arthur II
Comte de Richmond

(37 ans)
Prédécesseur Jean Ier le Roux
Successeur Jean de Bretagne
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Dreux
Date de naissance ou
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Lyon
Père Jean Ier le Roux
Mère Blanche de Navarre
Conjoint Béatrice d'Angleterre
Enfants Arthur II
Jean
Marie
Blanche
Pierre
Aliénor
Héritier Arthur II

Image illustrative de l’article Jean II de Bretagne
Duc de Bretagne

Jean II de Bretagne, né le ou le et mort le à Lyon, fils[1] du duc de Bretagne Jean Ier le Roux et de Blanche de Navarre, est duc de Bretagne de 1286 à 1305. Il est aussi comte de Richmond de 1268 à 1305 et devient pair de France en 1297[2].

Longtemps proche du roi d'Angleterre de la maison Plantagenêt Édouard Ier, il participe à ses côtés à la huitième (1270) et à la neuvième (1271-1272) croisades. Il s'éloigne de lui au cours de la guerre de Guyenne (1294), au cours de laquelle son fils cadet Jean commande pourtant les forces anglaises en Guyenne, puis il s'allie au roi de France Philippe le Bel, aux côtés de qui il participe à la guerre contre les Flamands (1297-1304). Il meurt accidentellement lors du sacre du pape Clément V à Lyon.

C'est sous son règne que vit Yves Hélory de Kermartin (mort en 1303), canonisé sous le nom de saint Yves.

Origines familiales et jeunesse

Jean II de Bretagne est le fils de Jean Ier (1217-1286), duc de 1221 à sa mort, lui-même fils de Pierre Ier (dit Pierre Mauclerc), baillistre (régent) du duché de Bretagne de 1213 à 1237, membre de la maison de Dreux, d'origine française, qui règne sur la Bretagne de 1213 à 1341.

Sa mère est Blanche de Navarre (1226-1283), fille de Thibault Ier, comte de Champagne et roi de Navarre.

Jean II a une sœur, Alix (1243-1288), mariée à partir de 1254 avec Jean Ier de Blois-Châtillon (mort en 1279), à qui elle donne une fille, Jeanne (morte vers 1292[3]).

Lui-même épouse en 1260 une fille du roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt, Béatrice (1242-1275), qui apporte en dot le comté de Richmond (ou honneur de Richmond), un puissant fief situé dans le Nord du royaume d'Angleterre (dans l'actuel Yorkshire du Nord).

Avant le début de son règne (1270-1286)

Huitième et neuvième croisades (1270-1272)

Il est très proche de son beau-frère, le prince anglais Édouard (1239-1307), futur roi Édouard Ier. Encore seulement comte de Richmond, Jean de Bretagne l'accompagne pour la huitième croisade (1270), rejoignant à Tunis son père ainsi que le roi de France Louis IX, qui y meurt le , ce qui met fin à l'expédition.

Alors que son père rentre dans son duché, Jean suit Édouard d'Angleterre en Terre sainte, objectif traditionnel des croisades. Après la mort de Louis IX, les musulmans attaquent durement les États latins d'Orient. Édouard décide donc de se mettre à la tête d'une neuvième croisade[4], qui va permettre aux croisés de Terre sainte de résister dans l'immédiat[5].

En 1272, sur le chemin du retour, Édouard apprend la mort de son père survenue le  : il devient roi d'Angleterre, mais aussi duc d'Aquitaine[6] et seigneur d'Irlande.

Guerre contre le roi d'Aragon (1285)

En 1285, il accompagne le roi Philippe III, fils de Louis IX, en guerre contre le roi d'Aragon Pierre III (croisade d'Aragon).

Durant son règne (1286-1305)

La guerre de Guyenne (1294) et ses conséquences

Jean II, devenu duc, a laissé en Angleterre plusieurs de ses enfants, dont son fils cadet Jean de Bretagne. Celui-ci est nommé par Édouard capitaine général du duché d'Aquitaine (ou duché de Guyenne), fief du royaume de France détenu depuis 1152 par la maison Plantagenêt (originaire de l'Anjou) qui règne sur l'Angleterre depuis 1154.

Le , le roi (depuis 1286) Philippe le Bel, petit-fils de Louis IX, prononce la confiscation féodale du duché d'Aquitaine au prétexte d'incidents ayant eu lieu entre marins normands et anglais. Il lance vers le duché une armée sous le commandement de Charles de Valois. Jean de Bretagne doit donc diriger la défense de ce territoire contre l'armée française, durant la guerre de Guyenne (1294-1297).

C'est à l'occasion de ce conflit que le duc Jean II convoque à la mi- à Ploërmel ses vassaux directs et qu'est rédigé le célèbre « Livre des Ostz » (Livre des armées) qui répertorie en détail les fiefs du duché de Bretagne et leurs seigneurs, répartis en sept baillies[note 1]. Ce recensement indique aussi le nombre d'hommes de guerre attachés à chacun : au total 166 chevaliers, 17 écuyers et 30 archers[7].

En Guyenne, Jean de Bretagne subit revers sur revers[8]. Les Anglais cherchant à se ravitailler en Bretagne pillent l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre. En 1296, Jean II abandonne la cause anglaise, mais se voit privé en conséquence du comté de Richmond par Édouard Ier.

Rapprochement avec la cour de France (1296)

Il marie alors son petit-fils (futur duc Jean III), avec Isabelle, fille de Charles de Valois, et son duché est érigé en pairie en par Philippe IV le Bel roi de France[9].

Dans la guerre de Flandre (1297-1304)

De 1297 à 1304, il joint sa bannière à celle du roi de France dans sa lutte contre les Flamands révoltés. Le comté de Flandre, où se trouvent les villes de Lille, Bruges et Gand, fait alors partie du royaume de France.

Lorsqu'en 1302 l'armée royale est vaincue à Courtrai, le duc de Bretagne n'y est pas présent. Mais deux ans plus tard le , jour où le roi de France venge le désastre de Courtrai à Mons-en-Pévèle, Jean II est sur le champ de bataille[10].

Le , le roi d'Angleterre lui restitue le comté de Richmond, qui après sa mort sera transféré à son second fils et homonyme Jean de Bretagne[10].

Mort (accidentelle) et funérailles

En , la paix revenue, il part à Lyon afin d'assister au sacre du pape Clément V et de régler certains différends[Lesquels ?] avec les évêques de Bretagne.

Le , au retour de l'église Saint-Just de Lyon, alors que le duc tient la bride de la mule pontificale, un mur sur lequel se trouve une foule de spectateurs s'effondre, renversant le souverain pontife et ensevelissant Jean II. Il en est retiré dans un état catastrophique et meurt quatre jours plus tard, le .

Son corps est placé dans un cercueil de plomb, transporté dans le Forez où passe la haute vallée de la Loire et ramené en bateau en Bretagne.

Il est inhumé le aux monastère des Carmes de Ploërmel, qu'il avait fondé[11].

Le gisant du duc Jean II, ainsi que celui de Jean III, a été transféré en 1821 dans l'église Saint-Armel de Ploërmel.

Succession

L'inventaire de ses coffres est réalisé dans ses châteaux de Nantes et de Suscinio ainsi que dans sa demeure de Longjumeau non loin de Paris.

Il en reste deux documents, l'un de 1303 et l'autre de 1306, montrant que son trésor s'élevait à près de 166 000 livres tournois[12].

Son testament, d'un mètre carré, est conservé aux Archives départementales de la Loire-Atlantique. Dans ce testament, Jean II effectue plusieurs legs. Pour une future croisade, il fait un don de 30 000 livres ; 6 000 livres sont pourvues pour des familles nécessiteuses ; 2 000 livres doivent être données à des filles nobles pour les aider à se marier ; des sommes diverses sont données à différents établissements religieux. Le testament attribue aussi une part des richesses du duc à ses domestiques en raison de leurs « loyaux services »[13].

Ascendance

Mariage et descendance

Notes et références

Voir aussi

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