Jeanne de la Croix Vázquez Gutiérrez
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| Jeanne de la Croix | |
| Bienheureuse | |
|---|---|
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Numancia de la Sagra |
| Date de décès | (à 53 ans) |
| Lieu de décès | Cubas de la Sagra |
| Nom de naissance | Jeanne Vázquez Gutiérrez |
| Ordre religieux | Ordre des Frères Mineurs |
| Vénérée à | Cubas de la Sagra |
| Béatification | 25 novembre 2024 béatification équipollente par François |
| Fête | 3 mai |
| modifier |
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Jeanne Vázquez Gutiérrez, en religion Jeanne de la Croix (Numancia de la Sagra, - Cubas de la Sagra, ) est une abbesse franciscaine espagnole stigmatisée, reconnue bienheureuse par l'Église catholique.
Ses différentes biographies sont très hagiographiques. Selon ces récits, elle bénéficie dès 4 ans, d'extases, de communications célestes, de visions, d'apparitions du Christ, de la Vierge et de son ange gardien[1]. Elle montre un goût particulier pour la prière, la pénitence et la solitude. À 14 ans, elle désire entrer au couvent mais sachant que sa famille ne consentirait jamais à la laisser partir, elle part secrètement pour le beaterio franciscain de Notre-Dame de la Croix de Cubas[2]. Elle reçoit l'habit religieux le et fait sa profession religieuse l'année suivante prenant le nom de Sœur Jeanne de la Croix[3].
Dans le couvent, elle continue d'avoir plusieurs phénomènes mystiques. Elle a de nombreuses conversations avec son ange gardien ainsi qu'avec d'autres anges mais aussi des visions du Christ sous la forme de l'Enfant Jésus ou de l'ecce homo, de la Vierge[4]et de nombreux saints, en particulier saint François d'Assise, Antoine de Padoue, Barbe d'Héliopolis et Lucie de Syracuse[5]. Elle a une grande dévotion à l'eucharistie mais comme elle ne peut communier autant qu'elle le voudrait, elle pratique régulièrement la communion spirituelle[6].
Le bruit de sa sainteté se répand dans toute l'Espagne et des personnes de toute condition viennent s'entretenir avec elle pour recevoir ses conseils. En 1507, elle a l'autorisation de prêcher devant de nombreuses personnes. Parmi elles, on compte des personnages illustres comme le cardinal Cisneros, Gonzalve de Cordoue, Charles Quintet Juan d'Autriche[7]. Lors de ces entretiens, si la personne à une langue maternelle autre que l'espagnol, elle est capable de parler la langue de son interlocuteur sans l'avoir apprise[8].
Elle est élue abbesse le [9]. Elle transforme alors le beaterio en véritable monastère avec clôture religieuse[10]. La même année, une des religieuses recueille les prédications prononcées cette année-là par Jeanne. Ce recueil de soixante-douze révélations sur les épisodes de la vie du Christ, de la Vierge et de saints est connu sous le nom de Conorte[11]. Le vendredi saint 1524, le Christ lui apparaît et elle reçoit les stigmates[12]. Son ange gardien lui fait visiter le purgatoire et des âmes du purgatoire viennent lui demander des prières. Apprenant ce fait, les fidèles viennent aussi recommander à ses prières des parents défunts[13]. Elle connaît l'état intérieur des personnes qui l'approche, les choses secrètes et l'avenir. Elle est informée par son ange gardien de tout ce qui se passe dans le cloître. Elle guérit le confesseur du monastère en lui envoyant un pain qu'elle a béni et guérit des religieuses par sa prière. Elle fait de même pour une dame de la cour de Charles Quint, mais par bilocation. Elle ressuscite une petite fille morte en lui faisant toucher un crucifix de cuivre[14].
Pour contenter les religieuses du couvent qui lui demandent une grâce particulière venant de Dieu, Jeanne prend les chapelets des sœurs, ceux de leurs parents et amis, et les met dans un coffret dont elle confie la clef à une des sœurs. Selon ses dires, son ange gardien porte ces chapelets au ciel et sont bénits par Dieu ; les autres chapelets qu'on leur ferait toucher devaient bénéficier de la même bénédiction[15]. Ces objets sont ensuite recherchés car ils ont la réputation de protéger, guérir, obtenir des conversions ou mettre le démon en fuite. Les rois Philippe II et Philippe III en portaient sur eux[16]. Le phénomène dépasse l'Espagne ; ainsi le Père Michel Le Nobletz en possède un grain qu'il lègue ensuite à son disciple Julien Maunoir[17]. Après Jeanne, d'autres mystiques espagnoles produiront également des chapelets bénis[N 1]. La création de la congrégation des indulgences et des reliques le par le pape Clément IX[19]met un terme à la promotion de ces objets[20].
Elle meurt le , jour anniversaire de sa naissance, de son entrée au couvent, de sa profession et de sa nomination à la charge d'abbesse. Cinq jours s'écoulent avant de l'enterrer[21]car une foule nombreuse arrive de toutes parts, même de Madrid et de Tolède, pour vénérer son corps. L'affluence est telle, qu'on ne peut plus entrer dans l'église, et on la porte en procession pour satisfaire la piété des fidèles[22].