Jehan Alain
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Saint-Germain-en-Laye,
| Nom de naissance | Jehan Ariste Paul Alain |
|---|---|
| Naissance |
Saint-Germain-en-Laye, |
| Décès |
(à 29 ans) Près de Saumur, |
| Activité principale | Organiste, compositeur |
| Maîtres | Dukas, Bloch, Caussade, Dupré |
| Ascendants | Albert Alain |
| Famille | Marie-Claire Alain, Olivier Alain |
Jehan Alain[1], né à Saint-Germain-en-Laye le [2] et mort pour la France le près de Saumur, est un compositeur et organiste français. Il est le fils du compositeur Albert Alain et le frère des organistes Marie-Claire Alain et Olivier Alain.
Jehan Alain, né dans une famille de musiciens, était l'aîné de quatre enfants. Le père, Albert Alain, organiste, compositeur et facteur d'orgue amateur, avait construit un orgue domestique et c'est sur cet instrument aujourd'hui installé à Romainmôtier, en Suisse, que Jehan débuta dès l'âge de 11 ans. Deux ans plus tard, il pouvait suppléer son père, nouvellement nommé titulaire du grand orgue de l'église Saint-Germain, dans sa ville natale.
Admis ensuite au Conservatoire national supérieur de Paris, il fut l'élève, entre autres, de Paul Dukas, Jean Roger-Ducasse, André Bloch, Georges Caussade et de l'organiste Marcel Dupré, dans la classe duquel il a pour condisciple l'organiste genevois Pierre Segond auquel il dédie les Variations sur un thème de Clément Janequin. Lors des cours d'improvisation avec Dupré, les autres élèves préféraient jouer avant Jehan Alain pour ne pas trop souffrir de la comparaison[réf. nécessaire]. Lors de l'une de ces séances d'improvisation, il termina l'une d'elles dans une tonalité étrangère à celle de départ (ce qui n'est pas loin d'être « considéré comme un crime » !). Il dit alors : « Je me suis trompé ! ». Marcel Dupré lui répondit : « Eh bien, il faudrait vous tromper plus souvent ! »[réf. nécessaire].
Ses études au Conservatoire se soldèrent par les premiers prix d'harmonie, de contrepoint et fugue, d'orgue et improvisation.
Sa Suite pour orgue fut couronnée d'un premier prix de composition au concours des Amis de l'Orgue en 1936. La même année, il fut nommé organiste-titulaire à l'église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte. À Paris, il fut organiste de la synagogue de Nazareth. Après sa mort, Marie-Louise Girod lui succédera, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Marié en 1935, père de trois enfants, il est mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale. Cité pour actes de bravoure, il incorpore le premier Groupe Franc de Cavalerie du capitaine de Neuchèze et participe à la bataille des Cadets de Saumur en . Il résiste seul à un peloton d'assaut allemand et meurt au champ d'honneur à 29 ans[3].
Tout au long de sa vie, il ne cessa de composer pour le piano, l'orgue, la musique de chambre, les voix (solistes et chœurs) et l'orchestre. Son catalogue comporte plus de 140 œuvres. Selon Marie-Claire Alain, la sœur du compositeur, celui-ci aurait composé quelques pièces pour orchestre. Malheureusement, il prit les partitions avec lui lorsqu'il partit à la guerre et elles ne furent jamais retrouvées après sa mort au champ d'honneur[4].
Œuvres
Sur à peu près dix années, et bien qu'il ait écrit pour divers instruments et formations, c'est à l'orgue qu'il doit l'essentiel de sa postérité. Ses pièces d'orgue les plus célèbres restent les Litanies (1937), qui sont au répertoire des organistes du monde entier, et les Trois Danses, ces dernières initialement prévues pour orchestre et transcrites secondairement pour orgue peu avant sa mort (1940).
Discographie
- Sa sœur, l'organiste Marie-Claire Alain, décédée le , jouait régulièrement ses œuvres. Elle en a réalisé trois intégrales sur disque : la première chez Erato (1973), la seconde chez Erato reprise par Warner (2000), et la troisième en concerts, incomplète en réalité, chez Intrada (2006).
- Intégrale (3CD Brillant Classics) par Jean-Baptiste Robin. Orgues : Saint-Étienne-du-Mont et Saint-Louis-en-l'Île à Paris, Sainte-Radegonde à Poitiers, Museum Center de Cincinnati + Jehan Alain à Notre-Dame-de-Nazareth.
- Intégrale (2CD Naxos) par Éric Lebrun
- Helga Schauerte-Maubouet : Intégrale en 2 volumes (Motette, 11311 /11301) 1990, + Jehan Alain à l'orgue de Notre-Dame-de-Nazareth, Paris.
- Pièces pour piano (sélection) par Jean Dubé, chez Syrius.
- Intégrale pour piano par Georges Delvallée (2011), chez Triton.
- Œuvres instrumentales & vocales. Direction: Georges Guillard (1991) chez Arion. ARN68148
Bibliographie
- Bernard Gavoty, Jehan Alain, musicien français, Paris, Albin Michel,
- Helga Schauerte-Maubouet, « Jehan Alain (1911-1940), L'homme et l'œuvre », Les Amis de l'orgue, Paris, no III, (traduction française par Pascal Guillot et Jean-François Gay de son ouvrage Jehan Alain (1911-1940), Das Orgelwerk. Eine monographische Studie, Regensburg, Gustav Bosse Verlag, 1983)
- Étienne Delahaye, Valloires ou le souvenir de Jehan Alain, dans la revue « Plein Nord », n° 158, .
- Marie-Claire Alain, Notes critiques sur l'œuvre d'orgue de Jehan Alain, Paris, Alphonse Leduc, 2001
- Aurélie Decourt, Jehan Alain : Biographie, Correspondance, Dessins, Essais, Éditions L’Act Mem,
- Aurélie Decourt, Une famille de musiciens au XXe siècle, la famille Alain, Hermann Musique,
- Helga Schauerte-Maubouet, Jehan Alain, Mourir à trente ans, Sampzon, Delatour France, 2020; traduction anglaise par Carolyn Shuster Fournier et Connie Glessner: Jehan Alain, Understanding His Musical Genius, Sampzon, Delatour France, 2022