Jeux olympiques d'hiver de 2038
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| Ville hôte | à definir | |||||||||
| Date | Du février 2038 au février 2038 | |||||||||
| Ouverture officielle par | - | |||||||||
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| Athlètes | - (- masc. et - fém.) |
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| Serment olympique | - - |
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| Flamme olympique | - | |||||||||
| Chronologie | ||||||||||
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| Jeux paralympiques | ||||||||||
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Les Jeux olympiques d'hiver de 2038, également appelés les XXVIIIes Jeux olympiques d'hiver, n'ont pas officiellement été attribués mais la Suisse bénéficie depuis l'automne 2023 d'un statut exclusif de « dialogue privilégié » de la part du CIO. Cela signifie qu'il s'est engagé à réserver à ce pays l'organisation de cette édition des JO jusqu'à fin 2027[1].
Le projet de la Suisse
Après le rejet des candidatures suisses pour les Jeux olympiques d'hiver de 2030 et 2034 par le CIO, des rumeurs ont circulé selon lesquelles la Suisse bénéficierait d'un traitement préférentiel pour les Jeux de 2038 en contrepartie[2].
Le , le projet « Suisse 203x » est invité par le CIO à participer à un dialogue privilégié[3] car les membres du comité exécutif du CIO ont relevé les atouts du projet suisse : les nombreux sites existants, la vaste expérience de la Suisse en tant que pays hôte de compétitions internationales de sports d'hiver et son rôle de pays hôte pour le CIO et de nombreuses fédérations sportives internationales.
Une enquête représentative menée en 2023 par l’institut indépendant gfs.bern a montré un large soutien : 67 % de la population suisse approuve l’organisation de Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en Suisse[4].
Le , le Conseil fédéral se déclare favorable au projet[5] et charge le DDPS de mettre sur pied un groupe de travail sous la direction de l’OFSPO pour accompagner les travaux qui seront menés d’ici fin 2027 par l’association Switzerland2038 créée par Swiss Olympic.
Le , l'association Switzerland 2038 affirme son intention d'organiser des Jeux durables sur les plans économique, social et écologique[6] et dévoile officiellement un concept décentralisé, à l'image de la Suisse, afin de profiter des infrastructures déjà existantes dans tout le pays qui ont déjà accueilli des Championnats du Monde et d’Europe et annonce des sites de compétition rassemblant dix cantons et quatorze villes[7],[8],[9],[10],[11] :
- la cérémonie d’ouverture est envisagée à Lausanne, capitale olympique, et celle de clôture à Berne, ville fédérale, qui accueillera également les deux cérémonies paralympiques ;
- en Suisse romande, Genève accueille le curling et le patinage de vitesse, Lausanne le patinage artistique et le short-track, et Crans-Montana le ski alpin ;
- en Suisse centrale, Engelberg organisera le saut à skis, le ski de fond et le combiné nordique ;
- le tournoi de hockey sur glace se déroulera principalement à Zurich et Zoug, avec quelques matches disputés à Lugano en début de compétition ;
- le biathlon aura lieu à Lenzerheide, tandis que les épreuves de freestyle, snowboard, bob, luge et skeleton se tiendront à Saint-Moritz ;
- plusieurs villages olympiques, un par région, basés à Lausanne, Lucerne, Crans-Montana, Lugano et St-Moritz.
Le , le Conseil fédéral annonce soutenir l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2038 en Suisse[12] et prévoir une contribution fédérale maximale de 200 millions de francs, le projet étant principalement financé par des fonds privés. Il souligne que le projet prévoit que la Suisse devienne le premier « pays hôte » de l’histoire du mouvement olympique puisque les Jeux ne se dérouleront pas dans une seule ville ou région, mais de manière décentralisée, dans les quatre régions linguistiques. D'autre part, aucune nouvelle construction ne sera réalisée, mais les infrastructures existantes seront utilisées et rénovées si nécessaire. Le concept d’hébergement reposera aussi exclusivement sur les infrastructures existantes. Il rappelle enfin qu'il faut tenir compte du fait qu’en raison du concept décentralisé, les parlements et, le cas échéant, la population de certains sites et cantons d’accueil auront encore la possibilité de s’exprimer sur le projet.
Le même jour, le directeur de l'association Switzerland 2038, l'ancien conseiller d’Etat valaisan Frédéric Favre, présente dans les médias ce projet de candidature nationale et décentralisée pour des Jeux olympiques d’hiver en Suisse reposant sur le concept de Jeux olympiques et paralympiques d'hiver organisés à l'échelle de tout le pays[13]. Suite à l'échec des précédents projets olympiques suisses (Sion 2006[14], Sion 2026[15], Grisons 2022[16] et 2026[17]), l'idée est de défendre un nouveau modèle de JO en nette rupture avec les modèles passés. Le budget annoncé se monte à 2,2 milliards de francs, dont 82 % seraient financés par des fonds privés, et exclut une garantie de déficit des pouvoirs publics car le risque financier serait assumé par des partenaires privés. Il rappelle que lors des JO précédents, les dépassements de budget ont quasiment toujours été le fait des constructions mais qu'en Suisse, on a fait l'inverse puisqu'on a déjà investi dans ces infrastructures, et grâce à elles, on peut avoir les Jeux. Et il précise que même si un site venait à finalement refuser d'accueillir des compétitions, des alternatives existent (comme envisager une solution à l’étranger pour le bob). D'autre part, la qualité des transports suisses garantissent les déplacements entre les différents sites du pays. Enfin, les Jeux seraient porteurs d'importantes retombées économiques, chiffrées à plus de 3 milliards de francs, et jusqu’à 350 millions de francs de recettes fiscales supplémentaires. Même si un vote fédéral n’est pas exclu, la population qui semble refuser qu’un seul canton assume les risques financiers devrait être rassurée que le projet bénéficie déjà du soutien de dix cantons et quatorze villes. Frédéric Favre conclut en affirmant que « La Suisse ne peut pas être battue, elle peut seulement perdre les Jeux si elle ne les veut pas ».
Après les JO 2026 de Milan-Cortina, certains observateurs s'inquiètent des inconvénients de l’éclatement des sites[18] qui est à la base de la candidature suisse mais aussi du projet fançais pour 2030. D'un côté, ils reconnaissent que l’utilisation d'installations sportives existantes a donné lieu à des compétitions bien organisées où les participants ont profité de sites adaptés et habitués à accueillir de grandes compétitions et utiliser des infrastructures existantes est une condition nécessaire pour minimiser l’impact écologique. De l'autre côté, ils regrettent que cette décentralisation ait considérablement dilué ce que l’on appelle communément « l’expérience olympique » et que ni les athlètes, ni les officiels, ni les supporters n’ont vraiment eu l’impression de vivre autre chose que des Championnats du monde de leur discipline alors que, d’habitude, les JO d’hiver orchestrent un grand brassage d’athlètes d’horizons et de disciplines différents, ainsi que de passionnés profitant de la proximité de plusieurs concours pour « voir autre chose ». L'ambiance est également très différente dans un cadre montagnard entouré de montagnes (comme à Cortina), un village qui se mobilise pour devenir un véritable lieu de fête (comme Livigno)[19] et dans une immense ville où les compétitions peuvent passer presque inaperçues (comme à Milan)[20]. Beaucoup ont regretté l'absence d'une cérémonie de remise des médailles sur une place centrale, le soir après la compétition[21]. Le défi est donc de conserver les atouts du concept en minimisant ses défauts, notamment en organisant des transports efficaces limitant les casse-têtes logistiques et les multiples déplacements et en évitant d’isoler une seule discipline dans un coin de vallée privée de la magie olympique[19]. Enfin, on observe une continuelle augmentation du nombre d’épreuves, qui a presque doublé par rapport à Lillehammer 1994, ce qui devrait peut-être remettre en question la place de certains sports ou le nombre de disciplines dans certains d'entre-eux[22]. « Nous pouvons reprendre certaines approches de Milano Cortina 2026. Nous allons certainement repenser et aborder différemment certains points », communique Ralph Stöckli, dirigeant de Swiss Olympic et ancien athlète. Quant à Ruth Metzler-Arnold, présidente de Swiss Olympic et ancienne conseillère fédérale, elle confirme que ces différentes critiques ont été entendues, assure les prendre au sérieux et considère toujours que le concept décentralisé a vraiment du sens et peut encore mieux fonctionner avec quelques améliorations[23].
Au terme de sa mise en consultation le , le projet récolte une assez large adhésion, malgré quelques réticences[24]. Le Conseil fédéral réitère son soutien, les cantons se déclarent globalement favorables et la plupart des partis se montrent plus ou moins enthousiastes. Parmi les partis qui ont exprimé un avis négatif sur le projet, le PS remet en question sa «pertinence dans l’espace alpin», les Vert·e·s considèrent qu'il est «illusoire de promettre des Jeux sans impact sur l’environnement» et réclament des mesures compensatoires alors que l'UDC exige un référendum concernant la participation financière de la Confédération. Les quelques réserves des cantons concerne l'aspect financier (exigence d'une contribution fédérale, refus d'accorder une garantie de déficit, montant maximal accepté) et la légitimité démocratique (organisation d'un référendum local pour s'assurer de l'adhésion de la population).
Le projet commun de la Slovénie, l'Autriche et l'Italie
Le dialogue privilégié entre le CIO et la Suisse n'empêche pas d'autres pays de se projeter pour organiser ces Jeux. Ainsi, le , le gouverneur de Carinthie Peter Kaiser et le ministre slovène des Sports, Matjaž Han, ont annoncé officiellement travailler sur une candidature[25] avec des Jeux partagés entre la Slovénie, l'Autriche et la région italienne de Frioul-Vénétie Julienne. Lors d'une conférence de presse en , le président de la région de Frioul-Vénétie Julienne, Maximiliano Fedriga, et Tanja Fajón, ministre des Affaires étrangères et vice-présidente du gouvernement de Slovénie, confirment leur intention de déposer cette candidature[26]. Tarvisio, Villach, Klagenfurt, Kranjska Gora et Planica font partie des sites de compétition évoqués[27].
L'éventualité canadienne
Le Canada pourrait envisager une candidature si le projet suisse devait être abandonné, déclare David Shoemaker, patron du Comité olympique canadien, en [28]. Il pense que l'envie peut venir maintenant en se rappelant que les JO 2026 auraient pu se dérouler au Canada si le projet de Calgary, considéré comme favori, n'avait pas été abandonné en 2018 suite à un refus de 56% de la population[29].
L'éventualité finlandaise
Considérant que la Finlande n'a curieusement jamais accueilli les JO d'hiver (alors qu'Helsinki a organisé les JO d'été 1952), le maire de Lahti, Niko Kyynarainen, a déclaré en que «Je pense que la Finlande devrait postuler pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver. Ce n'est pas seulement une rumeur ou une pensée privée : il y a déjà eu diverses discussions sur la question dans des cercles sérieux.». Il considère que c'est une chance pour sa ville que le concept décentralisé soit désormais bien considéré et il imagine ainsi Lahti comme principal site pour 2038 en association avec Helsinki, Tampere et même Lillehammer en Norvège[30].
L'éventualité norvégienne
Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a exprimé son intérêt pour l'organisation de JO d'hiver en Norvège[31]. Après l'abandon de plusieurs candidatures ces dernières années en raison des réticences de la population par rapport aux coûts élevés (notamment celle d'Oslo pour 2022[32]), il estime que le soutien à un telle idée est désormais plus important. Il considère cependant que le projet doit être de dimension nationale plutôt qu'un intérêt régional et axé sur la durabilité et des dépenses modestes. Des JO dont le budget est estimé à seulement 25 milliards de couronnes norvégiennes, utilisant uniquement les infrastructures existantes et imaginés davantage comme un « festival populaire » consacré à la culture sportive nationale plutôt qu'un concours architectural de prestige. Le processus en cours pourrait aboutir à une candidature formelle pour 2038.
L'éventualité américaine
Inspirée par le modèle décentralisé de Milan-Cortina 2026, la gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul, annonce soutenir l'idée de JO associant la ville de New York et Lake Placid (qui a déjà accueilli deux fois les JO, en 1932 et 1980, et plus récemment l'Universiade d'hiver 2023) comme un partenariat entre «une métropole au rayonnement mondial et une ville de montagne historique»[33]. Il faut cependant noter que cette candidature est improbable pour 2038 vu que les JO 2034 auront déjà lieu aux USA.
L'abandon du projet de Sapporo
La ville japonaise de Sapporo, hôte des JO d'hiver 1972, avait renoncé à sa candidature pour les JO 2026 suite à un séisme en 2018, puis a longtemps fait figure de favorite pour les JO 2030 avant de repousser son projet pour l'édition de 2034, et enfin pour celle de 2038[34],[35]. L'opinion publique se montre en effet réticente depuis les affaires de corruption concernant les JO 2020[36],[37]. Fin 2023, le maire de la ville confirme encore son ambition pour le projet mais le Gouverneur de la Préfecture d’Hokkaidō déclare peu après qu'il faut interrompre toutes les procédures en cours[38].