Julien et Marguerite de Ravalet
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Julien et Marguerite de Ravalet sont les enfants de Jean III de Ravalet, seigneur de Tourlaville, et de Madeleine de Hennot[1]. Ils ont été exécutés le en place de Grève à Paris pour adultère et inceste.
Julien de Ravalet, sieur d'Arreville[1], naît en 1582 et Marguerite en 1586 au sein d'une famille qui compte onze frères et sœurs. Rapidement, leur complicité fraternelle se mue en relation incestueuse, qui contraint leurs parents à les séparer. Ils envoient Julien, qui a treize ans, au collège de Coutances. Il y reste trois ans.
Le en l'église Notre-Dame de Tourlaville, Marguerite, 14 ans, est mariée à Jean Lefevre de Haupitois, plus âgé qu'elle selon les sources[Lesquelles ?] de quinze à trente-deux ans[réf. nécessaire]. Ce roturier tire sa richesse de la charge de collecteur de l'impôt royal. Le mariage n'est pas heureux et elle fuit le château conjugal, pour retrouver son frère.
Ils se cachent à Fougères puis à Paris. Le mari de Marguerite porte plainte et réclame justice. Julien et Marguerite sont arrêtés le . Ils subissent la torture[2], sont emprisonnés, jugés pour adultère et inceste, accusations qu'ils nient. Ils sont condamnés à la décapitation. Marguerite étant enceinte, l'exécution est reportée après la naissance de l'enfant. Malgré une requête de grâce de leur père, Julien, 21 ans, et Marguerite, 17 ans, sont exécutés à Paris, en place de Grève, le matin du . Selon le Journal du règne de Henry IV, Roi de France et de Navarre de Pierre de l'Estoile, le roi aurait dit : « si la femme n'eût point été mariée, il lui eût volontiers donné sa grâce, mais que l'étant il ne le pouvait ».
Ils auraient été enterrés dans l'église Saint-Jean-en-Grève, avec l'épitaphe : « Ci-gisent le frère et la sœur. Passant ne t'informe pas de la cause de leur mort, mais passe et prie Dieu pour leur âme. » Francois de Rosset mentionne cette épitaphe, que Paul Le Cacheux met en doute, aucun autre texte n'en portant la trace[2] ; l'église a été détruite en 1800, ne permettant pas de savoir si elle a bien été gravée.
Après l'exécution, le père et l'oncle de Julien et Marguerite, abbé de Tourlaville ou de Hambye, multiplient les actes de bienfaisance envers les pauvres et les dotations aux églises. Ainsi, Jean fait construire en 1625 un couvent de bénédictines au no 17 rue au Fourdrey à Cherbourg, dont Charlotte de La Vigne, sœur de l'épouse de Jean, est la première abbesse. L'année suivante, la peste qui s'abat sur la ville atteint quelques sœurs et persuade les religieuses de s'établir, temporairement puis définitivement, à Valognes, dans le couvent qui jusqu'en 1789, prend le nom de « Notre-Dame-de-Protection[3] ».