Tourlaville

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Tourlaville
Tourlaville
L'église Notre-Dame.
Blason de Tourlaville
Blason.
Image illustrative de l’article Tourlaville
Logotype.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Commune Cherbourg-en-Cotentin
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Cotentin
Statut Commune déléguée
Maire délégué
Mandat
Aurélien Folliot
2026-2032
Code postal 50110
Code commune 50602
Démographie
Gentilé Tourlavillais
Population 15 855 hab. (2023)
Densité 922 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 38′ 27″ nord, 1° 34′ 44″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 132 m
Superficie 17,19 km2
Élections
Départementales Tourlaville
Historique
Intégrée à Cherbourg-en-Cotentin
Localisation
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Tourlaville
Liens
Site web cherbourg.fr

Tourlaville est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de 15 855 habitants, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Cherbourg-en-Cotentin.

Au nord de la péninsule du Cotentin, aux portes du Val de Saire, Tourlaville est en banlieue est du chef-lieu d'arrondissement. La ville est située en bordure de mer, en majeure partie au sein de la grande rade de Cherbourg, à 2,5 km à l'est du centre-ville de Cherbourg et à 15 km à l'ouest de Saint-Pierre-Église[1].

La commune a perdu une partie de son territoire, d'abord au profit de Cherbourg (actuellement quartier du Val-de-Saire) puis par la scission de La Glacerie en 1901 qui représentait plus de la moitié de sa superficie (18,7 km2).

Au Moyen Âge, la paroisse, très vaste, s'étendait de la Divette jusqu'à Digosville, le Mesnil-au-Val et Brix[2].

Les communes limitrophes sont Cherbourg-Octeville, Digosville et La Glacerie.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous la forme à finale latinisée Torlachvilla en 1063-1066[3].

Il semble que le nom de Tourlaville ait pour origine la villa (au sens ancien de « domaine rural ») d'un certain Thorlakr, nom de personne norrois. L'anthroponyme Thorlakr est basé sur le nom de Thor, le nom du dieu scandinave, suivi de lakr, variation de leikr, « jeu ». Il se rencontre également dans Tout-la-Ville (Torlavilla 1198 ; à Saint-Martin-aux-Chartrains) et dans Tous-les-Mesnils (Toulamesnil 1328 ; Ouville-la-Rivière)[3]. Le nom de famille normand Tourlaque subsiste jusqu'au XXe siècle et un sieur de ce nom est à l'origine de la rue Tourlaque, dans le 18e arrondissement de Paris[4].

Micro-toponymie

  • Bréquécal, avec brekka comme déterminant (pente) et skáli comme déterminé (cabane, baraque, abri provisoire), serait donc la « baraque de la pente », Brekuskáli[5].

Histoire

Préhistoire

Le lieu a été fréquenté anciennement comme l'attestent les monuments mégalithiques qui parsemaient son territoire comme les Pierres Couplées dans la lande Saint-Gabriel, les menhirs de Maupas ou le dolmen de Truffert, et dont il ne subsiste aucun vestige. Près du village de la Glacerie il y avait deux rochers druidiques [sic] nommés la Roque-Risbec et la Roque-Luce[6].

Antiquité

En 1741, il fut découvert, sur la pente de la montagne du Roule, un tombeau avec une urne, de nombreuses médailles (monnaies ?) et des ornements d'or[6].

Avant sa destruction par MM. Doumerc et Baillio en 1782 lors de défrichements, on voyait un pavé romain long d'un kilomètre, connu sous le nom de « chaussée d'Adam »[Note 1], qui passait dans les bois de la Pierre-Butée qu'ils venaient d'acquérir de la maison de Bourbon[6]. Une tradition rapporte qu'une « route des Romains » venant de Sauxemesnil par les Écocheux (Le Mesnil-au-Val), croisait la route de l'Arche, et arrivait à la Glacerie, et de là à Cherbourg[6].

En 1824, un nommé Julin trouva 50 médailles romaines au hameau Quévillon, et à la même époque, deux médailles d'or à la ferme du Maupas, et d'autres médailles romaines en bronze à la Pierre-Butée[7].

C'est au Mielles de Tourlaville, qu'à l'été 1829, près de l'ancienne redoute, fut découvert un fanum (sanctuaire gallo-romain), des fondations de plusieurs maisons ainsi que de nombreux vestiges gallo-romains. Le site a été probablement détruit au IVe siècle par des pirates saxons[8]. C'est entre 1828 et 1832, lors des travaux d'aménagement du cordon dunaire autour de l'ancienne redoute, que furent mis au jour un ensemble d'objets appelé « dépôt » des Mielles de Tourlaville. Il se compose d'au moins 22 sujets fragmentaire de figurines en terre blanche : Vénus anadyomènes, déesses-mères, enfant souriant (risus), cavaliers et chevaux, ainsi qu'une statuette dite de Cérès en bronze, de quatre vases miniatures, des fragments de poteries, des pesons tronconiques en terre cuite, des meules, des embouts de trépied en bronze supportant la vasque d'un braséro, un pendentif, des tuiles, des briques, etc. Le site, d'après le style des figurines et les vases, aurait été occupé entre les années 50 et 250-300. Ce dépôt, domestique et plutôt aisé, se rapporterait probablement à une villa littorale[9].

En 1831, dans une pièce de terre nommée la Meulette, à la ferme de la Boissaye, furent trouvées des traces d'habitations, des tuiles romaines et des débris de meules[7]. Dans la direction du lieu-dit Grand-camp, où se situait un vaste camp retranché[Note 2] et dont on voyait encore les limites au milieu du XIXe siècle, furent découvertes beaucoup de traces romaines[6].

En 1834, lors du défrichement du bois des Meulettes à la Boissaye, furent mises au jour des fondations de murs romains formés de briques posées à plat et cimentées. Le côté d'une des pièces dégagées avait six mètres de long[11].

Moyen Âge

Vers 1060, le duc Guillaume donne à l'évêque de Coutances, Geoffroy de Montbray, les églises de Cherbourg, Tourlaville et Barfleur[12].

En 1145, le pape Eugène III accorde à Algare, évêque de Coutances, une chapelle des Flamands[13],[Note 3].

Dans une charte de 1256, est cité un fief nommé Grossum-Fosssatum[13],[Note 4].

Le fief aux Flamands s'étendait depuis le pont aux Charettes jusqu'à celui de Cherbourg et à l'eau de la Divette[14],[Note 5].

En 1400, Tourlaville est pillé par les Anglais[14].

Temps modernes

En 1495, Jeanne de France, épouse de Louis XII, donna à Robert d'Anneville le fiefferme de Tourlaville, pour en jouir ainsi que l'avait fait Guillaume Dufou, capitaine du château de Cherbourg[14].

En 1536, Jean Vippart, écuyer, est seigneur de Tourlaville, d'Ozeville et de Silly[14].

Dans un aveu rendu en 1549 au roi de France, Henri II, il est précisé que les religieux de l'abbaye de Cherbourg possédaient une saline à Tourlaville, et qu'ils disposaient du droit de gravage « depuis la rivière d'Yvette [sic] passant près et joignant la muraille en enclos de Cherbourg, jusqu'au pont aux Charettes qui souloit être l'endroit et voie à venir du grand chemin venant de la place de Tourlaville et passant par devant la maison qui fut à Pignard et de présent à Jean Guiffard »[14].

En 1552, Jacques de Ravalet, et son frère, Jean II de Ravalet acquièrent le fief Aubert-Lhermite et deviennent seigneurs de Tourlaville[15]. En 1562, Marie de Bourbon-Saint-Pol, baronne de Bricquebec, pour remercier son secrétaire et abbé de Hambye depuis 1561, Jean II, donne aux deux frères Ravalet la fiefferme et le droit de lever le champart et « tout ce qui à elle peut appartenir en la paroisse de Tourlaville et ses environs »[15]. Les deux frères, amis de Gilles de Gouberville, entreprennent la construction d'un nouveau château à la place du vieux manoir. Dans son journal, le sieur de Gouberville écrit : « Le , dimanche, je m'en vins chez le sieur de Tourlaville, où je le trouvé et Sr abbé de Hambye son frère… et je fus bien là deux heures à deviser avec luy et à voyer le bastiment qu'il faisoyt fère »[15].

La famille de Belleville ouvre vers 1560 la verrerie de Tourlaville, dans la vallée du Trottebec, à la lisière nord de la forêt de Brix. Colbert fusionne cette verrerie avec la Manufacture royale de glaces de miroirs en décembre 1670[16].

Parmi les familles notables du lieu, on trouve au XVIIe siècle, la famille de Franquetot de Coigny[Note 6], ainsi que celle de Hennot[17],[Note 7].

Époque contemporaine

En 1831, on trouva sur la lande Saint-Maur un gisement de baryte, et on exploitait l'ardoise tirée des carrières de Tourlaville[17].

L'affaire criminelle Mohamed ben Mohamed Kerdjemil a lieu dans la commune et est jugée le par la cour d'assises de la Manche, à Coutances[18].

Les cinq conseils municipaux de Cherbourg-Octeville, Équeurdreville-Hainneville, La Glacerie, Querqueville et Tourlaville ayant voté le la fusion de leurs communes respectives[19], Tourlaville intègre le la commune de Cherbourg-en-Cotentin[20] créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi no 2010-1563 du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Cherbourg-Octeville, Équeurdreville-Hainneville, La Glacerie, Querqueville et Tourlaville deviennent des communes déléguées et Cherbourg-Octeville est le chef-lieu de la commune nouvelle.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Administration municipale

Le conseil municipal était composé de trente-trois membres dont le maire et neuf adjoints[21].

Liste des maires

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1947 Camille Leclerc Radical-socialiste  
1947 juin 1995 Georges Fatôme SFIO puis PS Charpentier-tôlier, conseiller général et régional,
président de la CUC
octobre 2012 André Rouxel PS Dessinateur industriel, conseiller général
octobre 2012[22] décembre 2015 Gilbert Lepoittevin[21] PS Technicien DCNS
Pour les données antérieures, dérouler la boîte ci-dessous.
Liste des maires délégués
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2016[23] en cours Gilbert Lepoittevin PS Technicien DCNS
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages

Population et société

Les habitants sont appelés les Tourlavillais.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[24],[Note 8].

En 2023, la commune comptait 15 855 habitants, en évolution de −0,31 % par rapport à 2017 (Manche : +0,44 %, France hors Mayotte : +2,49 %). Au , Tourlaville est la quatrième ville du département de la Manche après Cherbourg-Octeville, Saint-Lô et Équeurdreville-Hainneville.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 3283 7213 2373 7173 6243 9384 1304 5494 877
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 5115 8245 8315 5435 7576 2076 8317 3828 304
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
7 2287 5257 8797 2637 3877 5018 3959 0719 600
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
11 56912 06212 19715 59017 51617 55116 64915 83615 882
2019 - - - - - - - -
15 995--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[25] puis Insee à partir de 2006[26].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sports et loisirs

L'Association sportive de Tourlaville fait évoluer deux équipes de football en ligue de Basse-Normandie et deux autres en divisions de district[27].

Cultes

L'édifice est aujourd'hui rattaché à la nouvelle paroisse Saint-Clair du doyenné de Cherbourg-Hague[28].

Économie

Tourlaville accueille plusieurs industries liées à la construction navale et la métallurgie : les chantiers navals des CMN et de JMV, les bâtiments de Sanmina, les ateliers de Construction métallique de l'Ouest.

Plusieurs zones artisanales et commerciales ont profité de l'étalement urbain de Cherbourg, pour devenir un des plus importants pôles commerciaux de la communauté urbaine de Cherbourg (dissoute en 2016 au profit de la ville de Cherbourg-en-Cotentin), accueillant un hypermarché, des concessionnaires automobiles, des services aux entreprises (Mainco, SMI...).

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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