Julija Biliūnienė née Janulaitytė (1880-1978) est une dentiste lituanienne.
Formée à l'école dentaire de Šiauliai, Biliūnienė ouvre un cabinet privé à Panevėžys en 1902. Prenant soin de son époux, l'écrivain Jonas Biliūnas(en), atteint d'une maladie incurable, elle vit et travaille à Zakopane. En 1911, elle obtient son diplôme d'une école dentaire parisienne. En 1918, elle s'installe à Vilnius où elle travaille à l'hôpital de la Société lituanienne d'aide sanitaire . Elle déménage à Kaunas en 1931 et est l'une des cofondatrices de la Société lituanienne des dentistes en 1934. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle aide à cacher cinq Juifs, ce qui lui vaut la Žūvančiųjų gelbėjimo kryžius(lt) en 2002.
Enfance et éducation
Julija Biliūnienė est née le à Malavėnai(lt) près de Šiauliai, qui fait alors partie de l'Empire russe. La famille compte 13 enfants, dont neuf atteignent l'âge adulte et cinq font des études universitaires[1]. Biliūnienė est la deuxième plus jeune de ses frères et sœurs survivants[2]. Parmi ses frères et sœurs figurent le juge et professeur Augustinas Janulaitis(lt), le prêtre catholique Pranciškus Janulaitis(lt), et l'ophtalmologue Veronika Alseikienė[3]. Son père décède alors qu'elle n'a que quatre ans[1].
Elle reçoit son instruction primaire à domicile et ne fréquene pas d'école primaire. En 1895, elle s'installe à Šiauliai pour poursuivre des études privées grâce au soutien de son frère aîné, Augustinas. Elle participe au stockage et à la distribution de publications social-démocrate et rejoint un cercle d'intellectuels lituaniens, parmi lesquels se trouve Povilas Višinskis(en) et Liudas Vaineikis(en)[2]. En 1899, elle s'inscrit à l'école dentaire de Šiauliai, un cursus de trois ans. Parallèlement, en tant qu'élève en cursus libre, elle suit quatre années d'études au lycée de jeunes filles de Šiauliai, récemment créé[2].
Mariage avec Jonas Biliūnas
Biliūnienė avec son mari après leur mariage en 1904.
En 1901, elle fait la connaissance de l'écrivain Jonas Biliūnas(en), avec qui elle se fiance. La même année, elle réussit les examens de l'Université de Kazan, ce qui lui permet d'exercer comme prothésiste dentaire. Elle suit ensuite une formation dentaire de deux mois à Vilnius et ouvre un cabinet privé à Panevėžys au printemps 1902. Elle obtient son baccalauréat au lycée de Mitau et son diplôme de chirurgie dentaire à l'Université de Kharkiv en , ce qui lui permet d'exercer comme dentiste[2].
Le , Biliūnienė épouse Jonas Biliūnas, déjà atteint de tuberculose. Jusqu'à son décès en , elle consacre des efforts considérables à financer ses traitements médicaux. Début 1905, elle se rend à Zurich pour s'occuper de lui. Ils passent les étés 1905 et 1906 en Lituanie. Début 1906, elle part pour Zakopane où Biliūnas est soigné dans un sanatorium. Le couple connaît des difficultés financières et s'endette. Biliūnienė commence à exercer la profession de dentiste, bien qu'elle n'ait pas l'autorisation de pratiquer dans l'Empire autrichien. Elle reste à Zakopane jusqu'à l'automne 1909. Durant cette période, elle gagne suffisamment d'argent pour rembourser ses dettes et épargner en vue de poursuivre ses études[2].
Carrière de dentiste
En 1909, Biliūnienė s'inscrit à une école dentaire parisienne pour une durée de deux ans. Elle obtient son diplôme de chirurgienne-dentiste en 1911 puis s'installe à Zakopane où elle exerce jusqu'en 1913. Cette année-là, elle donne naissance à sa fille Meilė Lukšienė et déménage à Vilnius. Pendant la Première Guerre mondiale, elle se réfugie en Russie où elle travaille alors comme dentiste pour la Société lituanienne de secours aux victimes de guerre et exerce également en cabinet privé à Voronej[2].
En 1918, Biliūnienė retourne à Vilnius et rejoint l'hôpital de la Société lituanienne d'aide sanitaire, présidé par son beau-frère Danielius Alseika(en)[4]. En 1924, elle se remarie avec l'éducateur et journaliste Stasys Matijošaitis(lt). Ils ont un fils, Saulius. En 1931, lorsque sa fille Meilė obtint son diplôme du lycée Vytautas Magnus de Vilnius et souhaite poursuivre des études universitaires, la famille quitte Vilnius (alors partie de la Seconde République polonaise) pour s'installer à Kaunas[5]. Biliūnienė vit avec sa sœur Veronika et leurs filles, Meilė et Marija Gimbutas, s'influencent mutuellement de manière déterminante[3]. À Kaunas, Biliūnienė exerce en cabinet privé. Elle est l'une des cofondatrices de la Société lituanienne des dentistes en 1934 et en est un temps la vice-présidente. Elle publie également des articles sur la dentisterie dans des revues médicales[2].
12(lt) Regina Vaišvilienė, «Minėdami Mariją Gimbutienę, pagerbkime ir jos tėvus – gydytojus Alseikas», Mokslo Lietuva, vol.10, no675, (ISSN1392-7191, lire en ligne)
123456789(lt) Irena Balčiūnienė, Irena; , Alina; , (2014). Gydytojos odontologės – Lietuvos kūrėjų motinos ir žmonos (PDF) (in Lithuanian). Vilnius: Spaudmeta. pp. 36–44, Alina Pūrienė et Ingė Lukšaitė, Gydytojos odontologės – Lietuvos kūrėjų motinos ir žmonos, Vilnius, Spaudmeta, (ISBN9786098082128, lire en ligne[PDF]), p.36–44
12(lt) Daiva Vaitkevičienė, «Prie gyvybės medžio šaknų: Marija Gimbutienė šeimos moterų draugijoje», Tautosakos darbai, vol.62, , p.107 (ISSN1392-2831, lire en ligne)
↑(lt) Regina Vaišvilienė, «Vilniaus fenomenas – Lietuvių sanitarinės pagalbos draugija, ligoninė ir poliklinika (1918–1941)», Mokslo Lietuva, vol.6, no627, , p.11-12 (ISSN1392-7191, lire en ligne)
(lt) Meilė Lukšienė et Julija Biliūnienė-Matjošaitienė, Laiko prasmės: Julijos Biliūnienės-Matjošaitienės atsiminimai: dukters pasvarstymai: medžiaga besiformuojančios lietuvių inteligentijos mentalitetui suvokti [«Les significations du temps: Mémoires de Julija Biliūnienė-Matjošaitienė: Réflexions d'une fille: Matériaux pour comprendre la mentalité de l'intelligentsia lituanienne émergente»], Vilnius, Lietuvių literatūros ir tautosakos institutas, (ISBN9955-475-86-2, lire en ligne[PDF]).