Lillebonne
commune française du département de la Seine-Maritime
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Lillebonne [lil(ə)bɔn(ə)] est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en région Normandie.
| Lillebonne | |||||
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De haut en bas et de gauche à droite : Juliobona, musée gallo-romain de Lillebonne avec le centre-ville en fond, pris depuis le théâtre antique ; théâtre antique ; église Notre-Dame de Lillebonne ; Apollon découvert à Lillebonne ; château médiéval de Lillebonne. |
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Blason |
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| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Normandie | ||||
| Département | Seine-Maritime | ||||
| Arrondissement | Le Havre | ||||
| Intercommunalité | CA Caux Seine Agglo (siège) |
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| Maire Mandat |
Christine Déchamps 2020-2026 |
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| Code postal | 76170 | ||||
| Code commune | 76384 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Lillebonnais | ||||
| Population municipale |
8 541 hab. (2023 |
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| Densité | 583 hab./km2 | ||||
| Population unité urbaine |
22 183 hab. (2023) | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 49° 31′ 08″ nord, 0° 32′ 03″ est | ||||
| Altitude | Min. 0 m Max. 133 m |
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| Superficie | 14,66 km2 | ||||
| Type | Centre urbain intermédiaire | ||||
| Unité urbaine | Lillebonne (ville-centre) |
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| Aire d'attraction | Lillebonne (commune-centre) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Bolbec | ||||
| Législatives | 5e circonscription de la Seine-Maritime | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime
Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime
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| Liens | |||||
| Site web | https://www.lillebonne.fr | ||||
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Lillebonne, de son nom latin Juliobona, est le chef-lieu (la capitale administrative) de la cité des Calètes à l'époque romaine, un territoire dont les limites reprennent celles du peuple gaulois des Calètes et qui correspond approximativement à l'actuel Pays de Caux. L'essentiel de la ville antique se trouve aujourd'hui sous le centre-ville de Lillebonne, mais des vestiges remarquables sont toujours visibles, dont un théâtre antique.
Géographie
Localisation
Lillebonne est située à 35 km en amont du Havre, sur la rive droite de la Seine, en retrait d'environ 4 kilomètres du fleuve.
Le sentier de grande randonnée GR 2 y passe.
La commune est la ville-centre de l'aire d'attraction de Lillebonne ainsi que de son unité urbaine, et se trouve dans la zone d'emploi d'Yvetot-Vallée du Commerce et dans le bassin de vie de Port-Jérôme-sur-Seine[I 1].
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont La Frénaye, Gruchet-le-Valasse, Lintot, Port-Jérôme-sur-Seine, Quillebeuf-sur-Seine, Saint-Antoine-la-Forêt, Saint-Jean-de-Folleville et La Trinité-du-Mont.
Géologie et relief
La superficie de la commune est de 14,66 km2 ; son altitude varie de 0 à 133 mètres[1].
Hydrographie

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie.
Elle est drainée par la Seine, la rivière du Commerce, le canal de Saint-Aubin[2], le canal 01 de la commune de Lillebonne[3], le canal 02 de la commune de Lillebonne[4], le cours d'eau 01 de la commune de Lillebonne[5], le cours d'eau 02 de la commune de Lillebonne[6], les Cabots[7], la rivière des Aulnes[8] et un bras du Commerce[9],[10],[Carte 1].
La Seine, qui prend sa source à Source-Seine, en Côte-d'Or, sur le plateau de Langres, traverse le département avec de larges méandres sur son flanc sud et se jette dans la Manche entre Le Havre et Honfleur[11].
Le Commerce, d'une longueur de 15,5 km, prend sa source dans la commune de Bolbec et se jette dans la Seine à Lillebonne, après avoir traversé quatre communes[12]. Les caractéristiques hydrologiques de le Commerce sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de 0,877 m3/s[Note 2]. Le débit moyen journalier maximum est de 2,9 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 3,09 m3/s, atteint le même jour[13].
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le plan d'eau du Becquet (0,45 ha)[Carte 1],[14].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[15]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[16]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[17] et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[18]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[19],[20].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 824 mm, avec 12,4 jours de précipitations en janvier et 8,3 jours en juillet[15]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Boulleville à 20 km à vol d'oiseau[21], est de 11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 851,2 mm[22],[23]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,3 °C, atteinte le ; la température minimale est de −12,3 °C, atteinte le [Note 3].
Urbanisme
Typologie
Au , Lillebonne est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[24].
Elle appartient à l'unité urbaine de Lillebonne[Note 4], une agglomération intra-départementale regroupant quatre communes, dont elle est ville-centre[Note 5],[25],[I 1].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lillebonne, dont elle est la commune-centre[Note 6],[I 1]. Cette aire, qui regroupe 6 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[26],[27].
Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (49,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (35,8 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (31,8 %), forêts (18,6 %), zones urbanisées (18 %), prairies (11,5 %), zones agricoles hétérogènes (7,4 %), terres arables (6,8 %), eaux continentales[Note 7] (6 %)[28].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Habitat et logement
En 2021, le nombre total de logements dans la commune était de 4 477, alors qu'il était de 4 467 en 2016 et de 4 213 en 2011[I 2].
Parmi ces logements, 92,4 % étaient des résidences principales, 0,9 % des résidences secondaires et 6,7 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 50,8 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 48,3 % des appartements[I 3].
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Lillebonne en 2021 en comparaison avec celle de la Seine-Maritime et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (0,9 %) par rapport au département (4,1 %) et à la France entière (9,7 %).
Voies de communication et transports
L'ancienne route nationale 182 (actuelle RD 982) dessert la ville et donne un accès aisé à Caudebec-en-Caux, au pont de Tancarville, à Harfleur et au Havre.
La gare de Lillebonne, située sur la ligne de Bréauté - Beuzeville à Gravenchon-Port-Jérôme, n'a plus de service voyageur depuis 1965, mais conserve une importe fonction pour le fret.
Le bac de Port-Jérôme relie Lillebonne à la rive gauche de la Seine à hauteur de Quillebeuf-sur-Seine.
Toponymie
La plus ancienne mention du toponyme remonte au milieu du IIe siècle dans la Géographie de Ptolémée[29] (en grec ancien Ἰουλιοβόνα, var. Ἰουλιβάνα et Ἰουλιόβωνα). Il est également cité à la fin du IIIe siècle dans l'Itinéraire Antonin[30] (en latin Iuliobona) et dans la table de Peutinger (Iuliobona), à l'origine du nom actuel.

Même si le toponyme est situé sur la rive gauche de la Seine sur la table de Peutinger au lieu de la rive droite, l'identification de Iuliobona à l'emplacement de l’actuelle ville de Lillebonne remonte au XVIIIe siècle et fait toujours consensus.
Lillebonne, comme la plupart des villes nouvelles, ne disposant pas d'une antériorité d'occupation protohistorique, fut dotée d'un nom formé à partir d'un toponyme local associé au nom de la famille impériale. Ce choix qui implique une fondation urbaine de la part des communautés locales sous le contrôle des autorités romaines[31].
Le toponyme Juliobona est composé de deux éléments :
- Iulio-, forme préfixée de l'anthroponyme latin Julius, qui renvoie à un empereur romain de la dynastie des Julio-Claudiens, vraisemblablement Auguste (Gaius Iulius Caesar Octavianus après son adoption) plutôt qu'à Jules César (Caius Iulius Caesar) lui-même comme cela est souvent invoqué ;
- -bona, terme celtique désignant soit une « lieu habité »ou une « source »[32], soit un « village » ou une « fondation »[33],
Iuliobona n'est donc « la ville fondée sous Jules César », ce qui ne résisterait pas à la chronologie, mais plutôt « la fondation en l'honneur de Jules César »[34] ou « la fondation (en l'honneur) de Iulius ».
Histoire
Antiquité
La Protohistoire
Le secteur qui où se trouve aujourd'hui à Lillebonne était intégré au territoire des Calètes, un peuple celte de la Gaule belgique qui a donné son nom au pays de Caux. En l'état actuel des connaissances, aucune occupation protohistorique n'a précédé la ville romaine.
La période romaine (Ier et IIIe siècles)
Juliobona est créée ex nihilo à la fin du Ier siècle avant notre ère, lors de l'organisation administrative des territoires conquis lors de la guerre des Gaules, ce qui confirme le toponyme. La ville est choisie par le pouvoir romain comme chef-lieu de la cité des Calètes, un territoire dont les limites reprennent approximativement celles du peuple gaulois qui vivait dans la région avant la conquête de la Gaule. Toutefois, les indices archéologiques les plus anciens découverts à Lillebonne ne sont pas antérieurs à l'époque de Tibère.
Entre le Ier et la première moitié du IIIe siècle, Juliobona connut une grande prospérité. Si la présence d'un port sur la Seine fut longtemps invoqué pour expliquer le développement de la ville pendant l'Antiquité[35], les sources historiques et archéologiques disponibles ne permettent pas, en l'état actuel des connaissances, de déterminer que de telles infrastructures existaient à Lillebonne[36].
Le tissu urbain de la ville était constitué de riche domus ainsi que de quartiers d'habitations plus modestes. Dans les campagnes alentours, de riches villae, parfois péri urbains, ont été identifiées.
Les connaissances sur Juliobona augmentent sensiblement grâce à aux interventions archéologiques récentes, en particulier les fouilles préventives et les fouilles programmées.
Le Bas-Empire
Dans la seconde moitié du IIIe siècle, Juliobona connaît d'importants bouleversements liés à l'instabilité chronique qui caractérise cette période (invasions, guerres civiles, crise économique). Au Bas-Empire, les pierres des édifices gallo-romains furent réemployées pour la construction de murailles de protection (et beaucoup plus tard, pour la construction de l'abbaye de Jumièges). L'enceinte aménagée sur un promontoire rocheux qui domine le reste de la ville délimitait alors une aire urbaine d'environ 4 hectares.
Les vestiges
Depuis le début du XIXe siècle, d'importantes découvertes ont été effectuées sur le territoire de la commune à l'occasion de travaux d’aménagement.
- La statue d'Apollon en bronze recouvert de feuilles d'or fut découverte fortuitement en 1823. Elle est datée du IIe siècle et est exposée au musée du Louvre depuis 1853[37]. Sa hauteur plus grande que nature (1,94 m) indique qu'il s'agit d'une statue de culte[38]. L'absence d'informations relatives à son contexte de découverte ne permet cependant pas de déterminer si un temple consacrée à la divinité se trouvait à l'endroit exact de la mise au jour de la statue, au nord-est de la ville romaine, ou si elle a été déplacée avant son enfouissement[39]. La présence d'Apollon dans le panthéon local de la ville de Juliobona et/ou de la cité des Calètes est attestée, sans présager toutefois de son importance.
- La mosaïque "de la chasse au cerf" fut découverte fortuitement en 1870 à Lillebonne dans une domus, initialement identifiée comme une villa suburbaine. Exceptionnelle par ses dimensions pour la région, elle représente une chasse au brame (des cerfs). Elle est exposée au musée des antiquités de Rouen.
- Objets gallo-romains découverts à Lillebonne
- Apollon de Lillebonne, bronze doré du IIe siècle, musée du Louvre.
- Tête d'un dieu romain ou d'un éphèbe en bronze, retrouvée à Lillebonne, Musée des antiquités de Rouen.
- Mosaïque "de la chasse au cerf" retrouvée à Lillebonne, Musée des antiquités de Rouen.
Les recherches archéologiques récentes
Entre 2007 et 2010, des fouilles conduites par le département de la Seine-Maritime ont eu lieu dans le théâtre-amphithéâtre[40], l'édifice de spectacle antique le mieux conservé du nord de la France.
La ville de Lillebonne possède l'un des plus importants patrimoines romains au nord de la Loire. Pour mieux valoriser cet atout exceptionnel, Caux Seine agglo déploie depuis 2018 le projet "Juliobona, la cité antique sur la Seine". Pour redécouvrir le passé antique de la ville, une importante dynamique de recherche. L’agglomération sollicite également les habitantes et habitants du territoire, afin que le grand public s’approprie au mieux ce projet[41].
Depuis 2021, Caux Seine agglo organise une fouille archéologique programmée par an afin de contribuer au renouvèlement des connaissances sur la ville romaine. Après deux années de recherche (2021 et 2023) sur la place Félix-Faure[42], les investigations sont menées depuis 2024 dans les jardins de l'hôtel de ville de la commune, sur le site de la domus "Saint-Denis"[43].
Moyen Âge

Au Moyen Âge, un concile se réunit dans la bourgade en 1080. Rassemblant le clergé de la région, il rappelle un ensemble de règles sur la morale, le dogme et la liturgie.
Temps modernes
Pour Lillebonne, les guerres de Religion se finissent en , quand le capitaine de Bois-Rosé rallie la ville à Henri IV après sa conversion au catholicisme[44].
Chronologie d'ensemble
D'après Jean Mesqui, Lillebonne a joué un rôle important dans l'histoire normande[45] :
- Ier siècle : démarrage précoce de l'urbanisation, dès la période d'Auguste, suivie de la construction de l'amphithéâtre à la fin du Ier siècle.
- IIe et IIIe siècles : développement urbain, avec extension maximale de la ville.
- Fin du IIIe siècle : réduction conséquente de la surface de la ville. Construction de l'enceinte fortifiée (castrum).
- XIe siècle : le château de Lillebonne fait partie des résidences préférées par les ducs de Normandie. Guillaume Le Conquérant y aurait rassemblé les nobles de Normandie pour décider de partir à la conquête de l'Angleterre en 1066. En 1080, le duc-roi tient un concile à Lillebonne.
- 1162 : séjour au château d'Henri II Plantagenêt, qui y tient un concile.
- Vers 1187 : le château est donné par Henri II Plantagenêt à Renaud de Dammartin.
- 1211 : confiscation du château par Philippe Auguste et construction du donjon circulaire.
- 1226 : Philippe Hurepel de Clermont, comte de Boulogne, confirme avoir reçu le château du roi Louis VIII.
- Vers 1275 : Lillebonne passe à la maison d'Harcourt, par mariage de Jeanne, vicomtesse de Châtellerault, héritière de Mahaud de Dammartin, et de Jean II d'Harcourt, dit le Preux.
- 1418 : le château est pris par les Anglais. Il est attribué à Thomas Beaufort, duc d'Exeter, puis, en 1422, à Jean de Lancastre, duc de Bedford, gouverneur de Normandie et régent de France.
- 1449 : Charles VII reprend Lillebonne aux Anglais. Lillebonne revient à la famille d'Harcourt.
- 1496 : Jean IV de Rieux, petit-fils de Jeanne d'Harcourt et de Jean III de Rieux, se voit confirmer la possession de Lillebonne à la suite d'un procès qui durait depuis un demi-siècle avec Marie d'Harcourt, sœur de Jeanne, et ses descendants.
- 1517 : construction de l'église Notre-Dame en dehors de l'enceinte du castrum gallo-romain, afin de se trouver dans l'agglomération.
- 1532 : Louise de Rieux apporte Lillebonne à René de Lorraine, marquis d'Elbeuf et comte de Brionne. La vicomté, puis comté de Lillebonne demeure ensuite dans les possessions des ducs d'Elbeuf. Charles II, banni en 1631, mourut en 1657 couvert de dettes, et pendant cinquante ans les créanciers et leurs descendants tentèrent de récupérer leurs mises.
- 1701 : les créanciers des ducs d'Elbeuf vendent le comté de Lillebonne à Marie-Angélique Fabert, marquise de Mailleraye, épouse de François d'Harcourt, marquis de Beuvron, dont le fils Henri avait été promu duc d'Harcourt en 1700.
- XVIIIe siècle : le comté de Lillebonne demeure dans les possessions de la famille d'Harcourt, jusqu'à François-Henri d'Harcourt, gouverneur de Normandie.
- 1778 : visite de Louis XVI et Marie-Antoinette.
- 1790 : M. Catel, curé de Lillebonne, devient le premier maire.
- 1790 : émigration du duc d'Harcourt. Le domaine est vendu comme bien national et les terres servent à l'implantation d'usines. Le château est confisqué par la municipalité, qui le loue à un laboureur du Valasse. En 1802, le château est occupé par l'instituteur.
- 1808 : le château est remis aux mains des descendants de Francois-Henri d'Harcourt.
- 1823 :
- ouverture du service des diligences du Havre à Rouen.
- Absorption des communes instituées par la Révolution française du Mesnil et de Saint-Denis[1]
- 1829 : vente du château à Pierre-Abraham Levesque, manufacturier d'indiennes et de cotonnades.
- 1856 : le projet de construction d'un port d'abordage est approuvé le ; il reçoit le nom de Port-Jérôme[46].
- 1861 : excursion à Port-Jérôme de l'empereur Napoléon III[47] (borne souvenir au passage d'eau du même nom de la visite d'inspection du dont Le Moniteur rend compte dans ses colonnes[48]).
- 1871 : occupation par les Prussiens.
- Seconde Guerre mondiale : occupation de la ville par les troupes allemandes.
- 1944 : bombardement de la ville par l'aviation britannique.
- 1955 : construction du premier groupe HLM.
- 1982 : nouveau plan de circulation et aménagement piétonnier.
- 2005 : aménagement plan de circulation et route du Patrimoine.
- 2018 : lancement du projet "Juliobona, la cité antique sur la Seine"
Politique et administration
Rattachements administratifs et électoraux
Rattachements administratifs
La commune se trouve dans l'arrondissement du Havre du département de la Seine-Maritime[I 1].
Elle était depuis 1793 le chef-lieu du canton de Lillebonne[1]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.
Rattachements électoraux
Pour les élections départementales, la commune fait partie depuis 2014 du canton de Bolbec[I 1]
Pour l'élection des députés, elle fait partie de la cinquième circonscription de la Seine-Maritime.
Intercommunalité
Lillebonne était le siège de la communauté de communes de Port-Jérôme, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé fin 2000 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.
Cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté de communes Caux vallée de Seine, transformée en 2016 en communauté d'agglomération. Celle-ci prend en 2017 le nom de Caux Seine agglo, dont est membre la commune[I 1].
Tendances politiques et résultats
Lors du second tour des élections municipales de 2014 dans la Seine-Maritime[49], la liste DVD menée par Philippe Leroux obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 1 854 voix (51,25 %, 23 conseillers municipaux élus dont 7 communautaires), devançant très largement celles menées respectivement par[50] :
- Frédéric Noel (PS-PCF-EELV, 1 343 voix, 37,13 %, 5 conseillers municipaux élus dont 2 communautaires) ;
- Mourad Bettahar (DVG, 420 voix, 11,61 %, 1 conseiller municipal élu).
Lors de ce scrutin, 43,23 % des électeurs se sont abstenus.
Au premier tour des élections municipales de 2020 dans la Seine-Maritime, la liste DVG menée par Christine Deschamps obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 1 242 voix (52,83 %, 22 conseillers municipaux élus dont 6 communautaires), devançant de 133 voix celle DVD menée par le maire sortant Philippe Leroux, qui a recueilli 1 109 voix (1 109 voix (47,17 %, 7 conseillers municipaux élus dont 2 communautaires).
Lors de ce scrutin marqué par la pandémie de Covid-19 en France, 59,76 % des électeurs se sont abstenus[51].
Liste des maires
Jumelages
Équipements et services publics
Enseignement
La commune relève de l'académie de Normandie. Lycée Guillaume-le-Conquérant.
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[60]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[61].
En 2023, la commune comptait 8 541 habitants[Note 8], en évolution de −3,97 % par rapport à 2017 (Seine-Maritime : +0,53 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
La population de la commune est relativement jeune.
En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 37,8 %, soit au-dessus de la moyenne départementale (36,5 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 25,3 % la même année, alors qu'il est de 26,0 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 4 185 hommes pour 4 660 femmes, soit un taux de 52,69 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,90 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Économie
L' industrie pétrolière est présente dans le paysage de la commune, du fait de la raffinerie de Port-Jérôme-Gravenchon, appartenant à une filiale d'ExxonMobil[65], l'une des plus importantes de France.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments

- Le théâtre antique : Le théâtre de Lillebonne a connu trois états de construction, d'après les connaissances actuelles, entre les Ier et IIIe siècles de notre ère. Elles ne sont pas encore entièrement datées, d'où l'utilité des fouilles archéologiques menées entre 2007 et 2010, par Vincenzo Mutarelli.
Le premier état, aujourd'hui très partiellement dégagé, était semble-t-il un petit théâtre de type romain, qui fut vite remplacé par un autre édifice, plus grand, qui correspond aux états II et III identifiés par les archéologues. Cette évolution architecturale s'adapte à la demande, ce qui explique qu'il a la forme d'un « théâtre-amphithéâtre », c'est-à-dire qu'il possède un « orchestra » plus grand que pour un théâtre, pouvant servir d'arène, mais conserve un bâtiment de scène, aujourd'hui inaccessible car situé sous une route[66].
- Le château ducal[67]
Il s'est implanté à l'angle de l'ancienne cité gallo-romaine. Il en demeure aujourd'hui une tour maîtresse de Philippe Auguste[68](
Classée MH (1862)), qui a été modifiée dans ses parties hautes au XVe siècle. La tour octogonale date de la fin du XIIIe siècle ; elle peut être attribuée à Jean II d'Harcourt. La tour du Chartrier du XIIIe siècle a été transformée vers 1870 ; le magnifique logis roman, qui datait probablement d'Henri II, a été définitivement détruit en 1832, et une maison de maître[69] a été construite dans l'enceinte du château par Théodore Huchon[70], vers 1870, pour le propriétaire Pierre Gustave Lauger, sur le modèle du « château des Aygues » d'Étretat[71], construit quelques années auparavant pour Amédée Boyer, le propriétaire de l'eau de Mélisse[45].
- L'église Notre-Dame[72] a été construite pour remplacer l'église Sainte-Marie-du-Château détruite à la fin de la guerre de Cent Ans. Elle a été consacrée en 1517. Le clocher est terminé en 1537 par Michel Delafosse, maçon, avec du calcaire de Plaimbosc et Antoine Cachedieu, charpentier. En 1540, le maçon Michel Delafosse exécute les meneaux des baies et termine la voûte de la tour avec le maçon Michel Combart. Le portail est refait en 1553 par Henry Deshayes, maçon. En 1562, les verrières cassées par les Protestants sont refaites par Joseph Gueroult. En 1594, Richard et Jehan Lemarchand réparent et refont des verrières. Les chapelles latérales de la nef sont construites à la fin du XVIe siècle. En 1622, une verrière (conservée) est faite par Jean Lemarchand peintre-verrier. En 1729 est construite la sacristie avec les matériaux du jubé et le berceau de la nef est refait. En 1825 le côté sud de la nef est refait avec les matériaux de démolition de l'église Saint-Denis par Louis Vessel, maçon. En 1873, l'architecte Simon reconstruit le chœur. En 1884, le clocher est restauré[73]
Classé MH (1846).
- Juliobona, musée gallo-romain de Lillebonne[74]. Dans ce musée intercommunal, centré sur le passé romain de Juliobona depuis qu'il a été repris par Caux Seine agglo et rouvert en 2016, sont exposées des collections de poteries, de verrerie, de mobilier funéraire ainsi que des monnaies romaines parmi lesquelles un denier de Galba inédit trouvé dans la région.
- L'ancienne église du Mesnil qui conserve les collections de minéralogie et de fossiles trouvés essentiellement dans les environs de Lillebonne (fermée au public).
- Le conservatoire à rayonnement départemental (CRD) de Caux Seine Agglo.
- Le centre culturel Juliobona.
Lillebonne dans les arts et la culture
Littérature
Lillebonne est citée dans le poème d'Aragon, Le Conscrit des cent villages.
Peinture
Plusieurs peintres ont été inspirés par Lillebonne :
- John Sell Cotman en 1822.
- Richard Parkes Bonington.
- Georges Snell (aquafortiste) en 1848[75].
- Joseph Mallord William Turner en 1823[76] et en 1832[77].
- Tour ronde, château de Lillebonne (Normandie) par John Sell Cotman en 1822.
- Ouvriers sur la route près de Lillebonne par Richard Parkes Bonington (avant 1828).
Personnalités liées à la commune
- Albert Glatigny (1839-1873), poète, y est né.
- Jean Flori (1936-2018), historien médiéviste, y est né.
- Annie Ernaux (1940), écrivaine, prix Nobel de littérature 2022, y est née.
- Daniel Authouart (1943), peintre, y est né.
- Geoffrey Oryema (1953), musicien et chanteur ougandais, a vécu à Lillebonne.
- Pascal Drieu (1959-), footballeur français, y est né.
- Bertrand Cantat (1964- ), auteur-compositeur-interprète, musicien et poète français, chanteur du groupe Noir Désir, également connu pour avoir tué sa compagne, Marie Trintignant, lors d'un épisode de violence conjugale, a vécu à Lillebonne dans le quartier du Clairval[78].
- Jean-Louis Harel (1965-), coureur cycliste, médaillé olympique, y est né.
Héraldique
Pour approfondir
Bibliographie
- Abbé Héronval, Lillebonne (Juliabona ou Juliobona), Paris-Auteuil, Imprimerie des orphelins-apprentis, , 502 p. (BNF 34120063, lire en ligne), sur Gallica.
- Claude Lechevalier, Gérard Fosse, Jean-Pierre Watté, Eric Follain, Jacques Le Maho, Jean-Marie Cahagne, Alain Avenel et al, Lillebonne : des origines à nos jours, Lillebonne, Ville de Lillebonne, , 155 p. (ISBN 2950401805, BNF 35570454).
Articles connexes
Liens externes
- « Lillebonne », Collections en ligne > Portail communes, Archives départementales de la Seine-Maritime (consulté le ).
- « Dossier complet : Commune de Lillebonne (76384) », Recensement général de la population de 2021, INSEE, (consulté le ).
- Lillebonne sur le site BANATIC du Ministère de l'intérieur (DGCL).
- « Lillebonne » sur Géoportail.
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative à la musique :
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.

