Le tableau dépeint la pratique de connaisseurs qui visitent les ateliers d'artistes, non pour acheter, mais pour discuter d'art avec eux. Celui de Van Mieris était fréquenté par une clientèle de haut rang social[1]. L'ambiance générale est celle d'une concentration silencieuse et d'un effort artistique.
L'artiste représenté sur le tableau serait van Mieris lui-même. Élégamment vêtu, d'une veste brun-rougeâtre, il présente sa toile sur un chevalet à un client assis habillé de noir; cependant ce dernier ne regarde pas ce tableau, mais une sculpture posée sur une table recouverte d'une tapisserie. Outre cette sculpture archaïque d'Hercule combattant un serpent, la pièce renferme également une viole de gambe, un globe terrestre et d'autres objets typiques de l'atelier d'un artiste du XVIIe siècle. De toute évidence, le client est venu non seulement admirer l'œuvre de l'artiste, mais aussi contempler ces fascinants objets d'art et de science.
La pièce sombre et faiblement éclairée par une fenêtre à gauche, évoque les figures de lettrés représentées dans les peintures de genre. Les artistes exposaient souvent des objets témoignant de leur goût raffiné et de leurs connaissances, contribuant ainsi à leur renommée. Un peintre intellectuel était appelé pictor doctorus, ce qui le distinguait d’un pictor vulgaris, peintre qui ne connaissait que le travail manuel. Cette distinction soulignait qu’une bonne peinture, au-delà d’une simple imitation de la nature, exigeait un travail intellectuel. Cependant, le tableau inclut également des outils qui représentent les aspects matériels plutôt qu’intellectuels de l’art : une palette, des pinceaux, un bassin, une toile appuyée contre le mur, dos tourné, et un chiffon et un flacon d’huile sur le rebord de la fenêtre[2].
Mieris a également produit une œuvre similaire représentant une femme commandant un portrait, mais elle a été perdue pendant la Seconde Guerre mondiale.