L'Avant-Garde (journal)
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| Format |
Former periodical (d) |
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| Fondateur | |
| Genre | |
| Date de création |
2 juin 1877 |
| Date de fin |
2 décembre 1878 |
| Date de dissolution | |
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| Pays |
L'Avant-Garde est un journal anarchiste publié entre et à La Chaux-de-Fonds, en Suisse. Le titre sert d'organe de presse à la Fédération française clandestine puis à la Fédération jurassienne de l'Internationale anti-autoritaire.
À la suite de la disparition du précédent périodique anarchiste, le Bulletin de la Fédération jurassienne (1872-1878), L'Avant-Garde devient leur nouveau lieu d'expression privilégié en Suisse romande. Le titre, d'abord lancé dans une initiative de propagande clandestine vers la France, se recentre sur la situation suisse et reçoit des contributions de plusieurs anarchistes importants de cette période, comme Jean-Louis Pindy ou Pierre Kropotkine.
Reprenant la propagande par le fait de manière plus ouverte que le Bulletin, le titre soutient les attentats de Hödel et Nobiling, menant à des poursuites contre Paul Brousse, l'un de ses gérants. Il disparaît avant d'être remplacé l'année suivante par Le Révolté.
Contexte
Le mouvement anarchiste, fondé vers le congrès de Saint-Imier en Suisse, en 1872, commence à essaimer en Europe de l'Ouest[1],[2]. Ce congrès fonde l'Internationale anti-autoritaire (1872-années 1880) qui est une organisation fondamentale dans l'histoire de l'anarchisme, devenant - bien que ce ne soit pas envisagé comme tel au départ - la première organisation anarchiste[2]. Elle influence l'anarchisme sur de nombreux points de théorie et de pratique si bien qu'elle est souvent considérée comme l'organisation centrale de la naissance du mouvement anarchiste[3],[2]. La Fédération jurassienne est l'une des principales fédérations de l'Internationale anti-autoritaire[2].
Parmi ces premières publications, on compte La Révolution sociale (1871-1872) et surtout le Bulletin de la Fédération jurassienne (1872-1878), qui jalonnent l'histoire de la Fédération[4],[5]. Ce deuxième titre, qui « joue un rôle très important » pour l'anarchisme, selon René Bianco, disparaît en [5]. Dans son dernier numéro, le Bulletin écrit qu'il s'interrompt faute d'abonnés et de fonds[6]. Il invite ensuite ses lecteurs à se tourner vers d'autres publications, dont L'Avant-Garde[6],[7].
L'Avant-Garde

Le titre, lancé le , est principalement tenu par Paul Brousse et Jean-Louis Pindy mais reçoit aussi des contributions de Pierre Kropotkine[7],[8]. Il est parallèle à un autre titre intitulé Le Travailleur (1877-1878) et publié à Genève[9]. Dans un premier temps, il s'agit d'un organe destiné à effectuer de la propagande clandestine vers la France, mais il change d'orientation au moment où il succède au Bulletin, pour devenir un organe plus général de la Fédération jurassienne[10],[8].
Publié à La Chaux-de-Fonds, il prend le sous-titre « organe de la Fédération française de l’Association internationale des travailleurs » puis « organe collectiviste et anarchiste » à partir du numéro 23[7].
À la suite de l'attentat de Hödel et de celui de Nobiling, en mai et , L'Avant-Garde publie un article intitulé Hoedel, Nobiling et propagande par le fait, les réhabilitant et honorant leur mémoire[11]. Le journal soutient la propagande par le fait de manière plus marquée que le Bulletin, menant à l'arrestation de Brousse, qui est poursuivi et condamné par les autorités suisses[8].
Il s'étend sur 40 numéros publiés avant de s'interrompre le [7]. Les épreuves du numéro 41, jamais publié, sont préservées et consultées par Bianco pour établir sa notice au sujet du titre[7]. L'Avant-Garde est remplacée par Le Révolté l'année suivante[8].