L'Estampe originale
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| L'Estampe originale | |
Couverture de l'album par Toulouse-Lautrec (1893) | |
| Date de fondation | mai 1888 |
|---|---|
| Date du dernier numéro | mars 1895 |
| Éditeur | Auguste Lepère (1888-1891), André Marty (1893-1895) |
| Ville d’édition | Paris |
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L'Estampe originale est une publication française proposant des gravures originales sous forme d'albums, initialement créée par Auguste Lepère en mai 1888 à Paris, puis reprise par André Marty en mars 1893. Elle cesse de paraître en mars 1895.
Les techniques photomécaniques d'impression commencent à se répandre aux alentours de 1875 ; dix ans plus tard la xylographie industrielle est morte et cède la place à des procédés comme l'héliogravure, mais relancent l'intérêt des collectionneurs pour la gravure manuelle, l'eau-forte, la lithographie, la gravure sur bois : l'estampe tente alors de renouer avec le marché de l'art après avoir culminé au XVIIIe siècle et dans le premier tiers du XIXe siècle.
D'autre part, la notion de « tirage original » commence à prendre du sens à l'heure où se multiplient les « gros tirages ». Avec le début de l'âge d'or de l'illustration, certains marchands et éditeurs cherchent à vendre aux amateurs l'idée d'un art multiple mais soigné, artisanal et plus accessible, fabriqué à tirage limité, comme le fit en France Richard Lesclide, lequel échoua sur le plan commercial[1], et Auguste Lepère, entre autres. En Grande-Bretagne, ce type de réflexion prend place au sein du courant Arts & Crafts qui prône, lui, un retour à certaines traditions graphiques.
Enfin, il faut entendre dans le terme « original » l'idée d'une expression singulière, ouverte, différente et en définitive moderne.
Albums de L'Estampe originale (1888-1891)
À l'origine du renouveau de la gravure sur bois en France[2], Auguste Lepère, associé à Tony Beltrand et au critique Roger Marx, décident donc de proposer à la vente le un album (ou portfolio) contenant 10 épreuves de 7 artistes différents. Intitulé Album de l'Estampe originale, il comprend un mélange de gravures sur bois, de pointes sèches et de lithographies tirées sur beau papier : cette offre mixte est une première[3].
Tous les membres de cette aventure éditoriale s'étaient réunis sous le label de la Société de l'estampe originale : il y avait, outre Lepère et Beltrand, Félix Bracquemond, Daniel Vierge, Henri Boutet et Henri Patrice Dillon.
Chaque tirage était limité à 150 exemplaires numérotés et le suivi d'impression « garanti par l'artiste en personne »[4]. Le prix de vente était de 100 francs. Ce premier numéro, si l'on en croit Beraldi, fut un échec[5].
Lepère et ses associés parvinrent à publier deux autres albums, respectivement en 1889 et en , puis revendirent le titre à un certain André Marty[6].