La Cigale et la Fourmi (La Fontaine)

première fable du livre I de Jean de La Fontaine From Wikipedia, the free encyclopedia

La Cigale et la Fourmi est la première fable du Livre I des Fables de La Fontaine située dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en mars 1668. Les vers sont en heptasyllabes. Il s'agit d'une réadaptation d'une fable d'Ésope qui a inspiré d'autres auteurs. La Fontaine a pris connaissance de la version d'Ésope à travers les travaux d'Aphthonios.

Faits en bref Auteur, Pays ...
La Cigale et la Fourmi
Image illustrative de l’article La Cigale et la Fourmi (La Fontaine)
Illustration par Grandville de La Cigale et la Fourmi (1838-1840).

Auteur Jean de La Fontaine
Pays Drapeau de la France France
Genre Fable
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1668
Chronologie
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Version oralisée de la fable.

Cette fable, très connue de générations d'écoliers, est celle qui a fait l'objet du plus grand nombre de commentaires, d'autant que La Fontaine ne prend pas parti et que la morale conclusive n'est pas explicitée[1]. L'absence de morale permet à La Fontaine de valoriser l'un et l'autre des personnages en renvoyant dos à dos l'esprit matérialiste, individualiste et bourgeois de la Fourmi et le comportement aristocratique, artiste et bohème incarné par la Cigale[2].

Jean-Jacques Rousseau déconseillait d'apprendre la fable aux enfants, la considérant comme ambiguë et trop difficile à interpréter[3].

Texte de la fable



La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue[4] :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût[5], foi d'animal,
Intérêt et principal. »
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut[6].
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse[7].
— Nuit et jour à tout venant[8]
Je chantais, ne vous déplaise.
— Vous chantiez ? J’en suis fort aise.
Eh bien ! Dansez maintenant. »

 Jean de La Fontaine


Sources possibles de la fable

Ésope en fournit une version (La Cigale et la Fourmi) à laquelle il donne une morale explicite : il faut se garder de la négligence, pour éviter les chagrins[9].

Marie de France, inspirée par Ésope, écrit « Le Grillon et la Fourmi » au XIIe siècle[10]. Sa morale est également explicite : « Il ne faut vivre, on peut le voir,/ En insouciance et nonchaloir. / Mais, comme on le peut, tout au moins, / S’efforcer d’acquérir du bien. Qui est nanti est préféré / A qui vient geindre et quémander. »

Illustrations

Éditions

Adaptations cinématographiques

Mise en musique, interprétations et adaptations

La fable a été mise en musique par

De nombreux humoristes ont parodié le texte de la fable : Pierre Perret, Pierre Repp, Pierre Péchin, Pit et Rik (La Cicrane et la Frourmi).

Autour de la fable

Jean-Henri Fabre a relevé les erreurs de comportement des protagonistes : la cigale ne mange pas de mouches ou de vers et meurt à la fin de l'été ; elle ne peut donc « crier famine » auprès d'une fourmi qui, elle, dort l'hiver et, carnivore, n'amasse pas de grain[11]. Néanmoins, cette dernière erreur peut être remise en cause, puisqu'il existe des fourmis granivores.

Notes et références

Voir aussi

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