Aziz Agha vit heureuse avec son mari Guedâ Ali depuis trois ans. Mais pendant ce temps, quelque mal qu'elle se donne, elle n'arrive pas à être enceinte. Pourtant son mari clame partout qu'il veut absolument un enfant. Un soir, son mari lui dit « Si tu y consens, je prendrai une épouse temporaire qui fera le ménage à la maison, puis quand j'aurai d'elle un enfant, je la répudierai, et toi tu élèveras le petit comme ton fils.»[1],[2]. Aziz se charge elle-même de trouver une épouse temporaire et lui choisit Khadidjeh un laideronne à la figure grêlée. Il ne se passe pas un mois pour que cette dernière tombe enceinte. Pendant neuf mois les deux épouses intriguent l'une contre l'autre. A terme, Khadidjeh accouche d'un garçon. La jalousie d' Aziz Agha commence et se développe sans fin. Elle parvient à éliminer discrètement le nouveau-né mais Khadidjeh accouche d'un deuxième garçon, qui subit le même triste sort discret que le premier. Suit encore un troisième ce qui fait penser à Aziz Agha : « Quelle faute a donc commise cet enfant? Si la fumée s'élève, c'est toujours à partir de la bûche. Pour être tranquille, c'est la mère que je dois supprimer? »[3]. Aziz empoisonne alors Khadidjeh. Mais elle finit par être rongée par le remords. Personne ne la soupçonne mais elle est torturée en pensant au jour du Jugement et aux questions que lui poseront les anges Nakir et Monker sur les bienfaits et les méfaits de sa vie. Elle en vient à penser que la seule issue qui lui reste est d'aller en pèlerinage à Kerbela. Elle apprend qu'autour d'elle des voisins, des amies ont commis des méfaits semblables et tout aussi graves et lui répètent que « Le pèlerin, dès l'instant où il fait son vœu et se met en route, même si ses péchés sont aussi nombreux que les feuilles d'un arbre, devient pur et satisfait. »[4][5]