La Chouette aveugle
roman de Sadegh Hedayat (1937)
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La Chouette aveugle (en persan : بوف کور, Bouf-e Kour) est le roman le plus célèbre de l'écrivain iranien Sadegh Hedayat. Il s'agit d'un des premiers grands romans modernes persans. Il fut publié, de façon confidentielle (très petit nombre d'exemplaires ronéotypés), à Bombay en 1935 ou 1937, puis à nouveau en 1941, à Téhéran, aux éditions Amir-Kabir.
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(fa) بوف کور |
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Composition
Résumé
Ce roman nous conte l'histoire d'un peintre accro à l'opium en proie au désespoir après avoir perdu son aimée. Le peintre écrit ses confessions aux accents morbides à une ombre sur le mur qui ressemble trait pour trait à une chouette. Dans ses cauchemars, le peintre a l'impression que la Mort détruit l'imaginaire. Car la Mort rôde au-dessus du peintre, qui considère que l'humain est né de la Mort et qu'Elle seule peut nous délivrer de la vie et de ses faux-semblants aussi séduisants qu'ils sont fallacieux.
Le roman est divisé en deux parties. La première est un récit onirique, surréaliste, à propos du peintre, de son aimée qu'il aime et haït tour à tour, ainsi que d'un vieillard enturbanné qui caquète. La seconde raconte ce même récit mais d'un point de vue plus réaliste, dont certains détails contredisent les faits de la première.
Analyse
Traduit en français en 1953 par Roger Lescot, et paru chez l'éditeur José Corti, La Chouette aveugle fut salué par André Breton comme étant un des classiques du surréalisme[1]. Roman aux accents fantastiques, dont le narrateur, personnage principal, est une incarnation moderne du solipsisme, survivant en marge du monde et réduisant les autres (« la canaille », comme il les appelle) à l'image d'ombres errantes. Fumeur d'opium en proie à des hallucinations, il est hanté par le maléfice d'une obsession qui tend à dévorer la réalité. Comme dans de nombreux autres récits de Sadegh Hedayat, l'ombre et l'obscurité, la fuite loin du soleil, dominent l'atmosphère lourde et pesante de ce roman onirique.
Traductions
C'est en français que ce court roman est traduit pour la première fois dans une langue étrangère pendant la Seconde Guerre mondiale par Roger Lescot, avec l'accord et l'aide de Sadegh Hedayat[2]. Mais il faut attendre 1953 pour que le roman soit publié en français, accompagné d'une introduction et de notes de R. Lescot, mais après la mort de S. Hedayat. Louis Pasteur Vallery-Radot, de l'Académie française, en propose ensuite une nouvelle traduction[réf. nécessaire].
Le roman est publié en anglais en 1957, en tchèque en 1964, en afrikaans en 1965 (dans une traduction d'Abraham de Vries)[3], en turc en 1977 (éditions Varlık, traduit par Behçet Necatigil) et à deux reprises en allemand, en 1997 (dans une traduction de Bahman Nirumand) et en 2003 (dans une traduction de Gerd Henninger)[4].
Sébastien Jallaud en assure une nouvelle édition, avec traduction et dossier critique, publiée aux Belles Lettres en 2024, accompagnée d'une introduction de Homa Katouzian[5]. Christian Jambet parle à son propos d'un « travail magistral »[6].
- Édition manuscrite de Bombay, 1937. Première page...
- ...Et dernière page. Écriture et dessin de Sadegh Hedayat.
Filmographie
Une adaptation cinématographique de La Chouette aveugle a été réalisée par Raoul Ruiz en 1987[7].