Lac Saint-Louis
lac de la Montérégie, au Québec, Canada
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Le lac Saint-Louis est un élargissement du fleuve Saint-Laurent situé dans le sud-ouest du Québec (Canada), au sud de l'île de Montréal. Les îles qui s'y trouvent font partie de l'archipel d'Hochelaga, telle l'île Dorval et la réserve nationale de faune des îles de la Paix[1]. Le lac est au confluent du fleuve et de la rivière des Outaouais.
| Lac Saint-Louis | ||||
Surfeurs aérotractés près de la pointe Claire | ||||
| Administration | ||||
|---|---|---|---|---|
| Pays | ||||
| Subdivision | ||||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 45° 24′ N, 73° 49′ O | |||
| Type | Lac fluvial | |||
| Superficie | 148 km2 |
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| Longueur | 23 km | |||
| Largeur | 6,5 km | |||
| Altitude | 19 m | |||
| Profondeur · Maximale · Moyenne |
28 m 3 m |
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| Volume | 500 000 m3 | |||
| Débit moyen | 8 400 m3/s | |||
| Hydrographie | ||||
| Alimentation | Rivière des Outaouais, fleuve Saint-Laurent, rivière Châteauguay, canal de Lachine, rivière Saint-Charles, canal de Beauharnois et rivière Saint-Louis | |||
| Émissaire(s) | Fleuve Saint-Laurent, Voie maritime du Saint-Laurent | |||
| Géolocalisation sur la carte : Canada
Géolocalisation sur la carte : Québec
Géolocalisation sur la carte : région métropolitaine de Montréal
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Hydrographie
Affluents
Le lac Saint-Louis est alimenté par trois sources principales : la rivière des Outaouais au sortir du lac des Deux Montagnes par ses deux branches de part et d’autre de l’île Perrot, par le fleuve lui-même, par le canal de Beauharnois qui est une importante dérivation du Saint-Laurent et où se trouve la centrale hydro-électrique de Beauharnois et par le canal de Soulanges[2]. Deux rivières alimentent aussi le lac dans une moindre mesure : la rivière Saint-Louis qui se jette dans le lac à la hauteur du centre-ville de Beauharnois et la rivière Châteauguay qui se jette dans le lac à la hauteur de la ville du même nom.
Émissaires
Le lac Saint-Louis a trois exutoires : un émissaire naturel, le fleuve Saint-Laurent à la hauteur des rapides de Lachine, obstacle naturel qui interdit le passage des navires marchands, et deux exutoires artificiels, le canal Lachine, premier canal de contournement des dangereux rapides et la voie maritime du Saint-Laurent, dont l’entrée est située à la hauteur de l’île Tekakwitha en face de Kahnawake. C’est par ce passage que les navires accèdent à l’Écluse Côte-Sainte-Catherine qui permet de contourner les rapides de Lachine.
Écluses

Le lac Saint-Louis a deux amonts : le lac des Deux Montagnes au nord-ouest et le fleuve Saint-Laurent au sud-ouest. Le canal de Sainte-Anne-de-Bellevue établit la connexion avec le lac des Deux Montagnes. Les écluses de Beauharnois établissent la connexion avec le lac Saint-François, en direction des Grands Lacs. En aval, deux voies s’offrent aux navigateurs, soit le canal Lachine et son enfilade de cinq écluses permettant d’atteindre, 14 m plus bas, le niveau du fleuve Saint-Laurent à la hauteur du Vieux-Montréal, soit la voie maritime du Saint-Laurent par l’écluse Côte-Sainte-Catherine.
- Accès au Lac des Deux Montagnes : l’écluse de Sainte-Anne peut accueillir des bateaux de 51,81 mètres.
- Accès à la voie maritime du Saint-Laurent : la voie maritime du Saint-Laurent permet le passage de navires d’une longueur minimum de 6,096 mètres et d’une longueur maximale de 225,5 mètres et d’une largeur maximale de 23,8 mètres[3].
- Accès au canal Lachine : la plus petite des cinq écluses du canal Lachine a une dimension utile de 49 mètres par 12,2 mètres. Le tirant d’air est de 2,43 mètres.
Particularités
- Il a pour particularité de recevoir les eaux brunes de la rivière des Outaouais et les eaux vertes des Grands Lacs (Amérique du Nord). Les navigateurs peuvent constater de visu la démarcation des eaux.
- Le lac Saint-Louis est le second des trois lacs fluviaux du fleuve Saint-Laurent. En amont de lui se trouve le lac Saint-François et en aval, le lac Saint-Pierre. Son débit moyen est de 8 400 m³/s[4].
Faune
Plusieurs espèces d'oiseaux nichent sur ses îles dont le cormoran à aigrettes et ses eaux contiennent toutes les espèces de poissons du fleuve Saint-Laurent. Il est même réputé comme étant un des meilleurs plans d'eau d'Amérique du Nord pour la pêche au maskinongé[réf. nécessaire].
Flore
Histoire ancienne
Au début d', Jacques Cartier a vu du haut du mont Royal, les rapides de Lachine et le lac Saint-Louis, sans les nommer. Voici un extrait de ses Relations : « Et par le meilleu desdites terres voyons ledit fleuve oultre où estoient demorees noz barques où il y a ung sault d'eaue le plus impetueulx qu'il soit possible de veoir lequel ne nous fut possible de passer et voyons icelluy fleuve tant que l'on pouvoit regarder grant large et spacieulx... » L'attestation apparemment la plus lointaine, relevée dans les Relations des Jésuites, remonte à 1656 : « Le 9, nous traversames le Lac nommé de Saint Loüys, qui se rencontre au beau milieu du lict du fleuve. »

Pour découvrir sa signification, il faut mettre cette appellation en rapport avec le toponyme Le Grand Sault St-Louis utilisé par Champlain comme titre d'une petite carte, en 1611. Ce dernier rapporte cette année-là, qu'« un jeune homme qui estoit au sieur de Mons appelé Louys » s'est noyé dans les rapides de Lachine. Deux ans plus tard, le fondateur de Québec employait déjà « Saut S. Louys », et c'est entre 1613 et 1656, que le nom Saint-Louis, attribué aux rapides de Lachine à l'origine, s'étendra au lac. C'est sans doute en mémoire de ce jeune homme, comme le signalait déjà l'abbé et historien Charles-Honoré Laverdière en 1870, que ce nom s'explique. Bien que Lac Lachine soit apparu au XXe siècle, l'usage du toponyme d'origine s'est toujours maintenu. Il ne faut pas confondre ce lac Saint-Louis avec le lac Ontario, déjà nommé Lac St Louis sur la carte de Champlain de 1632[5].
Le nom de Saint-Louis vient d'un jeune explorateur français, Louis, qui fut chargé par Samuel de Champlain, d'aller explorer la rivière des Outaouais en compagnie de deux Amérindiens. Après avoir atteint l'actuel emplacement de la ville d'Ottawa, les explorateurs rebroussèrent chemin pour revenir à la colonie. Pendant le voyage de retour, alors qu'ils naviguaient sur les eaux d'un lac avoisinant l'île de l'archipel d'Hochelaga (Montréal), les trois explorateurs décidèrent de faire une halte sur une île pour chasser quelques hérons.
La partie de chasse s'étira tard dans la journée, et anxieux de revenir à bon port avant la tombée de la nuit, Louis décida de prendre un raccourci en longeant la côte nord. Louis et ses deux compagnons s'aventurèrent dans les rapides et leurs canots furent aspirés par un tourbillon, emportant Louis et l'un des Amérindiens, qui moururent noyés. L'Amérindien survivant, nommé Savignon, retourna voir Champlain et lui raconta la tragédie. Attristé par la perte de son explorateur, Champlain baptisa le lac en sa mémoire ainsi que les rapides, qui changeront de nom pour devenir les rapides de Lachine.
Plusieurs historiens se questionnent encore aujourd'hui à savoir si Louis et son partenaire se sont noyés dans les rapides de Lachine ou plutôt ceux de Sainte-Anne-de-Bellevue. L'Île Perrot est selon plusieurs sources historiques l'endroit où Louis et ses deux accompagnateurs se seraient arrêté pour la chasse aux hérons, ce qui rend fort plausible que le raccourci fatal emprunté par Louis ait été les rapides de Sainte-Anne-de-Bellevue, qui étaient beaucoup plus violents qu'aujourd'hui en raison du contrôle du niveau des eaux établi par la centrale hydro-électrique de Carillon. L'emplacement exact de la tragédie est donc très difficile à déterminer, et il y a encore une incertitude[6]
Histoire contemporaine

De 1973 à 1991, le maire de Lachine, Guy Descary, travaille pour rendre accessible les berges du lac Saint-Louis à la population[7]. Dès son élection en 1973, Descary fait quelques expropriations de terrains privés autour du phare maritime pour y aménager un parc public. Puis le long des rives du lac, la présence d’une jetée où s’accumulent des déchets maritimes de dragage dérange. Le maire fait nettoyer ce secteur pour y aménager le parc René-Lévesque avec une centaine de jeunes arbres feuillue et une piste cyclable pour les vélos[8],[9]. Après plusieurs années de travaux pour dépolluer l’eau du fleuve, c’est en 2002 l’ouverture du vieux canal Lachine à la navigation de plaisance, puis la renaissance du quai 34[10],[11].
Création d’aires protégées pour les différentes îles du lac

Au cours des années 1990-2010, la création d’aires protégées sur les différentes îles et îlots du lac est mise sur pied par les gouvernements canadien et québécois. La protection de ces quelques îles (île Thomas, île Dowker, île Saint-Bernard[12],[13]) s’ajoute à la conservation des Rapides de Lachine et du parc des rapides déjà protégés depuis 1937. En 1984, les différents sites ont eu des fouilles archéologiques. On y a trouvé des artéfacts des Premières Nations vieux d’environ deux mille ans[14].
Depuis 1991, la Réserve nationale de faune des îles de la Paix, au large du lac Saint-Louis , protège un archipel de petits îlots. Celles-ci sont le lieu de nidification pour la faune ailée[15],[16].
Aménagement d’une plage publique à Lachine
La ville de Lachine étant devenue, en , un arrondissement de la ville de Montréal, plusieurs planifications relèvent maintenant de la ville-centre. Ainsi l’aménagement d’une nouvelle plage publique par la ville de Montréal sur le site même de la marina de Lachine, vieille d’une histoire de plus de 100 ans (création de la marina vers 1925) suscite de la controverse[17]. Ceci donne lieu en 2021 et 2022 à un long débat public entre les utilisateurs de la marina et l’administration municipale de la mairesse Valérie Plante[18],[19]. L’administration municipale a le dernier mot en 2023 et détruit les quais et les vieux bâtiments de la marina pour y aménager une plage avec un nouveau bâtiment[20]. La plage prévue est annoncée en été 2025[21],[22].
Protection des berges riveraines sur le côté Sud du lac
Les berges riveraines sur la rive sud du lac appartiennent à des propriétaires privées. Donc il a fallu dans les annèes 2020 sensibiliser les riverains à la protection environnemental des berges[23].
Activitées récréatives et sports nautiques

Le lac Saint-Louis est un lieu populaire pour les activités nautiques[24]. Les marinas les plus importantes sont celles de Pointe-Claire sur la rive nord et celle de Châteauguay sur la rive sud du lac. Le Yacht Club de Pointe-Claire (en), fondée en 1879, est la plus vieille école de voile au Canada[25]. La baignade est accessible, mais interdite lors de grandes pluies à cause de la prolifération des coliformes dans l'eau[26]. De plus, des évaluations sont faites pour les sédiments industriels au fond du lac[27]. La pêche sportive est également populaire[28].
L'hiver venu, les nombreuses pistes cyclables autour des rivesse transforment avec l’accumulation de la neige en sentiers pour le ski de fond urbain[29].
Ouverture des écluses du barrage de Cornwall
En 2025, à cause d’un été chaud et sec, et d’une rareté des pluies, le niveau d’eau du fleuve Saint-Laurent est bas. La navigation commerciale n’est pas affectée, mais c’est le contraire pour la navigation de plaisance. Les diverses marinas s’inquiètent et adressent un SOS à la fin de septembre: les voiliers et bateaux de plaisance pouvant à peine rentrer sur les quais. Le , le gouvernement fédéral canadien avec l’accord des États-Unis (partenaire de la Voie maritime du Saint-Laurent) ordonne l'ouverture des écluses du barrage Moses-Saunds à Cornwall[30],[31].
Patrimoine maritime

Au nord-ouest du lac, le parc des Ancres, situé à Pointe-des-cascades, conserve des ancres et des pièces de navigation ayant servi au 18e et 19e siècles. Ces pièces ont été découvertes dans le canal de Soulanges. Un musée au parc des ancres explique l'histoire de la navigation sur le fleuve Saint-Laurent à la hauteur du lac Saint-Louis et du Lac Saint-François[32].
Au lieu historique national de Coteau-du-Lac se trouvent les vestiges des anciens canaux maritimes britanniques[33], ainsi que les ruines d’un fort[34] chargé de défendre ce lieu stratégique[35]. Plus loin, le parc historique du Moulin à vent de Pointe-du-Moulin avec son moulin datant de 1708 et la maison du meunier. Un belvédère permet par temps clair d’observer tout le sud-ouest de l'île de Montréal.
Plus au sud du lac, c’est à Melocheville que sont construites les premières écluses qui permettent la construction du canal de Beauharnois et de la Centrale de Beauharnois.
Le lac Saint-Louis dans la litttérature québécoise
(à développer)
