Laurent Nuñez

haut fonctionnaire et homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Laurent Nuñez, de son nom complet Laurent Nuñez-Belda, né le à Bourges (Cher), est un préfet, haut fonctionnaire et homme politique français.

PrésidentEmmanuel Macron
Premier ministreSébastien Lecornu
GouvernementLecornu II
PrédécesseurBruno Retailleau
Faits en bref Fonctions, Ministre de l'Intérieur ...
Laurent Nuñez
Illustration.
Laurent Nuñez en 2025.
Fonctions
Ministre de l'Intérieur
En fonction depuis le
(7 mois et 2 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Sébastien Lecornu
Gouvernement Lecornu II
Prédécesseur Bruno Retailleau
Préfet de police de Paris

(3 ans, 2 mois et 21 jours)
Prédécesseur Didier Lallement
Successeur Patrice Faure
Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme

(2 ans et 5 jours)
Président Emmanuel Macron
Prédécesseur Pierre de Bousquet de Florian
Successeur Pascal Mailhos
Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur

(1 an, 8 mois et 20 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Ministre Christophe Castaner
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Jacqueline Gourault (ministre)
Successeur Fonction supprimée
Directeur général de la Sécurité intérieure

(1 an, 3 mois et 24 jours)
Prédécesseur Patrick Calvar
Successeur Nicolas Lerner
Préfet de police des Bouches-du-Rhône

(2 ans, 2 mois et 21 jours)
Prédécesseur Jean-Paul Bonnetain
Successeur Olivier de Mazières
Directeur de cabinet du préfet
de police de Paris

(2 ans, 5 mois et 15 jours)
Préfet Bernard Boucault
Prédécesseur Jean-Louis Fiamenghi
Successeur Patrice Latron
Biographie
Nom de naissance Laurent Marie Joseph Nuñez-Belda[1],[2]
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Bourges (France)
Nationalité Française
Parti politique LREM/RE (depuis 2019)[3]
Diplômé de Université de Tours
ENA
Profession Haut fonctionnaire
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Nommé préfet de police des Bouches-du-Rhône en 2015 puis directeur général de la Sécurité intérieure en 2017, il intègre le gouvernement Philippe II en 2018 comme secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Après la démission du gouvernement, il devient coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme en juillet 2020 et deux ans plus tard préfet de police de Paris, après avoir été directeur de cabinet de Bernard Boucault à ce poste entre 2012 et 2015.

Le , il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Lecornu II.

Biographie

Famille et formation

Laurent Marie Joseph Nuñez-Belda[1],[2] est issu d'une famille de pieds-noirs d'origine espagnole ayant quitté l'Andalousie à la fin du XIXe siècle pour s'installer dans la région d'Oran, en Algérie française[4]. En 1962, deux ans avant sa naissance, ses parents sont rapatriés en France métropolitaine[5], dans la ville de Bourges. Sa mère est institutrice et son père, Jean-Marie, est architecte[6]. Laurent Nuñez grandit entouré de sa sœur jumelle et d'un frère plus jeune que lui[7].

Après un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en gestion des collectivités locales à l'université de Tours, il intègre le service économique du conseil général du Cher en 1987 puis devient inspecteur des impôts[8].

Il est admis à l'École nationale d'administration par concours interne en 1997 dans la promotion Cyrano-de-Bergerac[9].

Marié, il est père de deux filles[6].

Parcours administratif

Laurent Nuñez intègre en 1999 le ministère de l'Intérieur à la direction générale des collectivités locales (DGCL) comme administrateur civil[10].

Muté à Vesoul (Haute-Saône) comme sous-préfet, secrétaire général de la préfecture, il découvre les problèmes liés au monde industriel (Peugeot) et rural (élevage et production laitière). En 2005, il revient au ministère de l’Intérieur, comme chef du bureau de la gestion du corps préfectoral[11].

Il est nommé à la direction du cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis Claude Baland en 2008[6],[12],[8] puis, entre 2010 à 2012, il est sous-préfet de Bayonne, dans le Pays basque, à la suite d'Éric Morvan[13]. Il s'y familiarise à la lutte anti-terrorisme[6].

Préfectures de police de Paris et de Marseille

Il rejoint la préfecture de police de Paris à sa nomination en tant que préfet, directeur de cabinet du préfet de police Bernard Boucault entre 2012 et 2015[14], période durant laquelle ont notamment lieu les manifestations de La Manif pour tous et les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher[6]. Ensuite, de 2015 à 2017, il est préfet de police des Bouches-du-Rhône, où il est confronté à des règlements de comptes liés à la drogue[8]. En 2016, lors des grèves et manifestations anti-loi travail, il tente de faire évacuer les ouvriers qui bloquent le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer par des charges de CRS, l'utilisation d'un canon à eau, de gaz lacrymogènes et de flash-ball entraînant plusieurs blessés du côté des grévistes[15].

Directeur général de la Sécurité intérieure

Dans le cadre de la réorganisation du renseignement français voulue par le président de la République Emmanuel Macron, Laurent Nuñez est nommé le à la tête de la DGSI, en remplacement de Patrick Calvar[16],[17]. À ce poste, il se distingue de son prédécesseur en menant une politique d'« ouverture », et assumant une part de communication et de pédagogie[18].

Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur

Le , il est nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l'Intérieur dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe[19]. Il est réputé proche de son ministre de tutelle Christophe Castaner[20], formant un tandem où ce dernier assume un rôle plus politique, tandis que Laurent Nuñez intervient davantage comme expert en matière de sécurité[6] ; il travaille étroitement dans ce cadre, apparaissant notamment à ses côtés lors d’auditions au Sénat[21]. Il s'implique particulièrement dans la gestion des manifestations du mouvement des Gilets jaunes[6].

Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme

Le , il est nommé coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, succédant à Pierre de Bousquet de Florian[22],[23].

Préfet de police de Paris

Le , sur proposition du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, il est nommé préfet de police de Paris en remplacement de Didier Lallement, dont l'action avait été controversée et critiquée[14],[24].

En 2023, Laurent Nuñez prend la défense de la brigade BRAV-M, brigade créée en 2019 et mise en cause à de nombreuses reprises pour une utilisation excessive de la violence lors de la crise des gilets jaunes et responsable notamment de sept blessés graves lors du mouvement social contre la réforme des retraites la même année. Il décide également de les soutenir en payant leurs frais d’avocat, contre l’avis de ses services[25],[26]. En , dans la cadre de l'affaire Hedi, il soutient les propos du directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, qui estime « qu'un policier n'a pas sa place en prison » en parlant d'un policier soupçonné d’avoir roué de coups un jeune homme en marge des émeutes après la mort de Nahel Merzouk[27]. En , Laurent Nuñez émet un avis « particulièrement favorable » pour que le policier qui a tué Nahel Merzouk soit muté dans le commissariat de son choix[28].

Ces prises de positions lui valent une opinion favorable au sein de l'institution policière[25]. Selon Le Monde, « le préfet de police de Paris avait l'ambition de faire oublier la raideur de son prédécesseur, Didier Lallement. Mais face aux violences qui ont éclaté lors de la mobilisation contre la réforme des retraites depuis l’utilisation du 49.3, le haut fonctionnaire applique les mêmes méthodes musclées. Sans états d'âme. »[6]

Ministre de l'Intérieur

Laurent Nuñez est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Lecornu II, le [29].

Plutôt de centre-gauche, Laurent Nuñez s’attache après sa nomination à « arrondir le discours sur l’immigration ». Son insistance, notamment, à défendre la nécessité d’accorder des titres de séjour pour les « métiers en tension » est perçue par certains hauts fonctionnaires comme un assouplissement de la position du gouvernement sur les questions d’immigration[30].

En , suite aux révélations par des vidéos policières lors de la manifestation du à Sainte-Soline montrant des « tirs tendus » de grenades, une pratique illégale mais encouragée par la hiérarchie policière sur les vidéos et le comportement et le langage des gendarmes, Laurent Nuñez refuse de parler de « violence policière » mais condamne et demande une enquête administrative[31],[32].

Le , il dépose une plainte qu'il rend publique contre Pierre-Emmanuel Barré qui avait déclaré quelques jours plus tôt dans l'émission La Dernière sur Radio Nova que « la police et la gendarmerie, c'est Daech avec la sécurité de l'emploi »[33],[34] et qu'« il y a de fortes suspicions que Laurent Nuñez soit une grosse cuve à pisse »[35],[36],[37]. Cette plainte aurait été motivée par le syndicat policier UN1TÉ qui avait demandé des « des suites judiciaires » à la suite des propos de l'humoriste[38].

En , ses déclarations à la Grande mosquée de Paris où il s’oppose à une interdiction du voile chez les mineures font polémique sur la droite de l’échiquier politique. Par la suite, il affirme être « intraitable sur le séparatisme, l’entrisme islamiste »[39],[40]. Début avril, le tribunal administratif de Paris annule en référé, la décision du préfet de Paris, prise à la demande de Laurent Nuñez, d’interdire la tenue de la Rencontre annuelle des musulmans de France qu'il motivait par « un risque terroriste d’ultradroite et de trouble à l’ordre public »[41].

En avril 2026, il lance un vaste mouvement préfectoral à la faveur duquel il envoie dans le Loiret son directeur de cabinet Hugues Moutouh, décrit trop proche de son prédécesseur d'Eric Ciotti ainsi que son prédécesseur place Beauvau, qu'il remplace par Etienne Stoskopf, jusqu'alors préfet du Val-de-Marne[30].

Décorations

Notes et références

Pour approfondir

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