Bruno Retailleau

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Bruno Retailleau, né le à Cholet (Maine-et-Loire), est un homme politique français. Il est ministre de l'Intérieur du au dans les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu I.

Élection18 mai 2025
Vice-présidentFrançois-Xavier Bellamy
Secrétaire généralOthman Nasrou
PrédécesseurÉric Ciotti
Direction collégiale intérimaire
Faits en bref Fonctions, Président des Républicains ...
Bruno Retailleau
Illustration.
Bruno Retailleau en 2025.
Fonctions
Président des Républicains
En fonction depuis le
(1 an et 7 jours)
Élection 18 mai 2025
Vice-président François-Xavier Bellamy
Secrétaire général Othman Nasrou
Prédécesseur Éric Ciotti
Direction collégiale intérimaire
Sénateur français
En fonction depuis le
(6 mois et 12 jours)
Circonscription Vendée
Groupe politique REP
Prédécesseur Brigitte Hybert

(20 ans et 19 jours)
Élection 26 septembre 2004
Réélection 28 septembre 2014
27 septembre 2020
Circonscription Vendée
Groupe politique RASNAG (2004-2011)
UMP (2011-2015)
REP (2015-2024)
Successeur Brigitte Hybert
Ministre d'État[a]
Ministre de l'Intérieur

(1 an et 21 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Michel Barnier
François Bayrou
Sébastien Lecornu
Gouvernement Barnier
Bayrou
Lecornu I
Prédécesseur Gérald Darmanin
Successeur Laurent Nuñez
Président du groupe UMP puis Les Républicains au Sénat

(9 ans, 11 mois et 23 jours)
Élection 7 octobre 2014
Réélection 27 septembre 2017
30 septembre 2020
27 septembre 2023
Prédécesseur Jean-Claude Gaudin
Successeur Mathieu Darnaud
Président du conseil régional des
Pays de la Loire

(1 an, 8 mois et 26 jours)
Élection
Prédécesseur Jacques Auxiette
Successeur François Pinte (intérim)
Christelle Morançais
Président du conseil général de la Vendée

(4 ans, 5 mois et 1 jour)
Élection
Réélection
Prédécesseur Philippe de Villiers
Successeur Yves Auvinet
Vice-président du conseil régional des
Pays de la Loire

(6 ans et 5 jours)
Élection 28 mars 1998
Président François Fillon
Jean-Luc Harousseau
Député français

(2 ans, 4 mois et 25 jours)
Élection 27 novembre 1994
Circonscription 4e de la Vendée
Législature Xe (Cinquième République)
Groupe politique NI
Prédécesseur Philippe de Villiers
Successeur Philippe de Villiers
Conseiller général de la Vendée

(26 ans, 5 mois et 26 jours)
Circonscription Canton de Mortagne-sur-Sèvre
Prédécesseur Gérard Brosset
Successeur Cécile Barreau
Guillaume Jean
Biographie
Nom de naissance Bruno Daniel Marie Paul Retailleau
Surnom Le Cardinal[1]
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Cholet (France)
Nationalité Française
Parti politique MPF (1994-2010)
UMP (2012-2015)
LR (depuis 2015)
Diplômé de IEP de Paris
Nantes Université
Profession Dirigeant de société
Religion Catholicisme
Fermer

Élu en 1988 au conseil général de la Vendée, qu'il préside de 2010 à 2015, il est député de 1994 à 1997 puis sénateur de la Vendée de 2004 à 2024 et depuis 2025. Il préside également le conseil régional des Pays de la Loire de 2015 à 2017.

D'abord membre du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, qu'il quitte en 2010, il adhère à l'Union pour un mouvement populaire puis au parti Les Républicains dont il préside le groupe au Sénat de 2014 à 2024 et dont il échoue à devenir président en 2022 face à Éric Ciotti. Il est également président du club de réflexion politique Force républicaine depuis 2017.

Il devient ministre de l'Intérieur au sein du gouvernement Barnier après les élections législatives de 2024, poste auquel il est reconduit dans le gouvernement Bayrou et le premier gouvernement Lecornu avec le statut de ministre d'État. Durant son année place Beauvau, il se montre ferme sur l'immigration et vis-à-vis de l'Algérie, et se démarque par ses propos sur l'État de droit et la politique d'Emmanuel Macron dont il est pourtant l'un des principaux ministres.

Sa notoriété se renforce en parallèle, en particulier parmi les adhérents et sympathisants des Républicains. Bénéficiant de cette dynamique, il est élu président du parti face à Laurent Wauquiez en 2025. Son hostilité à la présence de Bruno Le Maire au sein du premier gouvernement de Sébastien Lecornu pousse le nouveau Premier ministre à présenter sa démission quelques heures après la composition de son gouvernement. Bruno Retailleau refuse de participer au gouvernement suivant et retrouve son siège de sénateur. Il est désigné candidat des Républicains pour l'élection présidentielle de 2027 lors d'une consultation interne des militants du parti.

Il est généralement considéré comme faisant partie de l’aile droite des Républicains.

Famille et études

Fils d'un négociant en grains[2], Bruno Retailleau naît le à Cholet[3]. Aîné d'une famille de quatre enfants[4], il grandit à Saint-Malô-du-Bois, commune du canton de Mortagne-sur-Sèvre, dans le bocage vendéen et à sept kilomètres du Puy du Fou[5]. Son grand-père Lucien puis son père Michel ont été maires de son village d’enfance, Saint-Malô-du-Bois[6],[7],[8].

Il apprend l'équitation à l'âge de 10 ans, et s'intéresse au dressage ainsi qu'au cheval ibérique[9].

Il étudie au lycée Saint-Gabriel de Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée, établissement dont l’enseignement représente l’une des trois branches de la spiritualité montfortaine et mariale[10].

Entre 1982 et 1983, Bruno Retailleau effectue son service militaire à Saumur, d’abord au sein de l'École d'application de l'arme blindée cavalerie[11] où il est élève officier de réserve ; il accède ensuite au grade d'aspirant et rejoint un corps de troupe, selon ce parcours standard.

Bruno Retailleau est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (service public, 1985) après une maîtrise de sciences économiques à l'université de Nantes[3],[12].

Catholique pratiquant[13], il est marié à une médecin et père de trois enfants[14]. Il n'a pas de lien de parenté avec Sylvie Retailleau, ancienne ministre de l'Enseignement supérieur[15].

Carrière professionnelle

Dirigeant du Puy du Fou

Passionné d'équitation, c'est en participant comme cavalier bénévole à La Cinéscénie du Puy du Fou (en Vendée) que Bruno Retailleau est repéré, dès l’âge de 17 ans, par Philippe de Villiers[16],[12]. Ce dernier, créateur du spectacle, en fait vite son second[17] et lui confie en 1987 la mise en scène de La Cinéscénie pour une période qui va durer vingt-deux ans[18],[19].

En 1989, à la création de la société anonyme du « Grand Parc » (initialement « Le Grand Parcours »), qui gère le parc d'attractions associé à la Cinéscénie, il en devient le président[20],[19].

Retailleau devient membre du Mouvement pour la France (MPF) le parti politique de Philippe de Villiers dès 1994 et évolue pour atteindre diverses responsabilités au département, à l'Assemblée nationale, au Sénat[21].

En 1997, il est impliqué dans un scandale de tricherie lors de l'émission Intervilles, où il aide son équipe à gagner en relayant des informations fournies par l'animateur Olivier Chiabodo. Ce scandale, révélé par Le Canard enchaîné et l'émission Arrêt sur images, conduit au licenciement de Chiabodo. Bruno Retailleau n'a jamais nié les faits mais ne les a pas commentés publiquement[22],[23],[24].

Le MPF se radicalise au milieu des années 2000, ce qui dérange Retailleau. Le Premier ministre François Fillon lui propose par deux fois d'entrer dans ses gouvernements, ce qu'il refuse pour rester dans le parti[21],[25].

En , Retailleau est exclu brutalement de la société du Puy du Fou[26],[27], sans explication, même si un différend politique pourrait l'expliquer, selon certains médias[28]. L’ouvrage Puy du Fou : La grande trahison (2019)[29] de Christine Chamard — ancienne journaliste et ancienne bénévole au Puy du Fou pendant près de vingt ans — relate l'exclusion à main levée le , par le Comité directeur, du metteur en scène de la Cinéscénie, Bruno Retailleau[b]. À la suite de son exclusion du parc, ce dernier quitte aussi le MPF en 2010[26],[27].

Dirigeant dans le domaine de la communication

En 1985, Retailleau prend la direction générale adjointe de la radio locale Alouette située aux Herbiers[6],[30], en Vendée, puis de 1987 à 1994, la direction générale de l'école de communication Sciencescom, ultérieurement intégrée à l'école de commerce Audencia à Nantes.

Parcours politique

Premiers mandats

C'est aux côtés de Philippe de Villiers que Bruno Retailleau commence sa carrière politique. Élu au conseil général de la Vendée en 1988, dans le canton de Mortagne-sur-Sèvre, il sera réélu en 1994, 2001 et 2008, à chaque fois dès le premier tour[31].

Lors de sa création par Philippe de Villiers, Bruno Retailleau rejoint le Mouvement pour la France, parti très implanté en Vendée, dont il devient le vice-président[réf. souhaitée].

Au sein de l’exécutif départemental, il devient d’abord vice-président à l’issue du renouvellement de 1994, puis premier vice-président en 2004[31]. De 1997 à 2001, il est président de la communauté de communes du Pays-de-Mortagne.

Entrée à l'Assemblée nationale

Suppléant de Philippe de Villiers lors des élections législatives de 1993, il devient député en , à la suite de la démission de ce dernier, élu au parlement européen. Élu, dès le premier tour, lors d'une élection législative partielle, le , il détient ce mandat jusqu'aux élections législatives de 1997, lors desquelles Philippe de Villiers décide de revenir siéger à l'Assemblée nationale[32].

Sénateur de la Vendée

Élu sénateur en 2004 pour la Vendée, Bruno Retailleau est, au Sénat, membre de plusieurs groupes d'études sénatoriaux (Artisanat et services, Littoral et mer, Économie agricole alimentaire, Élevage, Énergie, Médias et nouvelles technologies, Postes et communications électroniques), et préside la commission du dividende numérique[33].

En 2005, Bruno Retailleau s'oppose à la privatisation des autoroutes, car elles vont « fragiliser l'ensemble du système de financement des infrastructures de transport en France », et « encourager la monopolisation dans ce secteur » puisqu'elles ne s'inscrivent pas dans un cadre concurrentiel et que le « gâteau » est partagé en « monopoles géographiques », ce qui revient à privatiser « la rente autoroutière » et non le « risque »[34].

En , après avoir voté contre le traité de Maastricht[35], il vote également contre la ratification du traité de Lisbonne[36] « parce qu’il [renie] la parole du peuple souverain » et instaure « la primauté du droit européen » sur les « normes constitutionnelles » de la France[37].

En , il est secrétaire de la mission temporaire sur l'organisation et l'évolution des collectivités territoriales mise en place par le Sénat[38].

En , le Premier ministre, François Fillon, lui confie une mission temporaire portant sur les mesures qui permettraient d’augmenter le nombre des entreprises de taille intermédiaire (ETI) en France et d’accroître leur contribution à la réindustrialisation du pays[39]. Il préside la mission d'information sur les conséquences de la tempête Xynthia[40].

Il est, depuis 1998, un intime de François Fillon. Alors que celui-ci est Premier ministre depuis 2007, le nom de Bruno Retailleau est cité, en , pour entrer au gouvernement comme secrétaire d'État à l'économie numérique[41], mais le président du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, s'y oppose, voyant dans la proposition faite à son bras droit par le Premier ministre un débauchage susceptible de nuire à sa campagne des élections européennes[2],[42].

Président du conseil général de la Vendée

Bruno Retailleau en 2010.

À la suite de la démission de Philippe de Villiers de la présidence du conseil général de la Vendée et de son retrait de la vie politique, le , Bruno Retailleau assure l'intérim de la présidence du conseil général en sa qualité de premier vice-président[43]. Le suivant, il est élu président du conseil général avec 25 voix sur 31[44]. Il est réélu le après le renouvellement partiel de l'assemblée départementale[45].

Il prend également en 2010 la succession de Philippe de Villiers à la présidence de la SAEM Vendée, émanation du conseil général et organisatrice du Vendée Globe[46], jusqu'à l'élection d'Yves Auvinet en 2016[47].

En 2014, Bruno Retailleau s'oppose, au nom de « nos racines culturelles et de nos traditions populaires », à la décision du tribunal administratif de Nantes d'interdire la présence d'une crèche de Noël dans le hall du conseil général de la Vendée, qu'il préside alors[48],[49]. La cour administrative d'appel de Nantes annule finalement ce jugement en 2015 : Bruno Retailleau se félicite alors d'« une victoire juridique et politique »[50].

Adhésion et ascension à l'UMP

Le , Bruno Retailleau annonce qu'il n'est « plus sur la même longueur d'onde » que Philippe de Villiers et qu'il quitte le Mouvement pour la France, « ne se retrouvant plus » dans la stratégie du mouvement[51]. Il entretient depuis des relations tendues avec lui[52].

Bruno Retailleau adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) fin , devenant aussitôt membre du comité de campagne de Nicolas Sarkozy et secrétaire national du parti chargé de la compétitivité et des PME[53]. Seul candidat, il est élu à l'unanimité à la tête de la fédération UMP de la Vendée le , succédant à Louis Guédon[54].

Il est à l'initiative du « Cercle vendéen », organisation lancée le afin d’attirer des projets d'implantations d'entreprises, ainsi que des idées d'innovations et des perspectives de développement économique[55],[56].

Président du groupe UMP puis REP au Sénat

À compter du , après avoir été réélu sénateur de la Vendée, il devient président du groupe UMP au Sénat, ayant remporté une primaire face à Roger Karoutchi[57]. Il est réélu après les élections sénatoriales de 2017[58], de 2020 et de 2023.

Il est membre du groupe sénatorial de solidarité, de liaison et de vigilance concernant les chrétiens d'Orient et les minorités au Moyen-Orient[59].

En 2016, en réaction au naufrage du pétrolier Erika, il contribue à faire inscrire le principe du préjudice écologique dans le code civil[2].

En 2017, Mediapart le cite comme bénéficiaire, pour un montant de 3 029  en , du système des « remboursements de frais » au sein du groupe UMP au Sénat ; un système mis en cause dans l'affaire de détournement de fonds publics[60],[61],[62]. Bruno Retailleau indique qu'il s'agissait du remboursement sur factures du financement d'« activités politiques » (impression de journaux, matériel informatique, etc.)[60].

Bruno Retailleau dépose fin 2019 une proposition de loi pour interdire les « listes communautaristes » aux élections[63],[64].

En 2021, « la gestion de l’épidémie ayant mis en lumière un grave défaut d’humanité », il dépose une proposition de loi visant à créer un droit de visite pour les malades, les personnes âgées et handicapées qui séjournent en établissements pour éviter de reproduire l’isolement rencontré lors de la pandémie de Covid-19 en France[65].

Président du conseil régional des Pays de la Loire

Bruno Retailleau annonce sa candidature[66] aux élections régionales de 2015 dans les Pays de la Loire où il mène une liste commune aux Républicains et à l'Union des démocrates et indépendants. Durant sa campagne, il affirme sa volonté de voir la reprise des travaux de construction du projet d'aéroport du Grand Ouest. Il rencontre le Premier ministre, Manuel Valls, le , afin de s'assurer du soutien de l'État à ce projet[67] ; il explique dans les colonnes du Point qu'il est prêt à employer la force pour expulser les zadistes, qu'il qualifie de « minorité bornée et ultra-violente »[68].

Sa liste arrive en tête au premier tour, avec 33,49 % des suffrages, et l'emporte au second, avec 42,70 % (54 des 93 sièges du conseil régional), face aux listes socialiste de Christophe Clergeau (37,56 % des voix et 26 sièges) et Front national de Pascal Gannat (19,74 % des voix et 13 sièges)[69]. Le , il est élu président du conseil régional par 54 voix sur 93 et succède ainsi au socialiste Jacques Auxiette[70]. Parmi ses engagements de campagne, figurent l'augmentation des aides à l'apprentissage[71], un soutien accru à la ruralité et aux PME, ainsi que la diminution des dépenses de fonctionnement de la région Pays de la Loire[72].

En , en raison de la nouvelle législation sur le cumul des mandats, il démissionne et cède la présidence du conseil régional à Christelle Morançais pour conserver son mandat de sénateur[73].

Fidèle de François Fillon

En , après avoir soutenu François Fillon lors du congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012, qui débouche sur une importante crise politique interne, il est nommé responsable du pôle projet avec la copéiste Valérie Debord, afin d'assister Hervé Mariton[74],[75].

Il est un des premiers soutiens de François Fillon pour la primaire française de la droite et du centre de 2016[76] et coordonne la campagne de celui-ci pour l'élection présidentielle de 2017. Alors que le candidat doit faire face à plusieurs défections de son camp à la suite du l'Affaire Fillon, Bruno Retailleau fait partie, avec Jérôme Chartier et Valérie Boyer, du « noyau dur » de ses soutiens[77].

En , à la suite de la publication du livre-enquête Bienvenue Place Beauvau qui lève le voile sur une prétendue utilisation de la machine policière à des fins politiques sous le quinquennat de François Hollande, il porte avec d'autres ténors LR à la connaissance du Parquet national financier et au procureur de la République une douzaine de faits qui seraient délictueux[78],[79].

Soutien de La Manif pour tous (il déclare souhaiter « réécrire » la loi Taubira), il est considéré, en dépit de son éloignement de Philippe de Villiers, comme un représentant de la « droite dure » par le journal Le Canard enchaîné[80], mais assure avoir un projet au « barycentre des convictions de la droite, la liberté pour l’économie, l’autorité avec l’État et un certain nombre de valeurs civilisationnelles »[81].

Après l'élection présidentielle de 2017, François Fillon lui transmet la présidence du micro-parti Force républicaine (comptant environ 10 000 adhérents) et le soutien de son ami et leveur de fonds Arnaud de Villardi de Montlaur[82],[83],[84].

Primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2022

Considérant qu'une élection primaire pour désigner le candidat du parti LR à l'élection présidentielle de 2022 est nécessaire pour éviter une élimination de la droite dès le premier tour, Bruno Retailleau est le premier candidat à se déclarer officiellement le [85],[86],[87]. Mais il renonce à sa candidature en [88],[89]. Rappelant que « la droite n'est pas soluble dans le macronisme », Bruno Retailleau indique qu'il votera blanc lors du second tour opposant le président sortant, Emmanuel Macron, et la candidate du RN, Marine Le Pen[90],[91].

Candidat à la présidence des Républicains

Le , Bruno Retailleau se déclare candidat à l'élection pour la présidence du parti Les Républicains prévue début décembre, lors du congrès des Républicains de 2022[92],[93]. Il reçoit le soutien de 108 parlementaires (députés, sénateurs et députés européens) LR[94] et de personnalités telles que François Fillon[95], Gérard Larcher[96], François-Xavier Bellamy[97], Othman Nasrou[98], Julien Aubert[97].

Lors du premier tour, il obtient 34,45 % des voix, se qualifiant pour le second tour face à Éric Ciotti (42,73 %)[99]. Il échoue au soir du second tour du scrutin, le , battu avec 46,3 % des voix[100],[101].

Ministre de l'Intérieur

Le , Bruno Retailleau est nommé, après plusieurs échanges entre Matignon et l'Élysée, ministre de l'Intérieur au sein du gouvernement Michel Barnier, succédant à Gérald Darmanin[102],[103].

Le , il annonce vouloir « prendre tous les moyens » pour faire « baisser l'immigration ». Il veut rétablir le délit de séjour irrégulier, délit que la France a abrogé par une loi du . Cette abrogation faisait suite à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne se fondant sur la directive retour et déniant aux États membres le droit de punir de prison un étranger en séjour irrégulier[104]. Bruno Retailleau déclare également vouloir réformer l'aide médicale d'État, que, dans l'état actuel des choses, il trouve trop favorable aux étrangers en situation irrégulière[105]. Ses propos sur l'immigration (« l'immigration n'est pas une chance ») et sur l'État de droit (qu'il décrit comme n'étant ni intangible, ni sacré) créent des tensions entre une partie du gouvernement et des membres du parti présidentiel[106].

Le , lors de son premier discours devant les préfets, il annonce que plusieurs accords sont en cours de négociation avec des pays comme l'Irak, le Kazakhstan et l'Égypte, afin de permettre le renvoi de ressortissants étrangers qui ne peuvent être expulsés vers leur pays d'origine[107]. Le lendemain, il déclare qu'il va mettre fin à la circulaire Valls pour durcir les conditions de régularisation des sans papiers[108].

Le , le gouvernement annonce qu'il portera une nouvelle loi immigration début 2025[109]. Bruno Retailleau indique qu'il s'agira d'un texte similaire à celui déjà voté l'année précédente par le Parlement, mais partiellement censuré par le Conseil Constitutionnel[110]. Il précise également son intention de prolonger de 90 à 210 jours le délai maximum en centre de rétention administrative pour les étrangers « dangereux »[110].

Dans une circulaire envoyée aux préfets le , le ministre de l’Intérieur demande aux préfectures de police une « complète mobilisation » afin de « renforcer le pilotage de la politique migratoire » et d'obtenir des « résultats »[111],[112]. Le même jour, au cours de la visite d'État du président de la République française au Maroc, il annonce, depuis Rabat, avoir négocié un accord avec son homologue afin de « raccourcir les délais d'extradition » des immigrés marocains sous obligation de quitter le territoire français[113],[114].

Au cours de sa fonction, notamment en lien avec le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, il défend une proposition de loi contre le narcotrafic, qui est adoptée le par le Parlement[115],[116]. Il fait diffuser un clip en , visant à culpabiliser les consommateurs de drogue[117], et envoie plusieurs circulaires aux préfets dans le but de diminuer voire éliminer les réseaux de vente de drogues[118],[119].

Le , il est reconduit au sein du gouvernement François Bayrou et se voit attribuer le titre de ministre d'État[120]. Il est reconduit au sein du gouvernement de Sebastion Lecornu I, le , qui ne durera que 14 heures, suite à des réactions politiques, dont la sienne. Il décide de ne pas participer au gouvernement suivant[121].

Président des Républicains

En , il se déclare candidat à la présidence des Républicains, face à Laurent Wauquiez[122].

Le , il est désigné président des Républicains par les adhérents du parti[123]. Peu après son élection, il place plusieurs membres de sa « garde rapprochée » à des postes importants : François-Xavier Bellamy comme vice-président des Républicains, Othman Nasrou comme secrétaire général, Agnès Evren et Alexandra Borchio Fontimp comme porte-parole, ou encore l'ancien Premier ministre Michel Barnier comme président du Conseil national[124].

Le , dans une tribune commune (avec deux vice-présidents du parti Les Républicains) publiée dans le journal Le Figaro[125], il appelle à « rebâtir un parc nucléaire et stopper le financement des [énergies] renouvelables ». Cette prise de position lui vaut d'être contredit par certains de ses collègues ministres et d'être destinataire d'une mise au point sur les fonctions des ministres par le président de la République[126]. Quelques semaines plus tard, des articles de presse évoquent l'incompatibilité entre sa fonction ministérielle (comprenant, notamment, la solidarité gouvernementale) et son avenir politique[127],[128].

Lors de la nomination du gouvernement de Sébastien Lecornu I le , dont il fait partie, il en critique la composition, notamment la présence de Bruno Le Maire, dont la nomination lui aurait été cachée par le Premier Ministre[129],[130]. Il décide que son parti ne participera au gouvernement suivant, alors que les députés Les Républicains votent pour une participation[131],[132].

Bruno Retailleau se déclare candidat à l’élection présidentielle de 2027 le [133]. Le 19 avril 2026 il est désigné candidat à l'élection présidentielle de 2027 par les adhérents du parti Les Républicains[134] ou il obtient 73,8% des suffrages[135].

Positionnement idéologique

Bruno Retailleau se réclame d’une droite « qui s’assume »[136] refusant tout accord avec le macronisme[137]. Opposé aux membres de son parti ayant voté en faveur d'Emmanuel Macron, il se présente en 2022 comme « l'anti Sarko »[138]. Ses positions lui attirent la sympathie d'une partie de l'extrême droite en France, notamment le Rassemblement national[139] et Reconquête[140], qui y voient des similitudes idéologiques avec les leurs.

Qualifié régulièrement de « libéral-conservateur »[141],[142], il prône de grandes réformes sur le travail, l’État et le modèle social français et en appelle à « une politique de civilisation » contre l’islamisme ou le « wokisme »[137],[143]. Partisan d’une réponse plus ferme en matière de sécurité, Bruno Retailleau défend une « révolution pénale »[144] comprenant des mesures telles que l’instauration de courtes peines de prison dès les premiers actes délinquants, l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans et la suspension des aides sociales et familiales pour les parents n’assumant pas leurs responsabilités éducatives.

Plaidant pour « une refondation intellectuelle » de la droite, Bruno Retailleau ambitionne de redonner un corpus idéologique à sa famille politique[145] et appelle la droite à se saisir des nouveaux enjeux comme l’écologie, à laquelle il a consacré un ouvrage[146]. Il propose sur ce sujet de relancer le nucléaire, défend l'idée d’une taxe carbone mais s'oppose aux subventions aux énergies renouvelables[146].

Immigration

En , il estime que les dispositions envisagées du projet de loi immigration du gouvernement conduiraient à une augmentation de l’immigration dans le pays[147].

À la suite de sa nomination comme ministre de l'Intérieur, le discours de celui-ci reprend, selon Mediapart, « les mots et les thèses du Rassemblement national contre l’État de droit et l’immigration », et vise à « séduire l’extrême droite »[148].

Questions sociales et économiques

Il défend, en règle générale, la réduction de la dépense publique et la diminution du nombre de fonctionnaires[149].

En 2016, il s'oppose à la proposition de loi contre le délit d'entrave numérique à l'IVG, qui prévoit l'interdiction de désinformation, soutenant que cela serait contraire à la liberté d'expression[150]. Par corollaire, il s'oppose à l'inscription en 2024 de l'interruption volontaire de grossesse en tant que liberté dans la Constitution française l'estimant « superfétatoire »[151],[152].

En 2018, il estime dans un entretien accordé au journal Les Échos qu'une augmentation de la TVA aurait été « une mesure de compétitivité efficace », à la différence de l'augmentation de CSG actée par le gouvernement d'Édouard Philippe l'an précédent, et que les 20 milliards de coûts budgétaires affectés à la suppression de la taxe d'habitation « auraient été mieux utilisés à baisser le coût du travail »[153]. Il qualifie également de « désolante » la forte hausse du SMIC préconisée par son homologue au sein du parti LR Guillaume Peltier, jugeant que le « refrain antilibéral » sous-tendu par cette proposition montre l'utilité de son club de réflexion Force républicaine dans le débat public[153].

En 2019, il se prononce par ailleurs pour le retour à la semaine de travail de 39 heures pour les salariés[154].

Pour faire face à la crise économique entraînée par le confinement, il défend l'augmentation du temps de travail hebdomadaire[155], le recul de l'âge de départ à la retraite[156] et s'oppose à toute hausse d’impôt pour les plus riches[149].

En 2021, il coécrit, avec Hervé Marseille qui occupe la présidence du groupe Union centriste au Sénat, une résolution non contraignante portant sur la « lutte contre toutes les formes d'antisémitisme »[157]. Cette initiative se révèle analogue à celle antérieurement adoptée de peu à l'Assemblée nationale en 2019 et qui assimile l'antisionisme à la définition de l'antisémitisme[157].

Il défend en un amendement visant à réduire la revalorisation du RSA prévue du fait de l'inflation[158].

Santé

En , quelques jours après le début du confinement, Bruno Retailleau appelle à utiliser la chloroquine promue par le professeur Didier Raoult face à l'épidémie de Covid-19, estimant qu’« elle a un avantage, elle n'est pas chère » et que « de toute façon, qu'est-ce qu'on risque ? Les gens meurent »[159]. Quelques jours après avoir déclaré à propos du traitement à la chloroquine « peut-être faut-il simplement le prescrire en milieu hospitalier. Mais on élargit tout de suite la prescription. Et il faut que le directeur général de la Santé dise à tous les hôpitaux de France : allez-y »[159], Bruno Retailleau affirme qu'il n'a « jamais demandé sa généralisation »[160].

Jugeant en 2021 le système de santé français trop coûteux par rapport à son niveau d’efficacité, il appelle à en réduire le coût, notamment en diminuant le nombre de personnels administratifs[161].

Questions sociétales

Bruno Retailleau est inspiré par des valeurs catholiques traditionalistes[162]. Il dénonce l'héritage de Mai 68, estimant que « les racines du mal, c'est l'idéologie soixante-huitarde »[162].

Il s'oppose au mariage entre personnes de même sexe en France[163]. Il estime que cette mesure « est le cheval de Troie de la PMA et de la GPA »[164]. En , au Sénat, il vote contre le projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion, qui est approuvé avec 305 voix contre 28[165],[166].

Fin 2022, après l'assassinat d'une jeune fille par une ressortissante étrangère, connu médiatiquement comme « l'affaire Lola », il propose l'instauration d'un délit de « non-assistance à Français en danger »[167].

En , dans le contexte des émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk, Bruno Retailleau déclare que, « malheureusement pour la deuxième, la troisième génération, il y a comme une sorte de régression vers les origines ethniques »[168], des propos qualifiés par certains comme étant racistes[169]. Aurélien Pradié (LR) dénonce lui des « propos idéologiquement racistes » et une « pensée fascisante »[170].

En , il félicite Alice Cordier, fondatrice du mouvement d'extrême-droite identitaire Némésis et se déclare proche de celui-ci « Némésis, je voulais féliciter la jeune dame que je vois. Bravo pour votre combat. Vous savez que j’en suis très proche »[171] avant de se rétracter deux jours plus tard, affirmant qu'il ne connaissait pas le groupuscule et ignorait ses attaques contre Valérie Pécresse[172].

Position face à l'extrême droite

Lors du second tour de l'élection législative partielle des 5 et 12 octobre 2025 dans la première circonscription de Tarn-et-Garonne, il appelle les électeurs de droite à ne donner « pas une voix » à la gauche[173],[174],[175], représentée par la candidate socialiste Catherine Bourdoncle face au candidat Pierre-Henri Carbonnel de l'union de l'extrême droite UDR-RN, ce qui est qualifé par Le Monde de « théâtre de l’effritement du front républicain »[176],[177],[178], ou encore d'un « nouveau pas vers le RN » par France Info[179]. Cette consigne de vote est critiquée par le PS[180], ainsi que par le parti centriste Démocrates et progressistes[181].

Relations avec l'Algérie

Bruno Retailleau défend une ligne ferme[182],[183],[184] dans les différents dossiers importants des relations entre la France et l'Algérie et attend « les résultats » à moyen terme, sous forme d'apaisement[182]. Il attend en particulier que l’Algérie applique strictement l'accord migratoire bilatéral de 1994, qui dispose que l'Algérie doit accepter sur son sol les ressortissants algériens que Paris veut expulser[182],[183].

Détail des fonctions et mandats électifs

Au gouvernement

  •  : ministre de l'Intérieur
  •  : ministre d'État

À l'Assemblée nationale

Au Sénat

  •  : sénateur, élu dans la Vendée (RASNAG de 2004 à 2011, apparenté UMP de 2011 à 2012, UMP de 2012 à 2015, LR depuis 2015).
  •  : président du groupe UMP puis Les Républicains.

Au niveau local

Fonctions politiques

  • Depuis le  : président des Républicains
  • Depuis le  : président de la fédération UMP puis Les Républicains de la Vendée[185].
  •  : secrétaire national de l'UMP chargé de la compétitivité et des PME[53].
  • Nommé le délégué général adjoint au projet de l'UMP avec Valérie Debord sous Hervé Mariton[186].

Synthèse des résultats électoraux

Élections législatives

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti Circonscription Premier/unique tour Issue
Voix % Rang
1994[32] MPF 4e de la Vendée 25 319 73,41 1er Élu
Fermer

Élections sénatoriales

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti Département Voix % Rang Sièges
2004[187] MPF Vendée 894 61,70 1er
2  /  3
2014[188] UMP 1 173 68,48 1er
3  /  3
2020[189] LR 1 225 70,77 1er
3  /  3
Fermer

Élections régionales

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti Région 1er tour 2d tour Sièges obtenus
Voix % Rang Voix % Rang
2015[190] LR Pays de la Loire 424 951 33,49 1er 620 249 42,70 1er
54  /  93
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Congrès des Républicains

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti 1er tour 2d tour Issue
Voix % Rang Voix % Rang
2022 LR 22 815 34,45 2e 28 977 46,30 2e Battu
2025[191] 72 629 74,31 1er Élu
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Distinctions

Davantage d’informations Pays, Distinctions ...
PaysDistinctionsCatégorieDateRésultats
Drapeau de la France France Prix Trombinoscope Personnalité politique de l'année[192] 2024 Lauréat
Drapeau de la France France Prix Press Club de l'Humour & Politique Prix du Jury[193] 2019 Lauréat
Drapeau de la France France Prix Trombinoscope Sénateur de l'année 2015 Lauréat
Drapeau de la France France Prix Trombinoscope Élu local de l'année[194] 2010 Lauréat
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Publications

  • Les entreprises de taille intermédiaire au cœur d'une nouvelle dynamique de croissance, La Documentation Française, , 170 p. (ISBN 978-2110081629).
  • Refondation, Éditions de l'Observatoire, , 288 p. (ISBN 979-1032906286).
  • Aurons-nous encore de la lumière en hiver ? - Pour une écologie du réel, Éditions de l'Observatoire, , 140 p. (ISBN 979-1032924266).

Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

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